Péchés secrets: une nouvelle des Frères Byrne (Les Frères Byrne) (French Edition)

Chapitre 6

LA NON-VIOLENCE ÉTAIT PEUT-ÊTRE UNE ÉTRANGE CARACTÉRISTIQUE POUR un boxeur, mais c’était l’expression que j’aurais utilisée pour me décrire. Je ne me mettais pas facilement en colère et je n’étais certainement pas assoiffé de sang. J’aimais la compétition, l’épuisement physique et la stratégie nécessaire pour assumer un combat à un contre un. C’était moi, en résumé, mais à la seconde où je pénétrai dans le salon des Revello et posai les yeux sur Pippa, assise à côté d’un autre homme, je vis rouge – un pourpre fulgurant et bouillonnant apparut aux coins de mon champ de vision.

Gino Revello se figea à mes côtés sous l’arche de l’entrée.

— Pippa, je ne m’étais pas rendu compte que nous avions un autre invité. Tu devrais peut-être nous présenter.

Chaque mot était teinté d’une irritation presque imperceptible pour une oreille novice. Presque.

Elle sourit, imperturbable, comme si la tension soudaine dans la pièce avait été son plan depuis le début. Quel était son but ? Préparait-elle une déclaration pour son père ou pour moi ? Si j’étais sa cible, elle allait devoir apprendre une chose ou deux à propos de la volonté de fer des Bohanan. Je vivais pour le challenge, et les facéties de Pippa ne faisaient que m’encourager. Si elle essayait de me dissuader, elle s’y était vraiment mal prise.

— Je suis réellement désolée, papa. Archer s’apprêtait à retourner à la fac et c’était la dernière soirée où nous pouvions rattraper le temps perdu. J’espère que ça ne te dérange pas.

Elle posa une main sur l’épaule du salaud, ses mots suintant d’une innocence mielleuse.

Je fis un pas en avant et tendis la main vers Archer.

— Plus on est de fous, plus on rit, je dirais. Je m’appelle Bishop.

Mon sourire était quasiment carnassier, mais je ne pouvais m’en empêcher. Ce serait amusant.

— Monsieur Revello, j’espère que je ne m’incruste pas, suggéra-t-il à l’égard de Gino d’une voix se brisant sous la pression.

Ce mec n’était pas un rival. À vrai dire, cette idée était suffisamment risible pour temporiser ma mauvaise humeur.

— Pas du tout, lui assura Gino. Les invités sont toujours les bienvenus.

Il se tourna vers moi avec un sourire pincé.

— Je vous en prie, asseyez-vous.

Il me fit un geste de la main vers la chaise vide à côté de celle où sa femme s’installerait supposément. Directement face à Archer. Parfait.

Je pris place et remarquai que Pippa jouait avec ses cheveux – signe de nervosité. Jusqu’ici, elle avait fait semblant d’être audacieuse, mais l’incertitude la rongeait de l’intérieur. J’admirais ses efforts. Elle était si déterminée à suivre son propre chemin. Peu de gens se connaissaient avec une telle conviction et restaient fidèles à eux-mêmes.

À contrecœur, j’arrêtai de me concentrer sur Pippa pour me focaliser sur son ami.

— Alors, Archer, comment connaissez-vous Pippa ?

— Nous étions amis à l’école. Nous faisions tous les deux du basket, alors on se voyait pendant les entraînements.

Son regard se riva brièvement sur Gino avant qu’il gigote sur sa chaise.

Pippa but une gorgée de vin.

— Tu l’aurais rencontré avant, papa, si tu n’avais pas refusé si strictement que je sorte avec quelqu’un.

Archer haussa les sourcils en lui jetant un coup d’œil, surpris. Il se reprit rapidement, mais les dégâts avaient déjà été causés. Ces deux-là n’avaient nullement été intimes. Avait-il eu envie de sortir avec elle ? Pourquoi n’avait-il pas insisté ? Leur situation était intrigante, d’une manière morbide et écœurante. Si je n’avais pas su que Pippa était vierge avant de me rencontrer, l’incertitude de leur passé m’aurait rongé.

