Steal My Desire

Constance ELY · Chapitre 6 sur 16

Pages du PDF

Steal My Desire

Chapitre 5

 

Will

 

En sortant du terminal d’arrivée, je me dirige rapidement vers ma

voiture et claque brutalement la portière une fois installé. Mon

chauffeur démarre et le véhicule s’insère tout de suite dans la

circulation très dense de ce vendredi soir. Comme dans tous les

aéroports, le flot de passagers augmente considérablement le week-end

et aujourd’hui ne fait pas exception.

Sauf que justement, ce soir, j’aurais voulu aller beaucoup plus vite.

Je me penche en arrière sur l’appui-tête et ferme un instant les yeux.

Que dire de ces deux jours de folie que je viens de passer à New

York ? J’ai tout géré en même temps, jonglant entre différents dossiers,

les appels, les rendez-vous et ma mère. Justement mon téléphone vibre

dans ma poche et je sais avec certitude que c’est elle. Je reprends un

instant ma respiration avant de répondre :

— Helen, dis-je d’une voix dure.

Je veux que cet appel soit rapide, pas que ma mère me harcèle

comme elle vient de le faire pendant ces deux jours.

— Où es-tu ?

— Déjà dans ma voiture, à Boston.

— Tu es rentré ? demande-t-elle surprise.

Je ne l’ai pas prévenue de mon départ, d’abord parce que je ne

savais pas exactement quand je prendrais l’avion et ensuite parce que

je ne voulais pas qu’elle me questionne davantage.

—  Oui, j’ai fini ce que j’avais à faire à New York et j’ai d’autres

dossiers qui m’attendent sur mon bureau.

— Je ne vais pas me plaindre parce que tu travailles beaucoup mais

je suis surprise par ta rapidité à régler chaque problème.

— Je croyais que tu voulais que les choses se passent vite et bien,

non ?

— Oui, mais j’ai trouvé que tu avais l’air ailleurs pendant ces deux

jours et il ne faudrait pas que tu manques quelque chose d’important

dans un dossier en te précipitant.

— Helen, soupiré-je. Ai-je déjà oublié quelque chose ?

— Non, mais…

— Très bien. Dans ce cas, la discussion est close. Je te souhaite une

bonne soirée.

Je raccroche et jette le téléphone sur la banquette, le plus loin

possible de moi. Je me passe la main dans les cheveux en regardant

dehors. Mais qu’est-ce que je viens de faire ? Ai-je vraiment raccroché

au nez de ma mère ? Cela m’est-il déjà arrivé ?

Voilà le résultat de deux jours à travailler comme un forcené,

assorti de deux nuits blanches ! Et la cause à tout ça : Lila… Depuis

que je l’ai laissée devant sa porte, je ne pense qu’à elle, qu’à son corps,

qu’à ses gémissements de plaisir qui me hantent même la nuit.

Il faut que je la voie, que j’assouvisse mon envie d’elle pour avoir

enfin l’esprit tranquille. Aucune autre femme n’a jamais eu ce pouvoir-

là sur moi. Et ça ne doit pas commencer.

J’appuie sur le bouton qui me met en contact avec Jack.

— Où est-elle ?

— Elle est arrivée il y a une heure au Stellar avec votre frère et sa

fiancée.

Je ne suis pas très fier de moi, mais j’ai demandé à mon service de

sécurité de garder un œil sur elle. Je ne voulais pas l’espionner, juste

savoir si elle allait bien, si elle rentrait tous les soirs chez elle sans

problème… et seule.

— Très bien. Conduisez-moi au Stellar.

— Bien, monsieur.

Tout mon corps réagit déjà à l’idée de la voir bientôt. Je caresse la

banquette en pensant à la dernière fois que je l’ai vue, lorsque je l’ai

allongée à cet endroit. J’étais alors fou de joie qu’elle accepte mon

marché et même un peu excité qu’elle se soit permis de m’attendre

dans ma voiture.

