La Reine Berthe au Grand Pied
L’empire D’occident
Quoi ! pour titre César et pour nom Charle-
magne !
VICTOR HUGO.
Le pape Léon III, successeur d’Adrien, venait d’être in-sulté par le peuple de Rome, que des factions agitaient ; des germes de troubles fermentaient en Lombardie. L’Italie rede-vint calme, lorsqu’on apprit que le 24 novembre de l’an 800, Charlemagne était entré pour la troisième fois dans Rome, aux acclamations universelles. Il se vit fêté dans toutes les langues par des hommes de toutes les nations ; car Rome alors était peuplée de Grecs, de Francs, de Gaulois et de Lombards, de Goths et de Huns, d’Africains et d’Allemands, tous mêlés aux Romains dégénérés. Le roi passa un mois à réparer les griefs, à consolider la paix, ne se doutant pas, dit-on, d’une surprise digne de lui, que lui préparait Léon III.
Le prince franc était allé avec sa cour entendre la messe, le jour de Noël, à la basilique de Saint-Pierre. Le Pape l’avait instamment prié d’y paraître en habit de patrice romain. Un clergé éclatant, une foule inouïe emplissaient l’église parfu-mée d’encens. Au moment où Charles se mit à genoux de-vant l’autel, le Souverain-Pontife, s’avançant à lui, posa sur sa tête une somptueuse couronne. Aussitôt le temple retentit de ces cris : Vive Charles, toujours auguste ! empereur des Romains ! couronné de Dieu ! qu’il soit victorieux à jamais !
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Charlemagne, étonné, résiste. Il refuse le noble titre que lui décerne le prince de l’Église. Mais de toutes parts on le presse ; ses courtisans paraissent ravis ; une draperie tombe ; elle découvre le trône impérial dans toute sa magnificence ; les leudes et les évêques y conduisent Charles ; le Souverain-Pontife verse sur sa tête l’huile qui consacre les empereurs ; la pourpre couvre ses épaules ; tout ce qui l’entoure lui rend hommage à genoux, et de nouvelles acclamations l’empêchent longtemps de parler. En même temps une image de Charles exposée en public reçoit les respects et les saluts du peuple.
Éginhart nous assure (on ne le croira sans doute pas) que Charlemagne n’avait point songé à cette illustration ; et que, s’il l’eût prévue, il l’eût évitée. Cependant il la méritait. Il l’accepta ; il jura de prendre la sainte Église Romaine sous la protection de son sceptre impérial ; il se rappela sans doute aussi qu’il accomplissait un des projets de son aïeul Charles-Martel, qui lui-même, s’il eût vécu quelques années de plus, eût rétabli l’empire d’Occident.
Ce titre d’empereur que Léon III venait de conférer à Charlemagne était encore si imposant dans les souvenirs des peuples, qu’il rehaussa l’autorité du prince et rendit ses leudes plus respectueux et plus soumis. Charlemagne ne pro-fita de cet accroissement de pouvoir que pour établir plus so-lidement ses lois. S’appuyant sur le consentement de tous, il multiplia les assemblées nationales ; car il ne voulait rien que d’accord avec tous les ordres de l’État.
Après avoir, dans un séjour de six mois, rétabli la sécuri-té en Italie, Charlemagne s’en revint ; il reparut à Aix-la-Chapelle avec le titre d’empereur d’Occident ; il consentit, dans les cérémonies publiques, à s’entourer de pompe et de
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splendeur. L’impératrice Irène, se soutenant mal sur le trône de Constantinople, n’eut pas plus tôt appris ce qui venait d’avoir lieu à Rome, que, formant le projet de réunir sous un même sceptre l’empire d’Orient et l’empire d’Occident, elle fit proposer à Charlemagne de l’épouser. Peut-être cette combinaison brillante, approuvée par le Pape, eût-elle réussi, quoique Charlemagne eût alors cinquante-huit ans et que la belle Irène ne fût pas beaucoup plus jeune ; mais les Grecs s’en irritèrent ; ils déposèrent l’impératrice et l’envoyèrent en exil, insultèrent l’ambassadeur de Charles ; puis ils élurent Nicéphore à la place d’Irène.
