Lettres à Jean Voilier
Chapitre 1943
Ce chapitre est long, il est donc découpé en 3 parties.
Ma seule ressource est de t’écrire. C’est du moins n’avoir que mon état de fond à penser. Mais, pendant ce temps, le reste ne se fait pas. Tant pis.. C’est là peut-être agir comme si j’avais des années à vivre et le loisir de pousser ma pensée (et mon expression de moi) encore assez loin dans le sens qu’elle a pris.
Me voici donc dans le prévu. Ce prévu avec certitude, le seul poison du temps merveilleux que tu m’as donné — si proche encore et déjà si loin ! ... Dès que tu n’étais pas avec moi, je vivais ce que je vis à présent. Je suis sûr que si on observait ma respiration près de toi et celle séparé de toi, on trouverait de grandes différences. Loin de toi, elle est toujours incomplète... Tu sais, ce serait à faire que de dicter notre petit récit de ces quelques jours, en faire un mémorial de simple vie d’amour réel réalisé.
J’arrive. Il y a les autres. Ils s’en vont ! Et nous voici dans l’Île du Vrai — tel qu’il doit être. Mon ami, je suis bouleversé en revivant ceci..
Ah ! l’homme sec et froid !! Après tout, je ne hais pas cette sèche légende.. je crois que je sens trop pour supporter le sentiment en littérature. Il me donne alors un dégoût.. professionnel. Quel sale moyen ! mais c’est le bon, puisqu’il fait des fortunes.
— Quand tu es là, tu ne me rends pas seulement le tout heureux, mais — je te l’avoue — tu m’amuses. Tu es un type... unique ! Récapitulons : Je t’aime. Je t’adore. Je t’admire. Je te……. Je te ... Je te caresse. Je te dessine. Je te masse. Je t’écoute. Je te regarde. Je te suis. Je te boutonne. Je t’attends (une principale activité, presqu’une fonction). Je m’impatiente. Je...
Et puis... hélas ! Je te perds. Demain, deux petites heures de rien du tout, vingt-cinq grammes pour toute une semaine !
Enfin ! Général Borne à peu, il faut s’en contenter..
Si tu sens un peu ce que je sens si durement, tu as, du moins, la diversion du hourvari de tes emm...ts et puis, tu déjeunes et dînes sur invitations. Cela distrait. Mais, en ce moment, je suis réduit à une table pauvre et non très intéressante. Mon monologue intime s’y poursuit..
Fin du papier. Fin des lamentations dans le désert. Je fuis m’enfermer tout l’après-midi dans ma haute retraite.
Oh ! regarde-moi un petit peu dans ta tête !
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Dimanche [19 septembre 1943 ?]
Mon cher Manque,
Quatre heures de sommeil, cette nuit. Mais je me suis réveillé en fin de cauchemar.. Très ému. J’avais rêvé d’un accident (de guerre ou autre ?) arrivé au train, et je t’avais vu avec Y[vonne] dans le désordre affreux.. Il m’a fallu quelque temps pour me remettre et faire de tout cela une non-valeur, de la fausse monnaie qui n’a cours que la nuit.. Mais l’impression dure plus que le jugement. Il était quatre heures. Puis sont venues les IDÉES. Il a fallu se lever, leur obéir. Au bout de quelques pages, un arrêt. Alors, la chère Présence-Absence se déclare, et il se joue en moi un morceau de musique intime, avec son pathétique et doux-amer, et toute la virtuosité du chant secret
Ô palpitante, ô tendre53..
le chant de la Bague, le Ring magique qui porte, gravée dans l’or, notre formule d’amour..
Je ne me sens pas, encore aujourd’hui, la force d’une Corona (ni même d’une Coronilla). Je me suis trop fatigué cette semaine. Te rappelles-tu l’autre dimanche ? Je voulais lui donner son expression. Il fut un des plus beaux joyaux de notre trésor.. Il faudrait que cela fît un Corona.. Mais comment ne pas y faire revivre ces très hauts instants d’extrême beauté ? Heureux les musiciens qui peuvent tout dire et ne rien dire..
Ah.. Je ne puis pas penser impunément à ces choses. Tout s’efface quand je revois tes certains yeux et que j’y lis que tu es toute à moi, alors..
Et dire qu’il y a des gens qui rêvent de l’empire du monde, de la gloire et du pouvoir sur tous ces cons d’humains.. Moi, je ne songe qu’à quelques esprits et à Qui ?? Tu ne le sais que trop, grosse Tête, jamais plus belle qu’entre mes mains saisie, et ta bouche baisée. Mon amour, plus je t’aime, plus je t’aime.. C’est une boule de neige qui roule en avalanche.
Laisse-moi maintenant.. Veux-tu bien me laisser travailler, Nom de D.. Tu vois bien que j’ai beaucoup à faire.. Mais tiens-toi un peu tranquille..
Viens, ma chérie..
Tiens.. Il est dix heures. ALERTE.
326 54
[20 septembre 1943]
Pauvre Mimile,
Voici encore une tuile.. Ta note chez Cupidina. Tu as huit mille huit cent soixante quinze mimis à payer..
Mais je suis là, je t’aiderai.
