Et la fidélité, bordel !
2 - (In)Fidélités animales
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(In)Fidélités animales
Pour la grande majorité des espèces animales vertébrées, dont la nôtre,
il existe pour le mâle un impératif principal : tout faire pour être en mesure
de prétendre et proclamer que ses petits sont biologiquement de lui. Le
pauvre a suffisamment bataillé, jouté, éliminé ses rivaux pour espérer
récolter les fruits de sa bravoure et jouir d’une descendance porteuse de ses
glorieux gènes. C’est sa manière à lui de sacrifier à Darwin et à sa fameuse
sélection naturelle pour laquelle il a tant sué, tant paradé et qui contribuera
au maintien, voire à l’amélioration de sa lignée. Il découle de cette exigence
de légitimité une infinité de stratégies parmi lesquelles la structure du
groupe familial est au premier plan. Dès lors, chaque mâle de chaque
espèce vivante pluricellulaire se pose un certain nombre de questions :
– La rencontre avec la (les) partenaire(s) doit-elle être fugace ou
durable ?
– Doit-il contribuer à la protection, voire à l’élevage de ses petits ?
– Doit-il constituer un harem ou à l’inverse n’avoir qu’une seule
compagne ?
– Doit-il économiser sa semence ou au contraire « semer à tout vent »
tel le pissenlit de Larousse ?
– Se montrer jaloux ou au contraire tolérant ?
D’emblée, il apparaît clairement en lisant ces lignes que les attitudes
machistes, voire sexistes, voire hyper-violentes, sont loin d’être l’apanage
du mâle humain et qu’elles comptent probablement parmi les
caractéristiques les plus répandues du règne animal. Peut-on dès lors
considérer que l’antimachisme est le propre de l’homme moderne et de
notre civilisation que l’on aimerait pouvoir dire avancée ? Ou plutôt de la
femme moderne… même s’il existe des modèles de féminisme
matriarchique chez nos amies les bêtes. Il n’est que de penser aux
éléphantes, aux hyènes, aux bonobos.
La monogamie en chiffres
90 % des oiseaux vivent en couples durables quoique le plus
souvent intermittents. En fait, ils ne cohabitent que pendant la
saison de la reproduction.
75 % d’entre eux ne sont pas fidèles.
Quels sont les animaux réellement monogames permanents et
fidèles ? Les manchots, les corvidés, les cygnes, les psittacidés
(perroquets, inséparables, perruches, etc.), la plupart des canidés,
lycaons, loups, chacals, les colombidés (pigeons, tourterelles et
autres colombes), les gibbons, les castors (quoique !), certaines
grenouilles (Ranitomeya imitator), les hippocampes, les dik-diks
(petites antilopes d’Afrique dont les couples sont très
fusionnels), les grues, les oies sauvages, les albatros, sternes,
fous de Bassan, macareux et autres oiseaux de mer, les aigles
pêcheurs (pygargues), les pélicans d’Amérique (puritaine).
La conclusion est que, contrairement aux oiseaux, les
mammifères monogames sont des exceptions. Quant aux
poissons, seuls les hippocampes et les cichlidés tirent leur
épingle du jeu de l’amour fidèle.
Pour sa part, la femelle doit aussi résoudre un certain nombre de
dilemmes :
– Doit-elle se montrer fidèle afin de privilégier les « bons gènes », par
hypothèse ceux du vainqueur, le meilleur de la bande, ou au contraire être
volage et favoriser le brassage génétique ?
– Doit-elle se contenter d’un seul partenaire dans sa vie comme la reine
des abeilles ou au contraire les multiplier comme la mouche drosophile ?
– Doit-elle être en couple, appartenir à un harem, se cantonner à une
prudente et discrète solitude entièrement consacrée à sa portée ?
– Doit-elle occire et dévorer ses partenaires comme les araignées, les
mantes, les amazones, histoire de glaner quelques protéines
supplémentaires ?
– Doit-elle se les annexer à vie en les atrophiant à la manière des
lamproies ou de certaines araignées ?