Charlemagne, si économe dans sa vie privée, savait, quand il le fallait, déployer de l’éclat. À cause de l’insulte faite à l’évêque Hetton, ambassadeur de Charles, Nicéphore qui craignait de s’attirer un ennemi puissant, envoya en 805 des députés chargés de présents, pour le nouvel empereur. Les seigneurs grecs, après de longues courses, joignirent Charlemagne dans son palais de Selz. On les fit passer par quatre grandes salles magnifiquement parées, où se trou-vaient les hauts officiers de la maison du prince, tous riche-ment vêtus, entourés de seigneurs et de gardes. Dès la pre-mière pièce où était le connétable assis sur un trône, les am-bassadeurs se mirent en devoir de se prosterner. On leur dit que ce n’était là qu’un officier de l’empereur. La seconde salle où se trouvait le comte du palais, avec une cour plus brillante encore, causa la même erreur. La troisième salle où siégeait le maître de la table de l’empereur, et la quatrième occupée par le grand chambellan, donnèrent lieu à de nou-velles méprises. La magnificence augmentait à chaque pas. Enfin deux seigneurs de la cour vinrent prendre les ambas-sadeurs et les introduisirent devant Charlemagne. Il était tout éclatant d’or et de pierreries, sur un trône étincelant ; les rois ses enfants, les princesses ses filles, les ducs, les
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comtes, les prélats, les grands officiers l’entouraient. Il avait la main appuyée sur l’épaule de l’évêque Hetton. Les en-voyés, éblouis, se prosternèrent ; Charles les releva :
— Le prélat vous pardonne, dit-il ; à sa prière moi-même je veux bien oublier tout.
Et le traité d’alliance se signa. Ce traité portait que Char-lemagne et Nicéphore avaient des droits égaux au titre d’Auguste ; que le premier s’appellerait empereur d’Occident et le second empereur d’Orient35.
À propos de cette magnificence, nous rappellerons aussi qu’un autre jour les ambassadeurs du calife Haroun, assis-tant à une grande fête donnée par Charlemagne, virent arri-ver au palais tous les évêques et tout le clergé en procession avec une pompe éblouissante, puis tous les chefs et tous les officiers de l’année resplendissants des magnifiques dé-pouilles trouvées dans les trésors d’Attila. — Jusqu’ici, dirent les seigneurs musulmans, nous n’avions rencontré que des hommes d’argile ; mais autour de Charlemagne ou voit des hommes d’or.
Dans l’automne de l’année 804, le pape Léon III vint vi-siter l’empereur à Aix-la-Chapelle ; on prétend qu’ils parcou-rurent ensemble l’Austrasie, qu’ils s’arrêtèrent à Bruxelles, et que le Souverain-Pontife y bénit plusieurs églises.
Après trois années de paix, la Bohème s’était soulevée en cette même année 804 ; elle fut soumise par le fils aîné de Charlemagne. Les Sarasins, redoutables aussi sur la mer, fi-rent du ravage en Corse et en Sardaigne ; Bouchard, l’un des amiraux de l’empereur, leur prit treize vaisseaux, et les battit
35 Le moine de Saint-Gall.
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sur la Méditerranée, pendant que Louis, roi d’Aquitaine, les dispersait en Espagne. Les Saxons reprirent aussi les armes. Ils furent vaincus de nouveau : et dix mille d’entre eux trans-plantés encore dans la Flandre. Ils s’y montrèrent si turbu-lents, qu’on disait, cinq cents ans après, que Charles en mê-lant les Saxons aux Flamands d’un diable en avait fait deux. Éginhart fixe à cette dernière victoire le terme des guerres de Saxe. En 805, le roi d’Italie eut une guerre avec les Véni-tiens ; elle n’offre rien de remarquable. Cependant des chro-niques disent que Peppin soumit Venise36. En 808, Eardulf, roi du Northumberland, chassé de ses États, vint trouver Charles, qui le fit reconduire par quelques ambassadeurs ; ce qui suffit pour lui rendre son trône.
