Secret Defense d'aimer
Le général a demandé à me revoir…
Premier cadeau.
– Condor –
Le général a demandé à me revoir dans son bureau, je m’attends donc à devoir ensuite participer à une réunion. Moi qui espérais passer la soirée avec Sabine, je crains que ce projet soit compromis.
– Tu m’envoies où ? je questionne d’emblée en m’asseyant face à lui.
– Nulle part. Je voulais juste aborder un sujet personnel avec toi.
– Ne recommence pas avec tes livres à la con. Je n’en ai pas besoin !
Je refuse tout net que l’on se mêle de mon couple et je le fais savoir sèchement pour qu’il cesse pour de bon.
– Calme-toi. Il ne s’agit pas de cela, tempère-t-il en levant les mains. Je voulais juste te parler de Sabine…
– Elle va très bien ! je redécolle aussitôt.
– Tu me laisses en placer une oui ou non ?!
Renfrogné, je m’enfonce dans le fauteuil en croisant les bras. Je n’aime pas les ordres. J’ai l’habitude de les donner, pas de les recevoir. Mais il insiste et c’est peut-être important, alors je la ferme.
– Bien. Aucun reproche ni remarque, juste une idée à te proposer. Sabine doit garder le secret total sur votre relation, ce qu’elle accepte.
– Et je lui fais confiance, ce sera le cas.
– Mais elle se retrouve isolée et d’un avis personnel, je ne pense pas que cela soit une bonne chose.
– Oui, mais c’est une nécessité pour sa sécurité aussi.
– J’ai une solution à te proposer qui ne la remettrait pas en cause. As-tu lu le dossier de son amie, le sergent Le Garrec ?
– Bien sûr ! Tu te doutes que j’ai même demandé une enquête plus poussée puisqu’elles se fréquentent.
– Voilà. Et comme tu n’as rien dit, c’est que tu es rassuré à son sujet. Ce que je confirme aussi, ses notations sont parfaites. Donc, ceci étant établi, je te propose de la mettre dans la confidence.
– Je n’aime pas ton idée, je ronchonne.
C’est vrai que ce sergent est fiable. J’ai appris qu’elle n’a jamais parlé de la spécificité des séances de sport. Même pas à son colonel persuadé qu’elle court avec Sabine sur la piste du stade le plus proche. Mais par principe, ça ne m’emballe pas.
– Pour Sabine, ce serait bénéfique. Je le pense sincèrement. Sa vie avec toi ne sera pas facile, de ce fait, pouvoir échanger avec son amie serait un bon soutien dans la durée.
– Je vois, je grogne encore.
Le général m’observe en silence. Il sait que je cogite, qu’il me faut le temps d’analyser la situation. Je me remémore ce que le docteur Cauvin m’a conseillé avec Sabine : faire des concessions pour lui simplifier la vie tant que la sécurité n’est pas remise en cause.
De plus, elle ne voulait pas signer, mais elle a cédé. Pour moi. Elle mérite que j’en fasse autant pour elle.
– Ok. Si pour Sabine, c’est mieux et que cela peut l’aider, alors je marche. En revanche, j’ai besoin d’aller lui parler moi-même pour mettre les choses au point.
– Houla ! Vas-y doucement quand même avec elle, s’il te plaît.
– Pour qui me prends-tu ? Je sais discuter sans effrayer quand je le veux, je réplique en me levant pour sortir.
– Je compte sur toi ! crie-t-il avant que je claque la porte.
D’un bon pas, je me rends au bureau du sergent. Il est ouvert, alors j’entre puis ferme derrière moi. Elle lève la tête de son écran et en me reconnaissant, elle bondit de son fauteuil pour se mettre au garde-à-vous. Je lui fais signe de se rasseoir puis me plante devant elle qui est statufiée. Elle est moins perspicace que Sabine, elle n’a pas compris mon geste.
