Brioche

Caroline Vié · Chapitre 1 sur 6

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Brioche

Exergue

« Je ne crois pas aux amours désespérées

qu’on vit solitairement. »

 

Marguerite DURAS

 

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Je ne peux plus dire ton nom. (…) Ne le prends pas mal : ces parenthèses sont pour ta protection. Ne les considère pas comme une insulte. Elles sont comme une étreinte qui t’entoure, la caresse parfaite, l’hommage ultime de quelqu’un dont le métier est d’écrire des noms. Imagine qu’elles sont le câlin que je ne te ferai plus, comme mon bras autour de tes épaules. Beaucoup d’espace de chaque côté pour que tu ne te sentes pas étouffé. Je ne veux pas t’effrayer. Tu es si vite effarouché. Tout le monde a ses limites. Les miennes sont ces parenthèses. Un jour, les syllabes de ton nom m’ont fait si mal qu’elles n’ont plus passé mes lèvres. Elles étaient coincées tout à l’intérieur, agrippées avec de petites griffes, tatouées dans le dedans de moi. Impossible de les en sortir, plus j’essayais, plus cela me rentrait dans la chair.

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