Normalement, les femmes avec qui je partage une quelconque

relation doivent respecter mes règles et ne pas envahir mon territoire

sans autorisation. Bien sûr, ça n’a jamais été clairement dit, mais

aucune n’a osé franchir le pas, sauf Lila. Lila qui, je le sens, ne

respectera aucune des règles que j’essayerais d’imposer. Pourtant, elle

m’attire inexorablement. Certes c’est une très belle femme, mais il y a

quelque chose d’autre chez elle, ce petit détail que les autres n’ont pas.

La voiture s’arrête enfin devant le bar et je décide d’y laisser ma

veste de costume, puis de remonter les manches de ma chemise et de

desserrer ma cravate avant d’ouvrir la portière pour descendre du

véhicule. Une file de clients attendant de pouvoir entrer s’est déjà

formée à l’extérieur. Je me faufile sur le côté pour passer devant les

videurs qui m’accueillent avec un signe de tête.

Le Stellar est déjà bondé, on peut trouver des gens sortant du

travail, comme des jeunes adultes prêts à faire la fête. Je me fraye un

passage jusqu’au bar où je commande une bière. En attendant ma

boisson, je cherche autour de moi pour essayer de trouver Lila.

Je la repère presque tout de suite, la blondeur de ses cheveux ayant

attiré mon regard, et j’en profite pour l’admirer. Elle parle avec Cat et

Ben, ils semblent pris dans une grande discussion, et Lila leur explique

quelque chose en bougeant les bras et en riant. J’étudie son profil,

souligné par sa jupe qui dévoile ses longues jambes. Le haut de son T-

shirt laisse entrevoir ses épaules et je me promets qu’avant la fin de

cette soirée, j’aurais embrassé le creux de son cou.

Elle doit sentir mon regard insistant sur elle car elle tourne soudain

la tête vers moi. Je ne sais pas vraiment si elle est contente de me voir

ou non, elle a toujours su maîtriser si parfaitement ses émotions que je

n’arrive pas à analyser ce qu’elle peut ressentir.

En la contemplant, je me remémore notre dernière conversation.

Que m’a-t-elle dit à propos des médias ? Elle ne veut pas y apparaître.

Ça m’arrange, vu que je souhaite garder cette relation secrète, mais je

dois avouer que ça m’intrigue également. Qu’a-t-elle à cacher ? Car je

m’en doute déjà, Lila a des secrets…

Mais je ne dois pas me préoccuper de ça, ce ne sont pas mes

affaires. Tout le monde a des secrets et Lila gardera les siens pour elle.

Entre nous, il n’y a que le sexe qui compte.

Justement, mon corps me pousse déjà vers elle et je m’avance vers

leur table, slalomant entre les personnes présentes.

— Bonjour tout le monde.

— Will ! s’exclame mon frère. Tu es rentré quand ?

Cat se lève pour m’embrasser et je viens m’asseoir à côté de Lila

qui ne quitte pas son cocktail des yeux. Je lui fais un signe de la tête,

sentant les regards de Ben et Cat qui pèsent sur nous. Est-elle heureuse

de me voir ? Regrette-t-elle ce qu’il s’est passé dans ma voiture deux

jours plus tôt ? Je n’ai pas pensé à cette éventualité, mais, vu son

regard fuyant, ça peut être une possibilité. J’étais bêtement convaincu

qu’elle serait heureuse de me revoir, qu’elle n’attendait elle aussi que ça, mais ce n’est finalement peut-être pas le cas. Je me rembrunis et

essaye de me concentrer sur les questions que mon frère me pose déjà.

— Tu as fini de gérer le dossier Cole ?

— Oui, tout s’est bien passé.

— Et tu as pu voir Josh pour les plans du bar de New York ?

— Oui, tout est parfait.

Je sais bien que mon frère aurait aimé plus de détails mais je

n’arrive pas à faire abstraction du corps de Lila si près du mien.

— Normalement, tu aimes bien profiter de la vie si agitée de New

York, qu’est-ce qui t’a fait rentrer si vite ? Tu n’as pas vu Luke ?

Je sursaute et jette un coup d’œil vers Lila, elle relève les yeux vers

moi, attendant visiblement ma réponse.

—  Non, il était en déplacement. De plus, j’ai commencé quelque

chose avant de partir et je pensais revenir rapidement pour le finir,

réponds-je.

