Ma tête a faim !
Régulez les compulsions sucrées
Comme nous l’avons vu, il faut accepter la compulsion, en toute conscience
et sans chercher à tout prix à la supprimer. Elle a sa raison d’être !
L’appel incontrôlable peut être lié à nos comportements alimentaires et à la
consommation de nourriture « doudou », mais il peut également être causé
par un dérèglement plus profond de la glycémie dû à l’augmentation du
cortisol.
Plutôt que de se faire violence en espérant que ça passe, il faut d’abord
comprendre l’origine de ces fringales pour espérer s’en libérer
définitivement…
Le sucre, surtout raffiné, peut être une vraie addiction physiologique, que de nombreuses études comparent à celle provoquée par les drogues dures ! Il permet en effet la libération rapide de dopamine (circuit de la récompense) et d’endorphine (effet euphorisant). Se défaire de cette addiction prend donc du temps : il faut le faire en douceur, lentement mais sûrement.
L’addiction au sucre
Le sucre blanc, le miel ou même les fruits peuvent à terme devenir de réelles
drogues. Quand vous consommez ce type d’aliments réconfortants, le cerveau
déclenche une montée d’endorphine. Cette substance agit sur la douleur, mais elle
est également, et surtout, euphorisante : elle apporte une sensation de plaisir
souvent comparée à celle que procure l’héroïne, une sensation qui peut devenir
hautement addictive. Ce n’est donc pas une dépendance au sucre, mais une
dépendance aux substances que le corps génère lorsqu’on en consomme
régulièrement.
Un arrêt trop brutal peut engendrer fatigue et maux de tête. Un tel arrêt est
aussi susceptible de causer du stress, qui risque d’augmenter les appels de
sucre ! C’est la raison laquelle il importe d’arrêter progressivement et pas
n’importe comment… Puisque les glucides raffinés sont les plus addictifs,
ce sont eux qu’il faut réduire en priorité, d’autant plus si la personne est
physiquement très active et éprouve un grand besoin de bons glucides.
Le sucre des cigarettes
La nicotine seule ne crée pas d’addiction : le sucre y participe grandement ! Chaque
cigarette contient entre 30 et 60 % de sucre selon les arômes. Une feuille de tabac
séchée à l’air libre est infumable. Pour remédier à cela, les industriels ajoutent du
sucre en grande quantité sur les feuilles du tabac et les sèchent ensuite à l’air chaud.
Cela permet de transformer l’amidon naturellement présent dans les feuilles en
sucre et d’adoucir la fumée pour la rendre inhalable. Lors d’un sevrage tabagique, les
symptômes de manque sont dus à la nicotine… mais aussi au sucre : il faut donc
accompagner l’arrêt du tabac d’une alimentation pensée pour se défaire des
compulsions sucrées !
Rappel des grandes règles alimentaires
Voici les grandes règles alimentaires à appliquer pour « décrocher du
sucre » progressivement.
AUGMENTEZ LES PROTÉINES
ET LES GRAISSES DE QUALITÉ
Les aliments riches en protéines et graisses de qualité aident à stabiliser le
taux de sucre dans le sang et facilitent donc le sevrage.
Les protéines activent la sécrétion de glucagon qui favorise le déstockage
des graisses, en empêchant la surproduction de cholestérol par le foie et en
limitant la rétention d’eau. Les protéines apportent en outre une satiété
rapide et durable.
Les graisses sont quant à elles une source alternative de glucose, qui ne
stimule pas à l’excès la production d’insuline et limite les pics glycémiques.
De plus, leur consommation augmente le métabolisme et favorise la perte
de poids.
Pour contrer l’addiction au sucre, ne mangez pas moins… mais plus de protéines et de gras ! Si vous avez besoin de petites collations pendant la journée, choisissez-les riches en protéines et en graisses : des amandes, des noix, du fromage, etc.
LIMITEZ LES GLUCIDES, MAIS SURTOUT
CHOISISSEZ-LES BIEN !
Le sucre appelle le sucre. Si votre glycémie est déréglée, il importe
évidemment de modérer la consommation de glucides. Mais il faut surtout
se déshabituer progressivement des sucres rapides et raffinés. Ces derniers
sont très caloriques et n’apportent pas grand-chose en termes de nutriments. Pour perdre l’habitude d’en manger, il faut les remplacer au fur et à mesure
(et pas d’un coup !) par autre chose.
Bannissez les sucres rapides avant 16 h afin de ne pas lancer le yoyo de
la glycémie. Limitez les féculents et, lorsque vous en consommez,
privilégiez-les avec un index glycémique bas : pain complet ou au
levain, pâtes complètes al dente, pommes de terre à la vapeur. Essayez
de ne pas en prendre le matin et évitez-les le soir.
Les légumes, plutôt que les fruits, doivent devenir votre principale
source de glucides. Assimilés plus lentement (ce qui permet la satiété),
ils ne provoquent pas de pics d’insuline comme le fait le fructose (qui
est un sucre rapide). Consommez les légumes le plus possible crus, car
ils contiennent alors davantage de fibres et d’enzymes qui aident la
digestion.
Préservez le plaisir des sucres rapides (de qualité, bien sûr) au goûter
pour favoriser la synthèse de la sérotonine. Mangez des fruits, des
pâtisseries maison (avec du sucre de coco), des tartines au chocolat
noir… mais évitez tout ce qui est industriel ! En cas d’écart sucré
important, ne culpabilisez pas : supprimer le pain et les fruits le
lendemain.
