Péchés secrets: une nouvelle des Frères Byrne (Les Frères Byrne) (French Edition)
Dédicace
PÉCHÉS SECRETS
UNE NOUVELLE DES FRÈRES BYRNE
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JILL RAMSOWER
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À toutes les femmes accomplies, généreuses et intelligentes qui souhaitent
simplement un homme qui en raconte, des obscénités.
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LA TEQUILA POUVAIT VRAIMENT DONNER LE VERTIGE À UNE FILLE . OU PEUT-être était-ce simplement parce que j’avais appris que mon oncle avait tué sa femme. La nouvelle m’avait certainement bouleversée.
Lors des mois ayant suivi la mort de ma tante, la vie avait paru figée, comme dans un espace-temps surnaturel. Ma cousine, qui s’avérait également être ma meilleure amie dans ce monde, avait perdu sa voix et ne quittait plus sa maison. Tout notre arbre généalogique était enveloppé par le chagrin. La vie s’était arrêtée, jusqu’à ce que tout se remette en mouvement, un jour, sans passer par la case normalité pour adopter directement l’hypervitesse. C’était si déconcertant que j’en avais le vertige.
Je regardai mon reflet déformé dans les portes en métal de l’ascenseur et ravalai un gloussement.
Oui, la tequila jouait clairement son rôle.
Noemi et moi avions descendu des shots de Patrón pendant qu’elle me racontait la vérité sur la mort de sa mère. Elle avait gardé ce secret pendant des mois et il était incroyable de retirer cette barrière entre nous. D’enfin avancer.
— Tu bois en pleine journée ?
La voix de Bishop m’accueillit dès que les portes de l’ascenseur s’ouvrirent.
Je souris narquoisement devant ces fossettes jumelles qui étaient bien trop mignonnes pour être légales.
— Je suis adulte, rétorquai-je.
— La dernière fois que j’ai vérifié, vingt ans, c’était encore un an avant l’âge fixé par la loi pour boire à New York.
— Comme si ça t’avait déjà arrêté.
Je ne connaissais pas Bishop depuis longtemps, mais nous avions passé des heures ensemble au mariage de Noemi, quelques jours avant, et je savais que ce play-boy insouciant n’était pas du genre à se priver à cause des règles. Lui et moi, nous avions joué à cause de l’alchimie électrique crépitant entre nous et nous avions dansé dans un équilibre instable, au bord d’une falaise périlleuse.
L’excitation et l’alcool palpitant dans mes veines, je me sentis projetée une nouvelle fois dans ce précipice à la vue de ce bel Irlandais. Si ses boucles acajou relâchées et ses yeux marron scintillants ne suffisaient pas à faire flageoler les jambes d’une femme, sa mâchoire carrée et ses fossettes épiques étaient faites pour asséner le coup fatal. Et je ne parlais là que de son visage. Le corps parfaitement sculpté de Bishop aurait fait pleurer Michel-Ange. Bon sang, j’avais peut-être versé une larme ou deux en songeant à lui.
Bishop, dont le vrai nom était Ewan Bohanan, comme je l’avais appris, avait adopté un genre de confiance décontractée si puissante qu’elle avait sa propre force de gravité. Il était espiègle, intensément viril et irrésistiblement magnifique. Il était également là pour me ramener chez moi, maintenant que je quittais l’appartement de ma cousine, et j’étais bien trop pompette pour me conduire correctement.
Il sourit et se pencha.
— Oui, mais je fais toutes sortes de choses que tu ne devrais pas faire.
Je me rapprochai, levant les yeux vers lui et le regardant sous mes paupières lourdes.
— Vous n’avez pas honte, monsieur Bohanan ? ronronnai-je. Ne sais-tu pas que nous sommes au e XXI siècle ? Les femmes peuvent faire tout ce que les hommes font.
— Je ne suis pas sûr que ton père serait d’accord avec ça.
— Ça ne m’a jamais arrêtée, par le passé.
Mensonge. Papa était arrivé à ses fins à de nombreuses reprises au fil des années, mais je prenais le contrôle, maintenant. J’avais déjà commencé à chercher mon propre appartement en secret. J’envisageais toute une série de choses que font les Femmes Indépendantes, et Bishop devint subitement la chance parfaite de cocher une autre case sur la liste.