Ce que tu m’as dit ce matin des « DIX JOURS » m’a fait relire ce Sunday-work. Et j’y ai trouvé quelque plaisir. Mais que cela t’ait plu ce me fut la tendre et vraie récompense.
Ce n’est pas Coronilla.. À peine. Mais le sentiment domine. Je t’assure que le souvenir de ces jours m’est « auguste ». Tu sais combien je hais les « bons souvenirs ».. Mais celui-ci est en outre si beau, que l’immense peine
que cela soit du passé est comme tenue en échec, et que je puis y penser55.
Mais crois, toi, que je pense bien aussi à tes soucis. Je te vois dans une forêt. Hier, je t’assure qu’une certaine déception inévitable (le culte du dimanche.. Du tendre jour..) s’est effacée, fondue devant ta tête, et puis, tu m’as dit ce qu’il fallait, et si gentiment, que je m’en suis allé sans amertume, ressentant profondément que les trois mots que tu m’as dits dans les yeux valaient (et peut-être bien plus) que les.. choses espérées.
J’enrage de ne pouvoir rien faire pour toi.
Bonsoir, mon amour, tout doux bonsoir.
CUPIDINA & Cie
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Ses PRODUITS DE PLAISIR
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DOIT
Madame la Baronne de BÉDUER-MILO
55 Alexandrins sentiments
semi-corona à 2 mimis pièce 70 mimis
1 Cajeolet tour de barbe 25
1 Piqué bouton rose bordé fin 55
1 Pichet crème cocon Virgo 10
10 « L’un dans l’autre garnis mousseux » 300
1 Astiquage « Mon rêve » sur
un fondamental gauche 15
1 Pot vernis « toutes lèvres » 7
4 Flacons huile pure « Va-et-vient »
garantie non tachante 48
12 Torchonnets éponge rose 36
dits « Sorties de jeu »
Ballotage, battage, piquage, allumage
« Le Boute en reins » 100
9 Manœuvres complètes
double détente, genre « Éden »
poignées acier, verrou maison 9 000
TOTAL 9 666
Réduction faveur 991
8 675
Cupidina
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Saturday [25 septembre 1943]
Mon pauvre oiseau tout chaud,
Ce papier est dégoûtant, mais il a ce grand avantage d’être sous la main. J’aurais voulu t’apporter n’importe quoi (mais je ne sais quoi) que j’aurais mis à ta porte, mais le je ne sais quoi qui t’eût fait plaisir ou du bien. Je ne le trouve pas, et puis, la jambe gauche se sent du temps affreux.
Mais tout ceci veut dire que je suis bien peiné de cet incident gastrique. Il ne te manquait que cela ! Fais attention — ces histoires-là sont parfois tenaces. À Montrozier, l’autre année, j’en ai eu pour des semaines.
Mon gros objet d’amour, je suis si près de toi ! Et quand tu n’es pas bien, plus près de toi encore. Je me sens ma tendresse plus tendre — quand tu as mal, que tu me le dis — et que c’est un degré plus avant dans l’intimité vraiment extraordinaire et toujours plus profonde qui s’est faite entre nous.
On n’a peut-être pas tous les mêmes goûts, mais quel même goût on a l’un de l’autre ! Sais-tu que je te mangerais tout entière et toute crue ! Miam Miam.
Tout à l’heure, j’ai r’ouvert l’album et j’ai regardé avec... beaucoup d’aver[sion] la sale image que j’ai faite du castel. Mais surtout, la voûte, la conque sacrée à coussins rouges, sous escalier.
Te souviens-tu ? Avant le déjeuner je t’ai préparé un doux petit apéritif ? et tu l’as bien savouré, grande gourmande. Le soleil s’en amusait beaucoup.
Moi, j’attendis le soir... Ô soir !
Je t’aime — Toi.
Téléphonerai vers huit heures.
N’ai rien f...u aujourd’hui et ne foutrai rien..
Pas même pu songer un peu à mon « Programme » qui urge et m’embarrasse énormément.
À moins d’expliquer Ville ouverte ?
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[12 octobre 1943]
Ô mon Amie, ma grosse abeille suractive, je te vois avec des ailes fatiguées, mais bourdonnante autour de tes alvéoles, harcelant et piquant tes ouvrières et les mâles très paresseux ; tu es malade de ta ruche.. Mais, NOM de Dieu, il faut que ça marche..
Ô QUELLE PRIVATION tu t’imposes, telle que je ne parle pas de la mienne, qui est la nôtre..
J’y pensai bien hier soir, devant cette scène57. Ce décor.. Il ne se foule pas, le gros B[érard]. C’est rien, — qui se baptise pur. Une toile bleue et un praticable, escaliers parfaitement inutiles très blancs. Les discours, les anges, les autres habillés en Touaregs, la dame principale, en dame du monde très actuelle.. Etc.. Vraiment, c’est du rien frisé, une prose qui fait attention tout le temps d’être du G[iraudou]x... Ce qui est, au fond, très comique.
Cette soirée me réconcilierait avec le ciné (surtout muet). Rien là-dedans d’authentique, si ce n’est le souci du plus actuel public factice, que l’auteur ne quitte pas de l’œil.
Fernand inquiet dans l’ombre, et l’œil, lui aussi, sur les environs incertains et les avenirs inquiétants.
