À nos mensonges (Les Quatre t. 1) (French Edition)
Chapitre 2
DEUX
— N ous y voilà, me dis-je à haute voix en ralentissant ma voiture pour m’arrêter devant l’entrée.
Je remarquai qu’une caméra était rivée sur moi, puis les portes s’ouvrirent en douceur. Je continuai à monter la longue allée de gravier puis je m’arrêtai devant une grande demeure géorgienne dont l’imposante et haute stature dominait le cap qui s’étendait au loin de chaque côté. D’autres maisons de même taille étaient visibles à l’horizon, mais aucune n’était assez proche pour que je puisse en distinguer les caractéristiques.
Je garai ma voiture à gauche de la maison, sans savoir où la laisser, et je restai assise un moment pour essayer de me ressaisir.
C’était la première fois que je voyais ma mère en personne depuis des années, et la première fois que je rencontrais son nouveau mari. Je croisais les doigts pour que ses fils ne soient pas là. Cela allait être assez difficile comme cela. J’étais mal à l’aise à l’idée de nouer des liens et de me montrer avenante avec elle et son mari alors que cette femme n’avait porté aucun intérêt à ma vie jusqu’à ce que je reprenne contact après le décès de mon père qui semblait les laisser indifférents.
Serrant la bouteille de vin millésimé que j’avais achetée, je montai les marches, divisées par de grandes colonnes, jusqu’à la porte d’entrée à laquelle je frappai.
Elle s’ouvrit presque immédiatement.
— Bonsoir, Mademoiselle Huntington. Nous vous attendions. Puis-je prendre votre manteau ?
Un petit homme voûté se tenait dans l’embrasure de la porte, un bras tendu vers moi.
— Euh, bien sûr.
Je me débarrassai de mon manteau et le lui tendis, ainsi que le vin.
— Merci. Mais qui êtes-vous ? Je veux dire, comment dois-je m’adresser à vous ?
Je sentis mes joues chauffer. Mon père n’avait jamais été pauvre, mais nous n’étions pas suffisamment aisés pour avoir du personnel.
— Je suis M. Allan, le majordome de M. Cavendish. Vous pouvez m’appeler Allan, mademoiselle.
— Hum. D’accord. Merci, Allan, répondis-je avec un sourire hésitant.
Il inclina la tête vers moi.
— Suivez-moi. Maîtresse Cavendish vous attend.
Nous traversâmes la grande entrée, puis un long couloir, et nous pénétrâmes dans une vaste pièce remplie de plantes, avec trois côtés en baie vitrée et une vue absolument époustouflante sur l’océan.
— Wahou, laissai-je échapper tant je restai bouche bée.
Le soleil couchant illuminait les flots d’une étincelante lueur dorée. À cette hauteur, nous avions une vue presque panoramique sur le cap et la mer sur plusieurs kilomètres.
— Magnifique, n’est-ce pas ?
Des talons aiguilles cliquetèrent contre le sol en pierre, et quelqu’un vint s’arrêter à côté de moi.
Je pris une profonde inspiration puis me tournai pour faire face à la femme que je n’avais pas vue en personne depuis l’âge de cinq ans. Celle qui m’avait si facilement rayée de sa vie.
— Christine. Je veux dire, Mère.
— Bonjour, Winter.
Christine Clifford semblait ne pas avoir pris une ride. Bien sûr, j’avais vu des photos d’elle, mais en personne, je pouvais constater à quel point les années l’avaient épargnée. Si c’était grâce au Botox, c’était très subtil. Elle portait une élégante robe bleu ciel et de hauts talons, et ses cheveux noirs étaient noués en un chignon sur le haut de sa nuque.
Elle m’observa d’un regard froid, cherchant à lire mes pensées, puis une expression de satisfaction s’immisça sur son visage.
— Tu es devenue une belle femme. Bien sûr, il fallait s’y attendre avec une mère comme moi, se pavana-t-elle. J’ai hâte de reprendre contact avec toi, d’adulte à adulte.
— Moi aussi.
