C'est trop tard pour la terre

Cécile Philippe · Chapitre 3 sur 10

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C'est trop tard pour la terre

2. « Il faut interdire les OGM ! »

2.

 

« Il faut interdire les OGM ! »

 

L’idée qu’on oublie : les faucheurs d’OGM menacent le progrès de

la science au nom d’une vision conservatrice de l’agriculture.

 

En juin 1999, à la demande de la France et de certains États membres,

l’Union européenne instaure un moratoire sur les Organismes

Génétiquement Modifiés (OGM), suspendant ainsi toutes les nouvelles

autorisations d’OGM et ce jusqu’à ce que soit mis en place un cadre

réglementaire. Ce cadre réglementaire a vu le jour avec la directive

européenne de 2001/18/CE du 12 mars 2001. Cinq ans plus tard, la France

n’a toujours pas transposé cette directive dans le droit français et depuis

plusieurs années, on assiste à une destruction des champs d’OGM par les

faucheurs volontaires. Sujet de toutes les passions, les OGM ont déclenché

une approche précautionniste de leur culture et de leur commercialisation.

Cette culture de la précaution avec son arsenal de réglementation peut

donner l’illusion de la sécurité. En rendant beaucoup plus difficiles les

expérimentations et la commercialisation de ces organismes, elle nous prive

pourtant de leurs nombreux bénéfices réels et potentiels.

 

Qu’est-ce qu’un OGM ?

 

Avec le génie génétique, les chercheurs peuvent identifier avec

précision le gène correspondant à un caractère recherché comme la

résistance à un insecte ou à une maladie. Ils peuvent ensuite extraire ce

gène de l’organisme où il a été identifié et l’introduire à l’intérieur d’un

autre organisme ou micro-organisme (plante, ferment, etc.). La sélection des

gènes utiles n’est pas nouvelle mais elle est grandement facilitée par le

génie génétique, qui permet d’obtenir des résultats qu’on aurait jamais

obtenus par sélection génétique conventionnelle. Autrefois, les

sélectionneurs de semence devaient se contenter d’introduire de nouveaux

gènes par la technique laborieuse et plus aléatoire du croisement d’espèces

relativement proches. « À chaque croisement, des milliers de gènes non désirés et inconnus étaient nécessairement introduits dans la nouvelle

variété de semence. Des années de rétro croisement – croisement de chaque

nouvelle génération d’hybride avec la variété commerciale originale sur

plusieurs générations – étaient nécessaires pour réduire le nombre de ces

gènes non désirés de sorte que seuls restent les gènes utilesviii. »

La raison pour laquelle les OGM ont été développés, c’est qu’ils

présentent des atouts considérables pour les agriculteurs, les

consommateurs et l’environnement dans lequel nous vivons.

 

Une agriculture plus raisonnée

 

On doit le premier OGM autorisé en France à un chercheur français,

Philippe Gay. De 1974 à 1997, il a travaillé sur une bactérie du sol, le

Bacillus thuringiensis (Bt). L’introduction dans le génome du maïs du gène

responsable de la synthèse de la protéine Bt lui permet de mieux résister

aux chenilles de la pyrale connues pour dévaster les champs de maïsix.

D’autres OGM ont été développés pour faciliter le désherbage, un

problème majeur de l’agriculture. Les mauvaises herbes volent en effet

l’humidité et les nutriments nécessaires à la croissance des cultures. Elles

réduisent le rendement des plantes et hébergent des organismes nuisibles.

Avant le développement des OGM, les agriculteurs avaient deux

solutions pour réduire l’impact de ces mauvaises herbes. La première

consistait à labourer, remuer et biner la terre avant le semis pour tuer les

mauvaises herbes au risque d’exposer le sol au vent, à la pluie et d’accroître

son érosion. La seconde méthode consistait à épandre des herbicides. Ces

derniers, toxiques pour les mauvaises herbes et parfois aussi pour les

cultures, devaient être utilisés à des doses massives avant le semisx.

Grâce aux OGM, les agriculteurs échappent à ce dilemme puisque le

développement de variétés tolérantes à un herbicide leur permet de

désherber pendant la culture et limite le labour et l’épandage massif

d’herbicide avant semis.

De même, les OGM ont aussi permis de faire évoluer la nature et la

quantité des pesticides/herbicides utilisée.

L’utilisation de semences résistantes aux herbicides favoriserait le

remplacement d’herbicides dits « sélectifs » par le glyphosate ou le

glufosinate, herbicides dits « totaux ». Alors qu’il fallait traditionnellement

épandre un mélange d’herbicides synthétiques pour tuer le maximum de mauvaises herbes, le passage aux cultures OGM a permis de ne plus recourir

qu’à un seul herbicide. Persistant deux fois moins longtemps dans

l’environnement, il est selon le département de l’agriculture américain

(USDA) au moins trois fois moins toxiquexi.