Voilà, Lila comprendra le sous-entendu, à elle de voir ce qu’elle

voudra faire de tout ça. Mais puis-je vraiment la laisser changer d’avis

sur notre relation ? Pouvons-nous vraiment en rester là, sans qu’il se

soit rien passé ?

Mon frère explique que Luke est notre ami new-yorkais et qu’il est

le patron d’une grande entreprise d’architecture. Cat commence

ensuite à me raconter les premières avancées de la préparation de leur

mariage, mais je perds subitement le fil de la conversation quand je

sens soudain une main se poser sur ma jambe. Un rapide coup d’œil

me confirme qu’il s’agit bien de Lila alors qu’elle semble écouter Ben

et Cat avec le plus grand sérieux.

Sa main remonte lentement sur ma cuisse avant de se poser sur

mon entrejambe. Je suis sur le point de gémir tant je suis déjà prêt.

Après quelques légers effleurements qui me mettent au supplice, elle reprend son verre et boit comme si de rien n’était avec un léger sourire

au coin des lèvres.

Pourquoi suis-je si soulagé de voir qu’elle n’a pas changé d’avis ?

Je me pencherai sur cette question plus tard, pour le moment il va

falloir que je réussisse à me tenir à côté d’elle toute la soirée sans

pouvoir la toucher.

— Et toi, Lila, tu as quelqu’un en ce moment ? interroge Cat.

Je manque de m’étouffer avec ma bière et me sens soudain gêné.

Bien sûr que oui elle a quelqu’un dans sa vie, moi ! Enfin pas

vraiment… pas encore tout à fait.

— Non, Cat, je n’ai rien de sérieux actuellement.

— Normal, non ? m’entends-je dire soudain.

Tous les regards se tournent vers moi, celui très désapprobateur de

mon frère et ceux surpris de Cat et Lila. Qu’ai-je dit qui les choque

autant ?

— Je vais aux toilettes, je reviens, annonce Lila.

Alors qu’elle a à peine quitté la table, Ben et Cat me réprimandent

déjà.

—  Pourquoi ne peux-tu pas être sympa cinq minutes avec elle ?

commence Ben.

— Ce n’était pas très gentil, Will, continue Cat.

— Mais enfin calmez-vous, je…, bredouillé-je.

—  Non, Will. Vous aviez l’air d’avoir trouvé un terrain d’entente

avant que tu partes et voilà que deux jours après tu as déjà retrouvé

toute ta froideur et tes mauvaises manières !

— Mais ce n’est pas ce que vous croyez…

— Ben a raison, tu devrais aller t’excuser.

Ai-je vraiment été trop loin ? Je regarde les deux personnes devant

moi qui ne cachent pas leur mécontentement et me lève en soupirant.

— OK, je vais aller la trouver pour m’excuser.

Cat sourit à nouveau, mais mon frère, Ben, reste sceptique.

Je traverse la piste en direction des toilettes et attends au bout du

couloir qu’elle sorte. Il faut que je lui explique pourquoi j’ai dit ça

pour qu’elle comprenne que je n’ai pas voulu être grossier. Pour qu’elle

comprenne que la seule chose que je veux, c’est nous donner du

plaisir…

 

Lila

 

Je remets un peu de gloss sur mes lèvres, puis je m’étudie dans le

miroir, heureuse de voir que la tenue que j’ai choisie ce matin est assez

sexy pour une rencontre avec Will.

Deux jours que je ne cesse de penser à lui, deux jours que j’espère

un message ou un appel de sa part. Normalement, je n’attends pas, je

n’hésite jamais dans mes relations avec les hommes. Quand je veux

quelque chose, je le demande ou je le prends. Mais avec Will, tout est

différent : sans que je sache pourquoi, il m’impressionne et m’intimide.

Mais les règles sont claires : du sexe et pas d’attachement.

