365 rendez-vous avec Marcia
Janvier
Ce chapitre est long, il est donc découpé en 2 parties.
j’en avais un, que cela me tente ou non, je serais obligée d’aller lui
faire prendre une marche. C’est la même chose pour mon corps).
– Pas de pesée. De grâce, s’il y a des pèse-personnes au gym ou à la
piscine que vous fréquentez, tenez-vous-en loin. Rien de plus
démotivant qu’un chiffre qui ne veut rien dire en plus. Vous
remarquerez que si le chiffre est plus bas que ce qu’on pensait, on est
fière et s’il est plus haut, on s’autoflagelle… Non merci pour moi.
– Veillez à vous vêtir de façon moulante: un p’tit top, des leggins, il faut
que vous voyiez vos formes. Pas d’opération camouflage. Pas question
de vous envelopper dans une poche de jute. Si vous passez une heure à
bouger devant un miroir, vous apprécierez d’avoir une image fidèle de
votre corps. Vous serez surprise après quelques séances de vous dire:
J’suis pas si pire que ça.
– Très important: toujours avoir votre musique dans vos oreilles, vos
tounes, celles qui vous font bouger, qui vous transportent, qui vous
font oublier que vous êtes en train de faire du sport.
– N’ayez pas peur du ridicule. J’ai une collection surprenante de casques
de bain des années 60, tous aussi colorés les uns que les autres. Cela
égaie mes séances à la piscine. Au gym, je m’habille funky aussi. J’y
vais parfois en jupe.
– N’ayez pas de programme. Chaque visite au gym ou à la piscine doit
être unique. On ne compte pas les longueurs, on ne fait que bouger
pendant trente minutes. Parfois je danse, parfois je fais des poids, je
décide de ma routine selon mes humeurs. Au gym où je suis abonnée,
je m’exerce sur trois appareils (différents chaque fois), pendant dix
minutes. C’est trente minutes de cardio. Ensuite, je fais un peu
d’étirements au sol et bonsoir.
– Allez-y seule. Vous pourrez ainsi vous y rendre à l’heure que vous
voulez et y rester le temps que vous en aurez envie. Parfois, je fais une
petite sieste sur le tapis, ou je reste vingt minutes à méditer dans le
sauna. Je n’ai de comptes à rendre à personne.
Ma formule est idéale, c’est une combinaison de plusieurs activités: je
suis inscrite à un gym pour femmes, ouvert de 7 h 30 à 21 h 30, ce qui me donne du lousse. Rien de plus stressant que de devoir arriver à une heure précise, c’est la meilleure façon de ne pas y aller. Je suis inscrite à la piscine, je fais un peu de ski de fond l’hiver et il m’arrive de danser dans mon salon quand je n’ai pas envie de sortir. Faites comme vous voulez, mais faites-le, c’est ça l’important.
18 janvier
Chaque fois
Chaque fois, je dis bien chaque fois que j’ouvre le robinet pour faire la vaisselle, pour prendre mon bain ou arroser mes pantes, je suis reconnaissante d’avoir accès à l’eau courante et potable aussi facilement. Chaque fois que je m’assois à une table pour prendre un repas, je suis reconnaissante de pouvoir manger à ma faim. Chaque fois que j’ai besoin de parler et que je trouve une oreille attentive, je suis reconnaissante d’avoir sur ma route de si belles et bonnes personnes. Chaque fois qu’il fait froid dehors et que je vaque à mes occupations dans le confort de mon foyer, je suis reconnaissante d’avoir un toit sur la tête et de la chaleur. Chaque fois que je me lève le matin et que je constate que je suis en vie et qu’une autre belle journée s’offre à moi, je suis reconnaissante d’avoir cette chance et je fais tout pour l’honorer. Je pourrais continuer la liste pendant des pages et des pages. Je crois que vous avez compris que je suis reconnaissante pour tout ce qu’on a tendance à tenir pour acquis. J’ai déjà lu quelque part que seulement 1% des personnes sur la planète pouvaient jouir de ces 4 éléments: avoir un toit sur la tête, manger à sa faim, avoir accès à l’éducation, avoir un ordinateur. Chaque fois que je croise un ado sur ma route, je me fais un devoir de le lui rappeler. Quand tout est considéré comme normal, il devient facile d’oublier que nous faisons partie du 1%, ce qui est un privilège et non un droit acquis.
Je me suis longtemps sentie gênée devant toute cette abondance. Non pas
que je ne croyais pas la mériter, mais pourquoi moi alors que plusieurs n’y ont pas accès? C’est un mystère et la meilleure façon que j’ai pu trouver pour freiner le sentiment de gêne devant tant de largesses, la CLÉ pour ne pas gâcher ces beaux moments, c’est de les apprécier et de me faire un devoir de ne jamais croire que cela m’est dû. Pour ce faire, j’ai pris l’engagement ferme de toujours avoir le réflexe de partager, de donner, d’aider ceux qui en ont moins. J’ai éduqué mes filles avec ces valeurs-là. Par exemple à Noël, je ne leur ai jamais donné de cadeaux, nous avons toujours vécu des activités tournées vers les autres. Nous sommes allées quelquefois le 25 décembre servir les repas de Noël aux sans-abris. Nous avons souvent rempli des sacs de jouets et de vêtements pour aller les porter à d’autres enfants moins nantis. Ces valeurs me permettent d’être consciente de la chance que j’ai d’être née dans cette famille, dans cette ville, dans ce pays. Je réalise que depuis que je suis mère-grand, je poursuis la transmission de ces valeurs. Je ne donnerai jamais de cadeaux à mon petit-fils. Pas de cadeaux emballés avec du papier. Il recevra toutefois plusieurs fois par semaine le plus merveilleux des présents: du temps avec sa mère-grand. Du temps pour faire des petites folies, apprendre des chansons, se faire des massages, se balancer sous la pluie, faire des siestes l’après-midi après avoir lu 23 histoires, aller voir les chevaux dans le rang à quelques kilomètres de chez moi, parler, rire, s’aimer et honorer la vie. La vie qui passe si vite et qui est si agréable lorsqu’on a l’eau courante et un toit sur la tête, qu’on mange à notre faim et qu’on sait qu’une autre belle journée nous attend.
