Péchés secrets: une nouvelle des Frères Byrne (Les Frères Byrne) (French Edition)
Épilogue bonus
— Ça devrait suffire pour ce soir. Le lit est fait et nos affaires de toilette sont déballées. J’ai aussi rangé quelques ustensiles de cuisine.
Je m’effondrai sur le canapé et jetai un coup d’œil dans notre nouveau salon. Le nôtre. Après un an de relation, Bishop m’avait demandé si je voulais que nous vivions ensemble et j’avais été heureuse d’accepter. Il avait insisté pour nous acheter un appartement qui serait le nôtre, plutôt que de me laisser emménager chez lui. Le sien était bien plus grand que le mien, il aurait donc été logique que je vienne habiter chez lui. Toutefois, étant donné la peur que j’avais déjà eue de perdre mon identité dans une relation, il ne voulait pas prendre le risque que le déménagement crée des tensions. Nous avions passé quelques semaines à chercher des appartements et nous en avions finalement trouvé un que nous aimions tous les deux. Trois mois après ça, nous étions sur le point de passer la première nuit dans notre nouveau chez-nous.
Je n’aurais jamais imaginé qu’emménager avec un homme me satisferait autant. La nervosité et l’enthousiasme se mêlaient avec un degré étonnant de certitude me prouvant que je faisais ce qu’il fallait. Bishop m’avait procuré tant de joie que j’étais bien trop heureuse de partager un foyer avec lui.
— Je suis d’accord, dit mon Irlandais sexy entre deux gorgées dans sa bouteille d’eau en plastique. Il est temps de te détendre et j’ai déjà commandé le dîner.
— Merde, tu crois que tu peux annuler ? J’ai oublié de te dire que Noemi nous avait invités pour le dîner.
Ai-je mentionné que notre appartement se trouvait un étage sous celui de ma cousine et de son époux ? Cet endroit était parfait à l’intérieur et avec Noemi si près de nous, j’aurais juré qu’il était fait pour nous.
— Merde, Pip. Non, je ne peux pas annuler.
Il grimaça.
— J’aurais dû deviner que tu prévoirais quelque chose avec elle.
Il donnait l’impression que je manquais habituellement de considération et cela me hérissa instantanément.
— C’est un dîner, Bishop, répliquai-je.
— Ce n’est pas un dîner. C’est notre premier dîner ici.
— Je comprends et c’est vraiment mignon, mais nous aurons un tas de dîners, ici. Ce sera à la bonne franquette, alors il n’y aura rien à nettoyer.
Je ne saisissais pas pourquoi nous nous disputions à ce sujet. Ce n’était qu’un dîner. Nous passerions tout de même le reste de la soirée en tête à tête.
— Ce n’est pas une question de vaisselle ! aboya-t-il.
Je me levai pour me mettre sur la défensive.
— Alors c’est quoi, le problème ?
— J’allais te faire ma demande, putain !
Toujours debout, les bras tendus de chaque côté, j’écarquillai les yeux. Les mots me manquaient.
— Quoi ? soufflai-je, comme si j’étais certaine de l’avoir mal entendu.
Le regard de Bishop s’adoucit tandis qu’il réduisait la distance entre nous.
— J’espérais que, comme nous vivions au même endroit, tu ne flipperais pas à l’idée de t’engager. J’ai envie de le faire depuis des mois, mais j’essayais d’être patient.
— Sortir ensemble pendant un an, ça n’a rien d’extraordinaire, murmurai-je d’un air absent en m’efforçant d’encaisser ce qu’il se passait. Même si, j’imagine que pour quelqu’un d’aussi déterminé que toi, c’est un miracle que tu aies attendu si longtemps.
— Ne m’oblige pas à te fesser. Je préférerais te doigter en te disant que tu es ma fiancée.
Il posa les mains sur mon visage et me força à lever les yeux vers lui.
Je luttai contre un sourire moqueur, émergeant finalement de mon brouillard.
— C’est sûrement la demande en mariage la plus mignonne de l’Histoire, le taquinai-je.
Les fossettes de Bishop disparurent et son regard s’assombrit.
— Pippa Revello, tu m’as captivé de bien des manières depuis que nous nous sommes rencontrés. Tu as donné un but à ma vie, un sens et un épanouissement dont j’ignorais l’existence. Je veux passer chaque jour du reste de ma vie à te rendre heureuse et chaque nuit à te faire crier de plaisir. Je t’aime depuis les profondeurs de mon âme. S’il te plaît, dis-moi que tu seras ma femme.
— Je vais dire à Noemi que nous ne pouvons pas venir dîner.
Un sourire étira ses lèvres.
— C’est un oui ?
— Bien sûr que c’est un oui.
Je souriais tant que mes joues étaient douloureuses.
— Je t’aime, Bishop Bohanan, et je serai heureuse d’être ta femme.
