Sous un masque de velours noir
« Dans l'air flottait le parfum capiteux…
09.
« Dans l'air flottait le parfum capiteux du désir. Les vagues venaient mourir sur leurs jambes emmêlées tandis que les baisers brûlants de l'inconnu remontaient lentement le long de son dos. Il mordilla son épaule, sa nuque, puis l'enlaça pour envelopper de ses grandes mains puissantes ses seins tendus par le désir. Amy Lee laissa échapper un soupir béat. Elle avait l'impression de se liquéfier, de faire corps avec l'océan qui roulait dans un doux murmure.
Il garda une main sur sa poitrine et enfouit l'autre dans la masse soyeuse de ses cheveux, exerçant une légère pression jusqu'à ce qu'elle fût à genoux, dos cambré, offerte au désir exacerbé de son compagnon, frémissant déjà au contact de son sexe dur et viril, brûlant d'anticipation... »
« Ça y est, c'est fini », songea Amalie, en proie à un profond abattement. Inutile de chercher une issue de secours, il n'y en avait pas.
— Ainsi tu... tu sais, articula-t-elle avec peine. Comment as-tu...
— Je vais être franc; j'ai regardé ton permis de conduire.
Amalie eut l'impression de recevoir une gifle.
— Est-ce pour cela que tu m'as séduite? Pour pouvoir fouiller dans mon sac ?
Elle marqua une pause avant de poursuivre, la gorge limite :
— Et maintenant que vas-tu faire? Utiliser le même procédé avec Lacey?
Elle couvrit sa bouche d'une main, mais il était trop tard. Beaucoup trop tard.
— Ne t'inquiète pas, lança Jéricho. Je sais déjà que ton amie s'appelle Lacey Longwood.
Son regard froid, indéchiffrable, était encore plus pénible que la colère. Une confrontation aussi glaciale s’éloignait tellement de... Elle glissa un regard en direction du lit. Que s'était-il vraiment passé entre eux? Avaie nt-ils fait l'amour ou avaient-ils été les acteurs d'une triste farce?
— Qu'as-tu appris d'autre au cours de ta petite enquête ?
— C'est à toi de me le dire.
Elle se leva et arpenta la pièce d'un pas fébrile.
— Je te propose un marché, annonça-t-elle au bout de quelques secondes. Je répondrai à tes questions à condition que tu répondes aux miennes.
Autant profiter de la débâcle pour satisfaire sa curiosité. L'incertitude voila les traits de Jericho.
— Que veux-tu dire?
— Je te fournirai des éléments importants pour ton fichu portrait de Madame X si tu me promets de répondre aux questions que je me pose sur toi.
Elle s'immobilisa et se força à rencontrer son regard.
— Figure-toi que j'aime bien savoir quelques « trucs » sur les hommes avec qui je couche, compléta-t-elle avec une assurance qu'elle était loin d'éprouver.
— Très bien. Marché conclu, fit Jéricho en haussant les épaules. En premier lieu, j'aimerais éclaircir définitivement la question des identités.
Amalie tira la chaise du bureau et s'y laissa tomber.
— Comme tu l'as déjà découvert grâce à l'une de tes fameuses ruses, je m'appelle Amalie Dove, et mon amie s’appelle Lacey Longwood.
— Laquelle de vous deux est Madame X ?
Les pupilles d'Amalie se rétrécirent.
— Tu l'ignores?
— Disons que j'en ai une vague idée. J'ai découvert ce matin même qu'Amalie Dove était à la tête de la société Velours Noir Inc. Plutôt surprenant, non ?
— Eh oui, murmura Amalie.
Jericho haussa les sourcils.
— Oui, répéta-t-elle, une pointe d'exaspération dans la voix. Je suis Madame X.
Ses poings se refermèrent. Voilà, elle l'avait dit, et ç'avait été pire que ce qu'elle avait imaginé. Elle avait toujours cru qu'une exaltante sensation de liberté et de soulagement viendrait gommer la culpabilité qui la tenaillait depuis des semaines. Hélas, rien de ce genre ne se produisait.