En 809, une invasion de Normands, sous la conduite de Godefrid, roi de Danemark, désola les côtes de la Frise. Ayant remporté trois victoires, Godefrid mit tout à feu et à sang, s’avança sur l’Escaut jusqu’à la Flandre, sur le Rhin jusqu’à la Moselle. Il avait une armée nombreuse portée sur deux cents petits bâtiments. Il disait qu’il ne voulait se mesu-rer qu’avec l’empereur. Charles se hâta de rassembler des forces. Il vit bientôt l’ennemi reculer devant lui. Il le joignit à l’endroit où l’Alre se jette dans le Weser 37. Mais là, dès qu’on apprit que Charlemagne arrivait en personne, la terreur s’empara des Normands ; tout leur camp se mit en désordre ; l’autorité des chefs fut méconnue ; Godefrid fut assassiné dans cette sédition ; les barbares, éperdus, se rembarquèrent et disparurent.
36 Venetiam bello subegit. Harœus.
37 Annales de Fulde, année 810.
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Un récit du moine de Saint-Gall peut donner une idée de l’effroi que Charlemagne imprimait à ses ennemis. Ils sa-vaient qu’il n’avait jamais été vaincu en personne. « Une fois, dit l’historien que nous venons de citer, le vieux monarque, qui était toujours en courses, arriva subitement dans une ville maritime de la Gaule narbonnaise ; nul ne savait encore sa présence ; et il était à table, lorsqu’une petite flotte de Normands entra dans le port. En voyant les vaisseaux étran-gers, tout le monde se demandait d’où ils pouvaient venir, car on les prenait pour des navires de commerce. L’empereur seul, à leur carène allongée, à la hauteur de leurs mâts, à leurs voiles triangulaires découpées comme les ailes d’un vautour, reconnut les corsaires du Nord. — Ces vais-seaux que vous voyez, dit-il en se tournant vers les siens, ne sont pas chargés de marchandises, mais remplis d’ennemis. – Aussitôt ceux de la ville coururent à leurs vaisseaux pour at-taquer les pirates. Mais les Normands n’eurent pas plus tôt appris que Charlemagne était là, qu’ils s’enfuirent avec une telle rapidité qu’ils échappèrent aussitôt aux regards qu’aux poursuites.
« Charles cependant, les yeux fixés sur la mer, resta longtemps immobile et les bras croisés. De grosses larmes tombaient de ses yeux, sans qu’il songeât à les essuyer, et sans que personne osât l’interroger sur la cause de sa dou-leur. Enfin, il dit à ses fidèles : — Si je pleure ainsi avec amertume, ce n’est pas que je craigne ces corsaires ; mais je m’afflige profondément quand je songe que, moi vivant, ils osent toucher les rivages de l’empire ; et mon cœur est plein d’une désolation violente ; car je prévois de quels maux, après moi, ils écraseront mes peuples… »
Le reste du règne de l’empereur n’offre plus de guerres importantes. On voit dans de vieux monuments qu’en 811 il
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visita les flottes qu’il faisait construire à Boulogne et à Gand. Un canal naturel amenait encore à cette époque la mer dans le port de Gand. Il fit établir des phares sur les côtes.
