Clair de terre

André Breton · Chapitre 23 sur 37

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Clair de terre

Tout Paradis N'est Pas Perdu

Dans chaque rayon de soleil il y a une lucarne et à

chaque

lucarne peut apparaître la Gorgone

Déjà nous avons assisté aux migrations de nos mains Immobiles au bord d'un fleuve nous regardions passer le

travail à tire d'ailes

Comme d'autres apprennent à vider sans bruit les

poches de

leurs vêtements suspendus et garnis de clochettes Quand nous levons la tête le ciel nous bande les yeux Fermons les yeux pour qu'il fasse clair où nous ne

sommes pas

Là trompant l'impossible étoile à une branche

 

Nous danserons comme le feu parmi les paillettes de

nous-mêmes

Et ce sera toujours

Nous passerons des ponts surprenants

Nous verserons dans des vallées de larmes À la longue les cygnes ne répondrons plus de nous De nous qui retournons aux formes idéales Avec qui les saisons iront au plus pressé

Et qui les premiers forcerons le danger

Magique sur sa corde inexistante

Pour nous servir à prendre des chemins de traverse

 

TOUT PARADIS N'EST PAS PERDU

 

À Man RAY

Les coqs de roche passent dans le cristal Ils défendent la rosée à coups de crête

Alors la devise charmante de l'éclair

Descend sur la bannière des ruines

Le sable n'est plus qu'une horloge phosphorescente Qui dit minuit