Et la fidélité, bordel !
Avant-propos
Novembre 1226, château du seigneur de Montpensier en Auvergne ; le
jeune et dynamique souverain surnommé le Lion est à l’agonie. Tout le
royaume retient son souffle. Louis VIII, comme une bonne partie de son
armée, a contracté un mal mystérieux, la dysenterie, à laquelle vient se
greffer une sorte de confusion mentale qui laisse perplexes et impuissants
ou presque les médecins de son entourage.
Pourtant, selon la Faculté, il pourrait exister un remède, un seul
susceptible de sauver le roi : l’amour, ou plutôt l’acte sexuel.
Selon la science de l’époque, c’est la continence forcée du souverain en
campagne militaire depuis plusieurs mois qui est à coup sûr la cause du
dérèglement de ses boyaux ; d’autant qu’au e XIII siècle, un monarque jeune,
à la fois robuste et en bonne santé, se devait d’avoir une intense activité
reproductrice car, par définition, ayant été sacré à Reims, le Lion régnait de
droit divin et se devait d’être un mâle alpha, LE mâle dominant de la
grande meute du royaume des Lys !
Lors, une jeune fille aussi belle que vierge fut glissée dans son lit… las !
Le roi la repoussa avec horreur. « Je préfère mourir plutôt que d’aller en
enfer à cause de ce péché mortel qu’est l’adultère. » Telles furent les
dernières paroles cohérentes d’un roi si pieux qu’il choisit le trépas plutôt
que l’infidélité à sa tendre épouse, celle qu’il aimait de tendre, de bel
amour, Blanche de Castille… Veuve éplorée, celle-ci songea d’abord à suivre son beau chevalier servant dans la tombe mais décida finalement de
se consacrer corps et âme au deuxième homme de sa vie, son fils, Louis IX,
le futur Saint Louis.
Serait-ce à gagner son paradis que servirait avant tout la fidélité ?
D’accord, mais sur terre ou au (septième) ciel ?
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