— Maintenant, à mon tour, reprit-elle en s'efforçant de dissimuler le chagrin qui lui vrillait le cœur. Parlez-moi un peu de votre nom à vous, monsieur Thomas Janes Jericho. Maintenant que nous avons fait l'am... euh, enfin, comment dois-je t'appeler exactement? Thomas? Tom? Tommy peut-être?
Il haussa les épaules avec nonchalance alors même qu'une tension presque palpable s'était abattue sur eux.
— Peu importe. J'utilise Janes dans mes relations professionnelles, à la mémoire de mes grands-parents maternels qui ont toujours été là quand j'ai eu besoin d'eux. Jericho était le nom de mon père mais je ne l'ai pas connu. Il est mort alors que j'étais bébé.
— Mmm. Est-ce que quelqu'un t'appelle Tom? s'enquit Amalie dans l'espoir de percer à jour les émotions qu'il dissimulait avec tant de brio.
Il demeura de marbre.
— Ma mère m'appelle Thomas. Quant à mon beau-père, il ne m'appelle pas; il se contente plutôt de dire « ton fils » en s'adressant à ma mère. Il lui dira par exemple : « Ton fils a toujours été un bon à rien ».
Comme Amalie secouait la tête d'un air compatissant, il balaya l'air de la main et enchaîna :
— Parlons plutôt de tes livres. Pourquoi les as-tu écrits? Pourquoi les as-tu fait publier?
Amalie s'agita sur sa chaise.
— Pourquoi pas?
— Rendez-Vous au clair de lune , annonça-t-il soudain, comme s'il venait de se souvenir d'un élément important. C'est cette nouvelle qui a attisé ma curiosité et maintenant, tout s'éclaire. Amalie Dove. Amy Lee Love . Beaufort Drive, Bella Isle. Bellefort Island .
Il inclina légèrement la tête de côté.
— Y a-t-il d'autres ressemblances?
Et dire qu'elle s'était crue très rusée...
— Bien sûr, lança-t-elle d'un ton mi-exaspéré, mi-provocateur. J'adore faire l'amour sur la plage, au clair de lune, avec des inconnus !
Elle se leva d'un bond et recommença à faire les cent pas.
— Tu ne comprends donc pas, Jericho ? Tout ceci est le fruit de mon imagination ! Tout, y compris Madame X. Le vrai nom de l'auteur n'a aucune importance. Lacey s'est glissée dans la peau de Madame X pour s'amuser; nous n'avions pas l'intention de nuire en imaginant une telle mise en scène.
— Norris Yount et Rosie Bass étaient d'accord?
Amalie émit un petit grognement.
— Ils ne sont pas au courant, n'est-ce pas ?
— Je... je ne leur ai rien dit.
Jericho comprendrait peut-être ses motivations. Peut-être même accepterait-il de ne pas révéler son identité si elle lui racontait tout — y compris le sénateur Dove; le risque étant de s'enliser plus profondément encore.
— La situation m'a échappé, si tu veux tout savoir, expliqua-t-elle avant de s'asseoir sur le lit. Au début, pour des raisons tout à fait personnelles, j'ai utilisé un pseudonyme afin de préserver ma vie privée. Ensuite, pour la publication du deuxième recueil, Pebblepond a décidé de mettre ma photo en quatrième de couverture. Comme je ne pouvais pas leur envoyer une des miennes, je leur ai fait parvenir celle de Lacey —avec son assentiment, bien sûr. Elle pensait que c'était... une bonne farce, rien de plus.
Amalie leva les yeux vers Jéricho ; son beau visage ne trahissait aucune émotion.
— Quant au reste… les interviews, la tournée de promotion... eh bien, tout cela m'a dépassée, acheva-t-elle avec un sourire las.
— Mmm-mmm. C'est ce qu'ils disent tous.
Amalie laissa échapper un soupir agacé.
— Hé, doucement! Je n'ai pas trempé dans un scandale politico-financier, tout de même !