Comme les gens aujourd’hui ont peu de fond.. On trouve tout de suite le néant, à peine on gratte. Cette pièce, cette salle, ces mitres, ces tirades infinies, personne qui existe par soi.. La voilà la défaite. Je suis très frappé d’entendre les comédiens débiter leurs rôles en porte-paroles, comme s’il n’y avait pas assimilation possible de ce genre de texte avec des êtres vivants. Impression très curieuse, — qui me [faisait] songer naturellement — à Lust ? C’est vraiment une drôle de fabrication. Ici, je t’embrasse aveuglément.
Docteur Mahistre
Tout ça — c’est des bêtises, mon cher chéri. Cela voudrait te faire sourire. C’est un grand but. Comment es-tu ce soir ?
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[29 octobre 1943]
Ma grande amie,
Tu m’as fait le plus pur plaisir en me disant que mon petit pneu du soir t’avait un peu caressé l’âme. Voilà ce qui, de mon côté, me remet un peu, aussi, le tant d’heures sans toi, qui me donnent l’amère sensation que des richesses de vie, que rien ne pourra remplacer, se consument.
Et combien de choses à se dire, à se faire dire, à accomplir ensemble de tout ordre ! Pour moi, un amour de cette composition — [Toi + moi] — et de cette qualité rarissime, peut se développer en profondeurs diverses, et par conséquent, selon l’heure et le jour, être énergie de délices, de travail, de confidence, de création comme de gaieté — tant il y a de ressources en puissance. Oui. C’est une énergie de valeur supérieure comme l’électricité, qui se fait lumière, chaleur, [traction], remède — selon le désir.
.. Hélas — je considère le calendrier ! que le diable emporte celui qui a inventé l’état civil, les années, le temps — tu devines ma pensée — qui, d’ailleurs, me révolte en elle-même — car elle est bête autant que cruelle...
Pense un peu à dimanche — sans parcimonie. Donne-moi déjà un petit baiser mental — bien donné — un baiser bien réfléchi, bien formé, bien sucré, avec tout ce qu’il faut dans un baiser parfait qui y mette tout l’être..
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[9 novembre 1943]
Mon enfant, ma sœur..
Mon amour,
Je t’écris me demandant s’il faut ? Ne m’as-tu pas tout dit ce matin ? Ne t’ai-je pas tout dit ?
Je ne me pardonne pas cette idée bête de te mener au film. On n’est jamais mieux trahi que par soi-même. Tu désirais le voir. Talleyrand disait : Pas de zèle !
Oui, j’étais de bien méchante humeur. Non que je ne comprenne que tu aies besoin de détente et de dissipation mentale, et qu’un misérable film puisse être d’une excellente hygiène.
Mais quand on ne vit que pour te voir et t’avoir et que ce voir — vraiment — ne peut espérer que quatre heures en moyenne par mois ! et ce paradis toujours suspendu, incertain, révocable, si souvent perdu, — qu’on y place la seule beauté, et le seul et dernier espoir de son reste de vie, la perte d’un de ces rares jours est ressenti comme une ruine, une diminution définitive d’un bien suprême et essentiel. L’humeur s’explique, va !
Tu m’as bien grondé tout à l’heure.
Tu m’as fait sentir que je ne suffis pas à te distraire de tes préoccupations et de tes soucis d’esprit.
Mais toi — tu me suffis. Le mot est faible. Mon rêve, tu le sais, est d’un amour qui porte au degré le plus vif, la tendresse et l’intimité d’êtres qu’un hasard extraordinaire a fait se connaître et se re-connaître. C’est un crime, c’est un péché que de ne pas cultiver, dans le cœur de chacun, cette chance inouïe.
Tristan et Yseult n’ont aucun besoin de dramaturgie.. Au contraire ! Elle en fait des héros de médiocres faits divers. Je vois une faiblesse dans cette sauce banale empruntée à la cuisine de la société.
Mais il faudrait développer en lui-même ce que peut être l’amour.. Ô toi — mon espoir !
Tu m’as percé quand tu m’as dit que tu irais au cinéma avec un compagnon plus agréable. Tu m’as fait mal..
Je ne t’ai jamais rien dit de cruel, car il n’y a rien de cruel pour toi dans ma pensée. Il y a de l’amer, c’est vrai, et du triste. Et je le veux bien, il y a de l’injuste, — car — qui est juste ? Mais il n’y a RIEN que tu ne pourrais entendre sans douleur. Sans cette douleur aiguë qui se fiche comme une flèche vibrant en pleine chair.
Ah ! Si tu savais comme tu es forte en moi ! Je ne puis rien sur toi et tu peux tout sur moi.
Tu vois : je ne devais pas écrire et j’ai écrit. J’ai écrit et je n’en finirais
plus. Ô ma palpitante et ma tendre 60, si tu me voyais..
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Lundi [15 novembre 1943]
Mon petit manque-à-tout,
Comment cela s’est-il passé ?? Comment es-tu ?
Corps, âme, dames, château, trajets ? (et amour) ??
Moi — pas bien. Et ce matin, bien peu bien. La toux nerveuse — éreintante et — des phénomènes.. [périnéaux] auxquels je ne comprends rien. Avec 11-6 cela est bizarre. Peut-être ai-je besoin de..
