Théâtre . 2
Scène XVII
Les mêmes, Blancminet
Blancminet, entrant furieux. − Ah ! çà ! venez−vous dîner, oui ou non ?
Bourgillon. − Est−ce que nous sommes en retard ?
Blancminet. − Je vous avais dit à trois heures précises... et il en est sept ! ... la soupe est froide et le melon est chaud !
Loiseau. − Allons !
Bourgillon. − Un instant ! ... avant de partir, signons l'acte de vente pour l'étude !
Mistral. − Au fait ! ... j'aime mieux signer ce papier−là que l'autre ! ... Donnez−moi la plume.
Bourgillon, apercevant la bague de Mistral. − Tiens ! vous avez une bague qui ressemble à la mienne !
Mistral, à part. − Bigre ! ... (Haut, tout en signant.) Oui... ce sont des cheveux de ma tante ! ... qui est blonde !
Bourgillon, tendant la plume à Loiseau. − Signez, Loiseau... comme témoin.
Loiseau. − Volontiers...
Bourgillon, apercevant la bague de Loiseau. − Encore une bague qui ressemble à la mienne !
Loiseau, à part. − Mâtin ! (Haut.) Ce sont des cheveux de mon oncle qui est blonde... (Se reprenant.) Blond ! ... blond ! ...
Tous. − A table ! ... à table !
Choeur
Air
Cet incendie effroyable
N'est qu'un tout petit malheur ;
Courons oublier à table
Notre commune douleur.
RIDEAU
Scène XVII 132 L'Affaire de la rue de Lourcine