Ses yeux couleur chocolat fondirent et je sentis son soulagement. Il n’avait pas été convaincu que j’accepterais si facilement et, pour être honnête, je me surprenais un peu moi aussi. Mais ce que j’avais dit était venu du cœur, sans retenue. Mes peurs passées selon lesquelles je me perdrais dans une relation avaient été apaisées quand Bishop m’avait montré du respect et de la patience à de nombreuses reprises. Il m’avait clairement fait comprendre que je ne manquais rien du tout en m’engageant avec lui.
Je me mis sur la pointe des pieds et appuyai mes lèvres sur les siennes.
La réponse de Bishop fut vorace. Il m’attira contre lui, sa langue se mêlant avec la mienne.
— Il faut que tu te déshabilles. Maintenant.
Je hochai la tête, rendue muette par mon propre besoin écrasant. Nous arrachâmes nos vêtements et à la seconde où il ne resta plus rien entre nous, il me prit dans ses bras et m’emmena dans la chambre.
— Tu ne voulais pas baptiser notre nouveau canapé ? le taquinai-je entre deux baisers.
— Nous aurons le temps, pour ça. Pour l’instant, je veux plein de place, pour voir chaque centimètre de ma future femme.
— Pippa Bohanan.
Je testai ces mots sur mes lèvres et aimai leur consonance. Je mentirais si je disais que je n’avais pas déjà effectué cette combinaison dans ma tête, mais c’était la première fois que je la prononçais à voix haute.
— Merde, grogna-t-il. Tu vas me faire jouir sur ton ventre.
Je souris, contractant les hanches pour appuyer davantage mon ventre contre son membre tendu.
— Peut-être que tu veux être fessée.
Ses mots étaient comme du velours noir sur ma peau.
Je me mordis la lèvre inférieure et le regardai d’un air aguicheur.
— Oh, chaton. Tu n’aurais vraiment pas dû faire ça.
Deux secondes plus tard, j’avais été retournée et penchée au-dessus du bord du lit, Bishop me caressant les fesses. Mes poumons oscillaient à cause du manque d’air, non pas parce que mes voies respiratoires étaient obstruées, mais parce que l’adrénaline et le désir faisaient tambouriner mon cœur dans ma poitrine.
Je me cambrai dans un gémissement, montrant à quel point j’étais impatiente qu’il me touche. J’avais appris, tôt dans ma relation, que Bishop était un maître du contrôle dans la chambre à coucher, et ses punitions étaient alléchantes. Être vilaine était l’un de mes nouveaux passe-temps favoris.
— Ça, c’est parce que tu as bousillé mes plans, grogna-t-il avant que sa paume ne claque contre ma fesse droite.
Le picotement provoqua un courant électrique qui rejoignit mon entrejambe. Si j’avais pu ronronner, je l’aurais fait.
— Ça, c’est pour avoir été insolente.
Claque.
Mes yeux roulèrent dans leurs orbites sous l’effet du plaisir.
— Et ça, c’est pour m’avoir poussé à t’aimer plus que la vie.
Lorsque sa main s’abattit, elle glissa vers le bas et il passa un doigt entre mes chairs.
— Merde, chaton. Tu mouilles tellement pour moi. J’ai beau avoir envie de te tirer les cheveux et de te baiser sauvagement par-derrière, j’ai encore plus envie de te faire l’amour.
Il me retourna et m’aida à me coucher sur le lit. Quand son corps fut aligné avec le mien, je croisai toute l’intensité de son regard. Une telle vulnérabilité et une telle sincérité me firent monter les larmes aux yeux.
— Je t’aime, chuchotai-je malgré le nœud d’émotions qui bloquait ma gorge.
— Tu es mon tout.
Il décrivit trois va-et-vient mesurés pour s’enfoncer profondément en moi, sans jamais arrêter de me regarder.
Au début, il maîtrisa son rythme, qui demeura modéré et délibéré, jusqu’à ce qu’il ne puisse se retenir plus longtemps. Il donna des coups de reins en moi, comme s’il avait désespérément envie d’unir nos corps.
— Mon Dieu, oui, Bishop. Tu es si bon.
— Glisse ces doigts entre nous et touche-toi, chérie.
Je m’exécutai, mais sa voix tendue m’excitait plus que mes doigts. J’aimais savoir que je pouvais réduire tout son contrôle à néant.
En quelques secondes, une jouissance partagée nous arracha des cris. Le mien était essoufflé et brutal, le sien, triomphant.
Lorsqu’il eut pris un gant dans la salle de bains et m’eut gentiment nettoyée, il s’occupa de lui et nous nous blottîmes l’un contre l’autre.
— Le dîner arrive bientôt ? murmurai-je en flottant encore sur un nuage de bonheur.
Il leva la main et jeta un coup d’œil à sa montre.
— Pas avant une demi-heure. On a le temps.
— Hmm…
Mes pensées embrumées se focalisèrent sur la vue de l’un de ses tatouages – une fine croix sous son avant-bras – et cela me fit songer à son surnom.
— Tu sais, je n’aime pas imaginer les filles qui sont passées avant moi, mais ce surnom était mérité.