Si cette substitution s’est aussi accompagnée d’une augmentation de la

quantité de glyphosate, il est des cas où le recours aux OGM permet une

baisse de l’utilisation de pesticides et herbicides. Une étude du National

Center for Food and Agricultural Policy (NCFAP) indique que la culture

génétiquement modifiée du soja, du maïs, du coton, de la papaye, de la

courge et du colza a produit 1,5 million de tonnes de denrées et de fibres

supplémentaires. Ce résultat obtenu sur la même superficie a permis

d’augmenter le revenu des agriculteurs de 1,5 milliard de dollars et de

réduire le volume de pesticides utilisé de 17 170 tonnesxii.

Cette étude indique ainsi que la culture d’OGM permet d’augmenter la

productivité des superficies cultivées. Ce point est important car

l’agriculture intensive a par ses gains de productivité permis de nourrir une

population toujours plus importante sans pour autant y consacrer des

surfaces de culture proportionnellement plus grandes. À ce sujet, Dennis

Avery note que « si nous avions encore à ce jour le niveau de productivité

atteint en 1950, nous aurions dû cultiver 24 millions de km2 de forêts et de

terres sauvages en plus afin d’atteindre l’offre alimentaire actuelle. On

aurait dû sacrifier l’équivalent de toutes les zones sauvages des États-Unis,

de l’Europe et de l’Amérique du Sud. Les rendements élevés ont donc été

notre plus grand triomphe en matière de conservationxiii ».

Les OGM favorisent également la productivité agricole des pays

pauvres. La biologiste du Kenya Florence Wambugu en est convaincue : des

semences OGM peuvent en effet incorporer des gènes qui les rendent

résistantes à la sécheresse ou à des virus comme le virus de la mosaïque de

la papaye qui avait fait disparaître la production de papaye à Hawaï. La

biotechnologie peut aussi permettre aux semences de pousser dans des sols

acides (l’acidité pouvant réduire la productivité de 80 %).

 

Une alimentation plus équilibrée

 

Autre avantage des OGM : ils offrent la possibilité d’améliorer la qualité

nutritionnelle des aliments. Un exemple est celui du riz doré développé par

un groupe de chercheurs en Suisse. Ce riz a l’avantage de produire du bêta-carotène, précurseur de la vitamine A. Sans constituer la panacée, ce riz,

encore en développement, peut contribuer à résoudre les problèmes de

cécité et de malnutrition dans le monde.

La production de fruits et légumes permet aussi aux individus de vivre

mieux et plus longtemps, en limitant notamment les risques de cancer. C’est

la thèse du docteur Bruce Ames, professeur en biochimie et en biologie

moléculaire, et spécialiste du cancer. Avec les gains de productivité que

peuvent permettre les OGM, on peut penser que les fruits et légumes seront

davantage accessibles au commun des mortels. C’est le cas notamment de

la fraise connue pour sa haute densité minérale et sa bonne teneur en

vitamine. Sa diffusion est freinée par ses coûts de production élevés dus à la

culture essentiellement manuelle. Des compagnies et des chercheurs ont

donc mis au point une fraise génétiquement modifiée deux fois moins

coûteuse à produire. Elle pourrait rendre la consommation de ce fruit plus

accessible lorsqu’elle sera commercialiséexiv.

Le génie génétique a peut-être aussi le potentiel de réduire les allergies

alimentaires (qui touchent une personne sur cinq en France). Le japonais

Shiseido a ainsi développé un riz hypoallergénique, qui élimine en partie la

globuline, une substance présente dans le riz ordinaire pouvant provoquer

des réactions allergiques. Si ce riz génétiquement modifié n’arriva pas à

éradiquer intégralement la globuline comme le montre Jean Michel Wallxv

de l’Inra, il présente néanmoins une avancée intéressante pour les personnes

allergiques.

 

Moins de déchets

 

Les applications industrielles des OGM permettent aussi de limiter les

déchets et d’améliorer la productivité de nombreuses activités comme la

chimie fine, l’agroalimentaire, le traitement des fibres ou l’énergiexvi.

Par exemple, grâce à un micro-organisme modifié, la société

Hoffmann-La-Roche (Suisse) a réussi à ramener à une étape un procédé

chimique qui en comprenait autrefois six. Les quantités de matières

premières non renouvelables utilisées ont diminué de cette façon de 75 %,

les émissions de composés organiques volatils dans l’air et l’eau, de 50 % et

les coûts d’exploitation, de 50 %.

Selon l’OCDE, la biotechnologie peut aussi contribuer à réduire la

consommation d’eau et la production de déchets organiques. Une entreprise hollandaise (Pasfrost) a mis au point dans son installation de transformation

des légumes un système de traitement biologique de l’eau, qui a permis de

réduire la consommation de 50 %, et de faire sensiblement baisser les coûts.

