Trois maîtres
Chapitre V
Enfin, Jules II est le seul qui ait osé gronder, menacer, mal-traiter Michel-Ange ; il alla même, un jour, jusqu’à lever sa canne sur lui ! Et cependant le grand artiste ne put jamais se consoler de sa perte ; et cependant, après son domestique Urbi-no, Jules II est sans doute l’homme que Michel-Ange a le plus aimé sur cette terre !
V
L’avènement de Léon X marqua une époque de travaux sté-riles, d’amers dégoûts et de sourdes persécutions dans la vie de Michel-Ange. Il était écrit que la destinée de cet homme se bri-serait de temps à autre comme un torrent sur le roc, pour rejail-lir ensuite plus impétueuse et plus fière. Pendant neuf longues années, nous n’entendons parler de Michel-Ange qu’à une occa-sion qui fait le plus grand honneur à son âme d’artiste et à ses sentiments de citoyen.
L’académie de Florence avait envoyé des députés à Léon X, le suppliant de rendre à sa patrie les cendres du Dante Alighieri, l’auguste et malheureux exilé, qui avait, deux siècles aupara-vant, rendu son dernier soupir à Ravenne.
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Dans ses jours d’inaction forcée et de sombre tristesse, Mi-chel-Ange lisait les chants du poète florentin, traçant sur la marge, à la plume, tous les objets qui frappaient son imagina-tion. Admirable chef-d’œuvre, et qui serait d’un prix inestimable aujourd’hui, s’il n’avait péri à la mer. Quel autre que Michel-Ange était digne de traduire et d’illustrer le Dante ?
À la première nouvelle de la démarche qu’on allait essayer auprès du pontife, l’artiste s’émut. Ce fut avec un généreux élan, avec une vive et ardente sympathie qu’il s’associa à cette œuvre de réparation et de justice. Nous lisons au bas de la supplique originale, qui existe encore aux archives de Florence, ces nobles paroles :
« Moi, Michel-Ange, sculpteur, adresse la même prière à Votre Sainteté, offrant de faire au divin poète un tombeau digne de lui. »
Hélas ! faudra-t-il donc maudire Léon X, le Mécène tant cé-lébré, qui a donné son nom au siècle, pour ne pas avoir accepté l’office du sculpteur, pour avoir privé le monde d’un tel monu-ment ?
Mais par quelle suite de contrariétés ou d’intrigues Michel-Ange en était-il arrivé à n’avoir plus autre chose à faire qu’à lire et commenter les vers du Dante ? Il faut remonter à la source de ces tristes débats.
Jules II, un peu avant sa mort, avait fait promettre à son artiste qu’il se remettrait à son tombeau, réduit à des propor-tions plus modestes. Les cardinaux Santi-Quattro et Aginense, nommés par le pape exécuteurs testamentaires, avaient reçu la promesse de Michel-Ange qu’il reprendrait aussitôt les statues qu’il avait commencées, comme pour donner un essai des diffé-rentes séries de figures qui devaient orner le monument. De ce nombre était le magnifique guerrier écrasant son captif, qu’on appelle généralement du nom de Victoire et le Moïse de Saint-Pierre-aux-Liens, dont nous parlerons plus tard. Michel-Ange
– 45 – allait donc se livrer de nouveau à son art favori, lorsque Léon X intervint, et, au nom de cette vertu qu’ont les papes sur la terre de lier et de délier ce qui leur fait plaisir, ordonna à l’artiste de le suivre immédiatement à Florence pour s’occuper de la façade de Saint-Laurent. Quant à Jules II, puisqu’il était mort, il avait bien le temps d’attendre son tombeau.
Michel-Ange obéit. À peine a-t-il eu le temps de présenter un projet, nouvelle commission de Léon X. On oblige Michel-Ange à partir pour Carrare. Nous l’avons déjà vu, ce voyage lui portait malheur. Ce fut pendant son premier séjour à Carrare qu’on le desservit auprès de Jules II ; son second départ fut le signal de nouvelles attaques.
Seulement, la première fois, on se contenta de dénigrer son talent ; la seconde fois, on alla jusqu’à calomnier sa probité.
On persuada au pape, – et cela fait honneur à la calomnie, quand on songe que ce pape était Léon X, – on lui persuada, dis-je, que Michel-Ange, par de misérables calculs d’argent, pré-férait les marbres de Carrare à ceux de Seravezza, en Toscane. Aussitôt l’ordre lui fut donné de commencer l’exploitation des nouvelles carrières.
Michel-Ange, avec une docilité surprenante chez un tel homme, quitte sur-le-champ Carrare et se rend à Pietra-Santa. Il y perd des années entières, prend des peines infinies pour extraire les nouveaux marbres, pour ouvrir des routes prati-cables, et pour transporter les matériaux jusqu’au bord de la mer. Lorsque, après tant de soins, après tant de labeurs, il arrive à Florence, le pape ne songeait plus à Saint-Laurent, qui attend encore sa façade.
