À nos mensonges (Les Quatre t. 1) (French Edition)

Chapitre 14

QUATORZE

 

 

C aiden, Zayde et moi nous rassemblâmes dans l’immense salon pour attendre Cassius, tandis que Weston nous quitta quelques instants pour répondre à un de ses contacts virtuels afin de faire passer le temps. Je m’installai sur l’énorme canapé moelleux, à l’opposé de Caiden, face au plus grand écran de télévision que j’avais jamais vu chez quelqu’un, et Zayde se vautra sur un fauteuil inclinable à côté de nous en attrapant une manette de jeu puis alluma la télévision. Il en lança une autre à Caiden puis ils se trouvèrent absorbés en un rien de temps par un jeu de tir.

— Il nous faut aérer un peu ici.

Zayde mit le jeu en pause en fronçant le nez, et s’approcha de la fenêtre pour l’ouvrir. Je frissonnai et resserrai mon fin cardigan autour de moi alors qu’une brise fraîche soufflait. Je fus alors envahie par un frisson.

— Tu as froid ? murmura Caiden près de mon oreille.

Je tournai la tête et le vis tout proche de moi. Comment et quand s’était-il autant approché ?

— Un peu, réussis-je à chuchoter tout en fixant ses lèvres, happée pour la centième fois par le souvenir du baiser.

— Prends ça.

Il retira son épais sweat à capuche noir et me le tendit. Il portait en dessous un t-shirt gris ardoise moulant qui s’étirait sur ses muscles et les mettait en valeur.

Mon rythme cardiaque s’accéléra et ma bouche devint sèche. Je parvins à marmonner un « merci » et enfilai le sweat pour m’y blottir aussitôt. Son corps l’avait réchauffé et il gardait un léger parfum marin. Cela me fit soupirer de plaisir.

— Pourquoi es-tu gentil avec moi ? lui demandai-je en me penchant plus près alors que Zayde reprenait le jeu.

Il poussa un gros soupir et ses yeux firent des allers-retours entre l’écran de télévision et moi.

— Z, j’arrête, annonça-t-il en appuyant sur quelques boutons de sa manette qui firent disparaître son écran partagé sur la télévision.

Il se retourna pour me faire face et me fixa en fronçant les sourcils et en se mordant la lèvre d’une façon curieuse.

— Putain, marmonna-t-il en prenant une profonde inspiration. Écoute. Je ne t’aime pas et je ne te fais absolument pas confiance. Cela devrait être évident, même pour quelqu’un comme toi. Mais je ne suis pas le pire connard non plus.

Je levai un sourcil vers lui et il m’adressa un petit sourire en coin.

— La plupart du temps, en tout cas. Tu avais froid alors je t’ai donné quelque chose pour te réchauffer. N’y vois rien de significatif, déclara-t-il, puis le sérieux s’empara de son visage. Je le pense vraiment. Ne te fais pas des films.

Je me demandai pendant un moment s’il était opportun de lui faire part de ce qui hantait mon esprit, mais je préférai finalement lui demander son propre avis. Je me penchai alors plus près de lui, ramenant mes jambes sur le canapé et les enroulant sous moi. Nous ne nous quittâmes pas des yeux durant tout ce temps.

— Et pour ce baiser alors ?

Il était si près que je pouvais sentir son souffle sur mes lèvres.

— Petit Flocon… commença-t-il de sa voix grave et sévère. Cela n’aurait jamais dû arriver, putain.

— Vraiment ?

Je me rapprochai encore plus et ses yeux s’assombrirent alors que ses lèvres s’apprêtaient à s’ouvrir.

— C’était juste une erreur à la con.

Il inclina sa tête vers le bas, ne laissant qu’un espace infime entre nos bouches.

— Vraiment une très mauvaise erreur, soufflai-je. Cade…

— Arrête. Tu es la dernière personne que je…

— Putain, je le savais !

Le cri triomphant de Cassius fendit la lourde atmosphère entre nous, et je sursautai en m’éloignant de Caiden, confuse et, pour être honnête, franchement énervée.

— Quoi que tu penses avoir vu, tu te trompes.

Caiden se redressa et s’adressa à Cassius d’une voix dépourvue d’émotion en le défiant du regard de le contredire.