– Vous pouvez vous asseoir, dis-je en le refaisant pour une prochaine fois.
– Ça va aller. Je préfère rester debout si cela ne vous dérange pas, répond-elle d’une voix incertaine.
Elle est bizarre, cette fille. Bon, je vais éviter de lui dire ce que je pense, elle est assez perturbée. À la place, j’attaque sur l’objet de ma venue.
– Vous êtes amie avec Sabine. Vous tenez à elle ?
Elle est peut-être fiable, mais sa façon de papillonner des yeux, comme si elle ne comprenait pas ce que je lui raconte, me fait penser qu’elle n’est pas bien futée.
– Bien sûr que oui, finit-elle par répondre.
– Bien. Alors je compte sur vous.
Encore un moment de silence à m’observer comme si j’avais parlé en tchèque.
– Excusez-moi, Condor, mais pour quoi exactement ? bredouille-t-elle.
Mouais. Gentille, mais pas vive d’esprit.
– Pour être son amie, je rétorque avec agacement.
En me fixant avec les yeux ronds, elle ouvre la bouche, mais sans sortir un mot. Je crois que je l’ai perdue.
– C’est ma femme. Je tiens à elle et donc, je compte sur vous pour être une amie fiable. C’est plus clair ?
Ah ! Elle réagit enfin. Elle sursaute, même. Elle me scrute quelques secondes en réfléchissant, puis se lance.
– J’ose me permettre de rebondir sur votre déclaration. Sabine est votre archiviste, pas votre femme.
Mince. Je suis partie bille en tête. Finalement, elle n’est peut-être pas si lente que ça, j’avais juste oublié de fournir l’information capitale. Il est heureux que je sois plus rigoureux sur le plan professionnel.
– Nous nous sommes mariés ce matin, j’annonce pour rectifier ma lacune. Sabine est désormais ma femme.
Le sergent écarquille les yeux en inspirant un grand coup.
– C’est… Je n’ai pas les mots, souffle-t-elle, ahurie.
– Merveilleux.
– Ce n’est pas tout à fait ce qui me venait, là tout de suite. Oh ! C’était ça son sourire niais ! s’exclame-t-elle tout à coup.
– Elle souriait ? je questionne, ravi par ce détail.
– Mais oui, s’esclaffe-t-elle avant de se raidir d’un coup en se souvenant de qui lui fait face. Hum, donc, vous êtes mariés. Quelle nouvelle surprenante. Sabine me l’aurait appris, nul doute que j’aurais pensé à une blague.
– C’est la raison pour laquelle je vous le divulgue moi-même. Je ne blague pas.
Je rêve ou elle vient de rouler des yeux ?
– Je n’en doute pas. J’imagine que le but de votre visite est de vous assurer que le secret est bien gardé avec moi ? Quoique non. Si vous me l’avez révélé, c’est que vous savez déjà que c’est le cas.
Je retire ce que j’ai dit plus tôt, elle comprend vite et toute seule.
– C’est ça. Elle ne peut en parler à personne, alors elle vous aura au moins, vous.
– Je suis honorée de votre confiance. Vous pouvez compter sur moi. J’aime beaucoup Sabine et je serai à la hauteur, déclare-t-elle d’une voix forte au garde à vous.
– Du calme, Sergent. Je ne vous demande pas de partir au front. Juste d’être vous-même avec ma femme, c’est tout. Sur ce, je vous laisse.
Je quitte son bureau satisfait. Je viens d’offrir un deuxième cadeau à ma femme. Aucun doute qu’elle l’appréciera.
Tout se déroule merveilleusement bien, je vais y parvenir à devenir un mari au top.
À suivre…
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Dans la suite :
Un voyage de noces. Façon Condor.
Sabine en vacances. Vraiment ?
Des situations rocambolesques. Assurément.
Le tome 2 des aventures de Sabine et Condor
déjà disponible en version brochée, bientôt en numérique.
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