Brioche
Chapitre 5
Sur mon bureau, j’avais un petit chameau en cuir, à moins que ce ne soit un dromadaire. À ma patère, une djellaba de prix, plutôt jolie. Dans mon tiroir, des gadgets promotionnels dépourvus de mystère. Mon copain coréen avait coulé à pic dans le canal de l’Ourcq. Ma bouteille de Coca était vide. J’avais refermé le bushi-dodo en me pinçant les doigts. J’ai recommencé à voir des stars qui ne me faisaient ni chaud ni froid. Comme Bruce Willis dans Le Sixième Sens, j’étais morte sans m’en apercevoir. À sa différence, je continuais à rendre des services, à vider le lave-linge et à parler à Dany Boon. Ceux qui avaient le pouvoir de me voir me disaient que j’allais mieux. « Tu vas mieux », me déclaraient-ils. Et c’était sans doute vrai. Cela voulait dire que, de plus en plus, je leur ressemblais et qu’ils considéraient que c’était un progrès. J’avais l’air de quelqu’un qui a toujours chanté faux, mais je m’appliquais.
Cela n’a pas duré. Quand j’ai vu les manchettes des journaux avec le train éventré et les corps ensanglantés, comme les autres, j’ai été secouée. Choquée. Ces gens n’avaient rien demandé et ils étaient là, couchés dans les gravats. Ils ne s’étaient rendu compte de rien, suivant leur petit bonhomme de chemin de fer au son du « tonk-tonk-tonk » des wagonnets, la pensée vagabonde, le journal à la main. Ils devaient avoir l’esprit bourré de signes de ponctuation : exclamation, interrogation, peut-être même les parenthèses de ce qu’on n’aura jamais. Ils n’avaient rien vu venir. C’était un matin comme tous les matins. J’ai regardé des bouts de corps, des amas de ferraille et mon cœur s’est gonflé d’indignation, d’une fureur blanche et soudaine qui m’a prise par surprise. La haine m’était revenue devant ce carnage si injuste, si profondément injuste. En contemplant ces messieurs dames et vous aussi les petits qui ne pourrez plus jamais voir de comédies sentimentales, qui ne caresserez plus jamais de chats, qui n’entendrez plus d’oiseau chanter, un sentiment dont je ne me croyais pas capable m’a submergée. Un raz-de-marée. Assez de cette ridicule appellation de tsunami ! Devant cette boucherie immonde d’inconscients collectifs, c’est bel et bien de l’envie que j’ai ressentie. « Trente personnes ont trouvé la mort dans l’attentat », disait le gros titre du journal en gras. Pourquoi eux et pas moi ? Pourquoi c’est jamais moi qui meurs dans l’attentat ? C’est alors que j’ai compris que je n’allais pas « si bien » que ça.