— Bien, répondit Cassius en levant les yeux au ciel.

Il s’approcha du canapé, s’assis entre nous et passa son bras autour de moi.

— Joli sweat, ma jolie. Je pourrais parier avoir vu Cade porter un sweat similaire.

Zayde s’évertuait à maltraiter la manette de la Xbox sans se soucier de nous pendant que Caiden lançait un regard irrité à Cassius.

— Va te faire foutre. Je vais chercher West.

Il disparut de la pièce, et je recroquevillai mes jambes sous moi plus fermement en me tournant pour regarder Cassius.

— Pourquoi tu le gonfles comme ça tout le temps ?

Il haussa les épaules.

— C’est comme ça qu’on fait entre nous. C’est marrant.

— Si tu le dis.

— Trêve de plaisanterie, es-tu prête à parler de ce qu’on s’est dit hier soir ?

J’essayai de me remémorer notre conversation, je me souvins qu’il avait dit qu’ils gardaient un œil sur ma mère et moi. Je lui avais aussi dit que j’étais venue à Alstone pour enquêter sur la mort de mon père. En pensant à lui, je me mis à caresser mon tatouage de météorite du bout des doigts. S’il n’était pas mort par accident, je comptais que justice soit faite, peu importe ce qu’il m’en coûterait.

— Je suis prête.

— En voilà une bien gentille fille.

Cassius attrapa ma main et la serra alors que Caiden revint dans la pièce avec Weston à ses côtés, et ils prirent tous les deux un siège.

— Il est temps d’obtenir des réponses.

Je regardai les Quatre, tous concentrés sur moi. Zayde venait d’éteindre la Xbox, et le silence régnait dans la pièce. Cassius garda ma main dans la sienne et sentir son contact m’apporta un certain réconfort. Je pris une grande inspiration et commençai à expliquer, bafouillant certains mots et m’empressant d’achever mon récit.

— Bon. Pour résumer ma vie brièvement. Ma mère est tombée enceinte quand elle était jeune, et elle n’a pas voulu de moi, elle nous a quittés, puis mon père et moi avons déménagé, nous ne sommes pas restés en contact…

— Ralentis, m’interrompit Cassius. Et commence au moment où tu penses qu’elle a quelque chose à voir avec la mort de ton père.

Tous les trois prirent de grandes inspirations, mais Cassius souriait avec suffisance puisqu’il était déjà au courant de cette information.

— Pourquoi et comment ?

Zayde se pencha en avant dans son fauteuil et me transperça du regard.

— Tout cela paraît bizarre, mais il y avait quelque chose qui ne semblait pas normal. Tout cela pourrait être une coïncidence, bien sûr…

— Viens-en au fait, veux-tu ?

Je me penchai pour contourner Cassius et regarder en direction de Caiden.

— Pas besoin d’être grossier.

J’ajoutai un « connard » à voix basse et Cassius ricana tandis que Caiden me regardait de travers.

— Bref, avant que je ne sois grossièrement interrompue et sachant ce que j’ai appris depuis le début, je pense que tout a commencé environ cinq mois avant la mort de mon père.

Ma voix vacilla et mes yeux se remplirent de larmes en évoquant mon père.

Weston vint s’asseoir sur l’accoudoir du canapé à côté de moi et passa une main apaisante le long de mon bras, et Cassius resserra ma main dans la sienne. Je leur adressai à tous les deux un bref sourire fragile et poursuivis :

— Je ne sais pas si vous étiez au courant, mais il avait des contacts de temps à autre avec ma mère. Je pense qu’il avait de la peine pour elle et qu’il voulait qu’elle soit impliquée dans ma vie. Ni elle ni moi ne cherchions à nous connaître pour être honnête, mais il lui envoyait des nouvelles de moi, ce genre de choses.

Ma voix vacilla à nouveau et je toussai pour m’éclaircir la gorge.

— Désolé, j’ai besoin d’un peu d’eau.

— Je vais t’en chercher, dit Cassius en se levant d’un bond.

Nous restâmes assis en silence jusqu’à ce qu’il revienne avec une bouteille d’eau qu’il me tendit.

