Berserkers - Tome 1: Le loup, l’ours et la sorcière (French Edition)
Chapitre 7
— Que s’est-il passé bon sang ? explosa avec hargne David en pénétrant
dans son bureau et après avoir pris le soin d’en refermer la porte.
Harry, assis sur le bord d’un des canapés, fixait un point sur le tapis sous ses pieds. Il ne daigna même pas relever la tête pour répondre. Les nombreuses tuméfactions sur son corps et le goût du sang encore trop présent dans sa bouche excitaient suffisamment l’amertume de sa retraite lors de l’affrontement et il n’avait certainement pas besoin d’un sermon supplémentaire.
Il était un ours, à la fin, l’un des plus forts de son clan ! Oui, si fort que c’était lui qui avait remporté leurs luttes internes et prétendait, aujourd’hui, à devenir le plus puissant de tous. Quel que fût son adversaire, il n’aurait jamais dû avoir à reculer. Surtout devant…
— Un putain de loup. Voilà ce qu’il s’est passé, cracha-t-il. Juste un putain
de loup !
— Sûrement pas le Protecteur, émit David en reniflant avec dédain. — Et pourquoi pas ? demanda Harry en se tournant vers son patron sans
qu’il n’ait eu le temps de justifier quoi que ce soit.
David le toisa avec suffisance.
— Parce que tu ne serais certainement plus là pour en parler, crétin !
Dans un élan aussi rapide qu’efficace, Harry se mit debout et l’instant d’après saisissait dans son poing le haut du col de David, le soulevant suffisamment du sol pour que l’autre sente ses pieds battre le vide.
Il n’avait rien à prouver à personne et surtout pas à ce pantin-là, qui le regardait de haut depuis bien trop longtemps.
Le souffle altéré, le visage rougi de colère, il se rapprocha dangereusement de celui qu’il tenait sous son emprise. — Vous devriez tout de même faire attention, David, le menaça-t-il en
laissant sourdre un grondement caverneux. Car d’entre nous deux, je ne
suis pas certain que vous fassiez le moindre poids.
Avec lenteur, il resserra ses doigts sur le tissu qui jugula l’arrivée d’air dans les poumons de David.
— Vous, les humains, êtes si fragiles… reprit-il en ricanant méchamment.
Suffoquant, l’homme à sa merci resta étonnamment maître de lui et le regard d’Harry cilla face à celui qui lui faisait face : un calme et une froideur qui n’annonçait rien de bon.
Harry commença à sentir sa propre gorge se serrer inextricablement et il n’eut bientôt plus d’autre choix que de lâcher sa proie pour tenter de dégager vainement sa trachée de l’étau invisible.
Enfin libéré, David passa juste son index dans le col de sa chemise pour l’arrondir et lui redonner sa forme d’origine avant de faire quelques pas vers le petit bar mobile dont il sortit une bouteille de scotch pour s’en servir une bonne rasade, ignorant délibérément son acolyte tombé à genoux tant l’air commençait à lui manquer.
— Ah, les ours… Un tempérament si assuré, trop impulsif et colérique. Il
n’est pas étonnant que vous vous soyez toujours rangés du côté des sorcières en fin de compte, car il y a longtemps que votre espèce aurait disparu sinon. Finalement, si on regarde bien, que ce soit contre la magie ou bien même contre les loups, c’est vous qui ne faites jamais le poids.
Tournant toujours le dos à ce partenaire infortuné, il avala une belle gorgée d’alcool et accepta le frisson qui lui vrilla le corps. Puis lentement, il fit demi-tour et s’approcha d’Harry pour s’accroupir à sa hauteur. — Oui, très cher, je suis un humain mais vous avez tendance à négliger un
tout petit détail qui, somme toute, possède son importance.
Un sourire carnassier débordant des lèvres, David psalmodia quelques mots dans une langue inintelligible et Harry se sentit submergé par une pointe acérée qui lui transperça le cerveau.
