Berserkers - Tome 1: Le loup, l’ours et la sorcière (French Edition)
Chapitre 1
— Allez, viens, je suis sûre que l’on va bien s’amuser !
Aria tordit sa bouche. Une moue pour moitié dubitative, moitié contrariée.
— Écoute, Angela, tu sais que ce n’est pas mon truc tous ces « team
building » et compagnie…
— Je sais, je sais, mais là, ce sera différent : tu sais que je n’ai pas le droit
de divulguer ça à qui que ce soit mais… Tu es ma meilleure amie, Ary. Ce qu’ils ont prévu, c’est de la bombe. C’est un truc original, en pleine nature. Pas question de se retrouver dans ces hôtels impersonnels à bavasser pendant des heures ! Là, c’est la Nature avec un grand N, l’air pur, un décor à te couper le souffle, des…
— OK, OK, abdiqua Aria. J’ai saisi le message.
Angela trépignait sur sa chaise, ses doigts aux longs ongles laqués d’un rouge vermeil pianotant sur la petite table. Aria saisit son gobelet et porta la paille à sa bouche pour aspirer une grande gorgée de soda. Elle prit tout son temps pour avaler le contenu, jubilant de voir son amie au comble de l’impatience. Rien que de penser à ces trois jours passés entre collègues avec qui elle n’avait absolument rien en commun lui donnait envie de hurler.
— Aria…
Cette dernière interpellée leva la main.
— Je vais y réfléchir. C’est tout ce que tu auras pour le moment : la
promesse que je vais y penser.
Sur ressort, Angela bondit sur ses pieds et passa au-dessus de leur petite table pour la prendre dans ses bras.
— Tu vas voir, je suis sûre que tu ne le regretteras pas. On va s’amuser
comme des folles ! Et puis comme ça, tu te rendras compte qu’il n’y a
pas que ton laboratoire dans cet immeuble mais plein d’autres personnes qui y vivent. Qui existent…
— Je n’ai pas dit oui, Angie ! se débattit Aria entre les bras de son amie,
regardant autour d’elle les autres consommateurs qui leur jetaient des coups d’œil amusés pour la plupart.
Mais Angela fit mine d’ignorer cette dernière remarque et se rassit avant de regarder l’écran de son portable.
— Oh, bon sang, on est déjà en retard, ma chérie !
Elle saisit son sac et se leva précipitamment mais avec toute cette grâce qu’elle portait comme une seconde peau et qui sublimait chacun de ses gestes. Aria la regarda déplier son corps svelte et élancé avec envie et plaisir : depuis son mètre quatre-vingts tout en finesse et en élégance, Angela attirait, où qu’elle soit, tous les regards.
Grande et athlétique, une épaisse chevelure brune et bouclée, la peau gorgée de soleil, héritage de ses ancêtres hawaïens, Angela était une beauté qui attirait l’œil : celui des hommes, par son « sex-appeal » débordant, comme celui des femmes, séduites par son naturel encourageant. Sa présence ne laissait jamais indifférente et ses gestes amples, sa démarche assurée défendaient tout désintérêt.
Quant à Aria, ce fut avec un sourire crispé et le rouge aux joues qu’elle empoigna ses affaires et suivit son amie avec plus de discrétion, refusant d’initier contre sa volonté une comparaison humiliante.
Elle se faufila dans son sillage, comme toujours, et se retrouva sous le porche de leur petite cafétéria attitrée qui tenait lieu et place en face de l’immeuble où elles travaillaient. Elles grimacèrent de concert. Une pluie drue et froide s’était mise à tomber pendant leur pause déjeuner et il allait leur falloir courir pour tenter d’être le moins mouillées possible. Le regard d’Aria tomba un instant sur ses pieds : chaussée d’escarpins à talons, l’épreuve allait être de taille.
— Prête, chérie ? lui demanda Angela, les yeux remplis de cette joie
inaltérable.
— A-t-on le choix ? répondit Aria avec tout le calme possible.