L’élégance de l’araignée et de la mante
De manière à échapper à la férocité de leur redoutable
partenaire, certains mâles (Paratrechalea ornata) recourent à la
galanterie en leur offrant en cadeau de noce une proie, mouche,
moustique, fourmi… qu’avec délicatesse ils prennent soin
d’envelopper en utilisant la soie qui sert normalement à
confectionner leur toile. L’opération d’ouverture du cadeau par
la maritorne prend suffisamment de temps pour que le petit mari
ait le temps de faire son affaire (une minute tout au plus car il y a
vraiment urgence). Je suis conscient que certaines ne trouveront
pas le procédé vraiment élégant. En réalité, elles auront raison
car certains mâles poussent la muflerie jusqu’à envelopper et
présenter des cadeaux minables, débris de repas, fragments de
pattes. Imaginez la tête de la belle quand elle découvre que non
seulement elle a été violée par surprise mais qu’en outre le
déballage du cadeau est plus que décevant. En réalité,
exactement comme chez nous, les dames araignées sont plus
malignes que les messieurs. Ce n’est pas le contenu du paquet
qui leur permet d’évaluer la performance du mâle mais la
qualité, la solidité, la longueur du fil de soie qui constitue le
meilleur indice de bons gènes. Car un mâle faiblard produit
moins de soie et de moins bonne qualité. En conséquence,
finalement, l’heureux élu capable de confectionner le plus bel
empaquetage aura droit à une étreinte nettement plus longue.
Comme quoi, chez ces – il faut bien le dire – assez peu
sympathiques insectes, l’emballage vaut mieux que le cadeau !
Quant aux mantes dont les femelles ont su se forger une
réputation bien établie, les chercheurs ont découvert que,
parfois, la rumeur n’est pas fondée ! L’histoire se passe en
Nouvelle-Zélande. Les entomologistes ont observé et filmé
104 mantes springboks (52 mâles et 52 femelles) élevées en
laboratoire, sachant que dans la nature, dans 62 % des cas, les
femelles dévorent les mâles avant l’accouplement, ceux-ci
représentant apparemment un succulent complément alimentaire,
comportement qui risquerait de faire disparaître lesdits mâles,
entraînant de fait une disparition de l’espèce. Ils se sont
heureusement aperçus que dans 60 % des mises en présence, le
mâle passe le premier à l’attaque, parvient à maîtriser la femelle,
la ligote avec ses longues pattes et… la féconde.
Ouf ! L’avenir de l’espèce masculine est sauf…
contrairement à la morale !
Puisque comme nous les autres bestioles, ou plutôt les mâles des autres
bestioles, dans la plupart des cas, veulent absolument que leurs petits soient
bien d’eux, il peut être intéressant d’observer les stratégies qu’elles
déploient dans ce but. Quitte à me répéter, souvenons-nous que la jalousie
n’existe pas chez les femelles dans tout le règne animal… sauf peut-être
chez les hyènes dont la société matriarchique est fondée sur une extrême
violence, contrairement aux éléphantes, matriarchies fondées sur la sagesse
et l’expérience.
Quelles sont dès lors les stratégies que les mâles déploient pour
s’assurer d’obtenir à la fois l’exclusivité de leurs partenaires et la légitimité
de leur descendance ? Certains exemples sont particulièrement instructifs ;
de là à penser qu’ils ont inspiré nos ancêtres, il n’y a qu’un pas que je
n’hésite pas à franchir !
– La libellule
Ces insectes qui hantent nos cours d’eau figurent parmi les plus
gracieux qui soient et leurs acrobaties aériennes au-dessus des mares
émerveillent l’observateur. Et pourtant, ce sont de redoutables prédateurs et des jaloux incroyables. Comme tous leurs collègues mâles, ils veulent
optimiser les chances de succès de leur sperme, histoire de multiplier leur
propre lignée ; or, certaines femelles libellules sont tout sauf fidèles et
copulent allègrement avec tout mâle qui jette son dévolu sur elles. Pour
éviter d’être trompés une fois accomplie la copulation, certains mâles
suivent sans relâche la femelle jusqu’à ce qu’elle ait pondu et chassent
violemment tout autre mâle jugé trop entreprenant. Un comportement
typique de mari jaloux et possessif. L’homme sait faire.