— Vous oubliez à qui vous avez à faire.
Il fixa toute son attention sur le visage qui devenait cramoisi seconde après seconde de celui qui l’avait défié et attendit l’instant in extremis pour faire cesser toute emprise. Harry tomba alors face au sol et toussa plusieurs minutes avant d’afficher de nouveau figure humaine. Lorsqu’il se releva enfin, il découvrit David installé confortablement dans le canapé le plus éloigné, amusé à contempler le liquide ambré tourner dans le verre qu’il agitait nonchalamment.
— Et si vous me racontiez enfin ce qui s’est passé, entendit-il lui demander
avec calme, comme si leur altercation n’avait jamais eu lieu.
La douleur du sort l’avait peut-être terrassé quelques instants et la suffocation lui avait peut-être fait rendre gorge mais cela n’avait certainement pas raisonné sa colère : depuis des millénaires, les tribus des ours s’étaient associées aux sorcières pour restaurer leur pouvoir conséquent et espérer renverser la gouvernance des loups. Et ce qui avait été une alliance par le passé s’était mué en une servitude des ours pour les magiciennes sans que jamais ils ne parviennent à leurs fins. Leurs manœuvres, leurs attaques se révélaient toujours insuffisantes face à la puissance des loups et surtout face aux Protecteurs, ces guerriers berserkers touchés par la grâce même d’Odin. Rares, ils possédaient une force phénoménale insufflée des dieux et que ces derniers appelaient « fureur ». Entre folie et bravoure, magnificence et destruction, ces êtres, mi-hommes, mi-loups, aussi vénérés que craints, maintenaient l’ordre depuis des siècles sur la planète. Et à la solde de leurs clans respectifs, ils le faisaient en toute impunité.
Harry étudia un instant son interlocuteur avec dégoût, sa suffisance évidente et cette arrogance qu’il avait envie de lui enfoncer jusqu’à… Il bloqua sa respiration quelques secondes pour s’obliger à garder le contrôle : les loups régnaient en maîtres et Harry se retrouvait, une fois de plus, à devoir ravaler une nouvelle humiliation.
Qui était David Emerson, finalement ? Rien de plus, rien de moins qu’un homme dont le destin avait juste croisé le chemin d’une des femmes les plus puissantes sur cette terre : Elbereth. Thaumaturge régnante sur le peuple des sorcières, elle avait adopté ce petit garçon des années auparavant, élevant ce dernier dans le culte de sa propre personnalité, l’abreuvant de divinations occultes et de promesses enchanteresses. Et fort de quelques sorts dont elle lui avait fait l’aumône, il s’assurait aujourd’hui de provoquer les mêmes déférence et crainte que sa « mère » recevait sans conteste.
Quitte à se faire passer pour un véritable abruti. — Allez, Harry, cesse de bouder et viens t’asseoir, insista David en se
penchant vers la table basse pour remplir un deuxième verre.
Rongeant son frein, ce dernier s’exécuta et saisit brutalement l’offrande qu’il avala d’un seul trait sous le regard aussi surpris qu’amusé de son patron.
— Ce qui a merdé dans cette histoire c’était simplement la présence de ce
loup qui n’était pas prévue, raconta Harry. Tout se passait parfaitement bien et j’étais presque arrivé au point de rendez-vous. Même Christina, la pauvre gourde, m’a offert plus que je n’en aurais demandé.
Sans attendre d’y être invité, il se servit un nouveau verre qu’il avala tout comme le premier avant de reprendre la parole. — Et quoi que vous pensiez, la taille de ce loup était anormalement
démesurée pour que ce ne soit pas le Protecteur. Même si je lui en ai fait voir de toutes les couleurs à ce chien !
— Pourquoi n’a-t-il pas laissé la « fureur » exploser, alors ? demanda David
avec logique.
— Je ne vois qu’une réponse : à cause de la fille.