Cette fois, l’artiste, irrité, se renferma dans sa hauteur, et ne daigna plus se montrer dans une cour où on osait si effron-tément lui manquer de respect.
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Ce fut vers la même époque, nous avons du moins tout lieu de le croire, qu’éclata cette dissension tristement célèbre entre Raphaël et Michel-Ange, les deux premiers génies de leur siècle ; dissension fâcheuse et regrettable sous tous les rapports, dont il faut absoudre la mémoire des deux illustres rivaux, et dont la responsabilité tout entière retombe sur ces hommes médiocres et jaloux qui se glissent on ne sait comment dans l’intimité des grands artistes, pour flatter leurs passions et pour envenimer leurs querelles.
Les biographes rapportent que Michel-Ange, dans un mou-vement de colère, se serait écrié avec dédain, que la peinture à l’huile n’était qu’un art de femme, bon tout au plus pour les gens aisés et pour les paresseux. Il protégea visiblement Sébastien del Piombo, et dessina de sa propre main plusieurs tableaux coloriés seulement par ce peintre, entre autres la Résurrection de Lazare, que le bon frère Sébastien eut la naïveté d’opposer à la Transfiguration de Raphaël.
Sur ces entrefaites, Léon X mourut empoisonné. Les arts et les lettres perdirent en lui un protecteur que Michel-Ange n’eut pas à regretter pour son compte. Pendant tout le temps de son pouvoir, le pape florentin s’était montré constamment hostile à son compatriote. Adrien VI, Flamand d’origine, succéda à Léon. Mais ce fut encore pis pour notre artiste. Le nouveau pape eut la singulière idée de faire jeter à bas le plafond de la Sixtine, sous prétexte qu’il ressemblait plus à un bain public qu’à une voûte d’église.
Il fut même question de traduire Michel-Ange en justice, au sujet du tombeau de Jules II, pour lequel il avait touché des avances, et qu’il ne se hâtait pas de terminer. Le sculpteur, fré-missant de rage, voulut courir à Rome. Mais le cardinal de Mé-dicis, qui fut bientôt Clément VII, l’exhorta à prendre patience, et lui fit bâtir, en attendant, la bibliothèque et la sacristie de San-Lorenzo, les deux premiers ouvrages d’architecture exécu-tés par Michel-Ange. Il avait alors quarante ans.
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Cependant le duc d’Urbin, neveu de Jules II, trouvant les procédures trop lentes à son gré, eut recours à un moyen plus expéditif pour obliger Michel-Ange à reprendre le monument de son oncle. Il le fit menacer, comme cela se pratiquait dans ces temps de justice sommaire, d’un bon coup de poignard entre les côtes, s’il ne se montrait pas plus docile et plus accommodant. On voit que ce bon duc d’Urbin entendait les affaires à mer-veille. Clément VII, monté sur le trône, pour le désespoir de Benvenuto Cellini, ayant appelé Michel-Ange auprès de lui, lui donna un conseil qui eût fait honneur à un jurisconsulte.
– Mon cher Buonarotti, lui dit le pape à l’oreille, au lieu de vous défendre, vous n’avez qu’à attaquer les héritiers de Jules II. Il est vrai que vous avez reçu des à-compte ; mais, au prix dont on paye aujourd’hui vos statues, l’argent que vous avez touché ne couvre pas les travaux que vous avez faits. Ame-nez-les donc devant les tribunaux, et, de débiteur, vous devien-drez créancier.
– J’aime mieux terminer le monument, répondit sèche-ment l’artiste.
Et il retourna immédiatement à Florence.
Déjà tout le monde était en armes, comme le dit Benvenu-to ; une cohue de brigands, ramassés de tous les coins de l’Europe, se rua sur la ville éternelle, et la mit à feu et à sang. Cellini se vanta d’avoir tué lui-même le connétable de Bourbon, chef de cette armée de vandales, d’un coup d’arquebuse à la tête.
Cependant Florence, par un effort désespéré et suprême, secouait une dernière fois le joug des Médicis. On s’assembla pour délibérer sur la forme du nouveau gouvernement ; et ce fut alors qu’au sein du conseil populaire éclata cette motion unique dans l’histoire :
On proposa de nommer Jésus-Christ roi de Florence.
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Le nouveau roi passa, comme on le pense, à une grande majorité ; cependant, par une opposition systématique, et qui fait le plus grand honneur à l’extrême gauche de ce temps-là, on trouva dans l’urne du scrutin vingt boules noires.
Jésus-Christ fut donc proclamé roi de Florence, et on ins-crivit sur les drapeaux de la République :
Jesus-Christus, rex florentini populi S. P. decreto electus.
