C'est trop tard pour la terre
4. « L ’homme est coupable du réchauffement climatique »
4.
« L ’homme est coupable
du réchauffement climatique »
L’idée qu’on oublie : on cherche à occulter la réalité du débat
scientifique.
L’homme coupable du réchauffement climatique ?
Le débat sur le changement climatique et plus particulièrement celui
sur l’origine de ce changement serait clos. C’est en tout cas ce que nous
répètent les James Hansenxxxv, Al Gorexxxvi, Nicholas Sternxxxvii et autres stars
du sujet. Tous insistent sur l’existence d’un consensus en matière climatique
qui doit nous pousser à agir maintenant, avant qu’il ne soit trop tard.
Cette idée que l’unanimité est la règle dans le domaine du climat n’est
pas nouvelle. Déjà en 1989, les médias en Europe et aux États-Unis
déclaraient que « tous les scientifiques étaient d’accord » pour dire que le
réchauffement est réel et potentiellement catastrophique. Cette idée de
consensus est intimement liée au rapport du groupe de travail du xxxviii GIEC
(Groupement international d’experts sur le changement climatique) publié
en septembre 1990xxxix. Environ 150 scientifiques ont contribué au rapport et
de nombreux gouvernements considèrent qu’il fait autorité en la matière.
Alors que le rapport de 365 pages mentionne de nombreuses incertitudes
sur le sujet, le résumé de 26 pages qui le préface et est mis à la disposition
des décideurs politiques les ignore largement et présente les probabilités
concernant un réchauffement substantiel comme une science bien fondéexl.
C’est ainsi que, sur la base de ce document et des suivants, on peut souvent
entendre que « des centaines des plus grands climatologues originaires de
dizaines de pays différents sont tous d’accord pour…»
Ce consensus dans un domaine scientifique est pour le moins curieux,
et un certain nombre de scientifiques s’en étonnent profondément. Tim Ball,
professeur de climatologie à l’université de Winnipeg, rappelle que « la
recherche scientifique est unique car elle exige la falsifiabilité… toute question mérite d’être mieux comprise et aucune conclusion ne peut être
immunisée contre de plus amples investigations ».
De même, Willie Soon et Salie Baliunas mettent en garde contre les
effets, pernicieux pour la science, des efforts visant à forcer le consensus.
Pour la physicienne et l’astrophysicienne « l’ensemble des faits et preuves
sur lesquels les scientifiques sont d’accord, selon les connaissances du
moment, doit toujours pouvoir être remis en question par de nouvelles
informations. Ce sont les fondements de la méthode scientifique ». Elles
ajoutent que si « la plupart des institutions requièrent une foi sans réserve,
la science fait du scepticisme une vertuxli ».
Pourtant, on veut nous faire croire que dans le domaine du climat les
choses seraient différentes et que la science aurait donné un verdict
unanime. Les individus, émetteurs de gaz à effet de serre (GES), seraient la
cause d’un réchauffement de la planète aux conséquences catastrophiques.
Contrairement à ce que l’on nous affirme trop souvent, le consensus
dans le domaine du changement climatique n’existe pas. De nombreux
scientifiques continuent de penser que la science du climat reste à faire et
tentent de répondre à de multiples questions : le réchauffement s’accélère t-
il ? est-il dû à l’activité humaine ? Les modèles sur lesquels reposent les
prévisions sont-ils fiables ? L’augmentation des températures est-elle
nécessairement néfaste ?
Les gaz à effet de serre ne sont pas un mal en soi !
Le principe fondamental de l’effet de serre est le suivant : plusieurs
types de gaz capturent une partie de la chaleur émise par la terre, parmi
lesquels on trouve la vapeur d’eau, le dioxyde de carbone ( ), le méthane CO2
(CH ), le gaz hilarant ou protoxyde d’azote (N O), les gaz CFC (chloro-fluoro-4 2
carbones) et l’ozone. Ces gaz à effet de serre sont extrêmement utiles. S’ils
n’existaient pas dans l’atmosphère, la température moyenne du globe serait
inférieure de plusieurs dizaines de degrés (environ 33 °C) à ce qu’elle est, et
il est peu probable que la vie aurait pu s’y développerxlii.