Les infirmités de la vieillesse se firent bientôt sentir au monarque. Charles, son fils aîné, qui avait été l’espoir et l’orgueil de la France, venait de mourir en 811 : son autre fils Peppin, roi d’Italie, était mort un an avant ; et Charlemagne éprouvait cette douleur inconsolable d’un père qui survit à ses enfants. Reconnaissant les approches de son heure su-prême, l’empereur voulut faire couronner Louis, le seul fils qui lui restât, et l’associer à l’empire. Au printemps de l’année 813, il convoqua donc l’assemblée nationale en champ de mai à Aix-la-Chapelle ; il y fit venir le roi d’Aquitaine ; il le présenta au peuple, aux comtes, aux ducs, au clergé. Puis, ayant rappelé dans un simple discours ses longs travaux, il demanda aux représentants de la nation s’ils voulaient, dès ce moment, associer Louis à l’empire et le re-connaître pour son successeur. Cette proposition fut accueil-lie par des acclamations unanimes ; et le dimanche suivant, toute l’assemblée se trouvant réunie dans la basilique d’Aix-la-Chapelle, Louis fut proclamé empereur d’Occident. Il jura sur l’Évangile de régner suivant les lois. Après quoi Charle-magne, d’une voix émue, prononça ces paroles, qui furent entendues de tous dans un silence religieux :
« Fils cher à Dieu, à votre père, à ce grand peuple, vous que Dieu m’a laissé seul pour consoler ma dernière heure, vous le voyez, mon âge se hâte ; ma vieillesse même va m’échapper et le temps de ma mort accourt. Ce pays m’a vu naître ; le Christ m’a accordé cet honneur ; il m’a permis de posséder les royaumes de mon père ; je les ai gardés non moins florissants que je ne les avais reçus. Le premier de ma
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nation, j’ai obtenu le nom de César38 et transporté à ma race l’empire de la race de Romulus. Recevez ma couronne, ô mon fils, puisque Dieu y consent, et avec elle les marques de la puissance39 »
Après ces mots l’empereur ordonna à son fils d’aller prendre sur l’autel la couronne impériale qu’on y avait ap-portée, et de la placer lui-même sur sa tête. Il lui recomman-da ensuite ses peuples et sa famille, et il l’embrassa tendre-ment, au milieu des pleurs et des acclamations de la multi-tude. À l’automne qui suivit, l’empereur devint plus faible encore. Depuis le commencement de novembre, il ne sortit plus de son palais. Une année de repos forcé lui amena len-tement la dernière heure. Il mourut à Aix-la-Chapelle, le 28 janvier 81540, à l’âge de soixante-douze ans, après quarante-sept ans d’un règne que rien, avant Napoléon, n’avait encore égalé. On l’enterra dans un vaste caveau, assis sur un trône d’or, avec ses habits impériaux, sa couronne, son sceptre et son épée. On mit son bouclier à ses pieds, sa bourse de pèle-rin à sa ceinture, le livre des Évangiles sur ses genoux. Lors-qu’on eut pavé de pièces d’or le sépulcre embaumé, on scella le caveau. Au-dessus on éleva un arc de triomphe où on lisait ces mots : Ici repose l’empereur Charlemagne.
38 Nos pères prononçaient keisar et keiser qui est encore, dans les langues allemandes et flamandes, l’expression du titre d’empereur.
39 Ermoldus Nigellus, dans les Script. rerum Italic, de Muratori, tome II.
40 814, vieux style.
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Nous avons été longs dans ce sommaire. Mais nous avions à tracer le règne éclatant du plus grand homme du moyen-âge.
Terminons en ajoutant quelques traits qui achèveront de peindre Charlemagne. Il aimait les étrangers ; il les accueil-lait avec bienveillance ; il en avait toujours un grand nombre dans son palais. Il était sobre dans le boire et dans le man-ger, dit Éginhart. Pendant ses repas, on lui lisait l’histoire des grands hommes de l’antiquité ou la Cité de Dieu de saint Au-gustin. Il parlait avec facilité, avec éloquence ; il savait la langue latine aussi bien que la langue de son pays. Il enten-dait le grec.