Angela finit par éclater de rire et se lança sur la chaussée, traversant l’avenue qui les séparait du building d’Emerson’s Company en courant.
La pluie était si forte qu’une épaisse couche d’eau recouvrait le bitume.
Jetant à nouveau un regard sur ses jolies chaussures, Aria prit la décision de leur épargner ce déluge. D’un mouvement leste, elle se déchaussa et serra alors contre elle ses escarpins et son sac avant de prendre une grande respiration et s’élancer sous les chutes d’eau à la suite de son amie.
La pluie était froide et la sensation du bitume encore chaud du soleil de ces derniers jours qui s’y mêlait était fascinante.
Depuis combien de temps n’avait-elle pas marché comme ça, les pieds nus ? Enfant, elle aimait tant fouler l’herbe des jardins de la propriété de ses parents. Rosewood avait été un havre de paix et de bonheur jusqu’à ce que ses études, puis le début de sa carrière, dans l’entreprise de David Emerson, l’entraînent en plein centre de Toronto. Souvent, elle rêvait à ces forêts sans fin, aux sous-bois denses et mystérieux, aux parfums uniques et entêtants. Combien de fois était-elle partie en randonnée avec son père ? Elle se revoyait encore, ses petites mains gelées tendues devant le poêle poussiéreux d’un abri de chasse perdu en plein cœur sylvestre. Mais ses souvenirs les plus merveilleux prenaient place lors de la saison chaude lorsque, allongés à même le sol dans leurs sacs de couchage, le cœur de la nuit inondait leurs regards de ses myriades d’étoiles alors qu’elle se pelotonnait contre celui qui, avec passion, lui racontait le monde.
Aria s’était accommodée à la vie citadine mais elle n’en retirait aucune joie, à l’opposé de son amie Angela qui évoluait dans leur microcosme avec un plaisir évident et une facilité que la jeune femme lui enviait.
En fait, Aria se demandait régulièrement ce qui avait bien pu fusionner entre elles à ce point différentes. Pourtant, depuis leur rencontre lors d’un stage qu’Aria avait décroché dans la prestigieuse entreprise où Angela travaillait déjà au service des ressources humaines, le déclic avait été immédiat et sans discussion. À l’issue de ce stage, Aria s’était vu offrir un poste au service développement, opportunité qu’elle n’aurait pu espérer tant ce genre de situation n’arrivait que très rarement. D’ailleurs, les premières semaines, elle avait été si dubitative qu’elle en avait presque harcelé son amie en la suspectant d’être partie prenante dans cette offre inespérée. Angela avait réfuté toute implication, et ce, jusqu’à ce qu’elles se querellent sur ce point, sans grande conséquence, heureusement. Force avait été à Aria de constater que seuls son travail pertinent et son sérieux avaient été les instigateurs de son succès.
Depuis plusieurs mois, elle faisait donc partie de l’équipe « recherche et développement » dans le domaine des énergies renouvelables, fer de lance d’Emerson’s Company.
Trempées mais riant comme des enfants, les deux jeunes femmes poussèrent les lourdes portes de verre et pénétrèrent en trombe dans le grand hall épuré sous l’œil amusé d’Alex, le réceptionniste. — Vous êtes dans un bel état, s’esclaffa-t-il en se levant pour aller à leur
rencontre. Donnez-moi vos sacs et filez aux toilettes vous sécher un peu !
Angela et Aria se regardèrent, complices, et embrassèrent chacune une des joues rebondies d’un Alex rougissant, le baptisant de leurs cheveux humides et dégoulinants d’eau froide. Puis elles s’enfuirent comme des voleuses, en laissant flotter derrière elles une petite pluie de rires cristallins. — Vous n’êtes que deux chipies ! leur adressa le réceptionniste en riant à
son tour.
Aria entra dans le laboratoire qu’elle partageait avec d’autres chercheurs sous l’œil courroucé de Beth Adams, la responsable de secteur.
Aria fila vers le vestiaire, penaude, où elle déposa son trench-coat encore humide et son sac pour enfiler la blouse bleu pâle de rigueur dans le laboratoire.