19 janvier
La joie qui poppe
Aujourd’hui, en cette Journée internationale du pop-corn, j’ai envie de vous partager mon amour pour cet aliment, cuisiné par les Amérindiens avant même la découverte de l’Amérique, et ce qu’il représente dans ma vie. Ma mère Lucie était très «SANTÉ». Quand j’étais petite, tout était bio: grains entiers, sans additifs, sans colorants et sans agents de conservation. Avant même que les sacs de popcorn qu’on met au four à micro-ondes existent, nous avions un panier avec un couvercle en moustiquaire rigide et un manche en bois pour faire éclater le maïs. C’est ma tante Renée qui nous l’avait donné. On plaçait des grains de maïs dans le panier qu’on mettait directement sur le rond de la cuisinière en brassant le manche et, magie, ils éclataient! C’était soir de fête chaque fois qu’on en faisait, c’était notre gâterie santé. Nous le mangions nature avec un peu de sel. Encore aujourd’hui, je fais mon popcorn au chaudron et chaque fois, mes souvenirs d’enfance poppent et me ramènent le goût de la liberté. Vendredi soir, un bon film au canal 10 et des bols de ravissement pour les sœurs Pilote. Que dire de l’odeur qu’il y avait dans la maison ces soirées-là! Ce que j’aimais par-dessus-tout, c’était les grains semi-éclatés. Je demandais à mes sœurs de me les garder, ce qu’elles faisaient en échange d’une poignée dans mon bol. Je me souviens comme si c’était hier du bonheur parfait dans ma bouche, du bruit sur mes dents, des coups de coude de mes sœurs qui voulaient que je décolle parce que je crunchais trop.
Il y a quelques années, alors que je jasais avec un ami qui travaillait
derrière le comptoir de friandises au cinéma, quelle ne fut pas ma surprise, mon choc devrais-je dire, de constater que son collègue retirait une très grande plaque sous la machine de popcorn où se trouvaient des grains de maïs à moitié éclatés. J’ai littéralement poussé un cri de joie, et un peu plus tard d’effroi, quand je me suis rendu compte qu’il s’apprêtait à jeter ces perles. Ne reculant devant rien, j’ai demandé de goûter et ce fut l’un des plus beaux jours de ma vie. Imaginez, si vous êtes une amateure de vin, que vous goutiez au meilleur vin au monde, parfaitement exquis, rond en bouche, obtenant la note parfaite. J’avais sous les dents des morceaux de bonheur qui me faisaient hurler de joie. Ému par tant d’extase, mon ami m’en a donné un plein sac. J’ai insisté pour le payer, mais il a refusé catégoriquement. J’ai mangé avec délectation tous les grains, presque un à un, voulant faire durer le plaisir. Ce jour-là a marqué le début d’une sévère dépendance dont je ne pourrai plus jamais me défaire. Depuis, lorsque je vais au cinéma, je demande à ce qu’on retire la plaque sous la machine et qu’on la verse dans un petit sac. Je dois parfois même faire venir le gérant pour lui expliquer mon étrange dépendance, mais chaque fois, c’est la même chose, cela provoque une explosion de joie, tant chez les autres clients qu’au sein du personnel. La personne la plus heureuse est bel et bien moi qui retrouve, dans chacun des petits sacs marginaux, une CLÉ spéciale: la clé des petits plaisirs uniques, fous, gratuits qui rendent la vie si éclatante!
20 janvier
Faire son bilan de vie
Au début d’une nouvelle année, il arrive souvent qu’on ressente un désir intense de faire le point sur notre vie, du moins sur les douze mois qui viennent de passer. On aimerait que cette nouvelle année soit conforme aux désirs les plus chers à notre cœur et nous permette enfin de goûter à ce que nous dicte notre voix intérieure depuis si longtemps. Les questions existentielles jaillissent alors: Comment ai-je envie de vivre mon année? Ai-je besoin de changement? Quels sont les objectifs que je veux atteindre? Malheureusement, ce désir de prendre du temps pour soi afin de donner une direction à notre vie se transforme trop souvent en mièvres résolutions prises sous l’effet de la peur. On dit de nos résolutions que si elles ne tiennent pas la route, ce qui est souvent le cas vous en conviendrez, c’est qu’elles ont été prises en y plaçant un «il faudrait» devant:
– Il faudrait que je perde cinq kilos.
– Il faudrait que je commence à penser à changer d’emploi.
– Il faudrait que je me trouve une passion.
– Il faudrait que je sois plus organisée.
– Il faudrait que je passe plus de temps avec mes enfants.
Ces résolutions n’ont rien d’un cri du cœur et sont la plupart du temps
dictées de l’extérieur. Pour qu’une résolution apporte des résultats et se concrétise en manifestations satisfaisantes tout au long de l’année, elle doit passer par plusieurs étapes d’un processus d’introspection élaboré. Une des étapes qui constitue la CLÉ de ce processus a pour nom bilan. Pour savoir où on veut aller, il faut savoir d’où on vient.
À quelle fréquence doit-on faire un bilan?
La fréquence varie selon les besoins. Il est toutefois recommandé de ne pas attendre d’être en période de crise pour s’y mettre. Les débuts d’année, les fins de mandat professionnel ou même de relation (quand la zone de turbulence est derrière soi) sont des périodes de fin de cycle favorables aux bilans satisfaisants.
Jusqu’à maintenant, tout semble si simple, n’est-ce pas? Un cahier, un
crayon, quelques heures de silence et le tour est joué. Mais comment se fait-il que si peu de gens aient intégré cette pratique, ne serait-ce qu’une fois par année? Pas compliqué: la peur. Cette foutue peur de prendre du temps, seule avec soi-même. Peur de l’inconfort que procurent les réponses surprenantes et les pistes de solution qui pourraient nous être soufflées à l’oreille. La question n’est pas tant de savoir comment faire un bilan, mais plutôt de se demander: Suis-je prête à faire un bilan? Car qui dit bilan dit constat, qui dit constat dit possibilité de changement à l’horizon, et la peur du changement est l’une des peurs les plus répandues dans notre société. Dans son plus récent ouvrage, Le changement, un cadeau inestimable, l’auteure américaine Marianne Williamson affirme: «Nous semblons résister férocement à l’idée d’examiner notre vie et notre monde avec une certaine rigueur émotionnelle. Je crois que nous tentons ainsi d’éviter bien plus que la souffrance. Nous fuyons le sentiment de désespoir que nous pensons devoir éprouver une fois que nous aurons mesuré la puissance des forces qui nous font obstacle. Or, c’est quand nous regardons carrément les ténèbres en face que nous commençons enfin à entrevoir la lumière.»
D’où l’idée de ne pas nous laisser arrêter par la peur d’entrer dans nos
zones d’ombre (nos ténèbres) pour permettre à cette lumière de jeter un éclairage bienfaiteur sur notre vie.