Je fus choquée de constater que je pensais ces mots. Je sentis soudain ma lèvre trembler, et mes yeux se remplirent de larmes. Malgré tout, malgré mes soupçons, elle restait ma mère. La seule personne en vie avec qui je partageais mon sang.
Elle dut déceler quelque chose dans mon expression, car elle ajouta :
— Maintenant que ton bon à rien de père est mort, je suis tout ce que tu as.
Et en un rien de temps, mes larmes sur le point de couler disparurent remplacées par la colère. Elle me regarda avec un air complice. Je refusai alors de lui faire le plaisir de lui montrer combien cela me heurtait. Je fis donc l’effort de ravaler ma rage et d’afficher un sourire de façade nécessaire pour jouer à ce petit jeu.
— Super. Pourquoi ne pas commencer par me raconter ta vie ?
S’il y avait une chose que mon père avait mentionnée à propos de ma mère, encore et encore, c’était qu’elle était incroyablement égocentrique et aimait parler d’elle.
Ses lèvres se courbèrent en un sourire satisfait. Très bon choix, Winter.
— Asseyons-nous et nous pourrons discuter.
Je la suivis et nous nous assîmes sur les chaises en osier en face de la baie vitrée. Elle jeta un coup d’œil au téléphone qu’elle tenait et tapota l’écran plusieurs fois.
— Voilà. Les rafraîchissements seront là sous peu. Le fils d’Arlo, Weston — car il a deux fils, tu sais — est un peu un génie de la technologie. Il a conçu cette application qui fait toutes sortes de choses, y compris envoyer des ordres au personnel. C’est très pratique.
Je gardai en mémoire cette information qui pourrait m’être utile concernant Weston puis je m’adossai plus confortablement dans ma chaise en me tournant vers ma mère.
— Pour l’instant, comme tu le sais certainement, nous sommes dans l’orangerie. Je suppose que tu serais plus à même d’appeler cet endroit un jardin d’hiver, déclara-t-elle avec un soupir accompagné d’un geste de la main désignant l’ensemble de la pièce. Arlo aime ses plantes, comme tu peux le voir. Cette maison appartient à la famille Cavendish depuis des générations. Arlo et moi vivons ici seuls la plupart du temps, avec le personnel, mais Caiden et Weston ont toujours leurs anciennes chambres ici.
À la mention du nom de Caiden, un frisson me parcourut. Ma mère me regarda bizarrement, mais continua à parler.
— J’ai pris la liberté de faire libérer une des chambres inoccupées pour toi, si tu souhaites loger ici, peu importe quand.
— Merci. C’est bien aimable.
— Je ne peux pas permettre que ces garçons soient mieux lotis que ma propre fille, n’est-ce pas ?
Sa bouche grimaçante et sa façon de cracher « ces garçons » en disaient long sur ce qu’elle pensait. Il n’y avait clairement pas d’affection entre eux, même si elle avait semblé impressionnée par les prouesses technologiques de Weston quelques instants plus tôt. J’avais soudain l’horrible sentiment que le dégoût de ma mère avait quelque chose à voir avec l’hostilité de Caiden à mon égard. J’espérais ne pas me retrouver au milieu d’un jeu de dupes, car je n’avais aucune envie d’être impliquée dans tout ça.
— Je suis au conseil d’administration d’Alstone Holdings. Nous dirigeons pratiquement cette ville.
Je hochai la tête. J’étais déjà au courant, mais j’avais besoin qu’elle parle librement afin d’obtenir d’elle autant d’informations que possible. Nous étions pratiquement deux inconnues l’une pour l’autre après avoir été éloignées pendant si longtemps, mais d’après les informations que j’avais sur elle, je savais que c’était une femme dure qui n’appréciait pas les conversations oiseuses.
— Combien de personnes sont au conseil, et que faites-vous ?
Elle sembla ravie que je lui pose cette question.
— C’est plaisant que quelqu’un s’intéresse à ce que nous faisons. Les garçons se fichent de connaître l’entreprise dont ils hériteront un jour. Sans compter qu’ils deviendront membres du conseil d’administration dès qu’ils auront vingt et un ans et qu’ils seront diplômés, expliqua-t-elle avec un signe de désapprobation. Alstone Holdings possède la plupart des terres de cette ville. De plus, nous faisons construire des propriétés dans tout le pays. Il y a trois familles qui possèdent la société, mais par les liens du mariage, je fais maintenant partie de ces trois familles. La famille Cavendish, la famille Drummond, et la famille Lowry.