— Je suis navrée pour le retard.

Mme Revello arriva dans la pièce avec un plat fumant de pâtes entre les mains.

— Le dîner est prêt.

Elle posa le tout sur la table, suivie par deux adolescentes qui en firent de même avec les assiettes qu’elles apportaient.

Gino se leva.

— Lauretta, voici Bishop Bohanan et… Archer… Je suis désolé. Je ne me souviens pas de votre nom de famille.

— Worthington.

Il fit un signe de tête en direction de Lauretta.

— C’est un plaisir de vous rencontrer.

Le regard de la mère de Pippa alterna entre Archer et moi.

— Oh, oui. Ravie de faire votre connaissance, tous les deux. Euh, Ari, s’il te plaît, va chercher ton frère.

L’aînée des deux filles quitta la pièce tandis que l’autre s’asseyait à côté d’Archer, laissant un rideau de cheveux former une barrière entre eux. Elle était visiblement la plus timide de la fratrie.

— Vous avez une belle maison, madame Revello, lui dis-je.

Elle sourit chaleureusement.

— Eh bien, merci. Puis-je vous offrir un verre de vin ?

— Laissez-moi faire, je vous en prie.

Je me levai et pris la bouteille au centre de la table, lui donnant une bonne rasade avant de me servir un verre.

— Hé, Bishop !

La voix tonitruante de Gabe résonna dans mon dos quand il pénétra dans la pièce.

Je reposai le vin et m’éloignai de ma chaise, tendant la main pour cogner son poing.

— Quoi de neuf, mec ?

Gabe rayonnait, clairement ravi d’être traité en égal.

— Pas grand-chose.

— Vous vous êtes déjà rencontrés ? demanda Gino.

— Bishop est venu à l’entraînement, l’autre jour, et Pip lui a donné une bonne leçon, expliqua-t-il en souriant. Tu aurais dû la voir. C’était génial.

Archer rit et je dus m’empêcher de le fusiller du regard.

— Ouais, eh bien, maintenant que je connais son penchant pour l’arnaque, je ferai plus attention, à l’avenir.

Mon attention dévia vers Pippa, une arnaque bien différente se manifestant dans mon esprit. Ses pensées avaient dû la mener à la même conclusion, car une teinte rouge vint réchauffer ses joues.

Elle s’éclaircit la voix.

— C’est bien de garder quelques atouts dans sa manche. On ne sait jamais quand quelqu’un essaiera de nous prendre de court.

Son commentaire était censé être blessant, mais j’étais plutôt amusé.

Je levai mon verre, sans jamais la quitter du regard.

— Un bon principe de vie, selon moi.

Archer gigota. À nouveau.

Mme Revello se redressa sur sa chaise.

— Maintenant que nous sommes tous là, mangeons.

Elle fit un signe de la main en direction de la nourriture et nous commençâmes à nous servir. L’heure suivante fut passée à discuter poliment, la conversation se focalisant souvent sur Archer, grâce à mes efforts répétés pour maintenir les projecteurs braqués sur lui. Le dîner ne s’était pas vraiment déroulé comme je l’avais imaginé, mais il était tout de même infiniment divertissant. Quand nos assiettes à dessert furent immaculées, je me disais qu’Archer aurait payé n’importe quelle somme d’argent pour être ailleurs que dans cette salle à manger.

— Excusez-moi un instant, dit Pippa. Je dois aller aux toilettes.

Elle se faufila hors de la pièce et je la suivis du regard.

Gino se leva également.

— Pourquoi n’allons-nous pas dans le salon pour boire un expresso ou peut-être de la grappa ?

— Ça me semble parfait. Je dois passer un petit coup de fil et je reviens tout de suite.