Si vous êtes prête à faire un bilan de vie, je vous donne des pistes
demain.
En attendant, procurez-vous un cahier et aiguisez vos crayons…
21 janvier
Bilan de vie (suite)
Êtes-vous prête à faire votre bilan?
(Si vous répondez oui à plus de sept questions, vous êtes prête.)
1. Êtes-vous prête à consacrer au moins dix heures à ce projet?
2. Êtes-vous prête à être bouleversée (pas déprimée) par des constats qui
se dégageraient de ce bilan?
3. Êtes-vous ouverte au changement?
4. Êtes-vous prête à envisager d’obtenir ce qu’il y a de meilleur pour
vous?
5. Êtes-vous prête à changer votre façon de voir la vie, à sortir des sentiers
battus dans certains domaines?
6. Êtes-vous prête à découvrir des choses extraordinaires vous
concernant?
7. Êtes-vous prête à déterrer de vieux désirs, de vieilles passions?
8. Êtes-vous prête à ouvrir votre boîte à souvenirs pour y trouver des
éléments qui vous aideront à faire des liens?
9. Êtes-vous prête à reconnaître vos insatisfactions, sans vous juger ou
juger les autres?
10. Êtes-vous prête à examiner avec une rigoureuse honnêteté et un certain
recul les situations du passé et les répétitions (les patterns) s’y rattachant?
11. Êtes-vous prête à remplacer vos vieilles CLÉS rouillées par des neuves
qui ouvriront de nouvelles portes?
Conseils en vrac
– Un bilan doit être dégagé de toute notion de performance. Un bilan est
un constat qu’on émet à partir de données émotionnelles. Il n’y a pas
de bon ou de mauvais constat, il y a notre vérité en lien avec un
événement vécu.
– Un bilan requiert une disponibilité mentale et émotionnelle. On ne fait
pas son bilan en vitesse sur le coin d’une table. Il faut y consacrer le
temps requis.
– Un bilan est un document personnel, tel un journal intime. Il est peu
recommandé de le faire lire à des proches.
– Un bilan, c’est reconnaître ce qui a été sur le plan émotionnel, ce qu’on
a vécu dans telle situation ou domaine de notre vie. Reconnaître la
blessure et en dégager la leçon.
– Pour qu’il soit complet, le bilan doit s’ouvrir sur des buts à atteindre en
lien avec les conclusions auxquelles on est arrivée.
– Être capable de rêver ce qu’on aimerait voir arriver, vers où on veut
que cette leçon nous amène selon les désirs de notre cœur.
Ressources pour un bilan complet
Le processus par lequel vous serez appelée à passer si vous faites votre bilan est le suivant: le constat, l’insatisfaction, l’émotion sous l’insatisfaction, le désir réel sous l’insatisfaction, la mise en objectif de l’essence de ce désir.
Un bilan complet comporte deux étapes cruciales qui peuvent être
déclinées selon vos besoins.
Première étape: revenir sur le passé
C’est à vous de circonscrire la période que vous voulez traiter et qui fera l’objet de votre bilan: vos six derniers mois de relation amoureuse, vos sept dernières années à l’emploi de telle entreprise, votre vie au grand complet par tranches de cinq ans, ou cette dernière année?
Par écrit, vous repassez ces tranches de vie (le faire par domaine de votre
vie est très efficace aussi: vie amoureuse, vie professionnelle, vie spirituelle, vie sociale, relations, santé, famille). Consignez dans votre cahier tout ce que vous avez envie de dire à propos de ces situations. Mettez l’accent sur les insatisfactions et sur vos prises de conscience. Le but de cette étape est de retirer de ces expériences toute charge émotive, du moins identifier ce qui vous a fait quoi.
Deuxième étape: se projeter dans le futur
À partir des données recueillies, élaborez ce que vous aimeriez voir arriver à la place des insatisfactions répertoriées à l’étape précédente. Plusieurs techniques peuvent être utilisées à ce stade: affirmations, visualisation créatrice, résolutions, objectifs avec échéances.
Ouvrages pertinents
Vous trouverez des ouvrages qui proposent diverses méthodes pour entreprendre un bilan. Le mouvement des Alcooliques anonymes, par exemple, propose l’inventaire moral comme forme de bilan général.
De quoi s’agit-il au juste? Tout simplement de prendre un crayon et du
papier afin de faire des prises de conscience incitant à réfléchir sur vous-même, vous remettre en question, laisser grandir en vous ce qu’il y a de meilleur plutôt que de bloquer la source de vie par vos ressentiments, vos peurs, vos entêtements. Cet exercice ne consiste pas tant à savoir qui vous êtes mais plutôt où vous en êtes.
– De l’alcoolisme à la paix et à la sérénité, Jacques T., Bibliothèque
québécoise, 2009.
John Bradshaw, dans Retrouver l’enfant en soi, propose un bilan et des
exercices se rattachant à des périodes précise de notre vie. J’ai déjà fait un atelier suivant ces exercices et selon moi, ce bilan est le plus brassant, le plus complet, le plus difficile aussi, exigeant mais ô combien libérateur. Tout y est clairement exposé dans son livre. Vous y retrouverez la synthèse des ateliers que l’auteur a mis sur pied.
– Retrouver l’enfant en soi, John Bradshaw, éd. de l’Homme, 2013.
Pour sa part, l’ouvrage de Jean-Luc Hétu, Bilan de vie, aborde chacune
des étapes de la relecture de vie. Le but de la démarche est d’arriver à une plus grande harmonie avec son passé et avec soi-même. L’auteur offre des pistes pour faciliter le cheminement du lecteur intéressé à revoir sa vie.
Extrait: L’idéal serait que l’on soit immédiatement attentif à ce qui nous
a déséquilibré et qu’on parvienne à s’y ajuster. Dans la vraie vie cependant les choses se passent rarement de cette façon. La vie va vite et le quotidien nous happe. Les années passent et nous réussissons plutôt bien à faire face à la musique, mais un jour notre passé nous rattrape. Des blessures que l’on croyait guéries redeviennent sensibles. Des épisodes restés dans l’ombre depuis longtemps reviennent nous solliciter.
– Bilan de vie, quand le passé nous rattrape, Jean-Luc Hétu, éd. Fides,
2000.
– Tous les ouvrages de la coach américaine Cheryl Richardson, mais en
particulier: Reprenez votre vie en main, 52 façons concrètes et
inspirantes d’améliorer votre vie une semaine à la fois, éd. AdA, 2001.