Loin d’exciter sa rage, la réponse d’Harry fit sourire David avec joie. — Je ne vois pas ce qu’il y a d’aussi réjouissant, constata Harry avec fiel. — Au contraire, l’ami, dit David en se levant pour se diriger vers son
bureau.
Tout en fouillant dans un dossier, dont il éparpilla les feuilles, il continua d’informer son collaborateur.
— C’est que nous l’avons trouvée. C’est elle, c’est certain. — Elle serait déjà capable de tant de prouesses ? demanda l’autre soudain
appâté.
David s’immobilisa une seconde et lui lança un regard à la fois condescendant et entendu.
— C’est justement parce qu’elle est incapable de faire quoi que ce soit et
que c’est une brindille trop fragile qu’il a réfréné son pouvoir : il a assurément eu peur de perdre le contrôle. Mais il a senti qui elle est et cela change la donne.
— C’est-à-dire ?
Mais comme il n’obtenait aucune réponse, Harry s’avança et posa à plat ses deux mains sur le bureau : il n’endurerait pas cette situation, ne musellerait plus sa fougue et son impatience si les cartes venaient à être redistribuées.
— Dois-je comprendre que vous comptez renégocier les termes de notre
contrat ? interrogea-t-il d’un ton menaçant en obligeant David à le
regarder. Parce que je vous préviens, s’il y a bien une clause qui ne sera pas altérée c’est bien celle-là : la fille est à moi !
Mais David, loin d’être affecté, lui répondit simplement. — Sur le fond, il n’y a aucune raison que cela change. Ce qui a été convenu
le restera : un accord est un accord, Harry. La forme, en revanche, va devoir être redéfinie car maintenant, une nouvelle alternative s’offre à nous.
— Ah oui ? Laquelle ? demanda l’autre, toujours aussi méfiant.
David sembla ignorer la réflexion mais lorsqu’il saisit enfin le feuillet recherché, il le brandit devant lui et se laissa retomber dans son fauteuil.
« Tout l’art d’une belle manœuvre consiste en une bonne maîtrise du “timing” et des acteurs en scène », pensa-t-il. Et s’il arrivait à orchestrer correctement son plan, il effacerait d’un revers les dernières étapes avant son intronisation.
Non seulement Elbereth serait fière de lui mais elle ne pourrait plus repousser plus avant ce qu’elle lui avait promis depuis toujours : il allait devenir le premier humain mâle à être investi des pouvoirs des sorcières, mais surtout à en assumer la plus haute des charges. Ne lui avait-elle pas, elle-même, donné le prénom d’un des plus illustres rois de toute l’Humanité et en cela, l’avait prédestiné à un avenir éminent et glorieux ?
Enchanteur suprême.
David se prit à sourire : cela sonnait très bien à ses oreilles. — Est-ce qu’il ne serait pas délicieux, finit-il par dire encore plongé dans
ses pensées victorieuses, faisant d’une pierre deux coups, de nous attacher l’un pour nous débarrasser de l’autre ?
Le regard d’Harry s’étrécit quelque peu mais il sembla suivre avec assez de vivacité sans qu’on eût besoin d’être plus explicite, les intentions de son patron.
Le coin de sa bouche s’étira mais son sourire s’apparenta plus à un rictus : peu lui avait importé, au départ, le sort réservé au Protecteur du moment que celle qui allait devenir la protégée d’Elbereth devint sienne comme convenu, scellant pour lui la fin de l’esclavage des ours et le début d’une réelle alliance, asseyant irrévocablement son pouvoir sur tous ceux de son clan. Mais aujourd’hui, les choses avaient changé : l’affrontement qu’ils avaient eu, lui et le loup, l’avait ébranlé et s’il n’avait pas reçu la raclée qu’il aurait dû si le berserker avait laissé parler sa fureur, son adversaire avait été coriace. Et finalement vainqueur puisque Harry avait dû battre en retraite : ce qui s’apparentait à une défaite, ni plus, ni moins.