Cependant j’ai été hier tuer l’après-midi au petit théâtre, tout près des Plats mijotés. Cette petite salle m’irait assez pour mes produits dramaturgiques. On jouait une pièce de B[ourdet ?], nulle et parfaite — et cette mécanique me remplit toujours d’admiration. C’est du rien qui fonctionne à merveille. Pas un grain de sable.
À l’entracte, Monsieur Le M.. m’entraîne dans la loge de ton amie J[any Holt] qui est vraiment excellente. Je ne l’avais jamais vue, ni vu jouer. Nous avons parlé de Goélette, bien entendu.
J’avais emmené là mon ami M[ono]d qui rouspétait (pire que moi au ciné). Il trouvait ça nul.
Enfin, j’ai passé ainsi deux heures du triste dimanche. Mais j’ai retrouvé mon mauvais état général [et] particulier à la sortie. Temps d’une tristesse sévère et agressive.. Nuit lourde, et ce matin, je ne me sens pas du tout bien. Je ne suis qu’un mic mac de symptômes où l’esprit se perd. Je sens que chez moi, tout est terriblement centralisé.
Je vais démonter les rendez-vous du jour, sauf, sans doute, le très important de dix-huit heures.
Il me tarde de te voir, vraiment voir. Il me semble que toute éreintée que tu es, tu me ferais du bien. Ici, se placerait une chose que je ne veux pas écrire, que je sens..
Je suis une aiguille aimantée. Viens vite.
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[22 novembre 1943]
Ami-amour,
Vole à tes gens, à tes fiches, à tes casiers, à tes caisses, à tes monstres de prof’s, de dactylos péteuses, de semi-techniciens, de têtes d’affaires, de rouspéteurs, de raseurs, de souriants et compagnie !
Moi, je veille sur ton trésor. Tu le retrouveras toujours, ce trésor — Toi, dans ma petite poche, un peu à gauche — une petite poche qui bat toute seule.
Ton meilleur est là. Il y est très bien. Tous tes bijoux y sont. Il y a la chère tête au cher visage, celui de la Belle quand elle est jolie aussi, et tendre. Et des yeux si doux et si précieux qui se r’ouvrent aux miens.. Il y a la petite voix qui ne s’entend que de tout près. Et il y a la gaieté réservée et le bonheur pathétique, et puis les idées, les idées, les images naissantes.. Et tous ces beaux voyages imaginés, ces logis merveilleux.
Tout cela est bien gardé. Les gens peuvent jaser, penser ce qu’ils voudront. Ils ne peuvent imaginer que des choses banales.. Le trésor est bien autre chose que tout ce qu’ils sont capables de se figurer. Sans quoi — il ne vaudrait que ce qu’ils valent !
... Malédiction ! Le courrier ! J’en suis excédé. Demandes, commandes, et encore un type qui fait une thèse et veut que je lui explique le rôle du Néant dans mon cœur ! Avec une liste de citations et extraits..
Ah ! S’expliquer !! Ils sont fous !
J’aime mieux suggérer d’un trait souple un yacht pour manteau de vison.
À toi, mon Toi
P.S. Et toutes mes excuses à Diamant Rose. Suis vraiment désolé. Me mets à ses pieds naturellement.
Marquis
Poésie
Ô Spasmes, mélange
Du diable avec l’Ange
Sous le même lange
Où battent leurs cœurs
S’exalte un échange
De vives liqueurs.
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Vendredi [3 décembre 1943]
Mon cœur chéri, ma chère tête aux abois,
Ce que tu viens de me dire me suit — c’est une place vive dans ma tête. Penser à toi absente était déjà déchirure de la vie. Penser à toi suppliciée par ces tourments de chaque instant, c’est une imagination insupportable.
— Eh bien — comme tu le disais tout à l’heure — Prions.
Prions ce que nous avons de plus pur et profond — ce qui n’a pas de nom, mais qui a vie en nous. Prions — c’est-à-dire — réfugions-nous dans notre sentiment le plus intime, tendresse, ténèbres où l’on est deux en un, un en deux.
Et il faut puiser dans ces instants secrets la force de ne pas céder aux choses de ce monde, à leurs surprises, à la mauvaise volonté des gens, à leur sottise, à l’incident matériel..
Surtout ne pas céder à soi, à la fatigue, et au découragement pire que la fatigue. Il faut compter sur l’inconstance de l’être qui joue aussi bien pour que contre.
Mardi (tu as reçu ma lettre) — j’étais au fond du fond de mon enfer de tristesse. Mercredi, après un réveil morne encore, j’ai eu une flambée de vie nerveuse et d’idées. J’ai couvert quelques pages très diverses, en apparence de ces idées. En réalité, c’était la même centrale qui avait repris sa haute tension. Tu verras, tu as déjà vu, que nos êtres ultra-vivants traversent en quarante-huit heures les états les plus contradictoires.
Ne t’abandonne pas, mon amour..
Si l’homme était aussi profond et pénétré de sa.. supériorité intime qu’il devrait l’être — il se reprendrait au plus vite, devant les affaires extérieures.
Hélas ! il y a le mal physique — la douleur et l’épuisement..
Mais il faut leur disputer le plus possible la sainte liberté du cœur, — refuser aux soucis et à tout le mal que l’esprit se fait, l’accès du Temple — et amortir les terribles et parfaitement inutiles résonances, les développements imaginaires illimités — qui nous dévorent.