Je l’écoutai attentivement, archivant chaque information qu’elle me donnait. Qu’était-il arrivé à mon père la nuit de sa mort ? Il devait y avoir un lien, et mon instinct me disait que ma mère était la clé pour résoudre ce puzzle.
Mais je n’avais que des questions et aucune réponse.
Je me penchai en avant, ouvrant la bouche pour poser une autre question, quand son téléphone sonna.
— Oh, j’ai bien peur que nous soyons attendues. Nous remettrons ce verre à plus tard. Le dîner est servi.
Nous traversâmes à nouveau le long couloir puis nous entrâmes dans une vaste pièce où les murs étaient recouverts de lambris. Une grande table à manger en acajou se trouvait au centre de la pièce faiblement éclairée.
— Chérie, te voilà.
Un homme grand et imposant se leva et marcha jusqu’à l’endroit où je m’étais arrêtée sur le pas de la porte. Pourtant, je le remarquai à peine. Weston était assis à la table, tourné vers moi avec un petit sourire aux lèvres. Et en face de Weston, Caiden dégageait la même hostilité que la première fois que je l’avais vu.
Je dus faire l’effort de détourner mon attention de Caiden et je levai alors les yeux vers l’homme qui se tenait devant moi sans manifester un quelconque intérêt pour ma personne.
— Arlo. Et vous devez être Winter.
Il me serra la main brièvement, puis me congédia et embrassa ma mère sur la joue et retourna à sa chaise.
Ma mère me fit signe de prendre le siège en face d’elle.
À côté de Caiden.
Formidable.
En prenant place, je remarquai sa façon de se tenir, sa posture tendue et ses yeux qui brillaient dangereusement. Tous mes sens étaient en alerte, mais malgré sa réaction, malgré le fait qu’il me méprisait clairement, je ne pouvais pas réprimer le frisson qui traversait tout mon corps en me trouvant si proche de lui.
— Avez-vous déjà rencontré mes fils ?
La voix tonitruante d’Arlo me fit sursauter et j’entendis Weston ricaner.
Bande d’enfoirés.
— Oui, on s’est déjà rencontré. Je n’ai pas été franchement impressionnée, lançai-je sans pouvoir censurer mes propres mots.
Arlo leva les sourcils.
— Winter Huntington ! siffla ma mère scandalisée, rompant ainsi le silence soudain.
Merde.
Ma bouche était si sèche. J’avais besoin d’un verre.
— Pas impressionnée ? demanda Caiden d’une voix faussement calme qui venait d’à côté de moi. C’est pour ça que tu as décidé de te faire sauter par le gars qui fait la pute sur le campus ?
Tout le monde tourna la tête pour lui faire face, moi y compris. Il garda les yeux rivés sur son père sans même prendre la peine de m’accorder un regard.
— Mlle Huntington ici présente a assisté à une soirée chez nous il y a deux jours. Elle est partie avec James Granville, déclara-t-il en ricanant.
Je serrai les dents. Était-ce illégal de poignarder son demi-frère avec une fourchette ?
— Oh, Winter.
Ma mère secouait la tête avec désapprobation.
— Même moi, je connais la réputation de ce garçon. Tel père, tel fils, poursuit-elle presque pour elle-même.
— Les chiens ne font pas des chats, ma chère, murmura Arlo en la regardant.
L’odeur ferreuse du sang emplit ma bouche tandis que je mordais ma lèvre pour m’empêcher de réagir. Rappelle-toi de la raison de ta présence ici. Tout ce qui comptait était d’obtenir des réponses concernant mon père.
— J’espère que tu as utilisé un préservatif. Sinon, il te faudra prendre un rendez-vous à la clinique pour un dépistage, dit Caiden en tournant les yeux vers moi alors que ses lèvres parfaites se courbèrent en un sourire dédaigneux.