Le Protecteur allait non seulement devoir payer et il ferait tout pour s’en assurer mais il était surtout hors de question qu’il pose une de ses sales pattes sur celle qui serait son laissez-passer pour un monde meilleur.
David avait attendu le départ d’Harry qui n’avait pas tardé puis s’était décidé à s’éclipser lui-même de chez Emerson’s. Il ne pouvait plus attendre et devait faire part de ses découvertes et ambitions à la seule personne qui comptât réellement dans toute cette histoire.
Arrivé à la réception, il se dirigea vers Alex qui se leva et le salua. — Comment vont votre femme et vos enfants, Alex ? demanda-t-il avec plus
d’entrain que d’habitude tout en enfilant son manteau léger.
— Bien, très bien, monsieur, répondit respectueusement le réceptionniste.
Merci. Voulez-vous que j’appelle un chauffeur ?
— Non, non. Ne vous inquiétez pas, l’avait-il remercié de son affabilité
doucereuse, je vais prendre l’un des véhicules de la société. J’ai envie de me promener un peu ce soir.
Le réceptionniste avait décroché un trousseau dont il était en garde et l’avait tendu à son patron.
— Il est tard, non ? avait demandé David.
— Pas loin de vingt et une heures, en effet, lui indiqua Alex sans avoir à
consulter ni sa montre ni la somptueuse et imposante clepsydre qui accueillait chacun à son entrée dans le hall de l’entreprise.
Levant le né en l’air, David se sentait plus en joie que jamais puis, regardant vers l’extérieur le ciel noirci de la nuit, il commenta : — Vous devriez rentrer, Alex.
— Mais, monsieur…
— Écoutez, je suis le dernier et je ne crois pas que qui que ce soit ne
reviendra ce soir, lui assura un David magnanime. Fermez la boutique et pour une fois, rentrez plus tôt chez vous. Au pire, ce sont de grands enfants et ils ont leur pass.
Puis, tout en feignant de refuser l’offrande des remerciements de son réceptionniste, il sortit, grand seigneur, de l’immeuble tout scintillant des néons de la ville.
Quelques minutes plus tard, il se garait dans une petite rue adjacente à High Park et termina le chemin à pied pour pénétrer dans l’oasis de verdure.
Il savait qu’elle saurait le trouver ici et à peine s’était-il enfoncé plus avant qu’un tourbillon vint lui fouetter le visage, virevoltant autour de lui en jouant avec les pans de son manteau, le poussant insidieusement vers l’endroit de leur rendez-vous.
Bientôt, il aperçut un petit kiosque aux armatures blanches et dentelées qui abritait de ses bras fantomatiques une silhouette qui se tenait debout, droite sous l’épais brocard qui la recouvrait de pied en cape.
Sautant les quelques marches, il arriva vite à sa hauteur mais fronça les sourcils lorsque son interlocutrice lui fit face.
— C’est Elbereth que je veux voir, maugréa-t-il sans plus de politesse.
La jeune femme devant lui lui offrit pourtant un visage à l’oval parfait, imperturbable et lissé sur un sourire fin. D’une beauté exceptionnelle, la plus proche sorcière de la reine s’avança d’un pas et ferma ses paupières sur ses yeux d’opale lorsqu’elle salua celui qu’elle était venue rencontrer, en signe de profond respect. Lorsqu’elle les rouvrit, elle les planta froidement dans le regard courroucé de David.
— L’Enchanteresse n’a pas pu se déplacer elle-même, un fait d’importance
requérant sa présence, l’excusa la femme d’une voix atone.
David souffla brièvement du nez dans un rire rempli de sarcasme. — Bien évidemment, admit-il avec fausseté.