Je pense tant à toi, à mon impuissance à te servir dans ces vicissitudes d’affaires, — vraiment je me sens d’une humiliante inutilité devant ces tourments.
Je te tiens dans mes bras.
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[10 décembre 1943]
Cinq heures
Mon chéri,
J’ai téléphoné à trois heures à Mireille. Impossible de retrouver la carte en question ! J’ai retourné tous mes tiroirs — Rien. J’étais pourtant sûr de l’avoir gardée — car l’homme pouvait m’être utile. Mais tout se perd chez moi — faute de tiroirs en nombre suffisant et de place pour ces tiroirs.
Je t’écris du bureau de poste pour ne pas remonter mes étages.
Mais la bousculade me chasse et les coups de tampon me cassent la tête. Comment te dire ce qu’il faut au sein de ce brouhaha ? Je repars en courses. Quel froid aujourd’hui ! Je te prends dans mes bras, mon pauvre amour. Ton visage, hier, était si fatigué que je le vois encore.
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[24 décembre 1943]
Mon pauvre cher ami,
C’est bien triste de ne pas se voir aujourd’hui — de ne pas se prendre dans les bras, et se sentir s’aimer si tendrement que nous nous aimons.
Ton état, ton voyage, tout cela me fait peur. Ce matin, entre neuf et onze heures sans nouvelles, je ne pouvais penser à mon affaire de tout à l’heure. La tête tournait vers toi. On a bien raison de parler de boussole. Et il y a une étrange aimantation qu’induit l’amour profond. Maintenant même, je suis devant mes papiers, mais je ne les vois même pas. Toutes ces idées me sont mortes, et toi vivant comme une douleur en un point, qui est ce qu’il y a de plus vivant en quelqu’un.
Nous vivons à contre-pente. Je pense souvent à cet admirablement vrai Enfer des anciens. Je suis le Tantale de toi, et le Sisyphe de mon travail. Et tu es la Danaïde de la rue Saint-Jacques..
J’aimerais te voir demain — par exemple — entre onze et treize heures, mettons onze heures trente. Ou bien l’après-midi avant cinq heures, si possible. Si tu me téléphonais ou me faisais téléphoner par Sid[onie] de bonne heure, demain matin..
Tu pourrais aussi me téléphoner ce soir entre sept heures trente et huit heures. Mais si tout cela t’ennuie et te fatigue, je n’ai rien dit.
Maintenant il faut pourtant que je m’occupe, moi aussi, de ma rue Saint-Jacques ! Chacun la sienne. Encore une rencontre de nos routes ! Ô mon cœur chéri, je t’aime, je t’aime bien..
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Vendredi [fin 1943-début 1944]
Chère Madame,
Je ne sais si ces mots arriveront en vos mains avant que vous n’ayez repris la route du retour. Mais je ne puis ne pas vous remercier du billet reçu tout à l’heure. J’en suis profondément touché.
(Il fait prévoir une lettre ultérieure. Me trompè-je ? [sic])
Je demeure physiquement en bien triste état. Le moral depuis ce matin est plus maniable. Mais une telle tension consume la vie. J’ai eu l’impression très nette que je brûlais des années, — et il ne m’en reste pas beaucoup. Mais ce n’est pas cela dont je voulais vous parler. Outre mon remerciement pour le billet, pouvais-je ne pas me rappeler le beau pays et les jours de splendeur affectueuse que j’y ai vécus. Mon agenda parle des 6, 7,
8 septembre 194366. Ce furent les heures alcyoniennes de ma vie. Ce fut vivre la poésie, une poésie dont la beauté se mêlait de la simplicité, de la gentillesse, de la gaieté d’êtres qui deviennent — ce qu’ils sont ici si rarement et difficilement — eux-mêmes, tout eux-mêmes, rien qu’eux-mêmes. Vous souvient-il ? Tel soir d’un ciel, toute une émeraude transparente ? Telle marche dans la liberté, la certitude, la foi en deux. Et la grotte de Calypso ? Et ces colloques si précieux d’avant le sommeil.. Je vous assure chère amie, je ne puis penser à cette perfection sans avoir les larmes aux yeux.. Comme dit le poète que vous aimiez :
Je n’implorerai plus que tes faibles clartés,
Très imminente larme..
Tendre libation de l’arrière pensée..
Mais je ne veux, je ne puis, je ne dois m’attarder sur cette note qui me perce. Je ne suis pas encore remis des tout récents écarts de mon vieux cœur qui la digitale tente de remonter, au dire de de G[ennes].. Mais il faudrait bien autre chose que de la pharmacie.
Au revoir, chère Amie, — et (permettez-le, mon enfant), je vous mets sur le front le baiser le plus tendre, avec l’intention la plus pieuse, car il y a du sacré dans le sentiment qui vit et veille en moi pour vous. Je fais des vœux pour que le voyage s’accomplisse aussi bien que possible. Il me tarde que vous soyez de retour. P.S. J’ai téléphoné à Mireille.
Charles
Téléphone tôt mon amour.
337
Si j’avais tout l’esprit que plus d’un sot me prête.. à cette heure, je travaillerais à autre chose qu’à Vous, Madame.. car c’est à Vous, toujours à Vous (ou trop souvent) que ma tête travaille. Cela est insensé.