— Vous êtes en retard, ne put s’empêcher de lui faire remarquer Beth. — Oui, je suis désolée, répondit instinctivement Aria en se morigénant
deux secondes plus tard.
Lorsque la jeune femme avait accepté ce poste chez Emerson’s Company, il avait été clairement établi que les horaires n’étaient pas définis dans l’entreprise : David Emerson avait opté pour la théorie qu’un employé qui se sentait libre de travailler au rythme qui lui convenait arrivait à fournir non seulement un travail plus conséquent mais de meilleure qualité puisqu’il n’avait pas à souffrir de remontrances. Le concept donc de « retard » chez Beth était en fait tout à fait en décalage mais Aria n’avait pas encore trouvé le cran de le lui faire remarquer. — Un mémo est arrivé pendant votre pause déjeuner. Je l’ai déposé sur le
bureau.
Tout en s’adressant à la jeune femme, Beth s’était penché à nouveau sur l’écran de son ordinateur.
— Il contient des éléments importants, crut bon de rajouter la rabat-joie
sans lui faire aumône d’un regard.
— Je vais le lire tout de suite, l’informa Aria en serrant les poings.
Mais pourquoi n’arrivait-elle pas à s’affirmer ? « Bien, j’en prendrai connaissance. », voilà ce qu’elle aurait dû lui rétorquer d’un air hautain voire condescendant.
La jeune femme se détournait pour aller vers ledit bureau lorsque Beth la rappela.
— Ah, et tant que j’y pense, Aria, David a demandé à vous voir, l’informa-
t-elle avec hauteur.
— Ah oui ? bredouilla Aria. Bien, merci.
— Aujourd’hui, rajouta Beth, excédée.
Aria afficha un grand sourire gêné et essuya la paume de ses mains sur sa blouse de façon toute machinale.
— Alors, j’y vais, dit-elle avant de partir d’un pas rapide. — C’est ça… maugréa Beth en levant les yeux au ciel.
Les bureaux de la direction, dont celui de David Emerson, se trouvaient dans les étages supérieurs et Aria profita de l’attente dans l’ascenseur pour réajuster sa tenue et sa coiffure.
Lorsque les portes s’ouvrirent, elle fut directement en face du bureau de Suzan, en pleine conversation téléphonique. Aria s’approcha lentement : ses escarpins s’enfonçaient dans les tapis épais et moelleux. Suzan leva la main et agita ses doigts. Un message en découlait et Aria subodora qu’elle devait patienter.
— Moorehead ? Aria Moorehead, c’est ça ? demanda finalement la
secrétaire d’Emerson en la fixant d’un regard acéré.
— Oui, souffla la jeune femme.
Suzan se détourna légèrement et appuya sur l’oreillette qui ne la quittait, semble-t-il, jamais. « À croire qu’ils la lui ont greffée lorsqu’elle a pris ses fonctions… » pensa avec un trait d’humour Aria pour chasser sa nervosité. Car si David Emerson était peut-être l’un de ces nouveaux chefs d’entreprise qui prenaient très à cœur de s’investir dans un management moderne et innovant, il n’en restait pas moins un patron. Et lorsque l’on était « convoqué »… Il n’y avait pas véritablement beaucoup d’alternatives à espérer.
— David ? Mademoiselle Moorehead est ici, informa-t-elle. Hum, hum…
Je la fais entrer.
Puis d’un geste vif, elle tendit son bras, index en avant vers la double porte massive. Aria se mit en mouvement, dépassa le bureau mais à peine se retourna-t-elle pour être certaine qu’elle ne commettait pas d’impair, que Suzan était de nouveau en conversation téléphonique.
Aria frappa trois coups.
— Entrez, entrez !
Aria pénétra dans la vaste pièce qui était sûrement plus grande que son propre appartement. La volonté d’accueil et de confort était assurée avec un coin salon composé de deux canapés et de deux grands fauteuils autour d’une table basse, une bibliothèque sur l’autre versant du mur puis, plus au fond, un immense bureau de bois et de verre derrière lequel était assis un homme qui pianotait activement sur un ordinateur portable.