Pourtant, même en sachant cela, ne pas avoir de nouvelles de lui

pendant deux jours m’a mis le doute et j’en ai conclu qu’il avait déjà

trouvé quelqu’un d’autre. Il ne peut pas me donner un si bel orgasme

et me laisser ensuite sans nouvelles sans avoir une bonne raison…

Quand j’ai senti sa présence et son regard sur moi, j’ai été si

heureuse de le voir que j’ai dû calmer mes émotions et m’efforcer

d’avoir un visage neutre pour qu’il ne s’en aperçoive pas. Hors de

question que je me rende ridicule devant lui. S’il est passé à autre

chose, je ne lui montrerai pas que j’en suis déçue. C’est la première

fois que je ne suis pas à l’aise à côté d’un homme, que je ne suis pas

sûre de moi et de mon pouvoir d’attraction. Alors, quand il a sous-entendu en me jetant un coup d’œil qu’il était revenu plus vite de New

York pour finir ce qu’il avait commencé avec moi, mon cœur s’est

remis à battre plus vite et mes sens se sont permis de ressentir à

nouveau sa présence. Rien n’est fini, tout ne fait que commencer.

Il n’est évidemment pas question de sentiments mais de sexe, que je

devine grandiose grâce à l’avant-goût auquel j’ai eu droit avant son

départ. Rien qu’à cette pensée, je n’ai pu m’empêcher de rétablir le

contact entre nous en le touchant. Et quelle surprise de découvrir qu’il

est aussi prêt que moi, qu’il a toujours autant envie de moi que moi de

lui.

Je me redresse et sors des toilettes, prête à aller jouer avec Will

pour reprendre les commandes. Mais quand j’arrive dans le couloir, je

suis surprise de le trouver devant moi. Il est assez grand pour que je

lève la tête et la carrure de ses épaules me laisse rêveuse. Il aurait très

bien pu être un sportif. Et quand je rencontre ses yeux, je suis prise au

piège, je ne contrôle plus rien. Il me dévore du regard et je ressens la

passion sauvage qui l’habite. Mais au lieu de m’effrayer, ça me grise.

Encore une fois je me rends compte que cet homme ne me fait pas

peur physiquement, mais qu’il déclenche en moi une telle tempête

d’émotions que je me sens perdue.

— Je suis désolé, murmure-t-il.

Je le regarde sans comprendre.

— Pourquoi ?

Il se passe la main dans les cheveux, un geste que je rêve de faire…

— Pour avoir dit que c’était normal que tu n’aies personne dans ta

vie.

— Je…

Il lève la main pour m’interrompre.

—  Écoute-moi, s’il te plaît, me coupe-t-il. Ce n’est pas dans mes

habitudes de m’excuser alors laisse-moi au moins essayer. Ce que je voulais dire exactement par ma remarque, c’est que tu as dit toi-même

que tu ne voulais rien de sérieux, et je réagissais par rapport à ça.

Je m’appuie contre le mur et le regarde en souriant. Cet homme si

fier est en train de s’excuser pour quelque chose que je n’ai même pas

mal pris.

— Je sais bien qu’il n’y avait rien de méchant, j’ai bien compris ce

que tu voulais dire, ne t’inquiète pas.

Il soupire de soulagement.

—  Ben et Cat m’ont envoyé ici et je t’assure qu’eux n’ont pas

compris du tout…

Je suis heureuse de savoir que mon amie et même Ben prennent ma

défense.

—  Donc si je comprends bien, je vais devoir te faire payer cet

affront, dis-je avec un sourire mutin aux lèvres en me rapprochant de

lui, mais sans le toucher.

Il ne recule pas et son regard étincelle de désir dans la pénombre

du couloir.

— Tu viens de dire que je n’avais rien à me faire pardonner, non ?

Et j’ai travaillé comme un fou pour revenir le plus vite possible…

Il appuie son bras contre le mur, juste au-dessus de ma tête, et je

me sens prisonnière de son aura. Nous ne nous touchons pas, mais je

le sens pourtant partout sur ma peau. Il lève la main pour caresser ma

joue.

— Pas ici, Will, murmuré-je soudain inquiète.

Il semble revenir à lui et regarde autour de nous en grognant.

N’importe qui aurait pu nous voir et il faut que je nous protège, que je

me protège.

— Je te donne cinq minutes pour finir ton verre et dire au revoir à

nos amis et ensuite on va chez toi !

Je le regarde surprise.