Il prit un soin particulier de l’éducation de ses enfants. Dès que les garçons purent supporter les exercices violents, il leur fit apprendre le manége et le maniement des armes. Il voulut que ses filles s’occupassent des ouvrages manuels de leur sexe, de peur qu’elles ne cédassent à l’oisiveté. Il était doux dans ses punitions, équitable dans ses jugements, mo-déré dans son administration, généreux et charitable.
Voltaire, qui a jugé Charlemagne avec une légèreté in-croyable, parce qu’il n’a compris ni l’homme ni l’époque, remarque cependant que, durant le demi-siècle de guerres qui occupa sa vie, nos contrées jouirent d’une paix qui ne fut jamais troublée et d’un commerce florissant, parce que le monarque avait des flottes aux embouchures de toutes les ri-vières qui baignaient ses États. Velly admire la force d’un homme à qui l’Italie, l’Espagne, la Germanie et l’Orient, con-jurés à la fois contre lui ne purent arracher la plus légère marque d’embarras ou d’inquiétude, et qui, dans des guerres continuelles, gouvernait l’Europe comme s’il eût régné dans une paix profonde.
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Voici le portrait que Montesquieu a tracé de ce grand homme : « Charlemagne songea à tenir le pouvoir de la no-blesse dans ses limites et à empêcher l’oppression du clergé et des hommes libres. Il mit un tel tempérament dans les ordres de l’État, qu’ils furent contrebalancés et qu’il resta le maître. Tout fut uni par la force de son génie. Il mena conti-nuellement la noblesse d’expédition en expédition ; il ne lui laissa pas le temps de former des desseins, et l’occupa tout entière à suivre les siens. L’empire se maintint par la gran-deur du chef : le prince était grand, l’homme l’était davan-tage. Les rois ses enfants furent ses premiers sujets, les ins-truments de son pouvoir et les modèles de l’obéissance. Il fit d’admirables règlements ; il fit plus, il les fit exécuter. Son génie se répandit sur toutes les parties de l’empire. On voit dans les lois de ce prince un esprit de prévoyance qui com-prend tout et une certaine force qui entraîne tout. Les pré-textes pour éluder les devoirs sont ôtés ; les négligences cor-rigées, les abus réformés ou prévenus41. Il savait punir ; il sa-vait encore mieux pardonner. Vaste dans ses desseins, simple dans l’exécution, personne n’eut à un plus haut degré l’art de faire les plus grandes choses avec facilité, et les diffi-ciles avec promptitude. Il parcourait sans cesse son vaste empire, portant la main partout où il allait tomber. Les af-faires renaissaient de toutes parts ; il les finissait de toutes parts. Jamais prince ne sut mieux braver les dangers ; jamais prince ne sut mieux les éviter. Il se joua de tous les périls, et particulièrement de ceux qu’éprouvent presque toujours les grands conquérants, je veux dire les conspirations. Ce prince prodigieux était extrêmement modéré ; son caractère était
41 Voyez son capilulaire III de l’an 811, page 486, art. 1 à 8 ; et le capilulaire Ier de l’an 812, page 490, art. 1 ; et le capitulaire de la même année, page 494, art. 9 et 11 ; et autres. Note de Montesquieu.
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doux, ses manières simples ; il aimait à vivre avec les gens de sa cour. Il mit une règle admirable dans sa dépense : il fit valoir ses domaines avec sagesse, avec attention, avec éco-nomie ; un père de famille pourrait apprendre dans ses lois à gouverner sa maison. On voit dans ses capitulaires la source pure et sacrée d’où il tira ses richesses.
» Je ne dirai plus qu’un mot : il ordonnait qu’on vendît les œufs des basses-cours de ses domaines et les herbes inu-tiles de ses jardins42, et il avait distribué à ses peuples toutes les richesses des Lombards, et les immenses trésors de ces Huns qui avaient dépouillé l’univers43. »
42 Capilulaire de villis. Voyez tout ce capitulaire qui est un chef-d’œuvre de prudence, de bonne administration et d’économie.
43 Esprit des lois. Livre XXXI chap. 18.
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