– Tête-à-tête avec son ange gardien, outils pratiques pour un voyage
intérieur, Violette LeBon, éd. Quebecor, 2008.
– Le changement, un cadeau inestimable, Marianne Williamson, éd. du
Roseau, 2006.
– Pour la vie de couple: «On arrête?… On continue?» Faire son bilan
de couple, Robert Neuburger, éd. Payot, 2013.
Je vous souhaite d’éprouver beaucoup de bonheur et de satisfaction en
prenant le temps de faire vos bilans. Je suis une passionnée des bilans, je pourrais même affirmer que ma vie ne serait pas la même si je n’avais pas pris le temps d’en faire (et j’en fais encore). Pour celles qui me diraient que c’est une perte de temps et qu’il vaut mieux tourner le dos au passé et faire face au présent, je répondrai que tant que notre passé n’est pas réglé, on ne peut malheureusement pas vivre notre présent. N’est-ce pas là le meilleur argument pour vous convaincre de prendre le temps de faire votre bilan?
22 janvier
Moi aussi
Dans la foulée de la vague de dénonciation, #metoo, de la semaine du mois du 16 octobre 2017, j’ai ressenti le besoin de publier ce texte sur mon FB:
Je me suis couchée hier soir en repensant à toutes les publications vues
sur FB. J’ai réfléchi à mes «metoo» à moi… Ce matin, je ne vous parlerai pas du nombre de fois où je me suis sentie dégoûtée par des remarques sexuelles et sexistes mettant tout le monde mal à l’aise dans une réunion par exemple, et où j’ai vu tout le monde rire, sauf moi. À une époque pour être cool dans le milieu de la télévision, il fallait rire des jokes de cul et aussi il fallait en faire. Plus on en faisait, plus on était considérée comme «one of the boys», si on n’en faisait pas, on se faisait dire qu’on n’avait donc pas le sens de l’humour. Je ne vous parlerai pas non plus de toutes les jokes déplacées et l’intimidation que mes sœurs et moi avons subies à cause de notre nom. PILOTE. Enlevez le i et mettez ce mot dans la bouche de petits morons du primaire, de grands morons du secondaire et de gros épais adultes qui, en riant, salissent ton nom et ton sexe et pensent qu’en y enlevant le i, tu deviens ce mot: une PLOTTE. J’ai vécu ça toute ma vie… Je ne vous parlerai pas non plus de toutes les fois où je suis «allée plus loin» que prévu avec un homme pour ne pas qu’il se choque. On se faisait des massages et, lui, il voulait masser davantage que les épaules et, toi, tu te dis: «ben rendu là»… Je ne vous parlerai pas du gros chauffeur de taxi épais qui, alors que j’étais assise à l’avant car nous étions quatre passagères, m’a frotté le genou et un peu plus en disant: «c’est pas une caresse, c’est un changement de vitesse», je me souviens de sa grosse face laitte avec de la couperose et je me souviens de mon étonnement et de ce que je me disais: «mais t’es ben épais, mon gros, tu penses que je vais rire de ta joke pourrie?»
Je me souviens aussi au Mexique d’un homme de 50 ans qui m’avait
amenée dans sa chambre pour me montrer des photos,(j’étais allée rejoindre mon chum qui était G.O. dans un Club Med), et ce gros dégueulasse avait voulu me sauter dessus mais je m’étais sauvée… Je ne vous parlerai pas non plus de la fois où moi et mon amie Anne-Marie avions été pourchassées par un gros dégueulasse en Cadillac qui avait arrêté sa voiture alors que nous marchions sur la rue St-Denis et nous avait demandé de nous approcher, ce que nous avons fait. Il nous a montré des billets de 100 $ en faisant signe de se masturber. Nous avons eu peur et sommes entrées dans le cinéma St-Denis. Dix minutes plus tard, une prostituée venait nous chercher pour nous dire qu’il était prêt à aller jusqu’à 1000 $ pour nous avoir dans son char. Vous comprendrez qu’on n’y est pas allées…
Je pourrais continuer comme ça longtemps, mais ce n’est pas de cela
dont je veux vous parler aujourd’hui, car bien que ces situations m’aient «écœurée» raide, je n’en ai pas été marquée parce que j’étais solide et j’avais des parents formidables qui étaient très hot. Les filles Pilote savaient qu’en TOUT TEMPS elles seraient crues, backées et soutenues si elles dénonçaient. Nous savions aussi nous défendre et nous affirmer. Ma mère nous avait appris très tôt à crier «gros cochon» si jamais on se retrouvait dans ces situations.
Ce qui me fait de la peine, ce qui me renverse, ce qui me bouleverse,
c’est que je sais que tellement de femmes ont été abusées, violées, agressées, et j’en suis toujours anéantie. Plusieurs femmes m’ont confié des choses qu’elles n’ont dites à personne, des femmes que je ne connais pas, mes lectrices d’amour mais aussi des femmes très près de moi. Je vois déferler depuis quelques jours les témoignages de femmes qui racontent et je dis bravo, il faut dénoncer. Mais je pense à celles qui ne raconteront jamais, car elles ont honte et elles portent ces événements comme un secret. Un secret qui les ronge, un secret qui les fait mourir à l’intérieur chaque jour un peu plus. C’est ce qui me fait le plus de peine. Que des petites filles, des ados, maintenant devenues femmes, doivent porter cela tous les jours de leur vie. Quand une femme choisit de m’en parler à moi parce qu’elle sait que cela lui fera du bien, que je ne la jugerai pas, que je saurai l’écouter, j’en suis toujours émue et honorée. Dans ces moments- là, (et ils sont nombreux), je ne parle pas, je ferme un peu les yeux, je prends cette femme dans mes bras et avec toute ma tendresse, toute ma force de femme, j’essaie de lui dire sans parler qu’elle n’est pas seule. J’essaie de lui faire ressentir toute la force que peut contenir la souffrance des femmes à condition qu’elle ne soit pas utilisée contre soi. J’essaie de lui tendre un CLÉ qui pourra peut-être l’aider à ouvrir la porte qui lui donnera le courage de dénoncer pour qu’elle puisse se départir d’un fardeau qu’elle n’aurait jamais dû porter.