— Tu me donnes cinq minutes ? répété-je incrédule. C’est moi qui

décide si et quand j’ai envie de partir.

Bien sûr que je ne rêve que de me retrouver enfin seule avec lui,

mais je ne le laisserai pas me diriger aussi facilement. Alors que je

passe sous son bras pour retourner auprès de Cat et Ben, il me retient

un instant et se penche vers moi, tout contre mon oreille.

—  Lila, ne joue pas avec moi ! J’ai envie de toi comme je n’ai

jamais eu envie de personne et je sais que c’est réciproque. Je ne

tiendrai pas longtemps avant de t’emporter sur mes épaules devant

tout le monde, à toi de voir.

Mes joues deviennent rouges devant cette déclaration inattendue,

mais je décide pourtant de ne pas lui montrer qu’il a déjà gagné. Je ne

rendrai pas les armes aussi facilement.

Je lui souris et il lâche mon bras. Je me dirige vers la table où se

trouvent nos amis en accentuant mon déhanché pendant que Will me

suit. Mais au lieu de prendre mon sac, je saisis Cat par la main.

— Oh ! J’adore cette chanson, allons danser !

Le regard noir que Will me lance est sans équivoque, il se vengera

plus tard et j’ai hâte de découvrir de quelle délicieuse façon.

Une fois sur la piste, nous commençons à bouger au rythme de la

musique. Je me sens tellement bien : l’homme qui me rend folle est

revenu et nous allons finir la nuit ensemble. L’attente que je nous

impose augmentera un peu plus notre plaisir.

Je jette un regard vers notre table et vois qu’il est toujours debout,

les bras croisés, et qu’il m’attend. Je danse de façon lascive en fermant

les yeux, juste assez pour l’allumer un peu plus, quand soudain Cat me

tire par le bras.

— Il faut qu’on y aille, crie-t-elle.

— Quoi ? Pourquoi ?

— Les garçons nous appellent.

—  Cat, tu n’es pas obligée d’accourir tout de suite à chaque fois

que Ben te demande de venir, tu sais.

— Je le sais bien, répond mon amie en dansant. D’accord, laissons-

les mariner quelques minutes de plus !

Nous rions ensemble et leur tournons le dos en continuant à

danser. Depuis quand ne me suis-je pas trouvée aussi bien, aussi libre ?

Quelques instants plus tard, Ben arrive et commence à danser avec

Cat. Je leur envoie un baiser de loin et retourne vers Will qui n’a pas

bougé d’un millimètre.

— Tu ne viens pas danser ?

Au lieu de me répondre, il me tend mon sac et me laisse passer

devant lui pour sortir du bar. Je salue Jack qui nous attend déjà dans

la voiture. Quand je suis installée confortablement, je retourne à

l’attaque et lance à Will :

— Tu n’aimes pas danser ? Ou peut-être que tu ne sais pas…

Will s’avance tout contre moi en me maintenant contre la portière

et m’empêchant de bouger.

—  Lila, murmure-t-il. Je sais très bien danser, mais si je m’étais

retrouvé avec toi sur cette piste, tout le monde aurait su comment

allait se finir notre nuit. Et tu ne le veux pas, n’est-ce pas ?

J’avale ma salive avec difficulté en imaginant danser avec Will de

manière érotique.

— Non, je ne le veux pas…

—  Bien, nous sommes d’accord. Et maintenant, nous allons chez

toi. Si tu le veux bien, rajoute-t-il plus doucement.

— En doutes-tu ?

— Avec toi, Lila, je ne suis jamais sûr de rien…

Je me mordille la lèvre et il se penche pour m’embrasser

passionnément, comme je le souhaite depuis qu’il est entré dans ce bar. Je peux enfin poser mes mains sur son large torse et je me laisse

emporter par la passion de notre baiser.

Quand Will s’éloigne de mes lèvres, je pousse un grognement de

dépit, ce qui le fait rire, et je sens son souffle chaud dans mon cou.

— Nous sommes arrivés chez toi…

Quoi ? Déjà ? Je n’ai pas vu passer le temps !

Will me laisse m’éloigner de lui et je sors en premier. Il

m’accompagne jusqu’à ma porte sans me toucher. Quand j’entre dans

mon appartement, je le vois rester sur le seuil.

