La Chasse au Plaisir (French Edition)

Mag Fanpeyra · Chapitre 7 sur 14

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La Chasse au Plaisir (French Edition)

Chapitre 5

Une tentation de dingue me submerge, celle d’arracher le body rose de Maya pour pouvoir moi aussi la couvrir de caresses et goûter son minou. Son décolleté laisse entrevoir sa généreuse poitrine. Je suis frustrée de ne pas pouvoir l’admirer ou la toucher. Que m’arrive-t-il ?

Aujourd’hui encore, je ressens de forts sentiments pour Ludo, même si avec le temps ils diminuent. Avant lui, j’ai eu des relations avec d’autres mecs, mais jamais je ne me suis posé de questions sur mon orientation sexuelle. J’aime le corps des hommes : leur torse, leurs muscles, leur sexe dur. Alors pourquoi suis-je autant attirée par cette femme ? Est-ce un sentiment que j’ai refoulé, une façon d’oublier mon ex ? Peut-être que c’est à cause de la sublime plastique de la brune. Ou alors est-ce parce que je suis encore sous l’influence de ce qu’elle m’a fait ressentir dans ce lieu qui me propulse hors du temps ? De toute évidence, je suis bouleversée. Je suis larguée, car j’ai kiffé notre moment intime. Comme si me torturer l’esprit ne suffisait pas, je me sens vidée de toute énergie. J’ai les batteries à plat. Ma dernière jouissance m’a épuisée tellement elle était forte, et mon envie de faire des choses cochonnes avec la lapine se transforme en l’envie de piquer un somme.

— J’espère que vous avez apprécié, Mademoiselle, souffle miss Play-Boy en s’essuyant la bouche et les mains dans un torchon.

Comme d’habitude, mes joues sont rouges comme une tomate bien mûre.

— J’ai adoré, c’était très… nouveau pour moi et en même temps tellement… je suis désolée, j’en perds mes mots, dis-je, confuse.

La brune me sourit en hochant la tête tout en m’invitant à descendre de la table. Elle m’accompagne jusqu’à la douche italienne et me propose de me rincer puis de récupérer mes vêtements sans oublier le panier. Celle-ci m’informe que je dois sortir par la même porte par laquelle je suis venue pour que je puisse continuer l’aventure. Je ne sais pas ce qui m’attend derrière cette cloison, mais niveau émotions et sensations, j’ai eu mon compte. Je suis exténuée. Raplapla ! Je bâille, tentant de me cacher la bouche derrière ma main. C’est avec un pas bien plus lent que je quitte la lapine. Je me lave rapidement, me rhabille. Mes yeux se ferment tout seuls.

Lorsque je sors de la room SPA, je me dirige vers les deux autres portes. Je m’avance vers la première et attrape l’objet sur le tabouret. C’est un petit coussin en forme de nuage aux couleurs pastel de Pâques. La porte camouflée apparaît. Cette fois, personne ne m’accueille. Je passe la tête par l’embrasure et scrute l’intérieur : je vois un immense lit qui semble très douillet. J’entre dans la pièce. C’est une chambre cosy. Une bibliothèque est sur la gauche avec un pouf géant, un coin kitchenette, un écran plasma et un gigantesque miroir en face du king size aux draps de soie. Ce nuage m’appelle : viens me tester. Viens te prélasser…

J’écoute la petite voix et me glisse jusqu’au lit. Oh… un matelas à mémoire de forme. Dis donc, c’est très confortable ! Voyons voir si je m’allonge. Dès que je pose la tête sur l’oreiller, je cligne des yeux plusieurs fois avant de les garder fermés un peu plus longtemps. Je repense à l’expérience que je viens de vivre avec cette femme. Est-ce possible de devenir bisexuelle du jour au lendemain ? Pendant de longues minutes, je retrace ma vie amoureuse puis je finis par m’endormir.

Je ne sais pas combien de temps je me suis assoupie, mais lorsque j’ouvre les yeux, je me sens reposée et mon cerveau est beaucoup moins torturé. Je fais un tour d’horizon en me redressant. Je suis seule dans la pièce. Est-ce fait exprès ou le jeu est-il terminé ? Aucune idée ! Peut-être qu’à la troisième et dernière porte, ce sera la suite de l’aventure. Comme on dit : qui ne tente rien n’a rien ! J’ai à ma disposition du popcorn, des bonbons et des boissons plongées dans un seau à champagne. J’en profite pour calmer les grognements de mon estomac. Le sexe, ça creuse !