Avoir un coup d’un soir follement torride.
Cette situation était idéale. Le chauffeur de papa m’avait déposée chez Noemi avant le déjeuner et on ne m’attendait pas à la maison avant le dîner. Bishop était canon, libre et suffisamment familier pour ne pas être un véritable inconnu. Je n’aurais pas pu demander une meilleure configuration.
La direction que prenaient mes pensées devait se lire sur mon visage, car son sourire s’évanouit et fut remplacé par quelque chose de sombre et de concupiscent.
— Je crois qu’il est temps que tu rentres chez toi avant que les choses s’emballent.
Sa voix se réduisit à un grondement rocailleux qui engendra une chaleur profonde dans mon ventre. J’eus le souffle coupé et mon regard fut attiré par ses lèvres. Avec un grognement torturé, il me fit pivoter vers l’entrée du bâtiment.
— Commence à marcher et ne me fixe pas comme ça.
La tentation rongeait son self-control. Bien. J’aimais l’idée que Bishop soit si étourdi par l’envie, qu’il serait incapable de réfléchir correctement.
À contrecœur, je lui fis plaisir et il appuya l’une de ses mains dans mon dos, telle une arme. Un petit sourire étira mes lèvres alors qu’il me guidait vers une Mustang d’un jaune éclatant qui correspondait parfaitement à sa personnalité vibrante.
— Ta voiture est magnifique.
— Merci. Tu ne vas pas vomir dedans, n’est-ce pas ?
Je lui lançai un regard noir par-dessus mon épaule.
— Si tu ne connais pas la différence entre pompette et bourrée, je me suis peut-être trompée sur ton compte.
Je me tournai et m’appuyai contre sa voiture, lui faisant face et le toisant d’un air de défi.
— Je suis exactement la personne que tu crois.
Son changement de comportement drastique, de son aisance taquine à cette intensité mortelle, était impressionnant.
Écouter Noemi raconter son histoire pendant une heure avait allumé un feu en moi. Bien que nos pères soient très différents – le mien n’avait jamais menacé ma vie comme le sien l’avait fait avec elle –, je me sentais toujours obligée de suivre ses ordres. Un mariage arrangé pour moi faisait partie du champ des possibles et Noemi n’avait été avertie que deux semaines auparavant.
Cela aurait pu être moi.
Je n’aimais pas l’idée d’être liée à un homme que je connaissais à peine. Néanmoins, si je n’avais pas le choix, je serais maudite si je ne profitais pas au moins de la vie avant. Jusqu’ici, mon expérience avec les hommes était honteusement limitée. Aucun garçon de mon école ne s’approchait de moi – papa s’en assurait. Et quand tante Nora était morte, que Noemi s’était renfermée sur elle-même, il ne m’avait pas paru correct de sortir et de m’amuser. J’avais été coincée dans un genre de confinement, presque autant que Noemi. Il était temps de me débarrasser de ma torpeur et de commencer à vivre.
Mon souffle se bloqua dans ma gorge tandis qu’une de mes mains se tendait pour s’agripper à l’avant de son T-shirt et le tirer doucement.
— Alors, prouve-le. Emmène-moi chez toi.
Les narines de Bishop se dilatèrent tandis que le reste de son corps se durcit comme du granit sculpté.
Ne voulant pas qu’il me voie comme une petite fille inexpérimentée, je l’attirai jusqu’à ce que son corps entre totalement en contact avec le mien.
— Tu réfléchis trop, le tombeur. Nous nous tournons autour depuis notre rencontre. Il est temps de laisser les choses suivre leur cours.
J’arrivais à peine à croire les mots audacieux qui franchissaient mes lèvres. Je parlais comme une dure à cuire, une femme moderne sûre d’elle, et le frisson était aussi enivrant que la tequila qui réchauffait toujours mes veines.
— Merde, siffla-t-il. Tu essaies de me faire tuer, n’est-ce pas ?
— Ne te flatte pas. Ce n’est pas comme si tu échappais à un crime monumental.
M’attrapant la main, il me fit faire le tour de la voiture jusqu’au côté passager et me tint la portière ouverte.