Cette élection, tout irréprochable qu’elle était au fond, et toute régulière qu’elle parût dans la forme, ne laissa pas que de flatter médiocrement Clément VII. Il se hâta, nouveau Coriolan, de lancer sur sa patrie une avalanche de barbares, qui s’écriaient du haut de ces riantes collines d’où l’on aperçoit la ville des fleurs :
– Prépare tes brocards, ô Florence ! nous venons les ache-ter à mesure de pique.
Alors commença cet admirable siège, soutenu par treize mille hommes, contre une armée qui en comptait plus de trente-quatre mille. Le peuple se défendit héroïquement pendant onze mois. Huit mille citoyens périrent sur la brèche ; mais ils tuè-rent au pape quatorze mille soldats.
Michel-Ange n’hésita pas entre le peuple et la famille de ses bienfaiteurs. Nommé membre du comité des Neuf, et chef des fortifications de la ville, il fit le tour des remparts et déclara que, si on ne prenait pas sur-le-champ les mesures les plus éner-giques, les Médicis entreraient quand ils le voudraient. Mais le parti des nobles, qui méditait peut-être déjà la reddition de Flo-rence, fit semblant de trouver ses précautions excessives, et ac-cusa le grand artiste de lâcheté et de peur. Michel-Ange ne tint pas à cet outrage, et, se faisant le soir même ouvrir une porte, il se retira à Venise, comme autrefois le héros d’Homère sous sa tente.
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Les envoyés de Florence ne tardèrent pas à le rejoindre. Ils le trouvèrent, comme toujours, triste, austère et rêveur, au fond d’une des rues les plus isolées de la Giudecca. On l’entoura, on le supplia d’oublier tous les torts que le gouvernement provi-soire avait pu avoir envers lui.
Au nom de la liberté et de la patrie, Michel-Ange voulut en vain résister. Il céda, et, de retour à Florence, reprit ses fonc-tions de général et de stratégiste, à la tête des défenseurs de la ville.
C’était trop tard. La dernière heure de l’indépendance ita-lienne avait sonné. Charles-Quint avait jeté son épée dans la balance. L’artillerie grondait nuit et jour. Les plus braves étaient tombés sous le feu ennemi. Les vieillards et les femmes, minés par les souffrances, dévorés par la faim, couverts de cendres et de deuil, s’assemblaient sur les places, ou se prosternaient dans les églises, jurant à Dieu de mourir avant que de se rendre.
Michel-Ange s’était retranché dans le clocher de San-Miniato. Deux canons braqués sur les assiégeants, et tonnant sans cesse, avertissaient l’ennemi que, tant que cette forteresse tiendrait, il n’y avait pas d’espoir d’entrer dans Florence. C’était là, au sommet de cette antique tour, dominant le mont et la plaine, que s’était réfugiée la liberté italienne, au cœur du der-nier des Italiens.
Bientôt le clocher de San-Miniato devint le point de mire des boulets ennemis. Michel-Ange sourit fièrement de cette at-taque insensée, et, du haut de l’entablement de la tour, il fit cou-ler jusqu’en bas des matelas de laine, qui amortissaient les coups et préservaient le précieux monument de la fureur de ces vandales. Certes, si Florence avait pu être sauvée, Michel-Ange en aurait eu la gloire. Déjà sa fermeté, son courage, les res-sources de son vaste génie ranimaient l’espoir des assiégés, et jetaient la crainte et le doute dans le camp de l’ennemi, lorsque tout à coup on entendit dans les rues des cris, des alarmes, des
– 50 – pleurs de femmes et des imprécations de soldats : Malatesta était vendu aux Médicis, et l’infâme Valori avait livré sa patrie.
La capitulation qui ouvrait les portes aux nouveaux maîtres de Florence promettait une amnistie générale. On va voir com-ment les Médicis tinrent parole. Six des plus illustres citoyens eurent la tête tranchée ; les autres furent condamnés à la dépor-tation ou à l’exil. On fouilla la maison de Michel-Ange, depuis les caves jusqu’aux greniers ; mais l’artiste avait disparu. Réfu-gié, suivant les uns, chez un ami ; enfermé, suivant les autres, dans le clocher de San-Nicolo-oltr’Arno, il dépista les limiers des Médicis, et défia la colère du pape.
Enfin, Clément VII, fatigué de ce jeu, eut le bon esprit de comprendre que, s’il arrivait à mettre la main sur l’artiste, ce qui, d’ailleurs, n’était pas facile, il n’aurait qu’une tête de moins ou un prisonnier de plus, tandis qu’en lui laissant la liberté et la vie, sa famille y gagnerait un monument de plus et un ennemi de moins.