23 janvier
Cycle délicat
C’est mon chum qui a fait les courses et il a acheté le mauvais savon à lessive. Voici une situation que j’ai eu à traiter à cycle délicat. De plus, c’était dans un magasin où ce qu’on achète est tellement gros qu’on n’a pas besoin de se casser la tête pour les prochains mois. J’avais donc du savon pour laver mes vêtements pendant une année. Le problème, c’est que je n’aime la fragrance trop prononcée de ce savon et chaque fois que je porte un vêtement qui sent ce parfum de fraîcheur qui me lève le cœur, je compte le nombre de brassées que je devrai encore endurer pour arriver à la fin du contenant. Je n’en peux plus, surtout que celles qui me connaissent savent que je suis très sensible aux odeurs. Par exemple, si je travaille avec un homme qui, tous les matins, échappe sur son visage un quart de bouteille d’eau de Cologne, je suis obligée d’avoir un petit tête-à-tête officiel avec lui (pas de trop près car j’en aurai pour quelques heures à m’en remettre) pour lui demander de me faire une des faveurs suivantes:
a) changer de parfum
b) changer de job c) changer ses habitudes et cesse de se parfumer
(En passant, petite note pas rapport: TOUT parfum ne devrait jamais
pouvoir être détecté à moins de se trouver à quelques centimètres de la personne. Centimètres, pas mètres).
Revenons au savon à lessive, lequel m’a permis de faire mousser
quelques réflexions personnelles que j’ai envie de vous partager.
Ne trouvez-vous pas que c’est souvent comme ça dans la vie? On endure
des choses qui nous irritent parce qu’on s’impose d’aller jusqu’au bout? On dirait qu’on perdu la CLÉ de la boite à solutions. Il ne nous vient pas à l’esprit de régler la situation en cours de route. On se dit que la prochaine fois, on fera autrement. Je veux bien, mais dans le cas de mon gallon de savon, la prochaine fois sera dans 40 paniers et je ne peux pas confirmer que mon nez aura tenu le coup! Quand j’écris un livre, je suis en réflexion constante, à la puissance mille. J’utilise tout ce que je vis et observe dans mon quotidien pour apprendre sur moi-même. Cette anecdote du savon m’a fait prendre conscience que j’ai tendance à ne pas régler la situation en cours de route. J’attends que ce soit terminé pour réagir, comme si je n’en avais pas le droit. Il y a dans cette façon de faire, une résistance inconsciente à la satisfaction optimale. Je vous jure que si je n’avais pas pris le temps de réfléchir à cet épisode qui peut paraître très superficiel, j’en conviens, j’aurais enduré encore une quarantaine de brassées avant d’aller acheter un nouveau contenant. Imaginez, pendant des semaines, du matin au soir, j’aurais porté des jupes, des pantalons, des chandails et des bobettes qui m’auraient placée dans un inconfort olfactif et physique. Ma mère disait souvent (et elle le dit encore):
– Y’a des affaires pires que ça dans la vie!
C’est ce qui fait qu’avant aujourd’hui, je n’aurais pas pensé aller
chercher un autre contenant de détergent, inodore celui-là. À bien y penser, je vais demander à mon chum d’y aller… Oh non, je vais y aller moi-même!
24 janvier
Mes aïeules
Chères aïeules, ce matin je pense à vous. Je ne devrais pas dire ce matin, car je pense à vous souvent. Vraiment souvent. Plusieurs fois par semaine. Mais ce matin, je ressens le besoin de vous écrire une lettre pour vous le dire, un hommage en quelque sorte. Je vais vous appeler par votre prénom: mes grands-mères Madeleine et Blanche, mes arrière-grands-mères Élisabeth et Philomène, Marie et Françoise et mes arrière-arrière-grands-mères, Vitaline, Alexandrine, Thessiane et Martine. Il faut que je vous dise à quel point vous faites partie de ma vie, à quel point je vous porte en moi, vous qui êtes passées avant moi, vous qui m’avez ouvert le chemin, qui avez tapé la trail. Il faut que je vous dise que je vis chaque jour un peu pour vous. Je me fais un devoir de foncer, d’aller au bout de mes rêves, pour vous qui n’avez pas eu ce choix, vous qui n’avez pas eu la chance de connaître ça: une vie libre et comme vous l’aimez. Par moments, oui, mais si peu souvent. Avec votre besogne, vos enfants, vos obligations, l’oppression du clergé, la place que vous n’avez jamais eue, le mépris qu’on avait à l’endroit des femmes, vous n’avez juste pas pu. Ce n’est pas parce que vous n’en aviez pas le désir, j’en suis convaincue. Je sais aussi que vous en auriez été capables.
Quand je pars avec ma caravane, quand j’argumente avec mon chum,
quand je gagne de l’argent, quand j’en dépense, quand je m’achète une maison, quand je me sépare, quand je vote, quand je pars seule en road trip, quand je gère ma contraception, quand je reçois des soins de santé, quand je fais des soupers de filles, quand je prends l’avion (aucune d’entre vous n’a pris l’avion), quand je vois mes filles évoluer, quand je regarde mon trousseau avec toutes ces CLÉS qui peuvent m’ouvrir toutes ces portes, je ne peux faire autrement que de penser aux vôtres, vos clés qui étaient si rares. Comment avez-vous fait, dites-moi? Comment avez-vous réussi à rester derrière ces portes fermées alors que vous saviez qu’il existait un dehors? J’écris ces mots et je pleure. Ce ne sont pas des larmes de tristesse, je dirais plutôt des larmes de reconnaissance, vous êtes mes aïeules, le sang qui coule dans mes veines est aussi le vôtre. Je suis un peu de vous. Voilà pourquoi je me fais un devoir d’aller au bout de ce que je souhaite vivre, voilà pourquoi je ne laisserai jamais personne m’empêcher de faire quoi que ce soit. En hommage à vous qui l’avez tant été. Empêchées. À vous toutes, vous avez porté plus de soixante-dix enfants. Certaines d’entre vous en ont perdu en bas âge, certaines ont vécu des drames horribles, mais toutes, vous vous êtes relevées et vous avez continué.
Je viens de lignées de femmes fortes, travaillantes, vives et intelligentes.
Je viens de lignées de femmes artistes, marginales, affirmées et grandes. J’aurais tant aimé vous connaître davantage. J’aurais tant aimé vous recevoir à souper chez moi, toutes en même temps et au même âge. Vous toutes à 50 ans. Vous auriez mis votre robe du dimanche et vous seriez venues vous asseoir à ma table. Et notre repas aurait duré des jours et des jours. Dix femmes de cinquante ans, assises là, se racontant leur vie. Bien sûr, c’est moi qui aurais posé les questions parce que c’est mon métier, mais à vrai dire, je crois que j’en aurais été incapable tant j’aurais été émue. On aurait pris des photos, des selfies, mais surtout j’aurais tenu à vous photographier chacune en solo pour placer votre image sur mon piano pour le reste de mes jours. Quand je mourrai, je voudrais que mes filles héritent de ces photos encadrées et qu’elles y ajoutent la mienne ainsi que celles de leurs grands-mères. Pour que jamais elles n’oublient d’où elles viennent.