— Monte.
Échec et mat.
N OUS N’AVIONS fait que quelques pas dans l’appartement de Bishop, au dixième étage, quand il colla mon dos contre un mur et que l’une de ses mains se posa sur ma gorge tandis que ses lèvres dévoraient les miennes.
Il ne se contentait pas de m’embrasser. Il m’assiégeait et me conquérait, tout en laissant échapper un grognement vorace. J’étais plus qu’heureuse de concéder ma défaite. Mes mains tiraient sans réfléchir sur sa chemise, comme si j’avais désespérément besoin de me débarrasser des barrières entre nous. Peu importait que je n’aie jamais fait ça auparavant. Tout, dans l’idée d’être avec Bishop, me paraissait naturel et convenable, comme si je chantais une mélodie que je connaissais depuis la naissance.
Il s’éloigna suffisamment longtemps pour passer son haut au-dessus de sa tête et j’en fis de même, ravie d’avoir mis un soutien-gorge rose sexy qui soulignait parfaitement mes modestes courbes.
— Merde.
Ses yeux devinrent vitreux alors qu’il m’observait.
— Tu es encore mieux que je l’avais imaginé.
Je continuai à me déshabiller, déboutonnant mon short en jean et le laissant tomber par terre. Bishop glissa son pouce dans le bonnet de mon soutien-gorge et libéra rapidement ma poitrine avant de saisir le bourgeon tendu dans sa bouche. Un besoin électrique traça un chemin de mon téton jusqu’à mon clitoris et mon flux sanguin augmenta, puis palpita dans la délicate boule de nerfs. Ma tête retomba contre le mur et mes lèvres s’entrouvrirent sur un soupir d’extase pure.
— Bishop, soufflai-je tandis que mes doigts passaient dans ses boucles soyeuses. Tu… t’es imaginé… avec moi ? murmurai-je malgré les sensations enivrantes qui submergeaient mon corps.
— Ces deux dernières nuits, j’ai visualisé tes courbes pendant que je baisais violemment ma main.
Mon Dieu, j’adorais cette honnêteté éhontée. Je n’avais pas pensé qu’il pouvait être encore plus sexy, mais chaque mot qui sortait de sa bouche ne faisait qu’intensifier mon tsunami de désir.
— Et pour cette bouche ? demandai-je d’un air faussement timide en glissant ma langue sur ma lèvre inférieure. Dans tes fantasmes, tu as imaginé ma bouche te faire des choses obscènes ?
Je tombai à genoux avant qu’il puisse répondre et ouvris son pantalon, mon regard demeurant constamment rivé sur le sien.
Je ne savais pas qui était cette déesse qui avait pris le contrôle de mon corps, mais je l’adorais. J’avais l’impression d’avoir déverrouillé une nouvelle version de moi-même. Quelqu’un de puissant et d’audacieux. Une femme qui savait ce qu’elle voulait et qui n’avait pas peur de le prendre. Pippa 2.0, une fille qui assure et une déesse extraordinaire.
Le corps entier de Bishop frissonna sous l’effet de la retenue.
— Les choses que je veux faire à cette bouche m’enverraient directement en enfer.
Sa voix rocailleuse caressa ma peau nue, m’encourageant à continuer.
Lorsque sa lourde verge se libéra de son boxer, je dus repousser le besoin hallucinant d’observer sa beauté virile, bouche bée. Je n’avais jamais vu un pénis d’aussi près et je n’avais certainement jamais rêvé que ce serait si hypnotisant. Cette chaleur palpitante. Les veines gonflant sur sa longueur impressionnante. La texture voluptueuse de sa peau si douce comparée à l’impossible rigidité à l’intérieur.
Il était une satanée œuvre d’art et j’avais envie d’apprécier chaque centimètre carré de son corps, mais je ne voulais pas qu’il sache que j’étais vierge. À deux reprises, par le passé, des mecs s’étaient tirés à la dernière seconde quand je leur avais dit la vérité. Comment diable allais-je un jour perdre ma virginité si personne n’était prêt à se comporter en homme ? Pas cette fois-ci. Je ne lui donnerais aucune raison de douter de moi. Ce qu’il ignorait ne pouvait pas lui faire de mal.
