La Chasse au Plaisir (French Edition)
Chapitre 2
Tandis que les notes s’infiltrent peu à peu dans mes oreilles, j’ai l’impression que les battements de mon cœur se calquent sur le tempo. Prise d’une pulsion incontrôlable, je suis à deux doigts de me jeter sur le beau mâle, mais celui-ci recule encore. Merde ! Déçue, à la place, je chope un macaron et le croque aussitôt. Un goût acidulé explose dans ma bouche. Hmm… délicieux, j’avoue, mais pas assez pour faire taire les frémissements dans ma petite culotte.
Lorsque la beauté sur pattes recule encore de deux pas sous le rythme des basses, celui-ci retire sa serviette. Elle tombe à ses pieds, dévoilant son sexe. Mes yeux s’ouvrent en grand. Bon sang, il est gaulé comme pas possible ! Sa bite est énorme. Pourtant, il ne bande pas. Pour faire taire ma pensée, j’enfourne le reste du gâteau dans ma bouche et le mastique tout doucement en ne perdant aucune miette de la prestation qui se joue devant moi. L’homme effectue des mouvements lents pour se déplacer jusqu’à la baignoire. C’est à ce moment-là que les LED de la chambre s’éteignent et que la cascade d’eau s’enclenche. À présent, mon côté est plongé dans l’obscurité, il ne peut plus me voir. En revanche, moi, je peux le reluquer comme une nympho. Je le bouffe littéralement des yeux quand il se place sous le jet d’eau. Celle-ci change de couleurs par intermittence. Tantôt rouge puis violet passant par le bleu, le rose et le vert, l’arc-en-ciel des gouttes s’abat sur son corps comme s’il était des milliers de caresses érotiques. Lubrique, je suis le moindre des gestes du mec en m’installant sur le lit. Je pose mon panier sur le parquet, bois une longue gorgée dans ma coupe de champagne et je gobe une nouvelle sucrerie avant de m’adosser confortablement au montant du lit moelleux. Je commence à comprendre l’utilité de mon petit caneton rose. Pendant que le gars se produit en spectacle devant moi, l’animal rose est là pour assouvir mon plaisir qui ne cesse de monter en flèche. Pire encore lorsque le bellâtre commence à se toucher et que ses doigts parcourent lascivement son épiderme. Je brûle d’envie de poser mes phalanges sur sa peau hâlée, or, j’ai bien compris que je n’ai pas ce plaisir, puisque monsieur fait tout pour m’exciter à l’autre bout de la pièce et que je suis seule dans ce grand lit avec mon petit caneton.
Les paroles d’un de mes collègues me reviennent alors en tête :
— Plaisirs et précipitation ne font pas bon ménage, Paola. Tu auras tout le temps nécessaire pour profiter un max ! Après chaque découverte, tu exploreras ta libido crescendo. Ne brûle aucune étape et prends ton pied, ma chérie. Suis le déroulement imposé, c’est tout ce que je peux te dire. Et pour l’avoir moi-même expérimenté, je t’assure que ça vaut vraiment le coup. Bon, ce n’était pas sur le thème de Pâques, mais les prestations proposées sont quasi équivalentes selon les saisons. Tu vas kiffer !
Tout prend enfin son sens. Ce canard, cette love room et ce type qui me file la fièvre. Mes hormones bouillonnent dans un besoin impérieux d’assouvir les pulsions sauvages qui swinguent dans mon vagin. Sans plus attendre, j’approche le jouet, retire mes godasses, me cale davantage dans le lit et glisse dans l’abysse du plaisir quand j’observe l’Apollon se toucher sensuellement. Il frôle ses muscles saillants, palpe ses biceps, cajole son torse puis effleure son ventre en dessinant un trait tout en descendant vers son glaive dressé. Wow… La bête est réveillée ! Il enveloppe son pénis d’une main puis enchaîne des mouvements d’avant en arrière. Oh ! Il se branle impudemment devant moi pendant de longues minutes qui me font perdre totalement pied. Sa façon de se masturber n’est pas du tout vulgaire : au contraire, c’est attirant, excitant et davantage lorsqu’il pose sa main libre contre le rebord de la baignoire. Il fait quelques va-et-vient secs avec son bassin comme s’il s’enfonçait profondément dans quelque chose. Il simule une langoureuse et profonde pénétration. Cette vision me rend folle, je ne peux plus me retenir, mes mains partent à la découverte de mon propre corps. Je commence par me caresser à mon tour. Toujours en le scrutant, je survole ma bouche, puis mon cou pour ensuite descendre sur mes seins. Je dégrafe mon chemisier, ma respiration s’accélère. Je glisse mes doigts sous mon soutif pour atteindre mes tétons déjà durcis. Mes poils se hérissent, j’ai la chair de poule. Je joue avec l’extrémité de mes seins. Je les titille, les pince doucement, les fais rouler puis les tire. Je suis excitée comme jamais.
