Sea, sex & me - 2

Ann Fox · Chapitre 9 sur 16

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Sea, sex & me - 2

8. Fashion crisis

 

Ella

Je n’ai pas revu Hunter. Ni quand je suis revenue sur le yacht, ni quand nous avons tous trinqué à cette « belle » après-midi de jet-ski. Pour une fois, je m’en veux. J’ai le sentiment de lui avoir gâché son après-midi, d’avoir été trop agressive et impulsive. C’est vrai que j’avais de bonnes raisons de m’énerver, que j’ai accumulé trop de frustrations à son encontre et que j’ai explosé, mais… c’était peut-être un peu trop. Et en même temps, je ne me vois pas aller frapper à sa porte pour m’excuser. Il y avait du vrai dans ce que j’ai dit, que ça lui plaise ou non. Mais j’aurais pu le lui dire autrement. Et peut-être…

Aaaaaaaaargh !

Je m’en taperais la tête contre les murs ! Ou contre la porte de ma cabine, ça fera très bien l’affaire aussi…

La soirée sur l’île démarre dans une heure, et Cecilia nous a tous envoyés nous changer. Quand j’entre, mon regard se porte immédiatement sur une enveloppe posée sur les coussins du lit. Sûrement l’invitation pour la soirée sur Isla Contoy. Même s’ils sont jeunes, les enfants de bonnes familles font toujours les choses de façon très cérémonieuse ! Enfin, sauf quand ils sont ivres.

Je saisis l’enveloppe, où mon nom est écrit en belles lettres fines, et en sort un petit carton blanc… qui ne porte pas du tout le message attendu.

À l’intention d’Ella Newman,

Moi, Hunter Marlow, je m’engage par ce présent acte à ne plus JAMAIS

t’appeler « Baby girl », sauf si tu me supplies. Je m’engage également à

faire en sorte que ma présence durant le séjour ne soit plus une source

d’ennuis pour toi. Cet acte est une proposition de paix.

Si je le trahis, je m’engage à te verser un million de dollars de dommages et

intérêts, ainsi que de me rendre à la cérémonie de fin d’année, dans le

déguisement de ton choix.

Légalement,

Hunter Marlow

Je reste un instant sonnée.

Je ne m’attendais pas à ça !

Ce mot, calligraphié de son écriture penchée et nerveuse, est un calumet de la paix, un drapeau blanc, et une hache de guerre enterrée en même temps ! Je me prends à sourire à ses traits d’humour, à imaginer déjà le déguisement que je pourrais lui faire porter…

Un castor ? Ou… un cactus, peut-être ?

Je secoue la tête pour me remettre les idées en place. Ce n’est pas le plus important à cet instant ! L’important, c’est qu’Hunter me fait une proposition de paix et que je dois y répondre.

Je m’empresse de prendre une feuille du bloc-notes à la tranche dorée qui se trouve sur la petite table pour lui répondre.

À l’intention d’Hunter Marlow,

Moi, Ella Newman, je m’engage par ce présent acte à ne plus te traiter de

fou sans cœur, sauf si tu me supplies. Je m’engage également à faire en

sorte que ma présence durant le séjour ne soit plus une source d’ennuis

pour toi. Cet acte est une réponse à ta proposition de paix.

Si je le trahis, je m’engage à te verser neuf cent huit dollars de dommages

et intérêts (mes seules économies) ainsi que de me rendre à la cérémonie de

fin d’année, dans le déguisement de ton choix. Mais quand même habillée.

Légalement,

Ella Newman

Un peu gênée, j’appelle Jasmine par le petit interphone de ma cabine. Elle arrive en quelques minutes, souriante, et je lui confie ce mot à remettre discrètement et uniquement à Hunter.

– Je peux compter sur vous ?

– Ne vous inquiétez pas, m’assure-t-elle, la discrétion fait partie de mon travail, Mademoiselle Newman.

Je referme la porte, soulagée, et soudain beaucoup plus enthousiaste à la perspective de cette soirée. Dans un climat apaisé entre Hunter et moi, ça ne peut que bien se passer !

Je fais taire la petite voix qui me souffle qu’Hillary sera toujours là. Si je peux me réconcilier avec Hunter, je peux ignorer Hillary et ne pas la laisser gâcher mon séjour.

Non mais !