Je le serrai autour de sa base et suçotai l’extrémité salée de son sexe. Je savourai la sensation de chaleur écrasante contre ma langue avec quelques mouvements autour du gland. Impatiente de me mettre à l’épreuve, je remplis mes poumons d’air, aplatis ma langue, puis le suçai profondément jusqu’au fond de ma gorge.
— Seigneur, chaton. Tu me suces comme une championne.
Je levai les yeux juste à temps pour voir sa tête retomber en arrière et sa main se poser derrière mon crâne. Ses louanges m’enflammèrent de l’intérieur avec un flot de lumière radieuse. Je n’aurais jamais imaginé qu’il soit si agréable de procurer du plaisir à un homme, mais le regarder se liquéfier à mon contact était meilleur que n’importe quelle drogue.
J’opinai du chef, léchant et suçant comme si son membre était un glaçon et que je n’avais pas bu d’eau depuis des jours. Lorsque je gémis, alors qu’il était au plus profond de ma gorge, il tira mon visage en arrière et grogna.
— Ça suffit. La première fois que je jouirai, ce sera dans ta petite chatte rose.
Il m’aida à me lever, avant de baisser ma culotte jusqu’à mes chevilles. L’impatience bouillonnait sous ma peau comme du champagne de luxe alors qu’il sortait un préservatif emballé de son portefeuille et l’ouvrait. Une fois qu’il fut entièrement protégé, il me lança un regard si primitif que mes genoux menacèrent de céder.
— J’ai besoin de toi en moi, Bishop.
J’espérais qu’il attribuait mon essoufflement à mon désir, plutôt qu’à ma nervosité. J’étais prête pour lui, mais j’étais également anxieuse. Je devais m’assurer de ne trahir aucun inconfort. Si j’agissais normalement et qu’il était suffisamment concentré sur le moment, il ne soupçonnerait jamais ce que j’avais dissimulé, selon moi. Les hommes n’étaient pas franchement les créatures les plus observatrices dans les meilleurs moments.
— Tu es prête pour moi, chérie.
Il passa une main dans ma nuque afin de guider mes lèvres vers les siennes, tandis que l’autre glissait habilement entre mes chairs. Un grognement se fraya un chemin depuis son torse.
— Tu es déjà si mouillée. Viens ici.
Il me prit dans ses bras et appuya mon dos contre le mur, mes jambes enroulées fermement autour de sa taille.
C’était là. Le moment où je me débarrassais de cette fichue étiquette de vierge et que j’avançais avec confiance vers ma vie de femme.
Un sourire triomphant se dessina sur mon visage avant que j’écrase mes lèvres sur les siennes, à l’instant même où Bishop me pénétrait.
Je l’ai fait ! Et je n’ai même pas grimacé, même si ça fait mal, cette connerie !
J’étais tellement captivée par ma propre euphorie et mes émotions étourdissantes qu’il me fallut une seconde pour me rendre compte que Bishop était devenu cruellement immobile.
— C’est. Quoi. Ce. Délire ?
Chaque mot entaillait l’air chargé de tension avec une précision mortelle.
Bishop releva lentement son regard cinglant vers le mien.
Oh merde.
Oh merde. Oh merde. Oh merde.
Ça ne se passait pas comme je l’avais prévu. Il savait. Il savait exactement ce que j’avais fait et il était furieux.
— Ce n’est rien, Bishop. J’en avais envie. Je te le promets.
Je tentai de le rassurer.
— Et moi, Pippa ? aboya-t-il. Tu t’es arrêtée une seconde pour te demander si je le voulais ?
Aïe.
La sirène sexuelle en moi se flétrit comme les pauvres âmes dans La Petite Sirène qui avaient passé un marché avec la maléfique sorcière des mers.
Je reposai mes pieds, grimaçant alors qu’il se retirait de moi, et je maintins mon regard vers le bas. J’avais eu tellement hâte de savoir enfin ce que je ressentirais en étant avec un homme que je n’avais pas songé aux conséquences si je me trompais. Le dégoût de Bishop me recouvrait d’une couche poisseuse de honte.