L’attention se focalise en général sur les émissions de dans la CO2
mesure où il représente 60 % des gaz additionnels présents dans
l’atmosphère, et que l’on suppose que cette proportion va continuer
d’augmenter du fait de l’activité humaine. Environ 80 % de ces gaz proviennent de la combustion du pétrole, du charbon et du gaz naturel, et
20 % de la déforestation et d’autres modifications sous les tropiques. À leur
propos, le géographe physicien Pierre Jutras rappelle que le est CO2
certainement le gaz le plus « vert » qui existe. Il n’a ni odeur ni couleur et il
est le nutriment essentiel à la base de la chaîne alimentairexliii.
La thèse d’un réchauffement global sans précédent ne fait pas
l’unanimité
La preuve qu’au XXe siècle (période pendant laquelle la production
industrielle a explosé) les températures ont été anormalement élevées par
rapport au millénaire qui le précède aurait été apportée en 1998 par l’étude
de Mann, Bradley et Hughes ( xliv MBH98 ). Leurs observations des
températures ont été notamment reprises dans le résumé de 2001xlv du
Conseil des Nations unies sur le Climat (GIEC) à l’usage des politiques et
restent à ce jour les observations les plus connues et les plus utilisées par les
décideurs politiques pour justifier une action urgente dans la mesure où elle
apporte effectivement un argument visuel fort pour prouver le
réchauffement de la planètexlvi.
Ces observations montrent une faible tendance à la baisse des
températures de 1000 à 1900 suivie d’une augmentation rapide au XXe
siècle. Cette courbe permet au GIEC de conclure que non seulement le
dernier siècle a été le plus chaud du millénaire, mais que « les années 90 ont
été la décennie la plus chaude, et que 1998 a été la plus chaudexlvii » dans
l’hémisphère Nord.
Extrêmement influentes dans le débat sur le réchauffement de la terre,
ces observations ont cependant été remises en cause par deux Canadiens,
Ross McKitrick et Steven McIntyrexlviii. Ce que révèlent les deux auteurs,
c’est que l’étude de Mann et al. contient des erreurs de calcul et des
données incorrectes. Les deux chercheurs ont obtenu les données utilisées et
ont mis en évidence de nombreuses erreurs. Après correction de celles-ci,
ils indiquent, en se fondant sur la méthodologie de Mann, que les
conclusions de ce dernier sont erronées et qu’il faut remettre en cause l’idée
d’une relative stabilité des températures pendant 900 ans, suivie d’un
réchauffement radical au XXe sièclexlix.
Dans un article pour le célèbre journal Energy and Environmentl les
deux Canadiens arrivent à la conclusion que « sur la base de données
corrigées et actualisées, on constate que les valeurs du XVe siècle étaient
plus élevées que celles du XXe siècle, contredisant ainsi les conclusions de
MBH98 selon lesquelles le climat du XXe siècle est tout à fait uniqueli ».
Est-ce la faute de l’homme ?
L’étude des auteurs canadiens indique que, dans l’hypothèse d’un
véritable réchauffement de la Terre, l’ampleur de l’impact des êtres
humains sur ce changement reste encore obscur.
Un certain nombre de scientifiques suspectent en effet que les
concentrations de auraient pu être plus élevées par le passé et ils ont CO2
cherché les moyens de reconstruire l’histoire de l’atmosphère de la Terre
depuis 500 millions d’années. Les divergences de point de vue sont
importantes mais les spécialistes du sujet semblent néanmoins d’accord
pour dire que la période qui couvre les derniers 550 millions d’années et a
vu l’apparition de vies complexes a connu des concentrations de dioxyde de
carbone jusqu’à 18 fois supérieures aux niveaux présents du court règne de
l’homme.
En revanche, les avis divergent sur le lien entre cette découverte et
l’idée que la civilisation industrielle et les émissions de gaz à effet de serre
constituent les principaux coupables du changement climatique.