Il y a là, cependant, devant moi ; et il y a ICI, — en moi — quantité d’objets, de problèmes, d’ébauches, — de lueurs qui demandent à être lumière ; d’obscurités qui voudraient qu’on les dissipât, — et pourtant.. tout le cède à cet intérêt étrange, incommensurable et ennemi de tout le reste que vous m’inspirez. Personne n’a jamais pu penser à vous, ou vous penser comme je fais. Cela est mal. Cela est absurde. Cela est inutile.
Pourquoi ? D’abord, parce que cela est douloureux. Il y a du triste, souvent du déchirant ; parfois du désespoir, et les puissances pathétiques me ravagent.
Et puis, tout ce travail sur « Vous-Idée » ne peut modifier en rien ni vos sentiments ni les miens, ni accroître en vous, ni diminuer en moi ce qui est en vous pour moi, et qui vit en moi pour vous.
Chaque être est enfermé avec son énergie intérieure, qui lui crée et alimente ses illusions vitales, et ces besoins extraordinaires de connaissance ou d’amour ou de pouvoir, qui prennent chez certains l’intensité même des exigences de l’organisme. Ceux-là sont à plaindre dans tous les cas où leur passion a placé hors d’eux-mêmes la chose ou la personne qui est devenue essentielle.. Ils en font une idole, un sphynx, un souverain Bien souverainement redoutable, — une condition de leur respiration régulière, de leur sommeil, de l’exercice de leur facultés, — et qui sait ce qu’ils rêvent, jusqu’où va cet extrême désir, qui tient du mysticisme, de la poésie vive à l’état aigu, de la possession diabolique ?.. Car tout ce qui est dans l’homme tension vers l’existence d’un Autre, que ce soit amour sexuel, ou amour maternel ou filial ou sororal ou.. surnaturel, toutes ces formes de la soif de quelque être sont ici combinées ; et voici qu’il n’est rien d’ordinairement connu, rien de facile à entendre et à donner qui les satisfasse.
Il n’y aurait qu’une.. présence de qualité singulière et supérieure, une intimité si profonde que, même séparés, les deux seuls vivants au monde se sentent, sans la moindre hésitation, en résonance exacte et de même tendresse exquise, chaque cœur offrant nécessairement et naturellement à l’autre son meilleur, chaque esprit proposant à l’autre la pensée de quelque valeur, la sensation de quelque intérêt qui vient de venir. Et ceci en perpétuel avancement, toujours plus délicat, plus sûr, plus grave et plus joyeux.. Ce n’est pas là une pure et imaginaire conception de la fantaisie, puisque ce n’est, en vérité, que le développement de tels moments, d’heures réelles dont la beauté, la valeur infinie ont créé je ne sais quelle impossibilité d’exister sans y penser, sans les revivre, c’est-à-dire sans rendre insupportables toutes les autres heures... Un tel amour me rend toutes choses amères. Même les clartés de l’esprit, ses perspectives ne sont plus de rien à qui a conçu la merveilleuse intelligence de deux vies comme le chef-d’œuvre de l’intelligence et un certain mode d’amour comme une création dans laquelle toutes les puissances de l’homme et de la femme se trouvent et se multiplient l’une l’autre ; et il doit pouvoir en résulter par une conséquence seconde, des créations admirables de l’esprit. Je sens bien par moi-même que l’art et l’effort de la pensée n’est qu’un trompe-cœur, un moyen de remplacement pour moins sentir le vide d’un temps qui se consume.. Comme de l’eau qui tombe sans faire tourner la roue qui élève ou relève toutes choses de ce monde..
.. Enfin, l’après-midi s’achève. Je l’ai passée avec l’absence et la présence. Je te vois, ô chère Dispersée.. Je me demande pourquoi j’ai écrit tout ce pathos ? Peut-être seulement pour que tu trouves un peu de moi, ce soir. Mais c’est trop long. Tu n’auras pas le temps de lire. Un mot eût suffi..
338
[1943 ?]
Ô MIEUX QU’AMIE,
Nous sommes dans un étrange état de bonheur malheureux, de douceur infinie dans un Océan d’amertume. Je songe au Gulf-Stream de nos vies se frayant un chemin doux et même dans la masse de l’eau âcre des jours. Et aussi, je pense à des espèces de martyrs de leur amour, qui chantent et se transfigurent quand ils peuvent, entre les coups et les sévices de tous genres.
C’est que s’aimer au plus beau degré, c’est trouver dans un sentiment la réalité dernière : c’est à la fois un fait net, aussi dur qu’une pierre dans la main : cela EST ; et c’est aussi une « création » — où il y a de nous, de notre pensée consciente, mais du destin aussi, mais de « l’inspiration aussi » comme dans la création d’une œuvre. Ceci est une belle œuvre, mon amour. Un Parthénon est une œuvre, et on peut se dire qu’elle pouvait ne pas être ; mais, une fois fait, il apparaît une fatalité de sa beauté : elle impose au passé ; elle lui impose la nécessité qu’il ne contenait peut-être pas.