— Peut-être, mais ça reste néanmoins une escroquerie.
De toute évidence, il se montrerait intraitable.
— Ton temps de question est écoulé, déclara-t-elle avec un aplomb feint. A toi de répondre, maintenant. Pourquoi as-tu choisi le journalisme d'investigation?
— Parce que je pense que les fraudes et les tromperies doivent être exposées au grand jour. Parce que l'image que présentent au public de nombreuses « personnalités » de ce monde n'est qu'un leurre et qu'il est nécessaire de rétablir la vérité. Il se trouve que j'ai eu l'occasion de rencontrer pas mal de personnes qui trompaient ainsi leur entourage au cours de mon existence. Et j'ai appris à détester ça.
— C'est pour cette raison que tu as choisi le journalisme? Pour démasquer les imposteurs et devenir l'avocat de M. Tout-le-Monde ?
Il émit un rire ironique.
— J'ai mis du temps avant de me lancer sur cette voie...
Ses yeux pétillèrent.
— Et je ne suis pas devenu pour autant indifférent aux appâts de la réussite, ajouta-t-il d'un ton narquois.
— Comme craquer pour une propriété avec vue sur la mer, par exemple ?
— Par exemple.
Sans un mot de plus, il se leva et entreprit de rassembler les plats et les assiettes vides avant de pousser la table roulante vers la porte.
Amalie demeura silencieuse un long moment, s'efforçant d'analyser calmement la situation. Sa décision fut prise rapidement. Prenant une longue inspiration, elle se redressa, resserra les pans de son peignoir autour d'elle et se lança.
— Thomas Janes Jericho, commença-t-elle d'un ton solennel, j'ai décidé de te faire confiance.
Il fronça les sourcils et passa une main dans ses cheveux blonds. Ses paroles semblaient le mettre mal à l'aise.
Mais avait-elle le choix? De toute façon, il était trop tard pour faire machine arrière.
— Tu as peut-être entendu parler du sénateur de Caroline du Sud, Barbara Dove.
— Oui, bien sûr.
Il se frappa le front. Apparemment, il commençait à comprendre.
— C'est une parente à toi ?
— C'est ma mère.
Il y eut un silence.
— Je vois, dit-il finalement. Et tu penses qu'assumer l'écriture de Velours noir aurait entaché la réputation irréprochable du sénateur Dove, c'est ça?
— Aux yeux d'une bonne partie de son électorat, oui. Je désirais seulement préserver ma mère d'un remue-ménage inévitable. Et préserver mon statut à Bella Isle, par la même occasion.
Amalie esquissa une grimace, imaginant le pire.
— Les électeurs du sénateur Dove sont en grande partie conservateurs. Je crains qu'ils ne prennent pas bien la nouvelle. Quant aux habitants de Bella Isle, ils sont plutôt... revêches. Ils détestent être bousculés dans leur petite routine et ils ne verraient pas d'un bon œil l'invasion massive des médias sur leur territoire.
— Dans ce cas, tu te trouves dans une impasse, déclara Jericho d'un ton neutre.
Amalie tritura nerveusement la ceinture de son peignoir.
— Sans parler que je suis, moi aussi, un peu... farouche, confessa-t-elle dans un murmure, redoutant la réaction de Jericho.
Quelques secondes s'écoulèrent. Une éternité, aux yeux d'Amalie. Contre toute attente, il vint s'asseoir près d'elle.
— Laisse-moi deviner, dit-il enfin. Tu es en train de me demander de ne pas lever le voile sur le mystère Madame X, c'est ça?
Sur une impulsion, Amalie le saisit par le bras.
— Je sais que ce n'est pas très honnête de ma part, mais tu dois comprendre que de telles révélations auraient des conséquences irréversibles sur ma vie. Dans l'état actuel des choses, je ne vois pas ce que ça changerait, concrètement, de révéler au public la véritable identité de Madame X ; tu ne ferais que ruiner ma vie et, du même coup, porter un coup fatal à la carrière de ma mère, c'est tout. Tout le monde se moque bien de savoir que Lacey n'est pas la vraie Madame X !