Cela me surprend toujours quand on me parle de toi. Cela me prend au dépourvu. Cette collègue qui aborde le sujet avec légèreté ne se doute de rien, ne peut pas deviner. Elle vante tes qualités avec un enthousiasme naturel qui ne peut être que synonyme d’indifférence totale. Elle évoquerait de la même façon un joli paysage ou un plat délicieux. Elle ne pense pas à mal. C’est ça qui est épouvantable. Cette fille t’a vu au cinéma et t’a trouvé à son goût. Cela ne prête pas plus à conséquence que lorsqu’elle a ressenti une pointe d’appétit en considérant une religieuse au chocolat dans la vitrine du pâtissier. Tu lui plais de la façon superficielle dont on apprécie une mignardise alors qu’on sort de table et qu’on a bien dîné. Rien à voir avec ma faim dévorante, celle qui me fait maigrir au point que je flotte dans mes vêtements. La consœur n’a rien d’une rivale. Et je ne sais pas quoi lui dire sans trop me dévoiler. Je ne peux pas protester. Et surtout pas surenchérir. Parler de ce qui m’obsède ne me fait pas plaisir. Je demeure sur mes gardes face à ce bourreau souriant qui regrette de ne plus te voir à l’écran. C’est alors que le phénomène survient. « Je l’aime plus que toi », dit la bonne camarade. Et je change. Comme par magie. Je passe ma langue sur mes incisives et les découvre pointues, tranchantes au point de sentir le goût du sang. Il suffirait d’un bond pour que j’arrache la gorge de la fille. Ce serait subit, un geste instinctif, primal. Je revois les nuits sans sommeil, les larmes si amères qu’elles devenaient gluantes, les heures passées à attendre en vain, un futon, quelques cordes, un passé pas si lointain. J’embrasse tout cela le temps d’un instant. Et les dents s’adoucissent, le fauve rentre dans sa tanière. L’humour de la situation m’apparaît soudainement. Ce que je viens d’entendre est irrésistible, drôle à mourir. Et parce que je suis moi et le serai à jamais, j’éclate d’un rire bref qui ressemble à un sanglot. Vraiment, on pourrait s’y méprendre. Mais c’est bien un rire venu de si loin, de si profond que deux petites larmes restent accrochées au coin de mes yeux. Tout cela n’a pris qu’une poignée de secondes. Les larmes sèchent instantanément. La collègue n’a pas vraiment saisi ce qu’elle a dit de si amusant mais elle est quand même contente de son petit effet. Je lui souris en retour, m’offre le temps de préparer ma réponse en jouissant de l’absurdité de cette blague intime qui n’amuse que moi et c’est déjà ça. « Je l’aime plus que toi », a dit la consœur.
Et je lui réponds : « Évidemment. »
Ma main gauche se refermait sur le vide de la tienne. Comme on laisse une assiette vide pour un pauvre à Noël, elle était là pour toi, au point d’imaginer sentir la forme de tes doigts. J’attendais. Je ne sais trop qui. Je ne sais trop quoi. Je continuais à voir des films. Je recommençais à remplir ma bouteille de Coca. La perfection parfaite était de nouveau là. Les murs un peu lépreux de la salle à Opéra, les fauteuils trop profonds de celle des Champs-Élysées, la légère odeur de moisi de celle de l’Étoile, tout cela me rebutait sans plus me révolter. Je regardais l’écran sans parvenir à me laisser happer. Je saluais des gens bien que je ne les reconnaisse pas. Je papotais. Je reprenais du clafoutis. Je réclamais même la recette. Je donnais le change sans effort. Et j’attendais. J’avais l’impression d’être comme les otages, ceux dont on voit la tête tous les jours à la télé. « Encore une journée de captivité… » La photo est toujours tarte. On ne pense pas à poser dans l’éventualité que la France entière va vous voir tous les jours à l’heure du dîner, soupirer un bon coup, repasser le plat de nouilles, puis reprendre du fromage râpé. « Encore une journée de captivité… » Je ne songeais plus à me révolter. J’étais en attente. Il ne me manquait plus que d’entendre une version synthétique des Quatre Saisons de Vivaldi en musique de fond.