Je hochai la tête d’un signe appréciateur, puis suivis Pippa. Ma véritable intention était évidente, mais je m’en moquais. À vrai dire, je préférais que tout le monde dans la pièce sache exactement où je me dirigeais.

J’attendis mon vilain chaton devant la salle de bains et à la seconde où elle ouvrit la porte, je forçai le passage à l’intérieur.

— Mais qu’est-ce que tu crois faire, là ? lança-t-elle, une fois que la porte fut fermée derrière moi.

— Je te dis un mot en privé.

Je m’approchai. Elle recula et ses fesses heurtèrent le lavabo.

— Eh bien, tant mieux, parce que j’ai une chose ou deux à te dire. Tu ne peux pas annoncer à mon père que nous nous fréquentons et te faire inviter pour le dîner. Ce n’est pas comme ça que ça marche.

Un champ de force invisible nous rapprochait tous les deux et m’attirait vers elle.

— Rien de ce qu’il y a entre nous n’est normal, Pip. Jamais de ma vie je n’ai rencontré une femme qui me fuyait comme toi.

Elle croisa les bras et releva le menton.

— Eh bien, tu dois t’y habituer, parce que je ne suis pas intéressée.

— Qu’est-ce qui ne t’intéresse pas ? Moi ? Parce que ton corps n’est pas d’accord.

Mon regard descendit le long de son cou, passa sur son pouls palpitant et parcourut lentement le gonflement parfait de sa poitrine pressée contre le bord du décolleté rond de sa robe. Je n’eus même pas besoin de la toucher pour qu’un frisson traverse tout son corps.

Un éclat de colère renouvelé enflamma mes veines. J’avançai et appuyai mon corps contre le sien.

— Pourquoi, Pip ? Pourquoi te bats-tu contre ça, bordel ?

Elle décroisa les bras et se raidit comme pour un combat, avant de se détendre, contre toute attente.

— Je t’ai dit que je ne voulais pas être liée à qui que ce soit, déclara-t-elle doucement d’une voix qui trahissait sa vulnérabilité.

Je voulais être gentil avec elle, mais je détestais ce qu’elle impliquait.

— Liée ? Tu veux dire, coincée avec un homme ? Cela sous-entend que tu veux te taper d’autres personnes et je t’ai déjà dit que tu étais à moi.

— Je ne suis pas à toi, Bishop.

Son regard me supplia, mais elle ne trouverait aucune compassion chez moi.

Je me penchai et posai ma joue contre la sienne, une main sur sa taille et l’autre ouverte sur le lavabo derrière elle.

— Tu savais que la première personne qui découvre une étoile a le droit de la nommer comme elle le souhaite ?

Elle demeura silencieuse une seconde avant de tourner lentement la tête d’un côté, puis de l’autre.

— Non, mais je ne suis pas une étoile, Bishop. Tu ne peux pas me posséder.

— Personne ne possède les étoiles, chérie. Tout le monde peut les admirer de loin, mais cet homme dont les yeux ont repéré pour la première fois cet éclat brillant de lumière et l’ont reconnu comme un trésor… cet homme aura toujours un lien spécial avec cette étoile.

Ma main remonta jusqu’à effleurer le dessous de sa poitrine.

Son dos se cambra involontairement et son corps se plaqua un peu plus contre le mien. Lorsque ses lèvres s’entrouvrirent sur une inspiration tremblante, je saisis l’occasion. Nos bouches se joignirent comme deux moitiés d’un tout, parfaitement moulées l’une pour l’autre. Une joie sauvage emplit mon cœur à cause de sa manière éhontée de réagir à mon baiser. Elle ne se détendit pas seulement entre mes bras. Pippa répondit à ma faim avec son propre besoin vorace.

Lorsque je reculai enfin pour respirer, nous étions tous les deux à court de mots.

— Nous devrions probablement y retourner, murmura-t-elle.

