Théâtre . 2
Scène V
Lucien, Faribol
Faribol, arrive du fond à droite ; il tient un parapluie et porte un homard sous son bras. Il entre en riant. − Je ris ! ... et j'ai des remords de rire ! ... mais c'est égal... je ris... en pensant que ma femme me croit cité Valadon, 56... tandis que... (Il flaire son homard et fait la grimace.) Sapristi ! ... (reprenant) tandis que je n'y suis pas du tout ! ... J'aime beaucoup ma femme... Oh ! Dieu ! je me jetterais dans le feu pour elle ! ... mais j'ai bien de la peine à lui être fidèle... c'est difficile ! c'est impossible ! (Flairant son homard.) Sapristi ! (Reprenant.) Dame ! c'est ennuyeux pour un musicien de jouer toujours la même contre−danse... moi, j'aime la musique nouvelle ! ... Dans ce moment, j'essaye de déchiffrer une petite romance du Conservatoire, qui adore le homard. (Flairant son paquet.) Sapristi ! ... je crains d'avoir été mis dedans... je l'ai pourtant acheté chez Chabel et Potot... une maison de confiance ! ... mais c'est un garçon très enrhumé qui me l'a vendu ! ... il pique de l'oeil ! (Gaiement.) Bah ! avec beaucoup de moutarde, Pichenette le trouvera très frais ! (Apercevant le garçon.) Ah ! Lucien... est−elle chez elle ?
Lucien. − Non, monsieur... on est sorti.
Faribol. − Comment, sorti ?
Lucien, lui donnant un clef. − Mais elle m'a laissé la clef... Elle vous prie de l'attendre là−haut.
Voix dans le café. − Garçon !
Lucien. − Voilà ! voilà !
Il rentre.
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