D’autres espèces optent pour une stratégie peut-être encore moins
raffinée : les mâles ont un pénis doté d’une palette en forme de petite
cuillère qui leur permet de racler, récolter et éliminer le sperme de leurs
prédécesseurs. Contrairement donc à la drosophile pour qui c’est le premier
qui gagne, chez la libellule, c’est le dernier arrivé qui remporte la palme de
la reproduction. Certains auteurs pensent que le gland hypertrophié qui orne
l’extrémité du pénis humain pourrait avoir la même fonction par balayage et
par aspiration mais cela reste encore matière à débat. L’homme sait faire ; à
noter que certains gurus hindous pratiquent le pompage post-coïtal mais
cela concerne leur propre sperme et n’a donc aucun sens du point de vue
darwinien.
– Quant au tribolium de la farine, il a un pénis poilu et doté d’un
sillon destiné à évacuer le sperme des concurrents avec pourtant un effet
inattendu car ce dispositif est un peu trop efficace puisque le sperme adhère
tellement au pénis que le mâle va transporter celui des autres mâles jusqu’à
d’autres femelles et ainsi endosser des paternités par procuration… comme
une vulgaire punaise de lit (voir ici), il risque alors lui aussi de
s’autococufier. L’homme sait faire… j’y reviendrai plus loin à propos des
CECOS (ici).
Tous ces gracieux insectes partagent ce type de stratégie du « dernier
arrivé, premier servi » avec certains requins qui pour leur part pratiquent la
douche vaginale à l’eau de mer de leur partenaire grâce à une sorte de
réservoir tellement important que sa longueur peut atteindre un tiers de son
corps chez les Mustelus canis. À cet effet, ledit réservoir est relié aux deux
pénis dont les requins mâles sont pourvus, les femelles ayant deux utérus.
Efficace et hygiénique à la fois. Plus hygiénique en tout cas que chez les
grillons qui eux aussi douchent le vagin de leur partenaire mais avec leur
propre sperme qui repousse celui des autres concurrents. Enfin, la palme
revient à certaines sauterelles (Metaplastes ornatus) : le mâle retourne les
organes reproducteurs de la femelle comme un gant et c’est cette dernière
qui va évacuer la semence de ses précédents partenaires en la léchant et en
la dévorant. Un vrai travail d’équipe ! L’homme sait faire en utilisant aussi
le lavage vaginal, les crèmes spermicides.
– Le nautile argonaute est une sorte de poulpe doté d’une coquille.
C’est sans doute cet octopode qui a le mieux résolu la question de la fidélité
vue du côté des mâles puisque lorsque le besoin s’en fait sentir, son pénis se
détache et se met à nager jusqu’à rencontrer la cavité féminine tant
convoitée. Ce système est tellement inattendu que lorsque les zoologues ont
pour la première fois observé cet organisme, ils ont pensé que c’était un ver
parasite. Ce n’est que plus tard qu’ils ont compris que c’était un « pénis
zombie ».
Certains calmars usent d’une stratégie assez comparable, la capsule de
sperme étant capable d’adhérer au corps de la femelle et de l’inciser pour
libérer la précieuse semence. Le problème est que les spermatophores ne
sont pas très sélectifs et qu’ils peuvent se coller à d’autres muqueuses, dont
les nôtres. Sans aller jusqu’à titrer comme le journal Sud-Ouest avide de
sensationnalisme : « Une femme mise enceinte par un calmar », il peut
arriver qu’après avoir dégusté un calmar mâle insuffisamment cuit, certains convives ressentent de violentes douleurs dentaires dues à l’incision des
gencives par les spermatophores. Ce phénomène est si connu au Japon que
les cuisiniers prennent soin de retirer les gonades mâles des octopodes avant
de les servir. L’homme ne sait pas faire, ne disposant pas (encore) de pénis
zombie, sauf à considérer que les éprouvettes des CECOS [Centre d’étude
et de conservation des œufs et du sperme humains] constituent des sortes de
pénis mobiles capables de féconder à distance puisque c’est parfois le mari
qui introduit le sperme d’un autre ; rappelons que pendant longtemps les
couples de gays ne pouvaient que prélever artisanalement leur propre
sperme pour l’administrer à des mères porteuses.
