Boires et déboires d’une déchicaneuse
Diane s’offre une prime
En fin d’après-midi, tout le monde est débarqué, même Dominique, qui avait contre toute espérance – la mienne, du moins – réussi à finir sa journée plus tôt. Les mains vides, au grand désarroi de Charlotte, qui lui avait demandé d’apporter une bouteille de vin.
— Au moins une baguette, christi, Doum, je te le dis chaque fois, t’as pas d’allure, t’es comme un enfant! On débarque pas chez le monde les mains vides. T’es tellement, tellement… sais-tu, je pense que nous deux, c’est fini.
— À cause d’une baguette?
— À cause de l’absence d’une baguette. C’est juste un symptôme du reste, Doum, je peux pus. Je mérite mieux. Tu peux souper avec nous autres aujourd’hui, vu que t’es déjà là, mais après, tu sors de ma vie pour toujours, OK? Tu pars, tu fais pas d’histoires, tu vides l’appartement, tu fais un beau ménage, tu laves même les planchers, pis après tu pars dans ta nouvelle vie, avec une nouvelle blonde, pis t’es heureux, pis moi aussi. On peut rester des amis, mais c’est pas obligé. Moi aussi, je vais me trouver un autre chum, ma mère veut être grand-mère, en plus, pis j’suis pas sûre qu’on ferait des bons enfants ensemble, ta génétique est pas super, tu comprends…
— Oui, Charlotte, je comprends. Faisons ça.
Myriam l’éditrice – Coupez! In your dreams, Diane. T’as pas le droit de toucher au manuscrit.
Diane – Ce serait mieux comme ça, pis ça change quasiment rien à l’histoire.
Myriam l’éditrice – Ça sonne secondaire deux pis c’est complètement invraisemblable.
Charlotte – J’suis un peu d’accord. Diane – Mais Marie-Renée était d’accord pour le faire sortir. Marie-Renée – J’suis là, Diane, c’est pas vrai. Diane – Mer-de.
Myriam l’éditrice – On reprend!
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