Dans le domaine du traitement des fibres naturelles, les organismes

génétiquement modifiés permettent aussi de réduire les quantités d’eau,

d’énergie et de produits chimiques utilisées. La société Domtar (Canada) a

ainsi commencé à utiliser un OGM comme brillanteur de pâte à papier. Ce

procédé « permet de réduire de 10-15 % la quantité de dioxyde de chlore

nécessairexvii ».

En dépit de leurs très nombreux avantages, les OGM cristallisent

plusieurs craintes : la plus importante, attisée par la crise de la vache folle et

l’agriculture intensive, a trait à la santé humaine. D’autres craintes sont

liées aux risques que les OGM feraient peser sur la biodiversité.

 

Les OGM sont-ils risqués pour la santé ?

 

L’idée que les OGM seraient mauvais pour l’homme s’est développée à

l’issue de travaux comme ceux d’Arpad Pusztai. Ce chercheur au Rowett

Research Institute (Écosse) publia en octobre 1999, dans le journal The

Lancet, une étude dans laquelle il trouvait que les rats, nourris avec une

pomme de terre génétiquement modifiée, développaient des désordres du

système immunitaire et des dommages des organes. Mais le journal médical

anglais a immédiatement publié une critique des expériences de Pusztai

concluant qu’elles « étaient incomplètes, comprenaient trop peu d’animaux

par groupe de régime, et manquaient les contrôles du type du régime normal

d’un rongeur…». Et le journal d’ajouter que les résultats de Pusztai,

difficiles à interpréter, « ne permettent pas de conclure que les pommes de

terre OGM sont responsables d’effets destructeurs chez les animaux ».

Pusztai sera par la suite licencié par le Rowett Institute, pour n’avoir pas

suivi la démarche consacrée par la recherche, à savoir la faire contrôler par

ses pairs avant toute publication.

Le maïs génétiquement modifié a lui aussi suscité des polémiques. En

2000 Aventis a commercialisé une variété de maïs résistante aux insectes, le

StarLink. Cette semence incorporait un gène issu de Bacillus thuringiensis

responsable de la synthèse de la protéine Bt toxique pour les chenilles aux

intestins acides. Elle est par contre inoffensive pour les intestins alcalins des

mammifères, des oiseaux et des poissons. Parce que le maïs présentait un temps de digestion un peu allongé, la Food and Drug Administration (FDA)

n’autorisa l’utilisation de StarLink que pour les animaux en attendant que

des tests complémentaires assurent l’innocuité de ce maïs pour les êtres

humains. Malheureusement, on retrouva en 2001 de petites quantités de

StarLink dans plusieurs centaines de produits destinés aux humains.

Lorsque le groupe environnementaliste les Amis de la Terre annonça la

contamination, 34 personnes se déclarèrent alors allergiques. Cependant,

aucune des 17 personnes qui se présentèrent au test ne furent diagnostiquées

allergiques. Les niveaux de protéine Bt dans les produits alimentaires

étaient si faibles que ces produits étaient 700 fois moins allergiques que le

beurre de cacahuète. Cette affaire a révélé qu’il était certainement

nécessaire d’améliorer l’imperméabilité entre les filières OGM et non OGM

mais elle a aussi illustré, contrairement aux affirmations de groupes

activistes, que le StarLink ne causait pas d’allergies graves pour la santé.

La peur des OGM n’est pas une spécificité des pays riches. Elle a

conduit les gouvernements de Zambie et du Zimbabwe à enfermer en 2002

le maïs génétiquement modifié envoyé par le gouvernement américain :

« Nous mourrons de faim plutôt que d’absorber quelques chose de

toxique », affirma le président de Zambie Levy Mwanawasa au Sommet

mondial sur le développement durable la même année.

Cela n’est pas sans rappeler les peurs de la pomme de terre au XVIIIe

siècle en France. À une époque marquée par les famines, la population

préférait courir le risque de mourir de faim plutôt que de manger cet aliment

nouveau. Antoine Augustin Parmentier passa une grande partie de sa vie à

essayer de vaincre la suspicion de ses congénères à l’égard du tubercule,

tenu responsable de maladies. Nombreux sont ceux qui l’accusaient d’être

dangereux, empoisonné, de transmettre la lèpre. La croyance populaire

véhiculait que « consommer ce légume rendait la peau ridée, sale et

grumeleuse … une femme qui mangeait des pommes de terre au cours de sa

grossesse risquait fort d’accoucher d’un bébé avec une grosse tête…xviii ». Il

fallut toute l’ingéniosité de Parmentier pour améliorer la popularité du

tuberculexix. Il ne vit pourtant pas les résultats de ses efforts avant sa mort en

1813. Ce n’est en effet qu’à partir de la seconde moitié du XIXe siècle – les

suspicions vaincues – qu’elle s’imposera sur toutes les tables en France.