Ce fut donc, cette fois, le juge qui s’inclina devant le cou-pable. On lui fit faire toute espèce d’offres et de promesses, à la condition qu’il reprendrait ses ciseaux, et s’occuperait, sans au-cun délai, des mausolées de Julien et de Laurent de Médicis.
Dans la sacristie de Saint-Laurent, comme dans tous ses chefs-d’œuvre, Michel-Ange a voulu sortir des routes battues ; génie impatient et souverain, il a dédaigné la règle, méprisé la tradition, brisé les entraves. Sa devise à lui, en peinture comme en sculpture, en sculpture comme en architecture, est de n’imiter personne et de ne point avoir d’imitateurs.
On voit, en entrant, les deux tombeaux, l’un à droite, l’autre à gauche, adossés aux murs de la chapelle. L’ordonnance et la décoration du local s’harmonient merveilleusement aux masses de la sculpture et à la disposition des statues. Dans deux niches latérales, au-dessus des sarcophages, sont placées les statues des princes. Sur chacune des tombes, aux deux côtés
– 51 – inclinés du couvercle, sont couchées deux statues allégoriques. Tout cela est simple et grand. Rien ne trouble dans cette paisible retraite la méditation ou la prière. La pureté des lignes, l’harmonie de la composition, l’unité de l’ensemble, tout vous attire et vous domine par un charme mystérieux.
À droite est Julien de Médicis : – c’est l’énergie, c’est la ré-solution, c’est la force. À ses pieds sont couchés la Nuit et le Jour.
À gauche est Laurent : – c’est la méditation, c’est le calme, c’est la pensée ; aussi cette statue admirable a été nommée il Pensieroso. Les deux figures allégoriques, couchées sur le tom-beau de Laurent, représentent, dit-on, le Crépuscule et l’Aurore. Va pour l’Aurore et le Crépuscule ; ce que nous affirmons, c’est qu’on n’a jamais rien vu de plus parfaitement beau, dans l’idéal moderne, que ces quatre allégories et ces deux portraits de Mi-chel-Ange. Il ne s’agit pas de commentaires et d’analyse : les six statues sont vivantes.
Entre les deux tombeaux, Michel-Ange a placé la Madone et l’Enfant Jésus. Ce groupe magnifique n’est pas terminé. L’attitude et le mouvement de la Vierge sont admirables de na-turel et de douceur. L’Enfant Jésus a plus d’énergie que de grâce.
Tel est aussi le caractère général qu’on remarque dans la fi-gure du Christ tenant la croix, exécutée par Michel-Ange vers ce temps, pendant son séjour à Rome, et placée dans l’église de la Minerve. Dans cet ouvrage, un des plus achevés que nous ait laissés Buonarotti, le Sauveur des hommes inspire plus de ter-reur que de confiance ; mais jamais peut-être l’imitation du corps humain n’a atteint sous le ciseau du grand sculpteur un degré de vérité plus complet et plus frappant.
La renommée de ce grand chef-d’œuvre franchit rapide-ment les Alpes, et nous avons sous les yeux une lettre de Fran-çois Ier, adressée au sieur Michel-Angelo Buonarotti, par la-
– 52 – quelle le roi chevalier supplie l’artiste de vouloir bien lui accor-der la permission de mouler sa statue.
Voici textuellement cette lettre curieuse, qui honore égale-ment le roi qui l’écrit et l’artiste auquel elle est adressée :
« Sieur Michel-Angelo,
» Pour ce que j’ai grand désir d’avoir quelques besognes de votre ouvrage, j’ai donné charge à l’abbé de Saint-Martin de Troyes (François Primatice), présent porteur que j’envoye par delà les monts, d’en recouvrer, vous priant, si vous avez quelques choses excellentes faites à son arrivée, les lui vouloir bailler, en les vous bien payant (digne roi !), ainsi que je lui ai donné charge, et davantage de vouloir être content pour l’amour de moi qu’il molle le Christ de Minerve et la Notre-Dame de la Febre, afin que j’en puisse orner l’une de mes chapelles comme de choses qu’on m’assure être des plus exquises et excellentes en votre art.
» Priant Dieu, sieur Michel-Ange, qu’il vous ait en sa garde.
» Escrit à Saint-Germain en Laye, le 6iii jour de février mil cinq cent et quarante-six.
» Signé : FRANÇOIS.
» Signé : LAUBÉPINE.
Puisque nous sommes aux éloges contemporains, après la lettre du roi, citons quatre vers qu’on doit probablement à un homme du peuple, et qu’on trouva affichés à la statue allégo-rique de la Nuit, sur le tombeau de Julien :
La Notte che tu vedi in si dolci atti
Dormire, fu da un Angelo scolpita
In questo sasso, e perchè dorme ha vita.
Destala se nol credi, e parleratti.
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