Je m’attable, mange quelques trucs et sursaute lorsque le miroir en face du lit semble s’animer. Mais qu’est-ce que…

Soudain, celui-ci s’éclaire de l’autre côté. On dirait un miroir sans tain comme on peut en trouver dans les locaux de la police. Je suis du bon côté pour observer. À ce moment-là, au milieu d’un espace de jeux pour adultes équipé de différentes machines de plaisir (motorbunny, sex machine…) apparaît une femme nue aux longs cheveux roux. Vêtue en servante, elle est attachée à une croix de Saint-André. À ses côtés se tient un homme brun doté d’une cicatrice sur la joue gauche. Il a un fouet dans la main. Les deux inconnus se fixent avec une telle intensité qu’ils semblent très complices. Encore plus lorsque le type se rue sur la bouche de la rouquine. On dirait que je suis devant un film BDSM interdit aux moins de dix-huit ans. C’est très bizarre de les regarder se manger littéralement la bouche. Je remarque qu’une troisième personne est camouflée au fond de la pièce par une énorme caméra sur un trépied. C’est le tournage d’un film de cul ?

— Tu es sublime, Roxanne ! s’exclame le beau brun.

— Ce que tu vois te plaît ? Prouve-le, continue la beauté rousse.

Oh… nom d’une pipe ! Ils vont vraiment baiser devant moi ?

— Je risque de ne plus pouvoir me maîtriser, affirme l’homme en s’avançant vers la ligotée.

— Je n’ai pas demandé que tu te retiennes, surtout dans ma position. Je m’offre à toi, Baptiste. Fais ce que tu veux de mon corps.

Je frissonne. Leurs prénoms me disent vaguement quelque chose : Roxanne et Baptiste… Baptiste et Roxanne ! Oui, ça me revient ! Ce sont des acteurs pornographiques partout. Ils ont monté leur propre boîte de production X. Le couple inséparable est très connu. Régulièrement, il est invité sur plusieurs plateaux télévisés pour parler de sa vie et du programme qu’il a lancé sur les chaînes du câble. Baptiste et Roxanne sont également populaires sur les réseaux sociaux et sont suivis par des milliers de personnes. Je crois aussi que la femme est l’auteure d’un bouquin, mais leur plus grand carton est « Sucre d’Orgie ». D’ailleurs, j’y pense : B&R production ? Ce sont eux ! Cet escape game leur appartient. Ils sont les créateurs des lieux. Quel honneur de les voir en chair et en os, c’est fou !

Ben dis donc, ils aiment les déguisements, ces deux-là ! Je me souviens, dans le film qui a fait leur succès, Baptiste était dans le rôle du super sexy père Noël accompagné d’une lutine et d’un elfe. C’est rigolo ! Là encore, ils suivent le calendrier en proposant des prestations avec lapin, œufs en chocolat et déco assortis. C’est original, astucieux et innovant. Je pense que leur exhibition va être grandiose, je suis chanceuse.

Un sourire éclatant se greffe sur la bouche de Baptiste. De son côté, Roxanne lèche ses lèvres sensuellement. Ils échangent encore quelques phrases qui deviennent de plus en plus hard jusqu’au moment où le proprio annonce qu’il veut utiliser un des objets entreposés. Mon regard suit le mouvement de son bras tendu vers une étagère remplie de godes en tout genre. J’en reconnais certains ; en revanche, il y en a qui font flipper. Je suis bien contente d’être de l’autre côté du miroir. Des gens utilisent vraiment ces gadgets surdimensionnés ?!

En quelques secondes, je m’installe sur une chaise avec mon bol de popcorn. J’épie le couple comme une voyeuse. Je devrais être gênée. Mais… au contraire. Je bouillonne. Assister à un tournage, ça, c’est une première. C’est captivant. J’apprends au passage deux ou trois petites techniques bien appétissantes. Leur pratique déroutante me propulse dans un autre univers. Les scènes qui se succèdent sont intenses. Je dois avouer que leur vocabulaire est assez intimidant et que les fessées sur le postérieur de la rousse sont impressionnantes. Son rôle de soubrette obéissante et dévouée m’excite.

Je ne suis pas déçue. Les amants m’offrent un incroyable spectacle instructif malgré la caméra qui bouge et me bloque la vue. J’ai dû me déplacer pour mieux en profiter. Au bout d’un certain temps, le tournage se termine et les deux acteurs m’ont ouvert l’appétit. J’ai la dalle. Je me sens comme devant un fastfood, avec l’impossibilité d’y manger. Je suis excitée comme pas possible. Lorsque le miroir s’éteint, me laissant la vulve mouillée, j’ai l’impression de porter un string en fils barbelés. Mon minou est en feu et il me pique. Je veux me faire plaisir solo, mais mon aspiration est interrompue : la porte s’ouvre.

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