David Emerson était un homme en pleine force de l’âge. Une toute petite cinquantaine qu’il portait très bien : grand, athlétique, prenant soin de lui, on pouvait dire qu’il était bel homme. Ses cheveux blonds grisonnaient à peine et son teint hâlé, qui reflétait toutes ces heures passées à l’extérieur, lui donnait une bonne mine permanente.
Lorsqu’il releva enfin les yeux, Aria se sentit toute petite. — Ah, Aria… Approchez ! commença-t-il en mimant sa demande de la
main. Asseyez-vous. Vous voulez boire quelque chose ?
Aria ouvrit la bouche pour refuser mais David Emerson avait déjà le doigt appuyé sur un bouton qui le reliait directement à Suzan. — Suzan, vous pourriez nous apporter deux cafés s’il vous plaît ? Vous seriez
un ange… Du lait, du sucre ? demanda-t-il en regardant Aria.
— Non, je…
— Bien, donc juste deux cafés. OK… Merci Suzan.
Sur ce, il se débarrassa de l’oreillette qu’il portait et la déposa précautionneusement sur son bureau avant de se lever et en faire le tour. Se positionnant juste devant Aria qu’il dominait avec un plaisir non dissimulé, il s’appuya contre le plan de travail et croisa ses bras sur sa poitrine. Il prit son temps pour la détailler, ignorant avec superbe la gêne que pouvait occasionner un tel examen. Enfin, il prit une grande inspiration et annonça fièrement :
— Notre jeune et talentueuse Aria Moorehead !
La « talentueuse » jeune femme en question esquissa un sourire crispé comme toute réponse.
— Cela fait combien de temps que vous êtes parmi nous, Aria ?
Enfin du concret depuis ce qui lui semblait être une éternité de malaise. — Après mon stage de six mois, cela fait plus de quatre mois que je
travaille au secteur « recherche et développement » sous la conduite de Beth Adams.
— Ah, cette chère Beth… Toujours aussi rabat-joie ? demanda-t-il en se
penchant vers elle pour espérer créer un lien complice.
Aria ne put s’empêcher de sourire franchement, ce coup-ci. — Beth est quelqu’un de très brillant, Mr Emerson, s’empressa d’ajouter la
jeune femme pour taire toute fanfaronnade.
— Oh mais je n’en doute pas ! J’en suis même absolument certain sinon,
elle ne serait pas à la tête de ce service chez Emerson’s Company. Et appelez-moi David, voulez-vous ?
Il lui offrit alors un sourire charmant, étudié, capable, elle en était certaine, de mettre à l’aise le plus récalcitrant. Il était difficile pour Aria de savoir exactement comment appréhender cet homme. C’était le dirigeant d’une entreprise dont le capital cotait en bourse en surfant sur le développement durable sous toutes ses formes. Il brassait des millions de dollars et asseyait chaque jour son statut dans ce fauteuil digne d’un « commander » mais qui, curieusement, tenait à être perçu comme un homme simple, abordable, plein d’humour. Cette personnalité antinomique engageait, chez Aria, une indécision profonde et pesante.
Suzan choisit ce moment pour entrer, déposant tout un service en porcelaine sur la table basse.
— Vous aurez besoin de quelque chose d’autre ? demanda la secrétaire d’un
ton pincé.
— Non, merci, Suzan, tout est parfait, répondit David Emerson sans quitter
du regard Aria.
Suzan referma la porte derrière elle et David se redressa. — Venez, Aria, allons nous installer plus confortablement.
Il l’invita à se diriger vers l’espace salon, attendit poliment qu’elle s’assît puis en fit de même, de façon à être face à elle. — Aria, j’ai une proposition à vous faire.
Sans pouvoir maîtriser le frisson glacé qui lui zébra la colonne vertébrale, Aria se raidit sur son assise et que David s’en aperçut ou non, il fit mine de rien et continua.
