Le roi de Lahore (Original)
5. Szene
Scène V
Les Mêmes, Alim.
ALIM, avec indignation.
On parle de partir!.. On ose
Commander ici ... moi vivant!
Lâches, qui désertez ma cause,
Regardez-moi. – J'ai prodigué mon sang
Pour assurer votre fuite si prompte,
Je suis blessé, mais je reste debout
Et je veux lutter jusqu'au bout.
Ah! plutôt la mort que la honte!
LES SOLDATS, chœur accompagnant la suite de la phrase d'Alim.
O roi, nous sommes condamnés.
Des hommes et du ciel contre nous déchaînés
Ta valeur n'a pu nous défendre!
ALIM.
Quel ténébreux complot a pu vous entraîner?
De l'avilissement où vous allez descendre
Vers mon but glorieux je vous dois ramener.
LES SOLDATS.
Non!
ALIM.
Misérables!..
LES SOLDATS.
A Lahore!
Avant la prochaine aurore,
Pour le départ que tout soit prêt.
A Lahore!
Mort à qui résisterait.
Alim veut s'élancer vers eux; ses forces le trahissent. Kaled reparaît. – Il
veut courir vers le roi; sur un geste de Scindia, des soldats l'arrêtent et
l'entraînent loin de la scène.
Les Soldats,entourant le roi.
CHOEUR farouche et ironique.
Roi, quand la mort t'a touché de son aile
Et qu'elle désarme ton bras,
Va, si tu peux, te défendre contre elle;
Mais n'appelle plus les soldats!
SCINDIA, près de lui, d'une voix haineuse.
Ta royauté n'est plus qu'une ombre vaine
Et mon pouvoir succède au tien.
Si tu tombes, c'est par ma haine,
Car je te hais, sache-le bien!
ALIM.
Ah! qu'entends-je!
SCINDIA.
Tu m'as ravi Sitâ que j'aime!
J'ai fait taire longtemps mon orgueil outragé,
Mais le jour est venu du châtiment suprême.
ALIM.
Il l'aimait!
SCINDIA.
Meurs, Alim, je suis vengé.
ALIM, avec une fureur désespérée.
Je comprends! c'est à toi que je dois ma défaite ... Celui qui m'a frappé, c'est toi!..
Traître! meurtrier!
Le désignant aux soldats.
Qu'on l'arrête!
Morne silence des chefs. – Alim se traîne de l'un à l'autre. – Très-troublé.
Quoi?.. pas un n'obéit aux ordres de son roi?
SCINDIA, à Alim, froidement.
No résiste plus. – L'œuvre est faite!
LES SOLDATS.
La main des dieux pèse sur toi!
ALIM, terrassé.
La main des dieux pèse sur moi!
Il tombe sur les coussins à l'entrée de la tente.
LE CHŒUR.
Roi, quand la mort t'a touché de son aile
Et qu'elle désarme ton bras,
Va, si tu peux, te défendre contre elle,
Mais n'appelle plus tes soldats!
Tous s'éloignent. Alim fait un dernier effort pour les arrêter et retombe
évanoui. Pendant le chœur précédent, Sitâ a paru à l'entrée de sa tente. – Pâle, terrifiée, défaillante, elle ne peut aller vers Alim. Au moment où les soldats disparaissent, elle triomphe à peine de sa terreur; elle se redresse
enfin et court vers le roi, toujours sans connaissance.
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