J’avais rapidement appris que Bishop, « évêque » en anglais, avait fini avec ce nom, car les filles de son lycée terminaient toujours à genoux, pour lui. Comme je l’avais dit, y réfléchir ne me plaisait pas, mais c’était compréhensible. Cet homme était incroyable.
— Tu sais que ce sont des conneries, n’est-ce pas ? demanda-t-il.
Je souris narquoisement.
— Eh bien, je me suis dit que ça devait être un peu exagéré, mais ce n’est pas totalement impensable de se dire que les filles faisaient la queue pour sortir avec toi.
Il me fit rouler sur le dos et s’appuya sur un coude afin de me regarder.
— Ça n’avait rien à voir avec ça, expliqua-t-il doucement. Je suis surpris qu’on ne l’ait pas évoqué avant. Je ne m’étais pas rendu compte que je ne t’avais pas raconté comment j’avais réellement obtenu ce nom.
Je demeurai parfaitement silencieuse, attendant impatiemment l’histoire.
— Après la mort de mon père, les choses étaient vraiment difficiles. En plus d’avoir le cœur brisé, nous n’avions pas d’argent. J’avais une tonne de responsabilités sur les épaules. Pendant un moment, tout était assez lugubre. J’allais souvent à l’église. Je restais assis sur les bancs, espérant que Dieu m’expliquerait comment une situation si merdique était possible. Parfois, je lui en voulais. Parfois, je le suppliais de m’aider. Parfois, je restais assis là en silence. Quand les mecs de l’école ont compris où je disparaissais tout le temps, ils ont commencé à m’appeler Bishop.
Son doux regard se posa sur moi après s’être brièvement détourné quand il parlait.
— Alors, tu vois, je n’étais pas réellement le don Juan que tu imagines. Je ne dis pas que j’étais un saint, mais pendant les années suivant la mort de papa, j’étais bien trop en mode survie pour m’amuser.
Je levai une paume pour effleurer sa joue barbue au-dessus de moi, puis je la passai sur sa nuque afin d’approcher ses lèvres des miennes. Nous échangeâmes un baiser respectueux qui se fit une place au plus profond de mon cœur.
— Merci d’avoir partagé ça avec moi, chuchotai-je alors que mes lèvres étaient à quelques millimètres des siennes. Je me sens tellement chanceuse que tu sois à moi.
Les commissures de ses lèvres se relevèrent.
— Tu devrais. Je suis incroyable.
— Incroyablement énervant.
Je haussai malicieusement les yeux au ciel.
— Oh, vraiment !?
Ses doigts s’enfoncèrent dans mes côtes et me chatouillèrent impitoyablement.
— Non ! Je retire ce que j’ai dit. Pitié !
Les mots étaient étouffés entre mes rires essoufflés.
Bishop céda et me lança un sourire radieux, creusant ses fossettes.
— C’est ce que je pensais. Maintenant, lève tes fesses. J’ai commandé des steaks pour ma fiancée et une bague avec un diamant doit retrouver sa maison.
— Une bague ? soufflai-je avant de me figer.
Il me sourit et ouvrit le tiroir de la table de nuit pour en sortir un écrin en velours noir.
— Tu ne pensais pas que j’allais faire ma demande sans bague, si ?
Je m’assis et observai, bouche bée, le diamant ovale le plus incroyable que j’avais jamais vu. Il brillait, même sous la lumière tamisée de notre chambre.
— Oh, Bishop. C’est magnifique.
— Je suis ravi qu’il te plaise.
Sa petite voix trembla d’émotions tandis qu’il glissait l’anneau à mon doigt.
— Je n’ai jamais rien vu d’aussi parfait.
Il ne regardait plus la bague.
— Tu vas me faire pleurer, dis-je en respirant péniblement.
— Oh, non. Pas mon chaton féroce. Elle ne montrerait jamais une telle faiblesse.
J’adorais sa manière de me faire sourire constamment.
— Exactement.
Je reniflai et gloussai.
Bishop déposa un baiser délicat au coin de mes yeux avant de m’aider à m’habiller pour que nous célébrions la première soirée de notre nouvelle vie ensemble.
Merci beaucoup d’avoir lu Péchés secrets !
Les Frères Byrne est une série de romans indépendants interconnectés. Le
prochain sur la liste est Une union dépravée.
Une union dépravée (Les Frères Byrne, tome 2)
Keir Byrne ne se cherchait pas de femme, mais la fille du gouverneur est en
danger et un mariage leur serait bénéfique à tous les deux. Le seul
problème ? Rowan est déjà en couple avec quelqu’un d’autre.
Heureusement, Keir n’est pas du genre à laisser une épouse réticente
entraver ses plans…
Vous avez manqué le premier roman des Frères Byrne ?
Dans Vœux de silence, Conner choisit une épouse muette pour son mariage
arrangé, car il pensait qu’il n’aurait pas à lui parler. Toutefois, quand il
apprend que Noemi était silencieuse pour se protéger d’un père violent, il
devient obsédé par sa famille et veut se venger en son nom.
Assurez-vous de rejoindre ma newsletter anglaise et de rester en contact !
La Newsletter de Jill
OceanofPDF.com