— Ne me dis pas que tu dois encore partir ? lui lancé-je ironique.

— Non, à part si tu me le demandes…

Il met les mains dans les poches de son pantalon et à ce moment-là

je le trouve vraiment beau, si viril.

— Alors entre Will, murmuré-je.

Il passe le seuil sans me quitter des yeux et ferme la porte. Je

déglutis avec peine, car même si j’ai très envie de lui, je me sens

soudainement mal à l’aise.

Je vais poser mon sac sur le comptoir de ma cuisine et jette mes

chaussures dans l’entrée. Will ne dit rien mais observe mon

appartement. J’essaye d’analyser mon chez-moi avec ses yeux à lui.

C’est un petit logement constitué d’un salon avec une cuisine

américaine et de deux chambres. Je vis ici depuis l’âge de huit ans et

rien n’a changé depuis le jour où je suis venue m’installer ici avec ma

tante. Et c’est mieux ainsi.

Pour quelqu’un d’aussi riche que Will, ça doit lui sembler

minuscule, mais je me moque de savoir s’il apprécie l’endroit ou non.

C’est ma maison, mon cocon, mon refuge.

J’allume la chaîne stéréo qui diffuse ma station radio favorite.

— Hum, j’aime beaucoup le jazz, dit soudain Will derrière moi.

Il s’est approché en silence et me prend par la taille pour que

j’appuie mon dos contre son torse. Je ne vois pas son visage mais sens

son souffle irrégulier dans mon cou.

— C’est joli chez toi, chuchote-t-il.

— Merci.

— Ça te ressemble un peu…

— Ah oui, et comment ?

Le corps de Will commence à se balancer au rythme des accords

sensuels de jazz que diffuse la radio. Je me laisse faire et suis ses

mouvements.

— Coloré, cosy et… mystérieux.

Je me retourne vers lui brusquement.

— Mystérieux ?

— Il n’y a aucune photo de toi ou de ta famille. On ne devine rien

de ta vie en regardant autour de nous. Hormis ta passion pour les

orchidées, vu le nombre de spécimens que tu as ici.

C’est vrai que j’ai plusieurs orchidées que je chéris. J’ai découvert

que j’avais la main verte, mais uniquement sur ces fleurs-là.

— Et tu me trouves mystérieuse ?

Pourquoi est-ce que je lui pose cette question ? Je devrais, au

contraire, détourner son attention.

Il me fixe un moment mais évite mon interrogation, à mon grand

soulagement.

—  Ce que j’aimerais découvrir maintenant, c’est ce que tu caches

sous cet ensemble…

Je lui suis reconnaissante qu’il prenne l’initiative d’alléger la

conversation. Je n’ai aucune envie de lancer une grande discussion sur

moi, surtout que je ne veux pas qu’il essaye de découvrir mes secrets.

Les mains de Will descendent lentement jusqu’à mon postérieur

pour me rapprocher fermement de lui. Je peux sentir à quel point il a envie de moi et j’en oublie tout le reste.

Il se penche pour goûter mes lèvres tout en continuant à danser. Je

passe les bras autour de son cou et me laisse guider par Will. Ses

paumes me parcourent lentement, mais j’en veux plus. Je décide

d’accélérer les choses et laisse glisser ma main sur son torse, puis

jusqu’à son entrejambe. Le tissu tendu de son pantalon ne laisse aucun

doute sur ce qu’il ressent et je commence à le caresser.

—  Lila, rappelle-toi que j’aime avoir le contrôle, chuchote-t-il à

mon oreille en prenant fermement ma main et en la reposant sur son

torse. Montre-moi ta chambre…

Je le conduis jusqu’au fond du couloir, mais avant de passer la

porte, je me rends compte que je suis nerveuse. Finalement, il faut

avouer que j’ai l’habitude de jouer les filles faciles mais que peu

d’hommes ont vraiment passé le pas de ma porte. Et Will est différent

de tous les autres.

Il m’embrasse à nouveau et m’aide à enlever mon haut. Je n’ai pas

le temps de le jeter au sol que Will a déjà saisi mes seins, encore

emprisonnés dans mon soutien-gorge en dentelle, et commence à leur

prodiguer un délicieux massage.