Te revoir sur un écran, mon amour, est plus que je n’en puis supporter. Mais il a bien fallu m’y coller quand est sorti un film tourné avant ton séjour chez moi. Je n’avais pas le choix. Francine a glissé fermement son bras sous le mien et Laurence m’a harponnée par l’autre côté. J’étais coincée. M’expliquer aurait été trop révélateur. J’ai mordu la balle. Convaincue qu’une heure trente serait vite passée. Je me surestimais. Je te sous-estimais. Tout a commencé avec ta voix, ongle langoureux jouant du xylophone sur ma colonne vertébrale. J’ai fondu en larmes. Mon visage s’est immédiatement transformé en fontaine alors que tu n’étais même pas visible. Les mots que tu disais, velours externe, feu intérieur, étaient de ceux pour lesquels j’aurais volontiers égorgé les deux andouilles qui me marquaient à l’accoudoir pour t’entendre me les dire à moi. Nous ne reviendrons pas sur cette douleur-là. Un cachalot s’était assis sur ma poitrine et me lançait son jet d’eau en pleine face. Je tentais de ne pas renifler, histoire de ne pas attirer l’attention de mes voisines. L’avantage est que, quand tu t’es enfin montré, je ne voyais plus rien. J’avais mal, ô j’avais mal… Plus j’essayais de me calmer, moins je respirais. Je souffrais. Pas seulement du manque atroce qui me tenaillait mais des efforts pour demeurer discrète, transformant chaque respiration en gargouillis assourdissants. « Ça ne va pas ? » m’a demandé Francine. « Si, si, ai-je bafouillé. Je suis enrhumée. »
À la fin du film, j’étais une loque et j’avais mal aux mains. Rapport aux tapotements en stéréo de mes camarades bizarrement persuadées que les attouchements répétés devaient soigner à la fois le rhume et le chagrin. En me mouchant dans les vestiges humides d’un essuie-tout rescapé d’un goûter citoyen à l’école de mon fils, je me suis préparée à aller rencontrer Danny Glover. L’acteur black, charmant, est surtout connu du grand public pour avoir interprété le souffre-douleur de Mel Gibson dans L’Arme fatale. Ce qui m’a permis de vendre l’entretien à cet ignare de François, tout fiérot d’avoir été capable de l’identifier sans taper discrètement sur Google. Danny Glover est très grand. Et très fatigué pour ses soixante-cinq printemps. Galant, il s’est levé pour me saluer. Puis a fait une légère grimace en se rasseyant.
Danny Glover est très gentil. Il est aussi un peu sourd. Venu défendre les couleurs d’un documentaire sur les Noirs, il sortait ses explications avec la fermeté d’un vieux magister sans se soucier le moins du monde de mes questions. Je reste persuadée qu’il aurait cité Martin Luther King si je lui avais demandé s’il préférait le thé au café… Très vite, j’ai décroché. C’est plus fort que moi. Quand on me parle de façon douce et régulière, mon esprit batifole pour te rejoindre là où tu n’es pas. Et j’ai fondu en larmes. Ce qui a coupé net la chique de Danny Glover, en pleine citation d’Angela Davis. Il était visiblement ravi de faire cet effet-là à quelqu’un. Le naïf s’imaginait tout naturellement que je pleurais sur la condition de peuples opprimés. Il ne pouvait pas se douter, le pauvre, que je gémissais sur mes malheurs de Blanche bien logée. La larme à l’œil, il s’est mis lui aussi à tapoter ma main endolorie, une manie contagieuse. « J’ai confiance en l’espèce humaine », m’a-t-il dit, rassurant. Il avait tort et en aurait été convaincu s’il avait pu plonger dans mon cerveau. Je me contrefichais des problèmes des Noirs, de ceux de tout le monde d’ailleurs. Tant que ce n’était pas les tiens. Quand j’ai eu terminé mon entretien, je me suis isolée pour me passer de l’eau sur le visage. Les gens me regardaient avec une nouvelle forme de respect. J’ai appris, plus tard, que Danny Glover avait chanté mes louanges avec des trémolos dans la voix. Il m’a permis d’acquérir à peu de frais une réputation de fille compatissante totalement usurpée. Elle ne m’a pas desservie quand j’ai été arrêtée.
J’avais repris dans un même mouvement le collier et les vieilles habitudes. De toi, je n’attendais rien, je n’entendais rien. Tu n’es pas très connu, mon amour. Juste assez pour m’avoir été inaccessible. Pas suffisamment pour bénéficier de la une des journaux. Parfois, pas si souvent, des gens me parlaient de toi. Ils me disaient que je devais être soulagée que tu sois retrouvé. Ils me demandaient si tu allais refaire du cinéma. Quand je répondais que je n’en savais rien, je ne leur mentais pas. J’ignorais vraiment ce qu’il était advenu de toi. J’ai mis longtemps à craquer. À aller voir sur Internet. Ton nom que je ne pouvais pas dire, je l’ai écrit dans le champ du moteur de recherche.