Elbereth avait toujours le don de s’annoncer lorsque le moment n’était pas opportun mais ne daignait que rarement répondre à ses propres sollicitations. N’était-elle pas la reine, après tout ? Son statut lui conférait tous les pouvoirs, l’excusait de toutes ses lubies, lui permettait de fixer ses propres règles. C’était son jeu et quoi qu’il n’espère, David en était un pion, comme tous les autres.
— Eh bien, il me semble que vous aurez donc à charge de lui transmettre ce
message.
— Et ce sera un honneur, assura la magicienne da sa voix fluette et
condescendante.
David raconta les derniers évènements, posa ses certitudes quant aux origines de la jeune fille qui s’était retrouvée mêlée aux échauffourées et finit par tendre la feuille qu’il avait sortie du dossier un peu plus tôt. — Et je pense savoir qui est le Protecteur.
— Voilà de belles avancées, semble-t-il… infirma la magicienne en
parcourant rapidement le document. Mais, si comme vous le supposez, le berserker de la Royauté a détecté l’héritière, les choses vont se compliquer.
— Pas si nous sommes assez malins et assez rapides pour nous servir de
l’un contre l’autre.
La jeune fille émit un imperceptible sourire d’une froideur glaçante puis se détourna légèrement en repliant le feuillet qu’elle glissa dans l’intérieur de sa cape.
— Vous ne devez pas sous-estimer le Protecteur, énonça-t-elle avec dans sa
voix assez de dédain qui agit sur David comme une gifle.
Bien qu’elle lui tourna légèrement le dos, il la fusilla du regard. — Et je vous interdis de « me » sous-estimer, cracha-t-il avec tant de
menace qu’elle fit volte-face et l’inonda de ses iris limpides.
Sous ses airs majestueux et ses gestes graciles, sa beauté hypnotique, sa finesse d’esprit et l’étendue de sa sorcellerie, Siléanne était l’archétype du néant : c’était une coquille vide, sans sentiment, sans émotion mais dotée d’une ambition dévorante.
Leurs corps tendus l’un vers l’autre, prêts à un affrontement, ils s’engagèrent dans un tête-à-tête silencieux et bientôt des bourrasques vinrent frapper la végétation qui les entourait, agitant brutalement les branches qui claquèrent comme des coups de fouet, malmenant la structure du kiosque qui pleura en grinçant.
Et comme les pans du manteau de David lui battaient les flancs avec ferveur, la cape de Siléanne, soudain, s’envola derrière elle et sa robe de voiles se plaqua si violemment contre son corps, dévoilant par-là même la perfection de ses galbes, qu’elle en fut déséquilibrée.
Et aussi prompt s’était-il levé que le vent disparu : pendant quelques instants encore ils gardèrent le contact visuel mais sans montrer aucun signe de dépit ou de colère, David la sentit désarmer.
Siléanne avait choisi d’abandonner la partie et il la vit courber légèrement la nuque avec déférence avant de s’évaporer, laissant derrière elle, un effluve caractéristique : un mélange de glace polaire et de bois brûlé.
Immobile encore un petit moment, le temps que sa respiration retrouve son calme, David réfléchit à ce qui venait de se passer.
Sans remettre en cause sa loyauté qui semblait infaillible, Siléanne avait-elle pour mission de le tester ou s’amusait-elle à le défier ?
Dans tous les cas, elle serait assurément le premier sujet à traiter lorsqu’Elbereth lui léguerait les rênes. Et quoi qu’il puisse advenir, il savait déjà à l’avance que seuls deux choix s’offriraient à lui : soit il l’expédierait vers le trépas le plus définitif, soit il en ferait sa seconde peau, son âme pourpre.
Secouant la tête de droite à gauche pour se sortir de ce marasme, David se ressaisit. Il avait déjà un autre chien à fouetter avant de pouvoir embrasser toutes ces alléchantes perspectives et celui-là était de taille : à la première heure dès demain, il devrait attirer l’abeille avec le meilleur et le plus irrésistible des miels.
Et cette douceur se nommait Aria.
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