— Caiden. Ça suffit, le réprimanda Arlo.
— Oui, papa.
Il me congédia du regard, préférant s’intéresser à son téléphone.
Le silence s’installa puis Arlo frappa bruyamment dans ses mains, ce qui me fit sursauter à nouveau.
Cette fois, Weston se mit à rire sans retenue à voix haute.
— Alors, on est tendue ?
Je levai les yeux vers les siens et je compris qu’il tentait un trait d’humour. Bon, mes premières impressions s’étaient révélées correctes. Au moins, Weston ne me détestait pas. Pas autant que son frère, en tout cas.
À côté de moi, je sentis Caiden lancer un regard furieux dans la direction de Weston, et le regard de ce dernier se posa sur son assiette. Allan et une femme apparurent, se glissant dans la pièce presque silencieusement, remplissant les verres à vin et déposant les plats devant nous. J’attendis qu’ils commencent tous à manger, puis je fis de même, à peine capable de me concentrer sur le repas à cause de la présence de l’homme à côté de moi.
D’un coup, le téléphone d’Arlo sonna et rompit le silence inconfortable. Il jeta un coup d’œil à l’écran, puis se leva, sa chaise se renversa et il quitta la pièce sans se retourner. Face à l’absence de réaction des autres, je supposai qu’il s’agissait là d’un comportement habituel.
Dès qu’il fut parti, ma mère se tourna vers Caiden en plissant le nez de dégoût.
— Quand tu viens dîner, tu te dois de t’habiller convenablement. Ta tenue est inacceptable.
— Pardon ?
Du coin de l’œil, je vis Caiden reculer. Il consacra ainsi à ma mère toute l’hostilité qu’il m’avait adressée jusqu’alors.
— C’est inacceptable, répéta-t-elle. Même ton frère a trouvé de quoi s’habiller en conséquence.
Elle fit un signe élégant de la main en direction de Weston qui garda sagement le silence. Je jetai un coup d’œil entre eux deux. Weston portait un élégant polo bleu pâle, ses cheveux étaient soigneusement coiffés, tandis que Caiden portait un t-shirt gris délavé et que ses cheveux noir de jais étaient en bataille. Mon estomac se retourna en le regardant, et je gémis en me contenant autant que possible. Quand mon corps allait-il comprendre que ce type était un pur connard ?
— Désolé, Christine. Tu n’as pas ton mot à dire sur ce que je porte ou ce que je fais, dit-il en la fixant avec ses sourcils levés en signe de défi.
Elle fit claquer sa main sur la table. Ma bouche s’ouvrit devant cette soudaine manifestation de colère, mais Caiden ne broncha même pas.
— Je suis ta belle-mère. Et tant que tu es sous mon toit, tu obéis à mes règles. C’est clair ?
Il se mit à rire d’un air moqueur.
— Bien essayé, Christine. Ça n’arrivera jamais.
Arlo revint dans la pièce au moment où ma mère se penchait sur la table, s’apprêtant à lancer une nouvelle tirade contre Caiden. Elle leva les yeux vers Arlo et une expression calculatrice apparut sur son visage.
— Arlo, mon chéri, ronronna-t-elle en lui touchant le bras. Tu ne crois pas que Caiden devrait s’habiller plus convenablement pour les repas de famille ?
Arlo jeta un coup d’œil à Caiden. Il haussa les épaules.
— Comme tu veux, mon amour. Tu es la maîtresse de maison et la mère de mes fils. Si tu penses qu’il doit le faire, alors je te soutiendrai.
Il leva sa main et y déposa un baiser. Elle sourit triomphalement à Caiden.
Weston leva la tête en entendant son père, et une expression semblable de consternation traversa leurs deux visages.
— Ce n’est pas ma mère, lâcha Caiden si doucement que je n’étais pas sûr que quelqu’un d’autre que moi l’avait entendu.
Il serrait son couteau si fort que ses jointures devinrent blanches. De l’autre côté de la table, Weston se frotta le visage d’une main avant de soupirer et de prendre son téléphone, les lèvres courbées vers le bas et la misère dans le regard.