J’ai découvert que tu venais de sortir de l’hôpital, que tu avais recouvré tes « facultés ». Tu posais avec la femme que je n’avais jamais pu haïr, que j’avais à peine eu la force d’envier. Il y avait des gamins autour de toi, cette petite vie médiocre que tu m’as préférée. La même que la mienne, par bien des côtés. Si ce n’est que j’ai tenté d’y échapper et que tu semblais t’en satisfaire. J’ai appris que tu allais bien. Et que tu te souvenais de moi. Pas de mon nom, il ne faut rien exagérer. Tu étais, toi aussi, incapable de me nommer, mais tu ne m’avais pas oubliée.
Je ne réponds jamais au téléphone. Ce serait encourager les gens à me casser les pieds. Je ne sais pas ce qui m’a pris de décrocher alors que les mots « numéro masqué » s’affichaient sur l’écran. J’ai reconnu ta voix tout de suite. Inimitable. Velours côtelé pour les oreilles. Presque sapide, à la façon de la brioche de mon petit déjeuner, celle dont la mie blonde donne envie de manger sans faim, de me goinfrer sans appétit. J’ai ressenti comme un vague décrochement régional. Cette impression étrange d’être enfin arrivée. Tu cherchais tes mots, les mâchouillant comme une nourriture. Tu as dit ton nom. Puis le mien. Le vrai. J’ai dégusté chaque syllabe. C’était bien moi. Un soupir de soulagement. Presque comestible. Tu t’es mis à parler très vite. Tu m’as dit que tu avais eu un accident. Je préférais quand tu m’appelais autrement. Tu ne savais pas vraiment qui t’avait ravi. Tu étais resté longtemps dans le vague, incapable de te souvenir précisément de ce qui t’était arrivé. Tu n’avais pas fait le rapprochement, mais tu avais trouvé mon scénario. J’avais bien fait de ne pas y joindre ma photo. Tu as dit le titre. C’était bien lui. Tu t’es excusé de ne pas l’avoir lu avant. Tu m’as dit que ce n’était pas grave : le temps ne serait jamais un problème entre nous. Un petit rire. Un peu gêné. Le temps, tu l’avais eu pour t’y mettre pendant ta convalescence. Entre deux séances chez le psy qui essayait de remettre de l’ordre dans ta tête. Il t’avait conseillé de travailler pour ne pas trop cogiter. Et tu avais été happé. Jamais personne au monde n’avait mieux que moi saisi ta personnalité, tes désirs et tes pensées. Tu m’as dit que tu n’allais pas bien. Que tu te sentais seul. Décalé au milieu des tiens. Que tu irais mieux si tu me voyais. Ta voix tremblait. J’imagine que tu pleurais. Tu voulais me rencontrer sans délai. « J’ai tant de choses à te raconter », as-tu murmuré. Tu m’as dit que tu me rendras bientôt visite, mais que tu devais en finir avec la police. L’idée t’a fait glousser. Puis, tu m’as assuré qu’on serait ensemble très bientôt. Je n’ai pas eu besoin de parler. « Oui » est le seul mot que j’ai prononcé en conclusion. Après avoir posé le téléphone sur la table de nuit, je ne pourrais te dire combien de temps j’ai ri.