Elle s'interrompit, chercha ses mots.
— Si tu veux tout savoir, Jericho, je ne sais plus quoi faire pour me sortir de ce guêpier. J'aimerais tellement disposer d'un mode d'emploi ! acheva-t-elle avec un rire empreint d'amertume.
— Bon, eh bien... numéro un, tu peux m'appeler Tom, si tu veux.
Elle esquissa un pâle sourire, feignant d'ignorer les larmes qui lui picotaient les paupières.
— Je crois que je préfère Jericho. Jusqu'à ce que tes défenses s'écroulent, du moins.
— Que dois-je comprendre? demanda-t-il, mais elle lut dans son regard qu'il le savait pertinemment.
C'était la première émotion qu'elle décelait dans ses yeux verts depuis qu'elle s'était réveillée ; il y avait de la douceur — de la tendresse, peut-être ? — mais sans doute ne le savait-il même pas.
Mue par un élan irrésistible, elle tendit la main vers lui et effleura timidement sa joue.
— Je t'écoute. Continue. Le numéro deux est forcément un baiser parce que j'ai besoin de savoir que tu me pardonnes de t'avoir menti.
— Je te pardonne.
Il hésita avant d'ajouter :
— Mais ne me demande pas de te promettre de ne...
Elle le fit taire en posant les doigts sur ses lèvres.
— Oublions ça pour le moment.
Il inspira profondément et ferma les yeux.
— Je ne sais pas si c'est possible, déclara-t-il simplement.
Ses paroles tombèrent comme un couperet. C'était exactement ce qu'elle avait craint...
Gagnée par une vague de désespoir, elle s'écarta de lui. « Numéro trois, songea-t-elle en se levant, je t'aime plus que tout au monde. »
Amalie dut attendre encore une semaine avant de regagner Bella Isle. Dans le ferry qui pénétrait dans le petit port de l'île, elle se remémora les derniers jours de la tournée, qui s'était achevée par une séance de photo orchestrée par Lil Wingo pour NewsProfile . Comme prévu, Jéricho était parti après leur discussion et il ne lui avait donné aucun signe de vie depuis. La séance de photo signifiait qu'il n'avait pas renoncé à son article. Lorsque le ferry s'immobilisa, un mélange de soulagement et d'appréhension s'empara d'elle — elle était heureuse de rentrer à la maison, certes, mais en même temps, elle redoutait les bouleversements qui ne tarderaient pas à affecter sa vie et celle de ses proches. Bientôt, très bientôt...
La demeure familiale se trouvant à un kilomètre du port, Amalie laissa son sac de voyage à la consigne et remonta la grand-rue du village, saluant sur son passage les gens qu'elle connaissait — autant dire tout le monde, à part les quelques touristes qui flânaient sur les trottoirs — tout en prenant garde à ne pas s'arrêter. Elle n'était pas encore tout à fait prête à raconter ses « vacances ».
Lorsqu'elle atteignit Southsea Road, le soleil avait déjà réchauffé chacun de ses membres et elle ralentit le pas, adoptant d'instinct le rythme lascif qui régnait sur l'île. L'air était doux et sucré, saturé des parfums du printemps. Des crocus de toutes les couleurs tapissaient les fossés, les herbes folles pliaient sous la caresse du vent et, déjà, la glycine mauve grimpait à l'assaut du muret qui bordait la route.
Entourée d'un tel spectacle, Amalie aurait dû se sentir sereine. Hélas, ce n'était pas le cas.
Peut-être les choses s'arrangeraient-elles lorsqu'elle verrait sa maison. Tout à coup impatiente, elle pressa le pas et s'engagea dans Beaufort Drive. Mais tandis qu'elle remontait la rue pavée surmontée d'une arche de chênes centenaires, la voix accusatrice de Jéricho résonna douloureusement dans sa tête : «Beaufort Drive, Bella Isle. Bellefort Island.» Amalie Dove, Amy Lee Love.
