Clair de terre
Tournesol
Gens qui pourriez
Nos rigueurs se perdent dans le regret des émiettements Nous sommes les vedettes de la séduction plus terrible Le croc du chiffonnier Matin sur les hardes fleuries Nous jette à la fureur des trésors aux dents longues N'ajoutez rien à la honte de votre propre pardon C'est assez que d'armer pour une fin sans fond Vos yeux de ces larmes ridicules qui nous soulagent Le ventre des mots est doré ce soir et rien n'est plus en
vain
TOURNESOL
À Pierre REVERDY
La voyageuse qui traversa les Halles à la tombée de l'été Marchait sur la pointe des pieds
Le désespoir roulait au ciel ses grands arums si beaux Et dans le sac à main il y avait mon rêve ce flacon de sels Que seule a respirés la marraine de Dieu Les torpeurs se déployaient comme la buée Au Chien qui fume
Où venaient d’entrer le pour et le contre
La jeune femme ne pouvait être vue d’eux que mal et de
biais
Avais-je affaire à l’ambassadrice du salpêtre Ou de la courbe blanche sur fond noir que nous appelons
pensée
Le bal des innocents battait son plein
Les lampions prenaient feu lentement dans les
marronniers
La dame sans ombre s’agenouilla sur le Pont-au-Change Rue Gît-le-Cœur les timbres n’étaient plus les mêmes Les promesses des nuits étaient enfin tenues Les pigeons voyageurs les baisers de secours Se joignaient aux seins de la belle inconnue