Je ne pensais pas que tu puisses encore me faire du mal. Je me croyais immunisée. Je t’avais tant pleuré, ma brioche adorée, que j’imaginais la source à douleur tarie. Je ne pensais qu’à te prendre au mot, à te revoir, quitte à ce qu’au poids de mes mots, tu associes celui de mes actes. Je me prenais à croire que tu avais été touché par la grâce, qu’en me reconnaissant enfin tu saurais coter ma passion à son juste prix. Celle qui ne pouvait dire ton nom devait retrouver celui qui avait enfin dit le sien. Ai-je voulu regarder ta photo, me repaître de ton apparence avant nos retrouvailles ou une inquiétude vague m’a-t-elle poussée vers le clavier ? C’est en pianotant sur Internet, ma Némésis, que j’ai vu le portrait-robot, vraiment peu flatteur, que venaient de publier les journaux. Mon salaud, tu t’étais bien vengé. C’était donc ainsi que tu me voyais, mon blondinet potelé : les cheveux en bataille, l’œil fou, une tête de rongeur hystérique et blafard. J’étais hideuse, mon bébé. Plus laide que le miroir n’avait jamais osé me l’avouer. J’ai fixé un moment ton méchant dessin et j’ai pris mon courage à deux mains. J’ai attrapé la glace du poudrier au fond de mon sac à main. Je l’ai nettoyée soigneusement. J’ai bien frotté. Ensuite, j’ai comparé. Le croquis et ma pomme, en toute objectivité. Et j’ai soufflé. Franchement (…), ce n’était pas de jeu, tu avais exagéré. Ce que tu avais représenté n’était pas moi. Je ne suis pas un top model, mais je ne suis pas non plus ça. J’ai remisé le poudrier, refermé d’un claquement sec. J’ai éteint l’ordinateur.
Je me suis assise à la table de la cuisine. Calme. J’ai commencé à peler des patates parce que, franchement, pour les frites, c’est un peu plus de boulot mais c’est tellement meilleur que du surgelé. J’aime bien le parfum terreux et le couteau économe qui glisse sans rien gâcher. J’ai vidé mon esprit et rempli la bassine. La pendule de l’entrée s’est arrêtée sur midi. C’est à ce moment très précis qu’ils ont sonné. J’ai entendu des coups sur la porte. La maison a tremblé. Le portrait que tu leur avais donné devait être plus ressemblant que je l’aurais souhaité. Ce fichu corps ne m’aura vraiment apporté que des emmerdements ! J’ai pris le temps de rentrer les pommes de terre du dîner au frigo. Zadig et Voltaire, Cri de Munch en stéréo, n’auraient plus qu’à les faire cuire pour accompagner le rôti de veau.
Mon histoire est terminée. Dans la pièce au papier peint doux, au papier peint mou, je vais laisser tes parenthèses m’englober alors que je m’étends sur le coussin de fakir des points de suspension. Dans le vide que tu m’as apporté, je sauterai à pieds joints, avec joie. Ce sera ma fin. Je n’entendrai plus de rires d’enfants, plus de rythmes brésiliens. Je n’aurai plus à danser et je ne verrai plus jamais de chien. Tu me plains ? Tu as tort ! Toutes ces choses qu’on se doit d’aimer et que j’ai silencieusement, secrètement abhorrées s’effaceront tout doucement. Envolées. Remplacées. Je sentirai ton étreinte si forte qu’il me sera impossible de bouger. Puis la lumière s’éteindra. Je ne verrai plus rien et ce sera bien. Ta joue se posera sur la mienne, en tirant la langue, je pourrai toucher ta peau et goûter la saveur piquante de ton after-shave. Je n’aurai pas besoin de te voir. Nos retrouvailles se dérouleront dans le noir. Je te connais si bien que je pourrai, du bout du nez, suivre la courbe de ton épaule ou celle de ton front. La lumière sera pour plus tard quand, rassasiée de ton contact, de ton odeur, de tes soupirs et de ta saveur, je t’abandonnerai mon dernier sens. Il sera bien temps d’ouvrir les yeux pour pouvoir te suivre vers ce bonheur de qualité supérieure. Celui que les Autres ne peuvent pas comprendre et qu’ils nomment, petitement, folie. Alors et alors seulement, les parenthèses tomberont, les lettres apparaîtront et d’une voix ferme, sans peur et sans reproche, je prononcerai ton nom…
Je n’aurai jamais rencontré Johnny Depp, mais il sera légitime de m’envier.
Cannes, 18 mai 2012, 14 h 25
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