25 janvier
J’ai une faveur à vous demander
Les femmes, est-ce que je peux vous demander une faveur? Je vais même utiliser le TU pour que vous saisissiez bien ce que j’ai à vous dire.
Alors toi qui tiens ce livre entre tes mains, toi ma belle femme d’amour
que j’aime tant, toi mon amie (même si on ne s’est jamais rencontrées, je te considère comme une amie, tu me reçois chez toi tous les jours, alors voilà, c’est réglé, on est amies, on le sait depuis toujours), toi mon amie, est-ce que je peux te demander une faveur? J’aimerais que tu te sacres la paix. J’aimerais que tu sois moins sévère envers toi-même. Ça me fait de la peine quand je te vois te dénigrer devant les autres; en réunion, si tu as oublié quelque chose, tu t’auto-flagelles devant tes collègues et je n’aime pas ça. Si tu n’as pas eu le temps de mettre trois portions de légumes dans la boite à lunch de tes enfants, tu dis que tu es une mauvaise mère. Quand tu remets au lendemain parce que tu n’en peux plus, tu t’en veux de procrastiner. Quand ton amoureux te boude, sans même te dire pourquoi, tu penses que tu n’es pas une bonne blonde. Quand ta mère te reproche de ne pas aller la voir assez souvent, tu dis que tu t’occupes mal de ta famille. Quand tu constates que tes jeans sont trop serrés, tu as honte et tu crois que tu n’as pas de volonté. Je te demande donc une faveur: à partir de maintenant, j’aimerais que tu te traites bien. Si tu ne rentres plus dans tes jeans, cours t’en acheter d’autres une taille plus grande. S’il y a des semaines où tes enfants n’ont pas toutes leurs portions de légumes, dis-toi que leur santé n’est pas en péril et en plus, donne-leur donc comme tâche de s’occuper d’en couper pour tout le monde. Quand tu oublies quelque chose au travail, ne le souligne pas à grands traits; tente plutôt de voir ce que tu peux faire pour corriger le tir, utilise même l’humour pour célébrer l’événement, cours chercher un calendrier devant tous tes collègues et dis:
– On va inscrire ça au calendrier, cet oubli, c’est la première fois que ça
arrive en cinq ans.
Quand ton amoureux te boude, va te planter devant lui et exige qu’il te
dise pourquoi il est frustré, écoute-le sans t’excuser ou te justifier. Quand ta mère te reproche de ne pas aller la voir souvent, dis-lui que si elle veut te voir, elle peut venir faire le souper ou le lavage chez toi, ce qui joindra l’utile à l’agréable.
Tu vois où je veux en venir? Seras-tu capable de dire oui à ma demande?
Je le souhaite, car tu verras que te sacrer la paix, c’est la CLÉ qui te permettra d’enfin avoir la paix.
26 janvier
Pour le reste de nos jours Je suis à une période de ma vie où je peux observer, parler, partager. Je l’ai toujours fait, mais pas de cette façon. Quand on a un horaire, des obligations, une sauce à spag sur le feu, des vêtements à plier, un suivi à faire avec la p’tite dernière, des appels à retourner, des chats à nourrir et à fouetter, on n’a pas le temps ni la disponibilité pour observer, savourer, prendre des notes et partager. Maintenant, non seulement je prends le temps, mais c’est devenu mon métier. Observer, noter, partager par écrit ou oralement, mais dire les choses, exprimer ce que je vois, ce que je ressens, ce que je retiens. Dans quel but? Pas pour me faire du bien à moi (j’ai mes techniques personnelles pour cela), mais pour que vous puissiez dire: «Oh! c’est bien trop vrai.» Pas du tout dans le but d’avoir raison, mais pour vous faire gagner du temps, vous faire prendre conscience qu’il peut en être autrement. Ce n’est que cela qui importe selon moi: savoir en tout temps qu’il peut en être autrement. C’est la CLÉ du bonheur, de la paix intérieure. Il n’y a rien de plus angoissant que de nous sentir prises au point de ne plus voir d’issue et de penser que ce sera comme ça pour le reste de nos jours. Rien n’est jamais figé pour le reste de nos jours. C’est important de savoir cela. Même dans les moments les plus difficiles, il y a toujours une petite fenêtre qu’on peut ouvrir. Même dans l’obscurité la plus totale, il y a toujours une petite lueur. Ça s’appelle l’espoir et il faut savoir qu’il est toujours là, même si on ne le voit pas. C’est l’espoir qui un jour, sans crier gare, nous prend par la main et nous amène sur son chemin. C’est ce que j’ai pu observer, c’est ce que j’ai noté et c’est ce que j’avais envie de vous partager aujourd’hui.
27 janvier
Changer un mot fait toute la différence
Presque toutes les femmes que je connais, je pourrais même dire toutes les femmes que je connais se couchent le soir et la dernière question qu’elles se posent est la suivante: Est-ce que j’ai réussi à faire tout ce que j’avais à faire aujourd’hui? Il est évident que la réponse à cette question sera toujours non, car des listes de choses à faire il y en aura toujours. Et si, exceptionnellement, on répond oui, on aura tôt fait de mettre la main sur une petite liste oubliée dans le fond de son sac à main. Cette question pernicieuse qui surgit avant de glisser dans le sommeil nous empêche de nous endormir avec satisfaction. Le hamster roule toute la nuit pour nous rappeler de ne pas oublier ceci demain ou cela après-demain.
Voulez-vous savoir comment je réussis tous les soirs à glisser dans le
sommeil et laisser mon hamster bien tranquille dans sa cage? Très simple. Je me pose la même question, mais j’ai remplacé le verbe faire par le verbe être: Est-ce que j’ai réussi à ÊTRE tout ce que je voulais ÊTRE aujourd’hui?
Si vous vous posez cette question, les réponses seront beaucoup plus
satisfaisantes et surtout moins décourageantes.
C’est que je vous souhaite du plus profond de mon cœur. Être de plus en
plus. Être pour que vous puissiez faire ce que vous voulez vraiment
C’est la CLÉ qui nous permet de nous coucher le soir dans un état de
grande satisfaction. Un petit mot remplacé et toute notre vie en est transformée!