À ce jour, aucun effet indésirable n’a pu être identifié du fait de

l’utilisation des OGM. Les Américains consomment des produits

génétiquement modifiés depuis plus d’une dizaine d’années, sans qu’aucune crise alimentaire se soit produite. En 2003, Lester Crawford, Commissaire

adjoint à la Food and Drug Administration (FDA) soulignait « qu’il n’y a pas

eu une seule réaction négative à la nourriture biotechnologique ». Il ajoute :

« Entre-temps, nous avons eu des dizaines de milliers de réactions à

l’alimentation traditionnellexx. » Le ton est le même à l’Agence Française de

Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) qui indique qu’ « à ce jour, aucun

problème de santé, qu’il s’agisse de toxicité ou d’allergénicité, n’a pu être

spécifiquement attribué à un OGM mis sur le marché ». Et d’ajouter que

« cela n’exclut pas qu’il puisse exister un risque mais aujourd’hui celui-ci

ne peut-être ni précisément identifié, ni a fortiori quantifiéxxi ».

 

Les OGM sont-ils risqués pour la biodiversité ?

 

Le risque des OGM sur la biodiversité est souvent étayé par l’exemple

du papillon Monarque qui défraya la chronique en mai 1999. Tout a

commencé avec la publication d’une étude dans la revue Nature de John

Losey. Ce chercheur de l’université de Cornell y montrait que le papillon

Monarque, qui se nourrit des feuilles de l’asclépiade couvertes de pollen de

maïs Bt, meurt. Mais, dès le mois de juin de la même année, le professeur

Losey modéra ses conclusions. En parallèle, des études de terrain plus

réalistes conclurent qu’ «il n’y a pas de risques significatifs pour les

papillons monarques à être exposés au maïs Btxxii ».

Une autre crainte, cette fois-ci bien réelle, repose sur le risque de

contamination des espèces traditionnelles. Mais là encore, des solutions

existent. Il est par exemple possible d’analyser le déplacement des pollens

et substances modifiés pour protéger les plantations traditionnelles, en

instaurant des zones tampon entre les cultures. Un autre moyen de contrer le

risque de contagion consiste à rendre les OGM stériles, de sorte qu’ils ne

produisent ni pollen ni fleur ni graine. Cette technologie existe, et a été

développée par l’USDA et la société Delta and Pine Land. Loin de s’en

réjouir, des activistes anti-OGM s’opposent à l’utilisation de cette semence,

qu’ils ont baptisée « Terminator » et qui, à ce jour, n’est pas cultivé. Ils la

considèrent comme un moyen pour les multinationales d’asseoir leur

pouvoir. En effet, les semences stériles obligeraient les agriculteurs à

acheter chaque année aux multinationales de nouvelles semences alors

qu’ils pourraient replanter les anciennes. Il semble cependant, OGM ou pas, que la pratique consistant à replanter les semences soit progressivement

abandonnée pour des raisons économiques.

 

Pour une nouvelle approche

 

Les OGM offrent de formidables progrès dans des domaines très variés :

médecine, agriculture, gestion des déchets, etc. De nombreuses études ont

conclu que les Organismes Génétiquement Modifiés ou plus généralement

les biotechnologies ne présentent pas de risques significatifs. Et pourtant, le

discours actuel continue à sous-estimer ces progrès et à occulter ou

relativiser les résultats de ces études.

Les OGM font l’objet d’une approche réglementaire sévère au nom du

principe de précaution. Celui-ci établit que les pouvoirs publics peuvent

interdire ou contrôler toute activité présentant un risque potentiel, même si

la science montre que ces risques sont faibles ou inexistants. Or cette

approche dite de « précaution » nous fait courir le risque de freiner le

développement, au nom de risques plus hypothétiques que réels. En jetant

systématiquement le doute sur cette nouvelle technologie, l’approche dite

de « précaution » ne nous laisse bénéficier qu’au compte-gouttes des

avantages des OGM et nous prive de produits et innovations qui auraient

sinon vu le jour depuis longtemps.

À ce sujet, la position des faucheurs est pour le moins dangereuse et

contradictoire : ils détruisent systématiquement les champs, même s’ils sont

destinés à l’expérimentation. Or, la science naturelle avance par

l’expérience et l’observation, l’on ne pourra connaître tous les effets des

OGM qu’en acceptant ces expérimentations. Les essais en champ ont

essentiellement pour but de développer les connaissances afin d’améliorer

la sécurité environnementale, et réduire l’incertitude. Toutes les destructions

de cultures transgéniques au nom du principe de précaution empêchent

d’acquérir plus de connaissances sur les OGM.

 

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