Ô je te parlerais, je t’écrirais pendant tout le jour et toute la nuit. Tu es à la fois la Muse, le public, le modèle, le thème et.. la récompense. Il est vrai que tu es aussi mon souverain bien, mon souverain mal, mon besoin, mon aliment, ma mesure du temps.. Que sais-je ? Qu’est ce donc que tu n’es pas dans cet homme ? Dis ?
Jusqu’ici, je ne goûtais pas trop le Cantique des Cantiques ; et je persiste à trouver cela, ce Rahat-Loukoum d’images assez bêtes, une vraie confiserie pour mon goût.
Mais l’idée me.. tricote, et CORONA IMPERFECTA en est, en somme, un à-côté. Il te faudrait deux couronnes, en vérité (une de moins que la tiare — qui n’est pas la mitre). L’une dans les hauteurs. L’autre.. Dame ! Elle existe : il y a des perfections terrestres et même sous-marines, et des élans horizontaux.
Il faudrait, pour mener à bien ce projet (la Corona numéro un. L’autre, je m’en charge) Primo : que le divin Sujet me soutint de toute sa chère âme. Elle a pour fonction, devoir, mission surnaturelle de fournir l’énergie libre aux machines de l’intellect, mille ampères de tendresse par seconde — Mais observe que rien qu’exprimer ceci dans le langage chantant serait un beau succès. Secundo : que j’aie résolu le problème de ce chant même, en profondeur. Il s’agit de se distinguer des lyrismes d’amour connus, et de définir l’union des.. INIMITABLES. C’est tout un vocabulaire à se faire.
Je me fous, d’ailleurs, que cet ouvrage doive demeurer entre nous. C’est toi qui m’importes, et moi.. Nous sommes TOUT ; et le reste n’est que par erreur...
oooooooooo
QUATORZE HEURES TRENTE. Arrive ton béni pneumatique.
J’en pleure de tendresse ; d’abord, parce que..
Et puis ceci : SI TU etc. IL ME SEMBLE QUE TU ÉCRIRAIS TES PLUS BEAUX VERS..
Et qu’est-ce que je viens de te dire, mon Bêta tout chaud ?
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Saturday after lunch
[1943 ?]
I am very unhappy, deeply down-hearted not to see you tomorrow.
Oui, c’est comme un poids, cette étrangeté, que l’absence produise un poids.
Mais la présence, la vraie présence, quand elle est toute et tendre et vive, — elle est légèreté, la vie ailée : l’esprit et les mains prompts, et les yeux un peu fous.
Bref, avec un travail énorme à expédier, je me sens comme buté à l’ennui, accablé — Enfin, triste à l’extrême de la tristesse.
Ô Cause amèrement chérie.. Fais que je puisse être moi quand tu n’es pas là.. Tu m’as dédoré le soleil et dégoûté de tout ce qui n’est pas toi, hommes, femmes, plaisirs, événements, idées.
Je leur ai tenu, ce matin, des propos énormes, avec l’air de rien du tout.. Mais, pour qui m’entendrait bien, il sentirait passer la charrue sur tout ce qui prétend exister..
Pour tuer le temps vide, et donc plein de bile mentale, j’irai tout à l’heure chez Solane.. Et ce soir, dîner chez ton patron..
Je crois que je vais recaler le théâtre proposé pour mercredi soir. J’aime mieux ma mie, et pourtant, il y aura là une exposition (je gage) de toutes les g... de Paris. Si la goélette n’est pas invitée, c’est qu’elle renâcle au truc.
Tu ne m’as pas dit si la marque D[omat] M[ontchrestien] te convenait ?
Été voir Solane.. Eh bien, pas mal du tout. Intelligente. Et la démonstration très instructive. Puis dîner chez ton patron. Soirée en somme bien.
Il a des documents sur JKH de première importance. Il y avait les R (rue des Moulins) qui nous rentrèrent en auto ; et j’y ai gagné une merveilleusement chaude, souple et blanche écharpe en laine du Thibet que R. m’a passée au col.. Il m’a parlé de V[ille] O[uverte] et de mes lithos.
Mais tout ceci ne vaut pas l’Éros. Et je ne pense pas à autre chose.. ALAS.
Monday
Le Sunday s’est passé à l’assemblée ; puis je suis rentré au XLVI, vers six heures. Dicter une heure, du S. M.
Ainsi ce jour ultra-sensible et cruelle clé de toute la semaine pour moi, s’est écoulé dans le néant.
Je joins quelques excréments d’heures à tuer. Une douloureuse facilité. Ersatz verbal. Toutefois, plus certaine activité coronillesque se fait penser, plus j’y trouve un enseignement de première importance. Rien de plus complet.. Et si j’osais, si c’était possible, je ferais de cela une analyse extraordinaire..
Assez encouragé dans ces idées et exercices par la lecture nocturne d’une « Vie de Goethe », et de cette vie à mon âge. Passion de la « connaissance » et passion tout court..
Ceci donne à POLYDORE une valeur unique, et pas toute fiduciaire.. Encore une chose que je voudrais puissamment développer, et dans ma vie et dans mon œuvre. Cela irait plus loin que CORONA, voire CORONILLA.
Il s’agit de ce qui n’est pas à la portée de tous et qui ne peut arriver que par une rencontre inouïe.
Oh, que je sois pour toi ce que tu es pour moi ! C’est le vœu, l’âme de tous mes instants.
1- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 8 janvier 1943.