— Vous savez qu’il me tient toujours à cœur d’investir dans des projets
hors norme, qui permettent de nous dépasser, de découvrir de nouvelles techniques et stratégies qui serviront dans un futur proche, presque immédiat, notre chère Humanité.
— C’est effectivement le sentiment qui motive nos recherches, Mr Emer…
David, se reprit-elle devant le regard faussement courroucé de l’homme assis en face d’elle.
Sans toucher à son café, il se laissa aller sur le vaste dossier du canapé pour y étendre ses bras de chaque côté et croisa les jambes pour reprendre avec emphase.
— Et en toute humilité, nous pouvons même assurer qu’Emerson’s est l’un
des fleurons mondiaux dans la conception et l’innovation des infrastructures liées aux énergies propres et renouvelables, n’est-ce pas ?
— C’est effectivement la raison essentielle pour laquelle j’avais postulé
chez vous, confirma Aria avec une confiance qu’elle était loin d’éprouver.
Sans cesser son contact visuel, les paupières de David s’étrécirent quelque peu et il laissa planer un léger silence. — J’ai étudié votre parcours, Mademoiselle Moorehead, lâcha-t-il tout à
coup d’une voix grave. Impressionnant, à vrai dire.
Aria, qui avait tenu bon jusque-là, ne put s’empêcher de rougir en baissant les yeux.
— Des mentions à tous vos examens, sortie « major » de votre promotion,
des éloges de vos collaborateurs…
Elle redressa soudainement la tête, surprise.
— Cela vous étonne-t-il à ce point ? demanda-t-il avec un sourire espiègle
sur les lèvres.
— C’est que…
— Vous êtes discrète, cela est certain mais votre implication au sein du
département recherches et vos propositions plutôt novatrices n’ont pas été tenues dans l’ombre, savez-vous ?
Puis, laissant s’étirer sur ses lèvres un large sourire qui se voulait charmeur, il ajouta en riant :
— Mais oui, même notre Beth « rabat-joie » a su déceler en vous des
qualités méritantes et précieuses !
En une fraction de seconde, pourtant, il se redressa et avança son buste vers Aria, plongeant son regard dans le sien, d’une façon qu’elle trouva subitement dérangeante.
— Qualités qu’il serait… criminel de laisser en jachère, énonça-t-il d’une
voix grave et inquiétante.
Aria, qui avait été surprise de son approche soudaine, s’était légèrement reculée dans son fauteuil et déglutit péniblement tout en esquissant un sourire timide. La façon dont David Emerson la fixait la mettait dans une situation très inconfortable.
— Vous ne me demandez pas à quelle sauce je compte vous manger ?
demanda-t-il toujours plus effrayant.
— Mais si, bien sûr, exhala la jeune femme dans un rire forcé qu’elle jeta
comme un paravent devant la gêne qu’elle ressentait.
— Eh bien, voyez-vous, reprit-il en se rasseyant avec indolence, j’ai
l’intention de créer le premier village auto-producteur qui sera capable de générer durablement ses propres ressources énergétiques et renouveler ses déchets afin d’arriver à un impact zéro sur le milieu naturel environnant.
Hébétée, le cerveau d’Aria bouillonnait en assimilant de telles informations.
— C’est… c’est un projet des plus ambitieux ! ne put-elle s’empêcher de
lâcher.
David laissa, quant à lui, échapper un rire sonore devant une telle marque de franchise. Aria rougit en mettant sa main devant sa bouche puis se reprit. — C’est effectivement un projet réellement excitant et surtout, ce serait le
premier du genre, avoua-t-elle.
— C’est vrai ! Ça tombe bien que vous pensiez cela car je voudrais vous
nommer chef de ce projet. Je suis certain que vous saurez être celle que j’attends, celle que nous attendons tous.
— Je ne sais quoi dire, bredouilla la jeune femme. C’est une très grande
responsabilité et je suis extrêmement honorée mais…
— Vous allez nous éblouir, Aria, combler toutes nos attentes, la coupa-t-il en posant sur elle un regard soudainement ardent. Vous m’en voyez absolument persuadé.
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