Certains, comme Robert A. Berner, géologue de Yale, pensent que les
fluctuations de sur toute la période des derniers 550 millions d’années CO2
suivent de près les tendances climatiques. Il y aurait donc une relation de
cause à effet entre de hauts niveaux de gaz et de fortes températures.
D’autres experts affirment qu’il s’agit d’une simplification à l’extrême
de variations naturelles complexes. Sur un horizon de millions d’années, il
« est trop simpliste de dire que des niveaux bas de sont la seule cause CO2
des périodes glaciaireslii » selon Robert Giegengack, géologue de
l’université de Pennsylvanie. Lui et d’autres sont bien convaincus que la
planète se réchauffe, comme cela s’est souvent produit dans le passé, mais
ils insistent pour rappeler que l’on ne sait pas pourquoi. D’autres causes
possibles sont les changements dans les courants de la mer, les cycles
solaires ou les rayons cosmiques qui bombardent la Terre. En 2000, Dr. Veizer et deux collègues belges, dans le journal Nature, ont jeté le doute sur
le lien entre et climat. Ils fondent leurs doutes sur le fait que deux CO2
périodes glaciaires (il y a 400 millions d’années et il y a 150 millions
d’années) se caractérisent pas des niveaux de dioxyde de carbone très
élevés.
Il existe d’autre part toute une littérature sur les causes naturelles du
changement climatique et, en particulier sur le fait qu’il résulterait en
grande partie d’une activité solaire plus importante. Elle montre notamment
que le cycle de réchauffement et de refroidissement de notre planète
correspond avec un petit décalage au cycle de l’activité solaireliii.
Les modèles utilisés dans l’analyse du changement climatique ne sont
pas fiables
On sous-estime très souvent le caractère extrêmement simplificateur
des modèles de prévision du climat. Les processus climatiques sont encore
aujourd’hui très mal connus, en particulier le rôle de la vapeur d’eau, des
nuages et des aérosolsliv. Faute de bien les connaître, il est extrêmement
difficile de les modéliser et de faire des prévisions de température fiables à
long terme.
C’est l’argument de Richard Lindzen, professeur de science
atmosphérique au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Ce
chercheur, qui pense que l’homme est pour quelque chose dans le
réchauffement de 0,6 °C observé au XXe siècle, refuse pour autant de tomber
dans le catastrophisme. Selon lui les modèles usuels, prédisant une hausse
de 4 °C au XXIe siècle en cas de doublement du dans l’atmosphère, sont CO2
infondés et inutilement alarmistes. Pourquoi ? Parce que, dans ces modèles,
les substances à effet de serre les plus importantes, à savoir la vapeur d’eau
et les nuages, agissent de sorte à amplifier la réponse aux seuls gaz émis par
les hommes. Or, pour le chercheur du MIT, ces modèles, incapables de
répliquer correctement la couverture nuageuse telle qu’elle est observée, ne
modélisent pas correctement le comportement des nuages. La relation entre
nuages et vapeur d’eau étant très forte, la modélisation de cet autre gaz à
effet de serre reste aussi très approximative. Lindzen conclut que les
modèles usuels, dépendant de caractéristiques fausseslv, surestiment la
sensibilité du climat aux gaz à effet de serre.
Le réchauffement est-il une catastrophe ?
Le réchauffement de la Terre est considéré comme néfaste en raison de
ses conséquences désastreuses sur l’environnement dont hériteront les
futures générations.
Ainsi, il est souvent mentionné que le réchauffement aura un impact
sur les écosystèmes. Il entraînerait notamment le déplacement de
populations d’insectes dangereuses pour les plantes et les êtres humains,
comme les moustiques porteurs de paludisme, aujourd’hui confinées aux
zones tropicales. À ce sujet Paul Reiter, spécialiste en biologie à l’Institut
Pasteur, explique que la transmission de la malaria ne saurait trouver sa
cause essentielle dans les changements climatiques. Selon lui, l’histoire des
maladies indique que le paludisme existait à des périodes où les
températures étaient bien plus basses et que ce fléau a disparu avec
l’amélioration des conditions de vie et, en particulier l’assèchement des
marécageslvi.