— Merci, dis-je en dévissant le bouchon avant de boire une grande gorgée. Bien, revenons-en aux faits. Quand j’ai été acceptée à l’université, mon père était absolument ravi pour moi. Il avait toujours rêvé que je fasse des études. Ma mère ne répondait pas à ses appels alors il est venu ici pour lui parler en personne. Il voulait absolument que nous nous réconciliions, et il voulait qu’elle puisse partager cette joie. Je ne sais pas si elle était amoureuse, mais lui n’a jamais cessé de l’aimer. Il n’a jamais regardé une autre femme autant que je sache.

Je fixai le sol, sans vraiment le voir perdue dans mes souvenirs.

— Il a dû rentrer chez lui tard dans la nuit après que je me sois couchée. Le lendemain matin, quand je suis descendue, il était bizarre, tout nerveux et louche. Je lui ai demandé ce qui n’allait pas et il m’a envoyé promener. Il est resté enfermé dans son bureau presque toute la journée, et il ne me laissa rien savoir.

Je levai les yeux et vis les Quatre qui me regardaient avec une grande attention.

— Que s’est-il passé ensuite ? souffla Weston.

Je poussai un soupir et ma bouche se tordit.

— Il est allé à Alstone plusieurs fois encore, y restant même pour la nuit une ou deux fois, et il passait tout son temps enfermé soit dans son bureau à la maison, soit dans son bureau au travail et rentrait tard le soir. Je ne m’en suis rendu compte qu’après coup.

— Est-ce qu’il a fini par te dire quelque chose ? demanda Zayde qui me fixait avec son habituelle expression indéchiffrable sur le visage.

— Non, et pour être honnête, je ne le lui ai pas demandé plus que ça. Je sentais que quelque chose n’allait pas, mais je me faisais des raisons en me disant qu’il faisait des recherches pour le travail ou des choses du même genre.

Les larmes commençaient à couler sérieusement, et j’étouffai un sanglot. Si seulement je ne l’avais pas lâché, j’aurais peut-être pu faire quelque chose, peut-être qu’il serait toujours en vie.

— Euh… désolée. J’ai besoin d’une petite pause.

— Winter.

Weston glissa de l’accoudoir, se laissant tomber à côté de moi, et m’attira dans ses bras. Je me blottis contre lui, et il caressa mes cheveux. Cass ne me lâcha pas la main.

Je respirai profondément, cherchant à reprendre mes esprits, essuyant mes larmes avec la manche du sweat à capuche de Caiden.

— Bien. Voilà le reste de l’histoire. C’était le jour de mon départ pour l’université. Papa m’y a conduit puis je lui ai fait signe de partir, et je pense qu’il a décidé de faire un détour par Alstone avant de rentrer à la maison. Il… il m’a envoyé un message, alors que je venais de m’endormir. C’est la dernière fois qu’il m’a contactée.

Je déglutis péniblement puis cherchai dans ma poche pour trouver mon téléphone et le tendre à Weston d’une main tremblante. Les larmes obscurcissaient ma vision et j’enfouis mon visage dans sa poitrine pendant qu’il lisait le texto.

— Winter. Je viens de quitter ta mère. Il y a quelque chose d’important dont je dois te parler. Je t’appellerai demain matin pour te mettre au courant. J’espère que tu emménages tranquillement. Je t’aime.

— Le lendemain, j’ai reçu la visite d’un officier de police, dis-je en sanglotant. Et… et elle m’a dit qu’il y avait eu un accident.

Le souvenir que j’avais réussi à garder enfoui ces derniers mois s’imposa brutalement dans mon esprit et je me mis en boule en me blottissant contre Weston alors que mes plaies saignaient à nouveau.

 

Je restai assise, abasourdie, alors que l’officier de police m’annonçait qu’il y avait eu une « fuite de gaz catastrophique » qui avait fait exploser ma maison alors que mon père était à l’intérieur. Les pompiers allaient enquêter, mais il s’agissait d’un accident anormal. Je n’eus rien à faire de la disparition de la maison, quand bien même j’y avais habité pendant treize ans et que tous mes souvenirs d’enfance avaient été réduits en miettes. Mon père était mort.

— Mlle Huntington ? Est-ce que tout va bien ? Y a-t-il quelqu’un que je peux appeler ?

