Le roi de Lahore (Original)

Jules Massenet · Chapitre 19 sur 21

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Le roi de Lahore (Original)

5. Akt

Acte cinquième

Le sanctuaire d'Indra. – Même décor qu'au deuxième tableau du premier acte, vu sous un autre aspect. – La statue colossale du dieu rayonne dans

l'ombre. –

 

Scène première

SITA, elle entre précipitamment, s'arrête un instant haletante et écoute. – Après un temps.

J'ai fui la chambre nuptiale,

Sans doute Scindia m'appelle en ce moment,

En menaces de mort sa colère s'exhale;

Ah! je crains son amour plus que son châtiment.

De sa pitié que puis-je encore attendre?

Un seul homme devait contre lui me défendre: Il a bravé Timour! rien ne l'arrêtera.

Il me fera poursuivre ici, mais que m'importe! Vainement ses soldats franchiront cette porte,

La mort est un refuge où nul ne m'atteindra!

Oui, l'heure est venue où, lasse de vivre,

Apaisant mon cœur d'amour consumé,

Je pourrai te suivre,

O mon bien-aimé!

De ma douleur que la mort me délivre!

Adieu donc, ô cruel passé!

O mort, ta volupté m'enivre,

Tu me rendras l'amour, l'amour trop tôt brisé.

Vers la statue d'Indra.

Témoin de mon chaste délire,

Confident de mes premiers vœux,

Image du Dieu bon dont les traits radieux

Dans l'ombre semblent me sourire,

J'ai voulu revenir expirer sous tes yeux.

Avec une exaltation croissante.

Reçois mon âme, Dieu!

Que la mort me délivre.

Apaisant mon cœur d'amour consumé

Oui, je vais te suivre,

O mon bien-aimé!

Elle va se frapper. – A ce moment viennent des profondeurs du temple des

voix disant la prière du soir

déjà entendue au premier acte – Sitâ s'arrête.

La prière!.. Ah! parfums de la saison lointaine! Ah! souvenir charmant de mes heures d'espoir! Oui, vous me revenez quand va finir ma peine.

Rêveuse.

Aux premières ombres du soir,

Quand je chantais ainsi je le voyais paraître,

Pendant que la prière continue au loin.

Il parlait ... un frisson agitait tout mon être!..

. . . . . . .

Jamais sa main n'osa toucher ma main!..

Souriant, il passait en murmurant: demain!

La prière a cessé. – Alim, sous le vêtement blanc des prêtres d'Indra, vient

lentement en scène. – Un rayon de lune lui montre bientôt une forme

immobile au pied de l'autel. – Il vient vers elle. – Il reconnaît Sitâ. – Jeu de

scène. – Sitâ, haletante, comme foudroyée; puis courant vers Alim avec un

cri déchirant.

 

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