28 janvier
C’est l’intention qui compte
Aujourd’hui, je vous propose une CLÉ d’une simplicité désarmante, qui peut faire toute la différence chaque jour de votre vie et transformer toutes les situations en expériences satisfaisantes. Cette approche toute simple, qui tient en une question à vous poser, vous permettra en tout temps d’aller droit au but et d’expérimenter la satisfaction.
La technique est la suivante et elle est très facile à mettre en pratique. Il
suffit de vous poser régulièrement (pour ne pas dire toujours) cette question avant de faire quoi que ce soit:
– Quelle est mon intention?
Vous verrez que lorsque votre intention est clairement établie, vous
mettez toutes les chances de votre côté pour réaliser votre objectif. Quand je me chicanais avec mes filles, lorsqu’elles étaient adolescentes, au beau milieu d’une discussion, j’arrêtais tout et je disais:
– Madeleine, quelle est ton intention présentement?
Elle continuait à argumenter sans répondre à ma question.
– Je vais te le dire, ma fille, ton intention est de me prouver que je suis
une mauvaise mère. Moi, mon intention est qu’on trouve une solution
pour régler cette situation. On va donc arrêter ça là, et quand ton
intention sera de discuter calmement avec moi pour qu’on puisse
trouver une solution où nous serons toutes les deux gagnantes, tu
reviendras me parler.
Le simple fait de clarifier votre intention avant toute démarche vous fera
gagner un temps fou. Vous pouvez même signifier à l’autre de quoi il en retourne.
– J’ai quelque chose à te dire et mon intention est que tu comprennes
pourquoi j’ai quitté la réunion hier avant que ça finisse.
– Je veux qu’on parle des rénovations et mon intention est de trouver
des solutions pour qu’on vive cette période dans l’harmonie.
– Mon intention, en revenant sur ce qui s’est passé la semaine dernière,
est de trouver des solutions pour ne plus que ça se reproduise
– À un vendeur: Mon intention est de trouver telle chose à tel prix.
L’intention n’a rien à voir avec un objectif, une résolution ou un but.
C’est autre chose. Le fait de la clarifier vous permettra de vivre des relations authentiques avec les gens. Il m’arrive même de poser la question à voix haute à quelqu’un qui magouille pour salir la réputation d’une personne. Si j’entends dire du mal d’une amie, je dis à la personne qui tient ces propos:
– Quelle est ton intention?
– Ben, je veux que le monde sache que c’est pas correct ce qu’elle a fait.
– Donc, ton intention est de salir la réputation de mon amie?
– Non…
– Oui, parce que ce que tu es en train de dire laisse supposer que mon
amie a mal agi alors que ce n’est pas le cas… Je le sais, j’étais là. Si
ton intention était de t’expliquer avec elle, tu serais présentement en
train de lui parler et non essayer de semer un doute sur son intégrité.
Vous pourrez me dire que vous n’irez pas jusqu’à confronter quelqu’un
sur ses intentions, et je ne vous demande pas de le faire, mais à tout le moins, observez les intentions qui se cachent derrière les propos des gens. Pour vous donner un raccourci, sachez que si vous vous sentez diminuée par les propos d’une personne, alors son intention est que vous vous sentiez diminuée. Fiez-vous à votre ressenti. Comment se fait-il que parfois, quelqu’un nous fait un compliment et on se sent humiliée alors qu’une autre personne va souligner un de nos défauts devant tout le monde et on va se sentir aimée?
Tout est dans l’intention.
Mon intention en écrivant ce texte était de vous offrir cette piste pour
que vous commenciez l’année avec cet outil simple et efficace qui vous épargnera énormément de tourments et de temps!
29 janvier
Le pouvoir de l’intention
Dans le texte d’hier, je vous parlais de l’intention. Si vous avez envie de poursuivre votre réflexion à ce sujet, je vous recommande chaudement la lecture de ce livre (mon livre de chevet depuis des années), Le pouvoir de l’intention de Wayne Dyer, éd. AdA. Dans cet ouvrage, il nous offre un guide de l’intention et présente des moyens d’appliquer concrètement ces principes créateurs dans notre vie de tous les jours. Je fais une parenthèse ici pour remercier Wayne Dyer qui est l’un des auteurs qui m’a offert le plus de CLÉS dans mon apprentissage en développement personnel. Il est décédé en 2015 et je le remercierai jusqu’à la fin de mes jours d’avoir, entre autres, consacré une partie de sa vie à rendre accessibles les enseignements taoïstes qui ont littéralement transformé ma façon de vivre ma vie au quotidien. J’aurai l’occasion, au cours de ces pages, de vous reparler du Tao.
Le livre Le pouvoir de l’intention m’a permis d’ajouter une précieuse clé
à mon trousseau. Selon Wayne Dyer, il existe un champ d’énergie pure et illimitée: l’intention. Lorsque nous sommes connectées à l’intention, une harmonie règne en nous et autour de nous; on se sent inspirées et heureuses, nos projets se réalisent, les relations deviennent sereines, les événements s’agencent en notre faveur. En nous connectant et en activant cette source, nous pouvons transformer notre existence. Le pouvoir de l’intention est un potentiel de notre esprit, utilisé en réalité par tous les maîtres spirituels, les chamans et les personnes de talent.
Dans ce livre, vous trouverez des chapitres qui parlent des intentions
propres aux êtres humains.
La deuxième partie du livre comporte huit chapitres qui vous offrent de
l’information précise et un guide étape par étape afin d’appliquer ces principes à votre quotidien. Ces titres de chapitres offrent un canevas fabuleux pour établir un programme d’engagement personnel basé sur l’intention. Pour ma part, je trouve qu’il s’agit là d’un beau programme de vie, n’est-ce pas?
Chapitre 7 – J’ai l’intention: de me respecter en tout temps
Chapitre 8 – J’ai l’intention: de vivre ma vie délibérément
Chapitre 9 – J’ai l’intention: d’être sincère et bienveillante envers toute
ma parenté
Chapitre 10 – J’ai l’intention: de connaître du succès et vivre dans
l’abondance
Chapitre 11 – J’ai l’intention: de vivre une vie sereine et sans stress
Chapitre 12 – J’ai l’intention: d’attirer les personnes idéales et de tisser
des liens divins
Chapitre 13 – J’ai l’intention: d’optimiser ma capacité à guérir et à être
guéri
Chapitre 14 – J’ai l’intention: d’apprécier et d’exprimer le génie que je
suis
Si vous désirez comprendre l’impact et le pouvoir que l’intention peut
avoir dans la réalisation de vos rêves, ce livre est pour vous.