La musique change de tempo. Elle devient plus hot tout comme ma tentation de gâter mon entre-jambes qui me dicte d’attraper le sextoy, de l’activer ainsi que de le glisser sous mon tanga. J’obéis. Hmm… je ferme les yeux. Les vibrations sont sympas, mais ça ne casse pas trois pattes à un canard, donc je décide de tourner le jouet pour mieux le positionner. Bec contre mon clitoris, la queue à l’entrée de mon vagin, je stimule mon abricot et là, c’est divin, jusqu’à atteindre l’orgasme. Ma tête part en arrière. Je me crispe. Il ne me faut que quelques secondes pour atteindre une intense jouissance. C’est une véritable libération trop longtemps retenue durant le spectacle provocateur. Tous mes muscles se détendent et je retire le caneton.
Lorsque je redescends de mon délicieux nuage et que je reprends une respiration plus lente, j’ouvre les paupières et lève le visage vers la baignoire. Le ciel étoilé féerique s’est éteint. Je distingue vaguement le gars dans la pénombre qui se sèche avec une grande serviette. Au même moment, je remarque que la lumière est revenue au-dessus de ma tête et que l’animal posé à côté sur le drap vibre encore. Comme une voleuse prise la main dans le sac, le rouge me monte aux joues et je me précipite sur la bestiole pour la mettre en mode « off ».
— Tout s’est bien passé, Mademoiselle ?
Je sursaute légèrement et tourne mon visage vers la voix suave.
— Oui. Parfaitement bien, murmuré-je, gênée.
L’homme de nouveau enroulé dans une serviette se tient devant moi. Il me sourit chaleureusement en me proposant un petit paquet. Je fronce les sourcils. Je ne comprends pas jusqu’au moment où je lis par-dessus : lingettes humides jetables. Je le saisis. Mes pommettes sont en feu. Pendant qu’il se retourne, sans doute pour me laisser un minimum d’intimité, il s’attèle à récupérer le verre de champagne et l’assiette à moitié vide. De mon côté, je m’active à la vitesse grand V. Je m’essuie le minou et jette les lingettes dans la petite corbeille posée sur le côté du lit. Je reboutonne mon chemisier, rajuste ma culotte, ma jupe et enfin mes cheveux. Lorsqu’il revient, tel un gentleman, il me tend sa main que j’empoigne avec plaisir puis je remets mes chaussures.
— Je vous invite à récupérer le canard. Il est à vous, annonce-t-il.
Oh. C’est cool, ça ! Je saisis le jouet tandis que le type se baisse pour prendre mon panier. Il me le donne et je glisse le jouet à l’intérieur avant de l’installer autour de mon bras.
— À présent, veuillez s’il vous plaît me suivre vers cette sortie pour de nouvelles aventures. Je vous souhaite une bonne continuation et autant de sensations que vous désirez. Au plaisir d’une prochaine fois, Mademoiselle.
Cette chasse aux gourmandises de Pâques est complètement dingue. Si au départ, j’étais embarrassée et gênée par cet univers débridé, maintenant je suis impatiente de connaître la suite du programme. Note à moi-même : remercier mes folles de copines. Dans cette chambre, je n’ai pas pensé une seule fois à Ludo. Suis-je sur le bon chemin de la guérison de mon cœur ? Je n’en sais rien, mais pour l’heure, je sais ce que je veux : découvrir les délices suivants de cet escape game.
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