— Merde, ce n’est pas ce que je voulais dire, grommela-t-il. Ça n’aurait pas dû se dérouler comme ça, Pippa. Ta première fois ne devrait pas se faire contre un satané mur.
Il passa une main dans ses cheveux et observa la pièce, comme s’il cherchait des réponses.
— Merde alors. On ne peut plus revenir en arrière, alors je ferais aussi bien de m’y prendre correctement.
Il m’attrapa la main et m’attira vers sa chambre.
J’essayais de ne pas avoir l’impression d’être une enfant qui s’était mal comportée, mais c’était difficile. Je l’avais déçu et je le savais. La culpabilité masquait curieusement tout soupçon de courage que j’avais ressenti quelques minutes plus tôt, et je restai donc vulnérable et incertaine.
Nous nous arrêtâmes au pied de son lit king size masculin. Sa chambre était confortable, quoiqu’un peu en bazar. Quelques vêtements étaient éparpillés par terre et son lit n’était pas fait, mais tous les meubles étaient luxueux et la décoration était cohérente. C’était raffiné, mais habité. J’aimais bien. Même beaucoup.
Bishop se mit face à moi et leva un doigt sous la bretelle de mon soutien-gorge, me caressant lentement jusqu’au sommet de ma poitrine.
— Comment quelqu’un de si incroyable a-t-il pu ne jamais être touché avant ?
Sa question était rhétorique, comme toute son attention était focalisée sur le mouvement de ses doigts. Je n’aurais pas pu répondre même si je l’avais voulu. L’intensité de ses mots et son contact hypnotisant me rendaient muette.
Bishop tendit la main derrière moi afin de dégrafer mon soutien-gorge – le dernier vêtement entre nous. Il ne me le retira pas immédiatement. Il leva plutôt les doigts vers les fines bretelles de mes épaules et les abaissa malicieusement, son regard affamé rivé sur chaque centimètre de la peau nouvellement dévoilée, jusqu’à ce que la gravité se manifeste et que la dentelle tombe par terre.
Mes tétons se crispèrent incroyablement. Ma respiration devint superficielle.
Je me sentais bien plus exposée que jamais et ça n’avait rien à voir avec mes vêtements. Tout, dans cette situation, paraissait différent que lorsque nous étions entrés dans l’appartement. Notre allégresse suffocante s’était muée en quelque chose d’infiniment plus poignant. L’air était saturé d’émotions et je ne savais pas vraiment si je voulais l’inspirer ou fuir vers la sortie la plus proche.
— Je devrais te fesser pour la farce que tu m’as faite, mais j’imagine que tu as été suffisamment punie.
Il leva les yeux vers moi, s’adoucissant enfin légèrement.
— Tu as mal ?
Je secouai la tête.
— Plus maintenant.
Il acquiesça une fois, avant de river son regard vers le lit.
— Sur le dos.
Je lui obéis, mais hésitai quand il se baissa et me fit signe d’écarter les genoux.
— Je ne sais pas vraiment si tu as envie de faire ça. J’ai peut-être un peu saigné.
Les mains sur mes genoux, il les ouvrit grandement.
— Si je ne voulais pas faire ça, je ne le ferais pas.
Il m’embrassa l’intérieur de la cuisse et remonta lentement en me mordillant et en me léchant, ce qui fit naître un feu furieux dans mon ventre.
— Dis-moi que tu as au moins joué avec toi, déjà.
— Oui, je ne suis pas une prude, j’ai simplement été surprotégée.
Il mordilla mon sexe à cause de ma réponse malicieuse.
Je m’exclamai, mes muscles se contractant.
— S’il te plaît, touche-moi. J’ai besoin que tu me touches, haletai-je.
— J’y arrive, chaton. Tu ne peux pas précipiter ce genre de choses.
Bishop glissa un doigt en moi. J’avais plus mal que je ne m’en étais rendu compte. Toutefois, quand il recourba son index pour heurter un point en moi, le plaisir qui frémissait déjà dans mes veines se décupla.
Je gémis. Bruyamment.
— Mon Dieu, c’est si bon.