Je caressai sa joue du pouce, voulant mémoriser la façon dont elle me regardait quand elle était adoucie et enivrée par un baiser. Ses lèvres étaient encore légèrement enflées, et ses joues, roses. Personne, dans cette pièce, ne douterait de ce que nous avions fait. Exactement ce que j’avais prévu.

— J’espère que tu ne crois pas que ça signifie que je te pardonne, chuchota-t-elle sans que ses mots ne soient teintés d’aucune agressivité.

— Pas même dans mes rêves, répondis-je avec un rictus narquois. Viens, maintenant. Il est temps de retrouver les autres.

Un sourire satisfait réchauffa mon visage lorsque j’arrivai dans le salon, où tout le monde s’était réuni pour le digestif. Quand l’hésitation ralentit les pas de Pippa, je posai une main possessive dans le creux de ses reins.

— Pourquoi ne servirais-tu pas un verre à ton invité ?

Je fixai du regard les yeux d’Archer, qui ne cillait pas, avant de lui faire un clin d’œil.

— Hm, oh. Oui. Désolé, Archer. Puis-je…

L’homme bondit du canapé et rougit.

— En fait, il faut vraiment que j’y aille.

Il se tourna vers Mme Revello et la remercia pour le dîner.

— Et vous aussi, monsieur Revello. C’était très bien, mais je dois y aller.

Je fronçai les sourcils pour feindre la déception.

— Vous en êtes sûr ? Il est encore tôt.

Il lança un regard blessé à Pippa avant de hocher la tête.

— Oui, j’ai un rendez-vous hors de la ville, demain. Il faut que je finisse de préparer mes affaires.

Il me fit un signe de la main et rejoignit l’entrée en baissant les yeux. Pippa se précipita à sa suite, sans doute pour s’excuser, mais je ne m’inquiétais pas. Mon travail était terminé. Et après ce baiser, je me sentais bien plus charitable. Je ne pouvais qu’espérer que Pippa commence à se raviser.

Jamais de ma vie je n’avais rencontré une fille si déterminée à m’échapper. Surtout quand son corps répondait à chacun de mes ordres. Mon chaton était un peu féroce, mais j’allais lui montrer à quel point c’était agréable d’être possédée. Appartenir à un homme pouvait être une certaine forme de liberté – grâce à la protection, l’adoration, le soutien et la compagnie. Je serais son tout si elle me laissait faire.

 

PIPPA RÉPONDIT à mes SMS la semaine suivante, mais d’une façon des plus sommaires. C’était affolant, je n’avais jamais connu ça, avant. J’avais cru que le dîner serait sa dernière preuve de résistance et j’avais essayé de lui laisser de la place pour qu’elle s’habitue à ma présence. J’imaginai que ça ne fonctionnait pas.

— Merde, tu vas me casser la main.

Callum retira la patte d’ours qu’il portait et secoua la main. Il était un ami de longue date et passait presque autant de temps que moi à la salle de sport. Tour à tour, nous enfilions les pattes d’ours pour nous entraîner, mais cette fois-ci, mes pensées m’avaient emporté.

— Désolé, mec. J’ai un tas de trucs en tête.

— La fille.

Il me gratifia d’un petit sourire.

Malheureusement.

J’attrapai mon portable et confirmai qu’elle n’avait toujours pas répondu à mon message de ce matin. Toute une fichue journée et rien.

— Tu ne l’intéresses peut-être pas tant que ça.

Je lui lançai un regard glacial.

— Tu es sur une putain de corde raide.

Callum leva les mains en guise de reddition.

— Je dis seulement que ce n’est peut-être pas censé arriver. C’est la bonne fille, mais pas au bon moment, quelque chose de ce genre-là.

— Je crois qu’elle ne sait même pas ce qu’elle fuit. Elle a simplement peur de ce qui pourrait arriver. C’est la raison pour laquelle je n’abandonne pas, parce que je sais que c’est infondé. Je ne prévois pas de faire d’elle une femme au foyer et la mère d’une famille nombreuse.