La détective posa une main douce sur mon bras tandis qu’on lisait l’inquiétude dans la douceur de son regard brun.

Je déglutis péniblement puis humectai mes lèvres sèches.

— N non. Merci.

Elle ne sembla pas convaincue, mais poussa un lourd soupir et se leva.

— Voici ma carte. N’hésitez pas à m’appeler si vous avez besoin de quoi que ce soit.

Elle jeta un coup d’œil à l’officier qui l’accompagnait, et il lui fit un petit signe de tête. Tous les deux se dirigèrent vers la porte. Elle s’arrêta et se retourna vers moi.

— Je vous dis ça et je le pense vraiment. Nous sommes là pour vous aider, vous pouvez tout nous demander.

— Merci, dis-je dans un murmure rauque.

Puis ils partirent et je me retrouvai seul. Je sentis la bile monter dans ma gorge et trébuchai jusqu’à la corbeille où je vomis jusqu’à ce que ma gorge soit si irritée par l’acide gastrique que je me mis à cracher du sang tandis que les larmes coulaient sur mon visage.

Je me mis en boule sur mon lit, m’abandonnant au chagrin et sanglotant jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucune larme à pleurer. Les ténèbres ne firent qu’une bouchée de moi.

 

— Quelques semaines plus tard, après qu’ils aient officiellement décrété que sa mort était accidentelle, j’ai reçu une boîte qui m’était adressée. L’adresse au dos était celle de l’université où mon père travaillait. En l’ouvrant, j’ai trouvé un mot sur le dessus de la part de l’un de ses collègues qui disait qu’il s’était occupé du bureau de mon père et qu’il m’avait envoyé tous ses effets personnels en pensant que j’apprécierais de les avoir en ma possession.

Ma voix vacilla à nouveau alors que de nouvelles larmes se mirent à couler sur mon visage alors que je me rappelais le moment où j’avais déballé tous les objets soigneusement empaquetés dans du papier bulle. La première chose que j’avais déballée était un cadre avec une photo de nous deux prise un été quand j’avais environ dix ans où nous étions assis sur la plage en train de manger une glace. C’était la photo de nous qu’il préférait. D’autres objets avaient une valeur sentimentale comme sa boule de cristal incrustée d’un système solaire en trois dimensions que je lui avais offert pour Noël, sa tasse préférée dont le décor changeait en fonction de la chaleur de la boisson, et une multitude de cartes célestes et de diagrammes de constellations qu’il avait affichés aux murs.

Je m’éclaircis la gorge en essuyant mes larmes.

— Désolée. Euh… sous toutes ces choses, il y avait un dossier en papier kraft sur lequel il était écrit « Privé ». En l’ouvrant, j’ai trouvé un bon nombre de notes griffonnées que je n’ai pas réussies à comprendre, quelques brochures sur Alstone Holdings et une photo de ma mère.

— Tu as encore ce dossier ? m’interrompit Cassius avant que je ne puisse continuer.

— Il n’est pas ici. Je l’ai mis dans un endroit sûr.

— Sur quoi portent les notes ?

— Ce ne sont le plus souvent que des mots ou des phrases très courtes et des dates. Je me suis rendu compte que la date de la première note correspondait au premier jour où mon père est allé à Alstone et a commencé à agir bizarrement, et toutes les dates correspondent aux moments où il est allé à Alstone. Je vous montrerai le dossier quand je pourrai. Tout ça m’a mis la puce à l’oreille et d’après ce que j’ai compris, il pense que ma mère… préparait quelque chose de probablement illégal, dangereux, et où il serait question d’énormément d’argent. Je ne sais comment, mais Alstone Holdings est concerné et peut-être même à l’origine de tout ça.

— Ma jolie, tu vas devoir nous donner ce dossier. Vu tout ce qu’on connaît, on pourrait bien être en mesure de résoudre cette énigme, me dit Cassius, le regard sérieux.

— Je sais et je le ferai. Merci, Cass. Je me suis sentie si seule, répondis-je entre deux sanglots alors que ma voix était rauque et ma gorge sèche à force de pleurer. Je veux que justice soit faite pour mon père, mais je ne savais même pas par où commencer. Et puis hier soir, je découvre que tu penses que je suis de mèche avec ma mère, la personne qui, selon moi, pourrait avoir quelque chose à voir avec sa mort…

— Non, Winter.