J’avais auparavant eu des orgasmes, mais c’était différent. Avec les doigts de Bishop allumant un feu en moi, mon corps frissonna et trembla à cause de la vague imminente de plaisir. Quand il suça enfin mon clitoris, stimulant la boule de nerfs gonflée, la vague s’écrasa sur moi si totalement que je perdis tout contrôle. Un cri de pure jouissance se fraya un chemin depuis ma gorge. Mon corps tressaillit et je fus presque certaine que mon âme quittait momentanément mon corps.
Alors que je reprenais mes esprits, Bishop couvrit mon corps avec le sien avant de m’embrasser profondément.
— Goûte ta saveur sur ma langue, chaton. Maintenant, tu es prête.
Il repoussa mes genoux et entra en moi de deux centimètres.
Je sentis un étrange vide après mon orgasme. Comme si mon corps savait qu’il manquait quelque chose, mais la pression de son intrusion m’obligea à me crisper, par réflexe.
— Doucement, chérie. Essaie de te détendre. Je ne veux pas te faire plus de mal que je t’en ai déjà fait.
Je hochai la tête et inspirai pour me calmer.
— C’est ça, ma belle.
Sa voix devint plus tendue. Il se balança contre moi, entrant lentement centimètre par centimètre jusqu’à ce qu’il soit enfoncé complètement.
— Merde, ce petit trou serré était fait pour moi.
— Mon Dieu, Bishop. Je me sens si pleine.
Mes mots n’étaient rien de plus que de fins soupirs. Toute mon énergie était focalisée sur la réconciliation avec cette nouvelle sensation étrange de possession absolue. Cette impression d’être totalement et complètement enveloppée par un homme. Il avait capturé mes sens – j’étais incapable de faire quoi que ce soit, à part absorber son goût, son contact et même son odeur. Il était partout, il était tout, et je ne pouvais m’en lasser.
Il commença alors à bouger.
Lentement et régulièrement au début, il entreprit des va-et-vient de plus en plus rapides et violents jusqu’à ce que rien d’autre n’existe, à part notre connexion enivrante. Nous n’avions aucune attente ni aucune règle. Il n’y aurait aucune conséquence ni responsabilité. Nous étions suspendus dans un moment magique consistant en un pur désir charnel.
Il repoussa davantage mes genoux, pliant ma colonne vertébrale pour entrer plus profondément. Je m’accrochai à son corps, l’incitant à avancer et le suppliant de m’en donner plus.
— C’est ce que tu voulais, chaton ? demanda-t-il à travers ses lourds halètements. Avoir ma queue enfoncée en toi jusqu’à la garde ?
— Oui.
Mes yeux roulèrent dans leurs orbites tandis qu’une brillance luisante me taquinait et crépitait entre mes jambes. Comme lors de mon orgasme précédent, mais c’était différent. C’était plus. Comme si toute jouissance passée n’était qu’un échantillon de ce qui était possible. De ce que je m’apprêtais à expérimenter.
— Merde, je veux voir mon sperme couler de ta chatte mouillée.
À ma grande surprise, les obscénités de Bishop me rapprochèrent du bord du précipice. Je ne savais pas que de simples mots pouvaient être si érotiques, mais chaque fois qu’il parlait, mes entrailles fondaient.
— Bishop !
— Ma belle aime quand c’est sale, n’est-ce pas ?
Il était comme un train de marchandises, nous poussant tous les deux sans relâche vers l’extase.
— C’est ça, chérie. Serre ma queue. Mon Dieu.
Mes lèvres s’entrouvrirent dans un cri silencieux alors qu’un orgasme cataclysmique me submergeait. Il me balaya et effaça temporairement mon existence. Je n’étais rien de plus qu’une sensation fourmillante. Une rivière de plaisir fondu.
La jouissance de Bishop jaillit dans un grognement qui fit écho au plus profond de son torse. Il me serra contre lui pour trois lents coups de reins délibérés, son corps tordu autour du mien.
Je me délectai du contrecoup.
J’avais fait ce que j’avais prévu de faire et tout, dans ce moment, était d’une perfection extrême, mis à part notre petit pépin. J’étais certaine que Bishop se remettrait de la déception que je lui avais causée. S’il ressentait la moitié de mon bonheur suprême, il pouvait pardonner une multitude de péchés. Quel autre choix avait-il ?
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