Pleine d’une énergie nouvelle, je file sous la douche luxueuse, où les produits offerts me font la peau douce et les cheveux plus beaux que jamais. Je jette un coup d’œil au miroir, et souris au reflet de mon visage : j’ai pris quelques couleurs, un très léger hâle caramel qui me donne bonne mine et fait briller mes yeux.

Merci le Mexique !

Mais une fois devant mon sac, je déchante brusquement. J’ai complètement oublié de demander à Paris ou Cecilia s’il y avait un dress code, et j’ignore quoi porter. Il ne manquerait plus que je fasse un énorme faux pas vestimentaire qui me vaudrait des moqueries acides !

J’hésite un instant entre un short et une jupe, puis je finis par attraper mon portable.

– Ella ? Pourquoi tu m’appelles, tu sais que je suis dans la chambre d’en face ?! s’amuse Paris.

– Je ne savais pas quelle porte c’était et je ne suis pas habillée !

– Donc, tu m’appelles toute nue ! Ça, c’est une première !

– En serviette de bain, précisé-je, très digne.

– Mais moi, je suis entièrement nue ! précise Paris avec un petit rire. Bon, qu’est-ce qu’il se passe ?

– J’ai besoin de tes lumières : comment on s’habille pour une « soirée sur une plage privée autour d’un feu de camp » ? C’est ma première !

Je l’entends rire.

– Ne te moque pas ! protesté-je.

– Je ne me moque pas, m’assure Paris entre deux gloussements. Je te trouve simplement… trop mignonne. Avec les fringues, je plaisante… mais c’est du sérieux ! Alors déjà, pas de talons.

– OK !

Heureusement, car je n’en avais pas pris avec moi. D’ailleurs m’imaginer perchée sur des échasses, à moitié enlisée dans le sable, me fait vraiment rire. Je ne maîtrise pas des talons de cinq centimètres sur une surface plate, alors sur une plage…

– Moi, j’y vais décontractée, continue Paris. Mon pantalon cigarette blanc, un top en soie, et un gilet pour quand il va faire plus frais… Je compte sur l’alcool pour me réchauffer. Pense confort, mais pas hippie, Ella ! Je te connais.

– Promis ! En même temps on sera entre nous, ce n’est pas comme si on allait rencontrer potentiellement les hommes de notre vie ce soir…

Furtivement, l’image de Hunter et moi, seuls sur une plage déserte, vient brouiller mes paroles, mais je la chasse en secouant la tête. Une proposition de paix, ce n’est pas une proposition en mariage !

– On ne sait jamais, c’est pour ça qu’il faut toujours être prête, m’assure Paris.

Je souris en raccrochant, et me saisis de mon carnet.

18 h 45. Deuxième jour au Mexique et déjà tellement de choses à raconter ! Je n’arrive pas trop à mettre les mots dessus, mais ce voyage n’a rien à voir

avec ce que j’imaginais. J’apprends bien plus sur moi que prévu et surtout j’ai pris une nouvelle résolution : prendre les choses comme elles viennent.

Il faut toujours penser à ce que l’on a et pas à ce qui nous manque.

J’ai une amie plus précieuse que tous les yachts du monde. Je suis jeune, en

bonne santé, je sais ce que je veux faire dans la vie. Je ne suis plus une

enfant et, parfois, au cours de ces dernières quarante-huit heures, je me

suis trouvée jolie…

Et ce soir, je vais même me trouver belle, c’est décidé !

J’opte pour mon slim noir et des nu-pieds dorés, cadeau de Paris qui avait décidé, comme c’était la dernière paire de la boutique, qu’elle pourrait rentrer dans des chaussures deux tailles en dessous de la sienne.

Je n’ai jamais été aussi heureuse d’avoir de petits pieds !

J’enfile un débardeur bleu pâle en coton souple, un peu large mais court. On voit mon ventre quand je lève mes bras, mais c’était ça ou un bustier. Pour ce dernier, c’est encore trop tôt…

Mes cheveux ont naturellement ondulé, et je décide de les laisser détachés.

Je pourrais aller voir Paris et lui demander de m’aider à me maquiller. Mais si je dois apprendre à me trouver belle, autant commencer au naturel, non ?

Au moment de sortir de ma chambre, je passe devant le miroir en pied accroché au mur. La jeune femme que je vois semble heureuse, déterminée, à l’aise dans son corps et ses vêtements. Je me souris, parcourue de frissons d’anticipation.

Cette soirée sera parfaite, je le sens !

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