Clair de terre

André Breton · Chapitre 21 sur 37

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Clair de terre

Au Regard des Divinités

Qui disparaissent, pris au lasso par les brumes... Tourne éternellement tes seins dans les écumes Des chutes: la lumière est tout ce que j'étreins.

 

Va, comète du rire où le néant t'appelle,

Ouvre tes jambes sur l'éventail ou l'ombelle; Toi seule sais me rendre un printemps sang et eau.

 

Balances de la vie, avec toi pour fléau.

 

AU REGARD DES DIVINITÉS

 

À Louis ARAGON

«Un peu avant minuit près du débarcadère. «Si une femme échevelée te suit n'y prends pas garde. «C'est l'azur. Tu n'as rien à craindre de l'azur. «Il y aura un grand vase blond dans un arbre. «Le clocher du village des couleurs fondues «Te servira de point de repère. Prends ton temps, «Souviens-toi. Le geyser brun qui lance au ciel les

pousses de

fougère

«Te salue.»

La lettre cachetée aux trois coins d'un poisson

Passait maintenant dans la lumière des faubourgs Comme une enseigne de dompteur.

Au demeurant

La belle, la victime, celle qu'on appelait

Dans le quartier la petite pyramide de réséda Décousait pour elle seule un nuage pareil À un sachet de pitié.

Plus tard l'armure blanche

Qui vaquait aux soins domestiques et autres En prenant plus fort à son aise que jamais, L'enfant à la coquille, celui qui devait être...