La voix de Zayde, ferme et déterminée, me fit lever la tête. Je n’avais jamais entendu ce ton chez lui auparavant, en tout cas pas lorsqu’il s’adressait à moi. Il soutint mon regard avec une lueur de remords dans ses yeux.

— On avait tort.

Il fit un signe de tête à Cassius qui poursuivit :

— Oui. Écoute. On avait des soupçons sur ta mère, et sur ton père d’ailleurs, car on savait qu’elle avait été en contact avec lui. Et puis tu es arrivée… Bref, ce n’est ni le lieu ni le moment pour entrer dans les détails, mais on avait entendu parler de ton père, et ça nous semblait suspect que tu aies quitté la maison le jour même où cela est arrivé, et puis West a découvert que tu avais été en contact avec ta mère.

— C’est parce que j’avais besoin de me rapprocher d’elle pour pouvoir venir enquêter ici !

— Nous le savons maintenant. Dès que tu m’as dit hier soir pourquoi tu étais ici, cela m’a paru évident. Tu sais, West et moi pensons que tu es très probablement parfaitement innocente depuis un moment déjà, mais il a fallu un certain temps à ces deux abrutis pour s’en convaincre.

Il pointa un doigt vers Zayde et Caiden, qui, pendant que je parlais, avait quitté le canapé et s’était accroupi au sol à côté de la chaise de Zayde, face à moi, l’expression figée.

— C’est impossible que tu aies fait semblant tout à l’heure. Personne ne peut jouer la comédie de façon aussi convaincante, poursuit Cassius.

— Tu n’es plus seule désormais, me dit Weston en déposant un baiser sur le haut de ma tête. Tu m’as moi. Et je me proclame officiellement comme étant ton frère.

— Et sur moi aussi. Bon, je ne suis pas ton frère pour le coup, mais je suis officiellement ton ami. Peut-être même ton plan cul.

Cassius me donna un coup de coude, et je me mis à rire comme si je venais de me délester d’un poids.

— Je ne pense pas que tu pourrais me supporter, Cass. Mais merci. Et merci, West. Ça me touche vraiment.

— Je trouverai comment te rendre docile. Je suis très doué de mes mains. Et ai-je mentionné la taille de ma queue...

— Putain, ferme-la, dit finalement Caiden. Personne n’a envie d’entendre parler de ta queue.

— Grossier personnage, marmonna Cassius qui souriait néanmoins.

— On va t’aider, et en retour, tu vas nous aider, me dit Zayde.

Je hochai la tête.

— Ça semble équitable.

— Cade ?

Tout le monde le regarda alors qu’il se levait, croisant ses bras sur son impressionnant torse avant de me fixer.

— Une chose est sûre, Petit Flocon. Cela ne signifie pas que je t’aime bien. Je ne t’aime pas. Ne t’attends pas à ce que nous soyons amis. Mais les Quatre te soutiendront et nous attendons de toi que tu nous soutiennes. Compris ?

— Oui, Votre Altesse.

— Excuse-moi, t’as dit quoi là ? demanda-t-il en plissant les yeux.

— J’ai dit : oui. Votre. Altesse.

Je pris soin d’énoncer chaque mot clairement. Du coin de l’œil, je vis Cassius s’effondrer sur le canapé en riant.

— Quel bonheur d’avoir assisté à ça. Non, mais t’as vu sa tête ?!

Alors que Cassius succombait à l’hilarité, Caiden nous lança un regard glacial.

Je secouai la tête vers Cassius.

— Je ne vois pas ce qu’il y a de drôle, mais tant mieux si ça t’amuse.

Finalement, il parvint à se calmer et se leva d’un bond en m’entraînant avec lui.

— Maintenant que tu es des nôtres, laissons de côté toutes ces histoires pendant un petit moment. Je vais te remonter le moral en te faisant visiter notre maison comme il se doit.

Je le suivis jusqu’à la porte alors qu’il marmonnait quelque chose à propos d’un jacuzzi. Nous laissâmes Caiden debout, les bras toujours croisés et les sourcils froncés, alors qu’il me fixait du regard.

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