La Chasse au Plaisir (French Edition)
Chapitre 11
— C’est dingue le pouvoir que tu as sur moi, souffle-t-il contre mon oreille.
Nos étreintes passées étaient plus sauvages, mais, coincé entre ces quatre murs, il m’embrasse et me touche plus sensuellement. Je ne connaissais pas ce côté tendre de sa personnalité. Nous retrouver dans un ascenseur aurait pu accentuer une envie de baise intense, cependant, c’est le contraire qui se produit. C’est comme si nous étions dans une bulle remplie de tendresse, d’érotisme et de délicatesse échangées. On ne m’a pas caressée ainsi depuis longtemps. C’est déroutant. Saisissant. Si inattendu que je m’abandonne dans ce délice voluptueux. Nous faisons l’amour comme si nous étions deux personnes qui se retrouvaient après un long moment d’absence. C’est étrange et déboussolant. Notre ébat est plus… comment dire… j’ai des papillons dans le ventre chaque fois qu’il prononce des mots cajoleurs. Quand il me pénètre et que le point de non-retour me fait planer, je ferme les yeux de toutes mes forces pour ne pas pleurer. Le contact de nos peaux en sueur, nos doigts qui s’enlacent, ses caresses dans mes cheveux et les forts battements de mon cœur sont des sensations inédites. Je me noie dans une spirale d’émotions. Je ne comprends pas vraiment ce qui se passe en moi. Cet homme me fait éprouver des choses que je ne pensais plus ressentir. Pourtant, ce n’est que la deuxième fois que nous nous voyons.
Nous avons juste le temps de jouir et de récupérer nos souffles avant que la lumière revienne. L’ascenseur redémarre comme si de rien n’était. Nous redescendons les étages en silence. Il s’arrange de son côté. Moi, je suis totalement déboussolée par ce qui vient de se passer, et ça ne concerne pas seulement notre partie de jambes en l’air. Tremblante, je remonte mon tanga sans regarder mon partenaire. Je descends ma robe et rajuste mon costume. Aussi, je récupère mon téléphone que j’ai lâché consciemment lorsqu’il m’a emprisonné les poignets contre le miroir. J’ai la sensation que son parfum est incrusté dans les pores de ma peau. À chacun de mes mouvements, c’est comme s’il était toujours contre moi. J’ai encore son goût sur mes lèvres. C’est trop. Il me fait beaucoup trop d’effet et ça me fait flipper.
— Je… tu… balbutié-je sans vraiment savoir quoi dire.
— Je veux te revoir, pas seulement pour s’envoyer en l’air, me coupe-t-il.
— Quoi ?
Au même moment, les portes de l’ascenseur s’ouvrent. Nous sommes arrivés au rez-de-chaussée. Le brouhaha de la réception s’infiltre dans mes oreilles, mais je ne bronche pas. Noyée dans ses iris, je tente de décrypter ce qu’il insinue.
On dit que l’amour et les émotions frappent à la porte quand on ne s’y attend pas. Que les sentiments et le coup de foudre peuvent s’abattre sans prévenir. Mais lorsqu’il s’agit de ressentir des choses envers un inconnu avec qui on a pris son pied deux fois, comment ça s’appelle ? Peut-être que c’est un virus incurable qui se faufile dans le cœur pour vous inonder de bonheur ?
— On se retrouve après la réception ? continue-t-il en attrapant mon bras qui l’enroule autour du sien.
Mon cœur bat la chamade, seulement, la réalité me rattrape. Claus, Freshy, la soirée de gala… Même si je fonds littéralement sous le charme de cet homme, ai-je vraiment envie de le voir sans qu’il se désape pour me faire jouir ?
— Je prends ton silence comme un oui.
Il fait un pas hors de la cabine et je me laisse guider en accusant le coup de ses mots.
Lors de notre première rencontre, qui était simplement pour « du cul », je l’avais trouvé entreprenant et maître de tout ce qu’il faisait. Un pro en la matière. Là encore, il dégage une certaine assurance et force le respect. Il n’y a qu’à voir lorsque nous arrivons au cœur de la fête et que nombreux sont ceux qui nous saluent et se décalent sur notre passage.
— C’est normal que tous fassent des courbettes quand ils te voient ? On dirait le prince Charles et ses sujets, me moqué-je, surprise.
C’est alors que Claus apparaît avec sa femme. Mon chef tend son bras vers… je ne sais même pas le prénom de mon binôme. Bref, ils échangent quelques paroles en se serrant la main.
— Monsieur, bonsoir. Quelle bonne surprise de vous voir ici parmi nous. C’est un plaisir.
— Bonsoir, Isidore. Le plaisir est partagé et on peut dire que c’est grâce à cette femme, dit-il en me désignant.
Tous les regards se tournent vers moi. Je n’y comprends rien. La seule chose que je trouve à faire, c’est de sourire comme une cruche. Après plusieurs bonsoirs par-ci par-là, je me penche vers mon binôme. Je murmure au creux de son oreille :
— Tu m’expliques, s’il te plaît ?
Il me prend par la main et nous entraîne dans un coin un peu retranché. Il m’avoue alors que son nom est Dawne Kriss et qu’il est le fils du big boss de D&P Security.
OceanofPDF.com