– Le junco à œil noir
Pour la plus grande gloire des sciences de la famille et des différents
courants féministes réunis, une espèce d’oiseaux habituellement
monogames, le junco à œil noir, a été spécifiquement repérée car une de ses
caractéristiques est le partage à peu près égalitaire des tâches parentales.
Nidification, couvaison, nourrissage des petits sont accomplis par les deux
parents. Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes ailés.
Décidément sans vergogne, les chercheurs ont implanté la moitié des
mâles juncos avec un dispositif injectant de la testostérone, alors que l’autre
moitié portait le même dispositif, lequel n’injectait que du placebo.
Dès qu’ils ont été injectés, les mâles réellement testostéronés (mâles T)
ont commencé à chanter plus haut et plus fréquemment, à élargir leur
périmètre de drague et surtout, à courtiser plus de femelles que les
malheureux mâles sous placebo. Tout cela évidemment aux dépens des
tâches parentales, leur femelle légitime devant se taper tout le
travail domestique ! Les chercheurs américano-puritains s’attendaient à ce
que les petits laissés aux soins d’un seul parent voient s’effondrer leurs
chances de survie car c’eût été moral. Eh bien que nenni ! L’histoire est tout
à fait scandaleuse puisque les bébés juncos dont le père est coureur (un comble pour un oiseau) se portent aussi bien que ceux dont le père fidèle
partage avec leur mère la lourde tâche de leur élevage.
Virils et entreprenants, les supermâles juncos T ont plus de chances
d’engendrer des progénitures additionnelles avec leurs voisines mariées. Il
semblerait que l’augmentation de nombre des oisillons surnuméraires soit
exactement et symétriquement contrebalancé par une « baisse de forme »
chez les maris légitimes trompés (sous placebo) et que ceux-ci qui ont
normalement participé à l’élevage de leur progéniture en sus se portent
moins bien.
Non seulement les malheureux sont cocus, mais en plus ça les rend
malades ! Je laisse au lecteur le loisir de décider si des analogies avec notre
espèce peuvent ou doivent être imaginées. L’homme sait très bien faire. Il
faudrait une étude pour étudier la santé des maris cocufiés par les
Louis XIV (aux dernières nouvelles, le Montespan (ici) n’allait pas très
bien), les JFK, DSK et autres Chirac, ainsi que celle de leurs descendants.
– Les femelles de la mante religieuse comme de certaines araignées
ont une méthode radicale pour s’assurer de l’exclusivité de leur partenaire
puisqu’elles le dévorent pendant ou juste à la fin du coït. En tant que
partenaire masculin je m’abstiendrai de tout commentaire de peur de
manquer d’objectivité scientifique. L’homme ou plutôt la femme sait faire.
Rarement heureusement. Je n’ai pas trouvé beaucoup de faits divers où une
dame consommait son mari après l’avoir zigouillé.
– Le lion comme l’homme émet un nombre impressionnant de
spermatozoïdes incompétents (30 à 50 % pour le premier, 40 % pour nous).
Paresseux, lents, avec des flagelles tronqués, bref, ils ne risquent pas
d’arriver les premiers au but : l’ovule tant convoité. Quelle pourrait être la
fonction de cette particularité ? Certains chercheurs pensent que ces spermatozoïdes handicapés forment une sorte d’arrière-garde, véritable
bouchon qui barre le passage au cas où la lionne – ou la femme – aurait la
malencontreuse idée d’accepter l’hommage d’un concurrent ultérieur. Donc,
l’homme sait faire.
– Mieux (ou pire ?) encore, le bourdon, après avoir copulé, applique un
bouchon sur les organes sexuels de la femelle et comme ledit bouchon
contient une substance (l’acide linoléique) qui lui interdit d’être fécondée
pendant la semaine qui suit, son assurance anti-tromperie est complète 1.