Encore une fois, le silence s’installa.
Je piquai ma fourchette dans ma nourriture puis la poussai dans mon assiette, mais je n’avais aucun appétit.
— Pourquoi es-tu là ? me lança Caiden entre ses dents alors qu’Arlo conversait avec ma mère et que Weston ignorait tout le monde, trop occupé à taper sur son téléphone d’une main pendant qu’il s’enfournait de la nourriture dans la bouche avec l’autre.
— Je suis ici pour apprendre à connaître ma mère. Pourquoi, t’as un problème ? répliquai-je en le regardant fixement.
— Oui, j’en ai un, répondit-il en baissant encore plus la voix. Je déteste la catin qui te sert de mère, et je sais que tu es exactement comme cette salope.
Je restai haletante et bouche bée.
— Tu ne sais même rien de moi. Comment oses-tu faire des suppositions ?
— J’en sais assez, dit-il d’un ton sinistre. Et je te promets, ici et maintenant, que je vais faire tout ce que je peux pour te rendre la vie infernale. Je ne vous fais pas confiance. Je ne veux pas de toi ici. Nous ne voulons pas de toi ici. Dégage, ou tu vas le regretter.
Sa menace résonna lourdement entre nous alors que j’essayais de digérer ce qu’il venait de me dire.
— Partir ? Tu crois que tu vas réussir à me faire flipper ?
— Je sais que j’en suis capable.
Il s’exprima avec une telle détermination que je sentis la rage monter en moi. Je l’accueillis afin de m’en nourrir.
— Donne-toi à fond parce que je ne compte pas bouger d’ici.
Je serrai les poings, tremblante de colère et fixant ses yeux qui s’étaient assombris pour prendre une couleur noire insondable telle un océan en pleine nuit.
— Fais attention à toi, Winter. Tu n’es pas en terrain conquis et tu ignores totalement comment cela se passe par ici.
— Des grands mots venant de quelqu’un qui compte sur l’argent de papa pour s’en sortir.
— Tu ne sais rien, cracha-t-il.
Il fit claquer sa fourchette sur la table et se leva.
— Papa, j’ai perdu l’appétit. Je t’appelle dans la semaine.
Son père leva les yeux au ciel.
— Au moins, tu as réussi à tenir quinze minutes pour ce repas-ci. Il y a de l’amélioration.
— Peu importe. Weston, tu viens.
Ce n’était pas une question.
Weston soupira et se leva.
— À bientôt, papa.
Ils ignorèrent tous les deux ma mère, mais Weston m’adressa un demi-sourire en se tournant pour quitter la table. J’essayai de lui sourire en retour.
Cette famille avait clairement des problèmes, et j’étais plongée en plein dedans. L’enquête sur la mort de mon père allait nécessiter que je m’organise très minutieusement.
Nous terminâmes le repas en silence, puis Arlo annonça qu’il allait travailler dans son bureau. Ma mère se tourna vers moi.
— Tu ferais mieux de rentrer maintenant, n’est-ce pas ? Tes cours ne commencent pas demain ?
Je supposai qu’il était temps pour moi de partir. Je hochai la tête en gardant à l’esprit mon objectif ultime. Je devais garder la confiance de ma mère.
— Oui, tu as raison. On peut se voir le week-end prochain ?
Ma mère se pinça les lèvres.
— Non, le week-end prochain ce ne sera pas possible. Je vais demander à Arlo de parler aux garçons et de coordonner nos emplois du temps.
Elle se leva et traversa l’embrasure de la porte puis me jeta un regard impatient.
— Allan va te raccompagner. C’était… sympathique de se retrouver.
Elle quitta la pièce, et Allan jeta un coup d’œil par la porte.
— Mlle Huntington ? J’ai votre manteau.
— Merci.
Je lui souris et il m’adressa un franc sourire en retour. C’était bien le premier de la soirée.
Je perdis le sourire lorsque je fis le tour de ma voiture vers la place conducteur. Sous les douces lumières extérieures, je pouvais clairement distinguer les mots qui avaient été rayés sur ma portière dans des rainures profondes et furieuses.
Salope.
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