— Tu es sûr que tu ne lui cours pas après uniquement parce qu’elle te fuit ? demanda-t-il d’un air méfiant.

— Je ne crois pas, mais qui peut bien le savoir ?

J’essuyai mon visage avec l’une des serviettes non loin.

— Je vais prendre une douche et rentrer à la maison.

Il leva le poing et le cogna contre le mien.

— Bonne chance, mec. Je dois dire que je ne t’envie pas.

Je grimaçai en m’éloignant. Je me tapais peut-être la tête contre le mur, mais je n’arrivais manifestement pas à m’arrêter. Mon instinct me disait de me battre pour elle et il ne m’avait jamais fait défaut. Je n’avais jamais abandonné facilement quand je pourchassais quelque chose et ce n’était pas le moment de commencer. Je trouverais un moyen de montrer à Pippa que j’étais exactement ce qu’elle voulait – ce dont elle avait besoin – et rien ne me freinerait ; mes doutes, encore moins.

Deux heures plus tard, j’étais douché et je faisais les cent pas dans mon salon. Pippa ne m’avait toujours pas envoyé de SMS. Je cédai et composai son numéro, résolu à l’appeler. La tonalité résonna six fois avant que sa boîte vocale me réponde.

Nom de Dieu.

Il était presque vingt-deux heures en ce vendredi. Pouvait-elle être si occupée que ça ou m’ignorait-elle simplement ? Je m’étirai le cou d’un côté, puis de l’autre. Je n’avais jamais été aussi tendu que je l’avais été toute la semaine.

Du moins, c’est ce que j’avais cru.

Quelques secondes après cet appel manqué, le numéro de Conner apparut sur mon écran.

— Quoi de neuf ? demandai-je tandis que l’inquiétude rendait ma voix plus sèche.

Je n’étais pas censé travailler cette nuit-là, un appel de Conner me mettait donc sur les nerfs. Quelque chose s’était-il produit au club ? Nous gérions un cercle de jeu clandestin valant plusieurs millions de dollars, dissimulé sous une façade connue comme le club Bastion. Nos activités passaient généralement inaperçues, mais de temps à autre, les choses devenaient risquées.

— Rien, grommela-t-il. Absolument rien, putain.

Je grimaçai, confus.

— Rien ? Mais qu’est-ce qui ne va pas chez toi ?

Cela ne lui ressemblait pas d’appeler sans raison.

Conner soupira bruyamment.

— Noemi et Pippa voulaient sortir ce soir. Je les ai laissées aller au Lavo, tant qu’elles emmenaient Shae, mais ça ne m’enchante pas.

Pippa était au putain de Lavo, l’un des clubs les plus chauds de Manhattan ? Chaque muscle dans mon corps se contracta au point de craquer.

— Mais qu’est-ce qu’elles foutent là-bas ?

— Hé, ne me crie pas dessus. C’est ta copine qui a insisté pour que les filles sortent ce soir.

Ma copine. Ça n’aurait pu être plus loin de la vérité. J’aurais plus de chance d’attraper de la fumée que Pippa Revello. Seigneur.

Ça suffit. Plus de conneries. Il était temps de faire un ultime effort pour la conquérir. Pour lui prouver que je pouvais lui accorder tout ce dont elle avait besoin. Et si elle ne voulait pas ce que j’avais à lui offrir, j’admettrais enfin que ça ne fonctionnerait pas.

Elle souhaitait découvrir le monde. J’allais le lui donner.

— Peu importe. Je dois y aller.

Je lui raccrochai au nez. Sans perdre de temps, je contactai Callum.

— Ouais ? répondit-il alors qu’une forte musique résonnait dans le fond.

— Il faut que tu passes chez moi ! aboyai-je.

— Quoi ? J’ai des plans, ce soir.

— Annule-les et ramène ton cul chez moi.

J’attrapai mes clés, expliquant ce dont j’avais besoin de sa part alors que j’avançais vers l’ascenseur.

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