Certains vers vont même jusqu’à avoir des glandes à ciment très
volumineuses et maçonnent les organes féminins de leur partenaire après
copulation. L’homme sait faire grâce à la ceinture de chasteté.
– Parfois même, c’est le mâle lui-même qui se transforme en bouchon
en restant en place le plus longtemps possible, style grenouille. C’est ainsi
que le phasme, un insecte en forme de brindille, est capable de rester collé
jusqu’à 79 jours. Qui dit mieux ? L’homme en tant que mari pot de colle
sait faire.
Le plus étonnant est l’arme chimique : chez certains insectes, le mâle
place un anti-aphrodisiaque sur la femelle après l’accouplement, de manière
à la rendre non attractive. Je ne sais pas si l’homme sait faire. Je cherche !
Toutes ces méthodes, aussi bien chez les bourdons que chez les
gentilshommes, manquent singulièrement d’élégance car elles sont
systématiquement imposées aux femelles. Comme quoi, il arrive que les
hommes soient finalement un peu moins machos que les animaux…
quoique…
Tranche de vie
ET ILS FURENT HEUREUX ET EURENT BEAUCOUP
D’ENFANTS
Édouard, 29 ans, m’a été adressé par son médecin traitant pour des « crises
d’angoisse ». Depuis trois mois en effet, il enchaîne ce qu’il appelle des
« malaises ». Sensation d’oppression thoracique, sueurs froides, vertiges et
certitude d’être en train de devenir fou, voire de mourir ; l’ensemble de ses
symptômes permet de poser le diagnostic de trouble panique. Sauf qu’Édouard
m’explique que tout allait bien, qu’il était sur le point de se marier avec une fille
« extraordinaire » dont il était amoureux fou jusqu’à ce qu’il s’aperçoive qu’elle
mène une double vie. En effet, deux fois par semaine, Violaine disparaît des
écrans radars pendant tout l’après-midi. Quand il lui demande ce qu’elle fait, elle
répond de manière évasive, parfois même elle lui ment et invente des sorties avec
des copines dont il a la preuve qu’elles n’ont jamais eu lieu. Il a fini par se
convaincre qu’elle le trompe. Il la suit maladroitement, se fait repérer et les scènes
de ménage s’enchaînent. Une fois, elle l’a surpris en train de fouiller dans son
téléphone et elle a failli rompre. Le conte de fées est devenu un film d’horreur.
Normalement, le trouble panique repose sur des crises d’angoisse non liées à
un déclencheur et, dans ce cas, seul un médicament ISRS 2 est efficace. Or c’est
systématiquement quand il songe aux après-midi de Violaine qu’Édouard démarre
ses angoisses. Il y a donc un déclencheur.
Je lui propose de venir avec sa fiancée la fois suivante.
Violaine est en effet ravissante. Ravissante mais extrêmement timide. Après
avoir demandé à Édouard s’il m’autorise à lui expliquer la nature de son problème,
celle-ci se trouble, rougit et après un long silence explique. Elle souffre d’une
véritable phobie sociale et la simple idée d’être au centre de tous les regards lors
de la cérémonie nuptiale la plonge dans un océan d’angoisse. Elle a donc décidé
de s’adresser à une psychologue spécialisée en thérapies cognitives et
comportementales afin de pouvoir surmonter cette épreuve. Elle s’y rend en grand
secret deux après-midi par semaine mais n’a pas osé en parler à son fiancé de
peur qu’il la prenne pour une folle.
Et qu’il l’abandonne.
Je ne prescrirai rien à Édouard, juste un conseil de bon sens : apprenez à
communiquer !
La semaine suivante, ils reprennent rendez-vous « pour apprendre à
communiquer ». Je leur propose une thérapie de couple fondée sur des jeux de
rôle.
Aujourd’hui, quinze ans ont passé depuis ce qu’ils ont appelé leur « querelle
d’amoureux ».
Ils sont heureux et ont beaucoup d’enfants !
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