Il trouve la fermeture de ma jupe, la fait glisser et laisse tomber le

vêtement au sol avant de se reculer pour m’observer.

— Tu es si belle…

Il s’avance vers moi et reprend mes lèvres avec ardeur, et cette fois-

ci je sens que les siennes ont un goût d’urgence. Nous nous sommes

trop longtemps tournés autour, nous devons maintenant assouvir ce

désir que nous avons l’un pour l’autre. Il me repousse doucement

jusqu’à ce que mes jambes rencontrent le cadre de mon lit et me fait

tomber dessus.

Il embrasse mon cou et mes épaules avec avidité. Je me cambre de

plaisir, j’en veux toujours plus et essaye de me battre pour lui enlever sa cravate. D’une main habile, il détache mon soutien-gorge et caresse

mes seins nus sans me quitter des yeux. Il en prend un dans sa bouche,

le suce, et passe à l’autre pour lui faire subir le même traitement.

Une des grandes mains de Will descend jusqu’à mon point le plus

sensible et commence à titiller mon clitoris. Je gémis, déjà prête pour

les plaisirs qu’il me réserve. Il embrasse mon ventre, puis sa bouche

descend sur mon sexe. Je pousse un cri de plaisir alors qu’il s’applique

à me faire découvrir avec sa langue des sensations que je n’ai jamais

ressenties.

Je suis au bord de l’orgasme lorsqu’il s’interrompt et se redresse

rapidement pour enlever sa chemise et son pantalon et prendre un

préservatif dans son portefeuille. Je le regarde faire, observant les

moindres détails de son corps magnifique que je découvre.

Il se positionne entre mes jambes et me demande d’une voix

rauque.

— Tu es prête ?

— Je ne l’ai jamais été autant…

Alors il me pénètre d’un coup de reins, ce qui me fait crier tout de

suite. Il nous impose rapidement un rythme soutenu et je griffe son

dos en sentant monter en moi une vague de plaisir. Mais alors que je

me sens sur le point de jouir, Will ralentit.

— Que fais-tu ? gémis-je.

— Tu voulais que nous prenions notre temps tout à l’heure au bar,

n’est-ce pas ?

Je sens qu’il se retient à grand-peine et j’essaye de venir à sa

rencontre, de bouger sous son corps imposant, mais il maîtrise

parfaitement ses coups de reins.

— Will, s’il te plaît…, le supplié-je.

Je le sens sourire dans mon cou.

— Dis-moi ce que tu veux, Lila.

— Tu le sais…

— Lila ?

— Je veux que tu me fasses l’am… jouir Will, s’il te plaît…

Il ne se le fait pas dire deux fois et accélère à nouveau le rythme. Il

ne me faut pas longtemps avant d’être percutée par un orgasme

renversant, et je m’entends crier son nom plusieurs fois dans un état

second. Will me rejoint quelques instants plus tard en grognant et en

s’effondrant sur moi plein de sueur.

Complètement essoufflée, j’essaye de revenir sur terre et me félicite

d’avoir réussi à me ressaisir à temps au moment où Will m’a demandé

de le supplier. Je ne lui ai pas dit de me faire l’amour, je ne me suis

heureusement pas ridiculisée avec des sentiments qui n’ont pas leur

place ici. Pourtant… Non, pas de pourtant ! Je savais dans quoi je

m’engageais en acceptant cette relation ! Et depuis quand éprouverai-

je des sentiments aussi rapidement ?

Il se retire, va jusqu’à la salle de bains pour jeter le préservatif et

revient tout de suite se glisser sous les draps avec moi. Il me prend

dans ses bras et je pose la tête sur son torse.

— Hum Lila, c’était plus que…

— Seulement plus ? lui demandé-je mutine.

— Bon, OK, beaucoup plus ! Mais dors maintenant parce que je ne

vais pas tarder à récupérer toutes mes forces et nous allons

recommencer…

Je me blottis contre lui et plonge dans le sommeil quelques instants

plus tard, sereine.

 

OceanofPDF.com