Elle secoua la tête dans l'espoir de le chasser de son esprit. En vain. Les derniers jours de la tournée s'étaient déroulés sans incident et les ventes n'avaient cessé de grimper, pour la plus grande joie de Pebblepond Press . Seule Amalie sentait le désastre se rapprocher inexorablement.
Avant toute chose, elle devait annoncer la nouvelle à Norris et Rosie. Puis elle informerait ses parents et demanderait à Lacey de se préparer en vue de l'« heure de vérité ».
Tout cela pour le cas où Jericho irait jusqu'au bout de sa mission. Presque malgré elle, elle continuait à espérer qu'il y renoncerait, tenaillé par le remords... et d'autres sentiments beaucoup plus profonds, ceux-là.
Une cloche résonna dans l'air cristallin et son cœur fit un bond dans sa poitrine. Elle était chez elle, enfin! Certes, elle avait beaucoup changé en peu de temps, mais ici, Dieu merci, tout demeurait immuable.
La cloche du dîner résonna de nouveau et, soudain rassérénée, elle gravit les marches de l'imposant perron et poussa la lourde porte en chêne.
— Marydoe ! appela-t-elle en traversant le hall baigné d'une douce lumière. C'est moi !
La gouvernante, une femme replète aux cheveux grisonnants, émergea de la cuisine.
— Amalie Jane, nom d'une pipe ! Pourquoi ne m'as-tu pas prévenue que tu rentrais aujourd'hui?
— Tu as agité la cloche du repas et je sens d'ici la délicieuse odeur de ta fameuse tarte aux oignons... inutile de te prévenir, tu vois ! s'écria-t-elle d'une voix enjouée. Tu as lu dans ta boule de cristal que je rentrerais aujourd'hui !
Le visage tanné de la gouvernante s'éclaira d'un sourire.
— Tu sais très bien que je sonne toujours à l'heure des repas, même lorsque John et moi sommes seuls à la maison. Ton grand-père tenait à ce rituel comme à la prunelle de ses yeux et j'avoue, ma foi, m'y être attachée à mon tour!
En riant, Amalie enlaça Marydoe et posa un baiser affectueux sur sa joue ridée.
— Comme je suis heureuse d'être de retour! Je suppose que mes parents sont à Washington ?
La gouvernante acquiesça d'un signe de tête.
— Ils m'ont laissé la responsabilité de la maison. Allez, viens manger, ajouta-t-elle en entraînant Amalie dans la cuisine. Tu es toute maigre !
Plus tard, après avoir avalé deux parts de tarte, récupéré son sac de voyage et troqué son tailleur contre un jean délavé et un vieux sweat-shirt, elle descendit sur la plage.
Une nouvelle vague de tristesse s'était abattue sur elle et elle s'agenouilla dans le sable, perdue dans la contemplation de l'océan, s'efforçant de se concentrer sur la brise marine qui charriait un parfum iodé, sur le pélican plongeant droit dans les flots à la recherche de sa pitance, sur les vagues qui balayaient la grève dans un bruissement incessant. Elle refusait de penser à Jericho. Elle ne voulait pas se remémorer son expression impassible lorsqu'il lui avait dit au revoir, ni la façon dont il l'avait rendue folle de désir…
Non, elle ne penserait pas à lui en effleurant ses lèvres comme il l'avait fait; elle ne caresserait pas les pointes durcies de ses seins; elle ne l'imaginerait pas en train d'émerger des flots, simplement vêtu d'un short en jean effrangé ni en train de la faire sienne là, à cet endroit, sur le sable mouillé, pendant qu'elle garderait les yeux grands ouverts pour mieux savourer ces instants divins, le corps tremblant de désir, le cœur débordant d'amour...
Amalie émit un petit gémissement de frustration et s'allongea de tout son long en enfonçant les doigts dans le sable mouillé. Au-dessus d'elle, semblables à de minuscules diamants, les premières étoiles piquetaient le ciel bleu nuit. Où se trouvait Jericho à cet instant?
Etait-il en train de penser à elle?