2- Berthe Morisot, épouse d’Eugène Manet, frère du peintre ; le couple Manet était installé au 40,
rue de Villejust, la maison où habite Paul Valéry de 1902 à sa mort.
3- Paul Valéry est élu à l’Académie française en 1925 ; Gabriel Hanotaux lui avait suggéré le 9 mai
1923 de porter sa candidature au fauteuil de Théophile Delcassé. Il est finalement élu au fauteuil d’Anatole France le 19 novembre 1925.
4- Le médiéviste Joseph Bédier, académicien, a incité en 1936-1937 Paul Valéry à postuler comme
professeur au Collège de France ; il est nommé titulaire de la chaire de poétique le 19 octobre 1937.
5- Voir note 1, p. 11.
6- Pneumatique adressé rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 15 janvier 1943.
7- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 16 janvier 1943.
8- Pneumatique adressé rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 19 janvier 1943.
9- Robert Denoël a fondé sa maison d’édition en 1930. Il entretient dès 1943 une relation
amoureuse avec Jean Voilier, passant quelques jours en sa compagnie à Béduer en août.
10- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 3 février 1943.
11- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris) . Cachet postal du 4 février 1943.
12- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 19 février 1943.
13- Carte postale adressée au château de Béduer (Lot) [biffé], puis rue de l’Assomption (Paris).
Cachet postal du 23 février 1943.
14- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 10 mars 1943.
15- Carton d’invitation adressé à Paul Valéry par le musée des Arts décoratifs.
16- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 24 mars 1943.
17- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 6 avril 1943.
18- Enveloppe adressée au château de Béduer (Lot).
19- Voir note 2, p. 241.
20- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 12 avril 1943.
21- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal illisible.
22- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 26 avril 1943.
23- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal partiellement lisible de 1943.
24- Poème publié dans Paul Valéry, Corona & Coronilla. Poèmes à Jean Voilier, op. cit., p. 15.
25- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 25 mai 1943.
26- Enveloppe adressée au château de Béduer (Lot). Cachet postal du 10 juin 1943.
27- Enveloppe adressée au château de Béduer (Lot). Cachet postal du 11 juin 1943.
28- Mireille Fellous-Loviton, fille de Jean Voilier.
29- Enveloppe adressée au château de Béduer (Lot) [biffé], puis rue de l’Assomption (Paris).
Cachet postal partiellement lisible de Lyon de juin 1943.
30- Il s’agit de la représentation de la Cantate du Narcisse au Théâtre des Célestins, à Lyon, des 16
et 17 juin 1943, due à la collaboration entre Paul Valéry et Germaine Tailleferre en 1939.
31- L’ami et admirateur de Paul Valéry, Julien-Pierre Monod.
32- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 19 juin 1943.
33- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 22 juin 1943.
34- Phrase biffée.
35- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 29 juin 1943.
36- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 8 juillet 1943.
37- Enveloppe adressée au château de Béduer (Lot). Cachet postal du 15 juillet 1943.
38- Gamahucher signifie exciter une zone érogène avec la bouche (cunnilingus).
39- Enveloppe adressée au château de Béduer (Lot). Cachet postal du 19 juillet 1943.
40- Le premier produit est alors utilisé pour calmer l’anxiété et pallier les troubles du sommeil ;
l’autre est un excitant.
41- Enveloppe adressée au château de Béduer (Lot). Cachet postal du 6 août 1943.
42- Paul Valéry quitte Paris le 11 août 1943 pour rejoindre le château de Montrozier où l’accueille
à nouveau Robert de Billy. Il ne séjourne à Béduer que du 6 au 15 septembre.
43- L’éditeur Robert Denoël fait partie des amis reçus par Jeanne à Béduer en cet été 1943.
44- Enveloppe adressée au château de Béduer (Lot). Cachet postal du 9 août 1943.
45- Enveloppe adressée au château de Béduer (Lot). Cachet postal du 12 août 1943.
46- Voir note 2, p. 340.
47- Enveloppe adressée au château de Béduer (Lot).
48- Marcelle Boussion, secrétaire aux Cours de Droit.
49- Enveloppe adressée au château de Béduer (Lot). Cachet de la poste partiellement lisible de
1943.
50- Enveloppe adressée au château de Béduer (Lot). Cachet postal du 19 août 1943.
51- Enveloppe adressée au château de Béduer (Lot). Cachet postal partiellement lisible d’août
1943.
52- Pneumatique adressé rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 18 septembre 1943.
53- Voir note 1, p. 202.
54- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 20 septembre 1943.
55- Il s’agit du séjour de Paul Valéry à Béduer.
56- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 25 septembre 1943.
57- Le 11 octobre 1943, la pièce de Jean Giraudoux Sodome et Gomorrhe est créée au Théâtre
Hébertot à Paris. Parmi les acteurs, le jeune Gérard Philipe.
58- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 29 octobre 1943.
59- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 9 novembre 1943.
60- Voir note 1, p. 202.
61- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 15 novembre 1943.
62- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 22 novembre 1943.
63- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 3 décembre 1943.
64- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 10 décembre 1943.
65- Enveloppe adressée rue de l’Assomption (Paris). Cachet postal du 24 décembre 1943.
66- Dates du séjour de Paul Valéry au château de Béduer.
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