Le roi de Lahore (Original)
3. Szene
Scène III
Les Mêmes, Timour, Prêtres, Peuple, Serviteurs du temple.
LE CHŒUR.
Le bronze a vibré dans l'espace,
Son formidable appel
Nous rassemble au pied de l'autel!
Pendant ce chœur, jeu de scène de Scindia. – Haletant, comme brisé par sa
propre violence, il montre d'un geste rapide Sitâ à Timour.
TIMOUR, après un mouvement d'indignation vers Sitâ.
Prêtres, écoutez tous; regardez cette femme;
D'un sacrilège, d'un infâme
Elle a partagé l'amour odieux.
Prêtresse, elle a trahi ses vœux,
Vierge, elle a profané son âme;
J'appelle sur son front la vengeance des dieux!
LE CHŒUR, auquel se joint Scindia.
A mort! à mort! D'un infâme
Elle a partagé l'amour odieux,
Vierge, elle a profané son âme;
Prêtresse, elle a trahi ses vœux;
A mort!
SITA, aux pieds de Timour.
O Timour, tu me crois coupable
Et me refuses ta pitié,
Aux dieux j'ai tout sacrifié
Et c'est en leur nom qu'on m'accable!
Je leur ai voué sans retour,
En sa pureté virginale,
Toute cette beauté fatale
Par qui je succombe en ce jour.
Si je dois rester sans défense,
Si je dois prier vainement,
Au moins épargne-moi l'offense
De douter de mon innocence.
Je n'ai pas trahi mon serment!
A ce moment, s'élève des profondeurs du temple la voix des prêtresses
commençant la prière du soir.
SCINDIA ET SITA, ensemble, avec une impression différente.
La prière!
Voix lointaines des Prêtresses.
Voici la nuit!.. Mes sœurs, prions.
Les étoiles sur nous versent leurs blancs rayons, Indra, maître du ciel, Indra, nous t'adorons!
SCINDIA, se souvenant.
Le signal!
A Sitâ.
Eh bien! si tu n'es pas sacrilége,
Si le dieu du ciel te protège,
Incline-toi donc devant lui!
SITA, à part.
Que dit-il?
SCINDIA.
Dans le sanctuaire,
Que ta voix s'élève encore aujourd'hui,
Et réponde à cette prière!
SITA, avec effroi.
Cette prière!.. en ce moment!
Ah! Scindia, que veux-tu faire?
SCINDIA, avec cruauté.
Connaître et punir ton amant.
Impérieusement.
A genoux! obéis et prie?
TIMOUR ET LE CHŒUR.
A genoux! obéis et prie!
SITA.
Non!.. Frappez-moi; prenez ma vie,
Mais je ne le trahirai pas
Celui dont le ciel et la terre
Respectant l'étrange mystère
Toujours ont protégé les pas!
TIMOUR, SCINDIA ET LE CHŒUR, durement.
A genoux! obéis et prie.
SITA.
Non! Frappez-moi, prenez ma vie,
Mais je ne le trahirai pas!
Le chœur répète avec violence ses cris: »A mort! A mort!« Au moment où
Sitâ épouvantée tombe à genoux, Alim, suivi de Kaled, paraît sur les
marches de l'autel. – Il a pénétré dans le temple par la porte secrète, qui
s'est aussitôt refermée.
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