Clair de terre

André Breton · Chapitre 34 sur 37

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Clair de terre

Ligne Brisée

 

À Raymond ROUSSEL

Nous le pain sec et l'eau dans les prisons du ciel Nous les pavés de l'amour tous les signaux interrompus Qui personnifions les grâces de ce poème Rien ne nous exprime au-delà de la mort

À cette heure où la nuit pour sortir met ses bottines

vernies

Nous prenons le temps comme il vient

Comme un mur mitoyen à celui de nos prisons Les araignées font entrer le bateau dans la rade Il n'y a qu'à toucher il n'y a rien à voir

Plus tard vous apprendrez qui nous sommes Nos travaux sont encore bien défendus

Mais c'est l'aube de la dernière côte le temps se gâte Bientôt nous porterons ailleurs notre luxe embarrassant Nous porterons ailleurs le luxe de la peste Nous un peu de gelée blanche sur les fagots humains Et c'est tout

L'eau-de-vie panse les blessures dans un caveau par le

soupirail duquel on aperçoit une route bordée de

grandes patiences

v

ides

Ne demandez pas où vous êtes

Nous le pain sec et l'eau dans les prisons du ciel Le jeu de cartes à la belle étoile

Nous soulevons à peine un coin du voile

Le raccommodeur de faïence travaille sur une échelle Il paraît jeune en dépit de la concession

Nous portons son deuil en jaune

Le pacte n'est pas encore signé

Les sœurs de charité provoquent

À l'horizon des fuites

Peut-être pallions-nous à la fois le mal et le bien C'est ainsi que la volonté des rêves se fait