Les compléments alimentaires pour gérer
les compulsions sucrées
En cas d’excès de cortisol associé à une augmentation des fringales,
quelques compléments bien ciblés permettent d’apaiser les crises tout en
restaurant l’équilibre émotionnel.
LE SAFRAN, ENCORE ET TOUJOURS
Si vous souffrez de compulsions sucrées, le safran est une aide précieuse
par son action bénéfique sur la glycémie et comme précurseur de la
sérotonine, l’hormone de notre bien-être émotionnel.
À titre d’exemple, quelques produits
que je recommande souvent
GESTION DES ÉMOTIONS (www.herbolistique.com) : 3 gélules/j vers 16 h avec un en-cas sucré
ou
HAPPI MOOD (www.happimood.com) : 1 ampoule dans de l’eau vers 16 h avec un en-cas sucré
LE GRIFFONIA (5HTP), LE RÉGULATEUR
DES COMPULSIONS SUCRÉES
Les graines de cet arbuste africain renferment un autre précurseur direct de
la sérotonine, le L- 5HTP, dont l’action sur les compulsions sucrées et les
troubles du sommeil est plus ciblée. Il agit de manière assez spécifique sur
l’inhibition de l’appétit pour les aliments glucidiques, riches en calories. Il
peut être pris en complément du safran.
Quand et comment prendre le 5HTP ?
En cas de compulsions sucrées, je recommande d’ajouter au safran du
5HTP et de le consommer vers 16 h afin de lutter contre les compulsions
sucrées. Le dosage de ce complément peut être affiné en fonction des
résultats du bilan médical : votre médecin peut éventuellement vous
suggérer de prendre une 2e dose vers 21 h si vous souffrez d’envies de sucre
plus tardives et de troubles du sommeil.
Attention, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien avant de consommer un complément alimentaire à base de 5HTP ! Il peut interagir de façon négative avec un traitement pour la thyroïde, un anxiolytique ou un antidépresseur. Il ne faut pas non plus le consommer en cas de grossesse, car il aurait des effets abortifs en augmentant les contractions utérines.
À titre d’exemple, un produit
que je recommande souvent
5HTP (www.herbolistique.com) : 1 gel à 16 h avec un en-cas sucré et une 2e dose vers
21 h.
LE CHROME : L’ALLIÉ DE LA GLYCÉMIE
Les bienfaits du chrome sur notre poids sont nombreux. Il travaille en
équipe avec l’insuline pour stabiliser la glycémie.
Il augmente aussi le métabolisme de base : le corps brûle plus de calories,
dépense plus d’énergie et élimine le gras. Le chrome active donc la baisse
des triglycérides (tout en accroissant le bon cholestérol) et réduit la
fabrication de tissu graisseux au bénéfice de la masse musculaire.
Les aliments riches en chrome : le foie de veau, la levure de bière, les
haricots verts, les brocolis, les pommes de terre, les champignons, les
asperges, le gruyère, les prunes, le jaune d’œuf.
Beaucoup de gens souffrent de carences en chrome, même lorsque leur
alimentation est équilibrée. La quantité de chrome présente dans les
aliments est en effet infime. Face à un problème de glycémie instable ou
de surpoids graisseux important, le besoin de l’organisme en chrome
est plus important. Il importe donc d’autant plus d’user de
compléments.
Mais prendre une supplémentation préventive de chrome pour rester mince
n’a aucun effet. Le chrome n’est efficace que lorsque la personne est en
surpoids. Par ailleurs, il faut se méfier des étiquettes présentes sur les
emballages des produits : le chrome est tendance et les industriels ne se
privent pas d’en ajouter de petites doses pour se revendiquer les bénéfices
de leur produit pour la régulation du poids. Or, il faut une dose minimum de
25 µg, faute de quoi l’apport est inutile au niveau nutritionnel.
À titre d’exemple, un produit
que je recommande souvent
CR COMPLEXE (www.biolive.be) : 1 gel /j en dehors des repas.
LA L-GLUTAMINE : LE COUP DE POUCE
CONTRE LES ENVIES SUCRÉES
La glutamine est un acide aminé précurseur du GABA, un des
neurotransmetteurs clés de la détente et de la récupération nerveuse. Elle
agit sur l’instabilité émotionnelle et semble également avoir un effet sur les
pulsions de sucres ou d’alcool (qui est aussi une source rapide de sucre).
C’est un carburant d’urgence qui se substitue au glucose pour contrecarrer
les appels cérébraux de sucre.
Comment prendre la L-glutamine ?
En cas de fringales importantes et continues, on recommande en général
une dose de 500 mg deux fois par jour entre les repas, par exemple dans la
matinée et dans l’après-midi.
Si vous avez rempli votre journal d’activité (voir l’outil 6), vous devez
normalement avoir identifié les moments où vous craquez. Vous pouvez
alors prendre vos doses de L-glutamine à ces moments clés, de façon
préventive.
Pour un effet rapide instantané, on peut aussi en prendre « à la demande »
en ouvrant la capsule et en faisant fondre la poudre sur la langue. Ce n’est
pas très bon… mais c’est très efficace !
À titre d’exemple, un produit
que je recommande souvent
GLUTAMINE ACTIVÉE (www.herbolistique.com) : 2 gels /j en dehors des repas ou à
la demande sur la langue.
OceanofPDF.com