Je vous souhaite une bonne journée et que chacune vos intentions vous
mène là où vous voulez vraiment aller. C’est vous qui êtes aux commandes de votre bateau, et votre intention, c’est le gouvernail.
30 janvier
C’est ça ma vie
Aujourd’hui, j’aimerais qu’on fasse une chose, ensemble, en même temps, toute la journée. Une chose très simple. J’aimerais qu’on aime notre vie comme elle est. TELLE QUELLE.
J’aimerais qu’on se dise ce soir, avant de se coucher, après avoir vécu
notre journée: C’est ça ma vie. Point. Juste aimer ce qui est, même si on voudrait que ce soit autrement, même si on manque de temps, d’argent, d’amour, de projets. J’aimerais qu’on se dise: Je suis rendue là et c’est parfait comme ça. Je ne veux pas nécessairement rester là, mais je reconnais que je me suis rendue jusque-là et que j’ai avancé.
Aujourd’hui, je veux qu’on mesure le chemin parcouru, ne serait-ce que
pour se donner le courage de continuer afin qu’on puisse transformer les choses inacceptables en situations qui nous conviennent. Je sais que plusieurs veulent du changement, que plusieurs subissent de la violence psychologique, physique, économique. J’y pense presque tous les jours. Mais aujourd’hui, si vous le voulez bien, on va penser à notre vie en se disant C’est ça ma vie, et nous serons fières comme des paonnes, mais sans déployer pour autant notre queue, car même si on le voulait, on ne pourrait pas, car les paonnes n’ont pas de queue. Mais on n’aura pas besoin d’étaler cette fierté, car elle sera intérieure, ce sera un sentiment bienfaiteur de bonheur déployé discrètement. Aujourd’hui, même si on est dans la pire période de notre vie, même si on aurait envie de tout sacrer là, on va se dire C’est ça ma vie. Demain, on commencera les rénovations, mais aujourd’hui, on va s’asseoir dans notre maison en respirant un bon coup et se féliciter d’avoir su trouver la CLÉ qui nous a menées jusque-là, qui nous a permis d’ouvrir la porte de cette maison-là, de cette vie-là, telle quelle. Demain, on accrochera notre clé sur le petit crochet dans le vestibule, comme on accroche ses patins. On partira peut-être à la recherche d’une autre maison, mais on saura qu’en ce début d’année, on a pris le temps de dire merci. Merci à ma vie!
31 janvier
Tourner les coins ronds
Si on me disait que je dois m’en tenir à un seul thème lorsque je donne une conférence, et ce, pour le reste de mes jours, je serais très embêtée d’avoir à choisir parmi la centaine d’outils dont j’aime parler et que je prends plaisir à partager avec les femmes. Mais si j’y étais obligée, je choisirais de parler aux femmes du contraire du perfectionniste. Ma conférence s’intitulerait: Comment ne pas être perfectionniste ou l’art de tourner les coins ronds. Je suis une spécialiste en ce domaine. Je sais parfaitement comment aller à l’essentiel et ne pas tirer ma valeur dans ce que je fais. Je sais que je ne serai pas jugée sur ce que je fais, mais plutôt sur ce que je ne fais pas. Je m’explique.
Dans tout projet, il y a des choses de base à accomplir et si elles ne sont
pas faites parfaitement, on remarquera que le travail a été bâclé. Ce que je désire quand je m’engage dans un projet, c’est de placer mon énergie dans l’essentiel et de le faire à 100% plutôt qu’en faire beaucoup (trop), à 75%. Mes observations personnelles m’amènent à la conclusion que la plupart des perfectionnistes, celles qui en font plus que le client en demande, oublient le besoin de base dudit client et ajoutent du superflu par souci de bien faire les choses. Prenons l’exemple d’une réception. Personnellement, le fait qu’il y ait un centre de table gossé dans de l’écorce ou des canneberges et des branches de sapin pognées dans la glace pour mettre de l’ambiance au repas, ne me fera pas passer une meilleure soirée. Ce que je recherche quand je suis invitée à souper, c’est de vivre un moment chaleureux et d’échanger avec de beaux êtres humains. Mes amies perfectionnistes, qui se sont démenées pendant des jours pour que la fête soit réussie, se couchent souvent le cœur gros parce qu’elles n’ont pas eu le temps d’en profiter et, de surcroît, elles trouvent à redire sur leur performance. Le perfectionnisme est un vaccin qui nous immunise contre la satisfaction. Les perfectionnistes ne connaîtront jamais la satisfaction. C’est sans fin. J’aimerais qu’elles viennent suivre ma formation, elles pourraient mettre en application mes meilleurs trucs pour tourner les coins ronds puisque j’ai reçu le vaccin contraire: je suis vaccinée contre le perfectionnisme. Je ne pourrai jamais attraper cette maladie.
Voici quelques-unes de mes CLÉS:
– Ne jamais souligner ce que vous n’avez pas eu le temps de faire. Les
gens ne savent pas ce que vous aviez en tête et où vous aviez placé la
barre.
– Vous concentrer sur l’essentiel et le faire à 100%.
– Privilégier l’être plutôt que le faire.
– Acquérir une solidité dans votre créativité pour ainsi trouver de
nouvelles formules facilitantes pour faire les choses.
– Savoir terminer. Même si ce n’est pas fini, décider que c’est assez
– Prendre des raccourcis.
– Chaque fois qu’on a un choix à faire, choisir le choix le plus facile et
le moins coûteux. (Par exemple, pour les gâteaux d’anniversaire, j’ai
toujours acheté un mélange à gâteau, du crémage, le tout décoré de
bonbons ou bien une pyramide de sandwichs à la crème glacée. Mes
filles disent encore que c’étaient les meilleurs gâteaux au monde!).
Préparez-vous des réponses humoristiques si les gens passent des
remarques sur votre façon de faire.
Mais surtout, et je crois que c’est la base pour faire un pied de nez au
perfectionnisme, il faut savoir que plus vous vous aimerez telle que vous êtes, moins vous aurez besoin de compenser par vos réalisations extérieures. À ce titre, il est préférable de placer vos énergies à comprendre ce qui vous pousse à répondre à ces standards irréalistes. Croyez-moi, lorsque vous serez libéré de ce carcan, vous aurez vous aussi envie de donner des formations pour que la bonne nouvelle se répande comme une traînée de poudre. Et vous savez quoi? Vous n’aurez pas envie de la ramasser (la traînée de poudre), elle pourra bien joncher le sol, vous ne serez plus perfectionniste, vous passerez pardessus. C’est aussi simple que cela.
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