D’autre part, selon l’opinion généralement répandue, le réchauffement
climatique doit provoquer la montée du niveau des mers avec ses
conséquences néfastes sur les terres basses côtières. Ceci serait
principalement dû à la fonte des grands glaciers comme le Groenland,
l’arctique et l’antarctique. À ce sujet, l’expert en climatologie Patrick
Michaelslvii n’hésite pas à affirmer que de nombreuses études ont tout
simplement été ignorées dans ce débat. Par exemple, Duplessylviii rapporte
qu’il y a 8 000 ans et, pendant un millénaire, les températures de la mer de
Barents (Arctique) ont été d’environ 4 °C supérieures à celles constatées
lors des premiers enregistrements de température au XIXe siècle. De même
Johnsenlix a établi que les températures au Groenland ont été de 1 à 4 °C
supérieures pendant ce même millénaire à ce qu’elles sont maintenant.
Patrick Michaels considère que, si les températures actuelles étaient
capables de réduire la taille des glaciers à une vitesse alarmante, alors les
températures d’il y a 8 000 ans auraient dû suffire à réduire de moitié la
couverture de glace. Or aucune étude sur les niveaux de la mer
préhistoriques ne permet de croire que ce phénomène se soit produit. Et
l’expert en climatologie de conclure que la hausse des températures ne se
traduit pas mécaniquement par une fonte des glaces.
Des scientifiques considèrent d’ailleurs que le glacier de l’antarctique,
qui constitue 89,5 % des glaciers, verra son volume augmenter dans les prochaines décennies du fait d’une hausse des tombées de neige liées à un
léger réchauffement de l’océan au sud. Cette augmentation de la neige
devrait être associée à une hausse des nuages de basse altitude, ce qui
refroidira la surface sous-jacentelx. De même, la calotte glaciaire du
Groenland (9,9 % du volume des glaciers) augmenterait à un taux de 5,4 cm
par an, +/- 0,2 cmlxi. « Les étés aussi bien sur la côte sud-ouest que sud-est
du Groenland ont été beaucoup plus froids de 1955 à 2005 que pendant la
période 1905-1955. » D’après ces chercheurs : « Le réchauffement du
Groenland pendant la période 1995-2005 est similaire au réchauffement de
1920-1930, sauf que le taux de croissance des températures était 50 %
supérieur entre 1920 et 1930lxii. »
Pour une nouvelle approche
Il existe un débat extrêmement animé parmi les scientifiques qui
cherchent à éclaircir le fonctionnement du climat. L’histoire tranchera. Mais
d’ici là, le débat doit se poursuivre afin de mieux comprendre les causes,
l’ampleur et les conséquences des changements climatiques. Le réel danger
aujourd’hui serait de tomber dans la caricature en bâillonnant
systématiquement ceux qui doutent et s’interrogent.
Ceux qui se montrent sceptiques à l’égard des origines du changement
climatique sont trop souvent considérés comme immoraux, ou malhonnêtes.
Il y a quelques mois, le secrétaire britannique à l’Environnement David
Milibrand assimilait ceux qui nient le changement climatique aux
défenseurs modernes de l’idée que la Terre est platelxiii. Récemment, la
Société Royale de Londres – l’équivalent de l’Académie des sciences
française – a tenté de réduire au silence les « sceptiques » du changement
climatique en incitant une grande entreprise à cesser de les financer au
motif qu’ils « déforment la science du changement climatique ».
Il en va de même en France, où le simple fait de s’interroger sur
l’origine humaine du réchauffement global peut vous amener à être accusé
de négationnisme, à l’instar de ce qui est arrivé à Claude Allègre. Une
chroniqueuse australienne est même allée plus loin en affirmant : « Il existe
peut-être une raison pour faire du déni du changement climatique une
infraction. C’est un crime contre l’humanité, après toutlxiv. »
Ces attitudes fermées – de plus en plus répandues – sont extrêmement
dangereuses. En faisant taire les sceptiques et en décrétant que le débat est clos, le risque est de légitimer des politiques publiques inefficaces d’un
point de vue environnemental. Il est crucial que soit reconnue l’importance
d’un débat contradictoire sur le climat, qui se poursuive en dehors de
propos outranciers et caricaturaux.
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