Étude sur les maladies éteintes et les maladies nouvelles pour servir à l'histoire des évolutions séculaires de la pathologie

CHAPITRE X DE LA GRANDE ÉPIDÉMIE CHOLÉRIQUE DU XIXe SIÈCLE

Ce chapitre est long, il est donc découpé en 5 parties.

554.

[9] Hippocrate, sect. VI, aph. 29.

[10] Sénèque, epist. XCV.

[11] Quand on fait peser sur les goutteux la responsabilité de leur

maladie, on ne songe qu’à la goutte acquise. On oublie trop l’hérédité qui peut la transmettre aux individus menant la vie la plus régulière. Je l’ai vue chez des femmes qui n’étaient pas encore dans les conditions physiologiques exigées par Hippocrate, et qui auraient mérité l’admiration de Sénèque.

[12] Sur 80 goutteux qu’il a traités à Vichy, M. Charles Petit compte

78 hommes et 2 femmes.

[13] e Gui Patin qui constatait au XVI siècle la retraite à peu près

définitive de la lèpre ou ladrerie, a écrit à ce sujet une lettre dont j’extrais un passage qui renferme des détails curieux.

«Il n’y a pas longtemps qu’on me fit voir ici un Auvergnat malade,

lequel était soupçonné de ladrerie; peut-être que sa famille en avoit quelque renom, car pour sa personne il n’y en avoit aucune marque. Cela me fit souvenir de quelques familles de Paris qui en sont soupçonnées; mais actuellement, nous ne voyons ici aucun ladre, si ce n’est à l’égard de l’esprit ou de la bourse. Autrefois il y avoit un hôpital dédié pour les recevoir au faubourg Saint-Denis. On n’en voit aucun ni en Normandie, ni en Picardie, ni en Champagne, quoique dans toutes ces provinces il y ait des maisons qui leur étoient destinées, et qui sont converties en hôpitaux de pestes. Autrefois on prenoit pour ladres, des vérolés que l’ignorance des médecins et la barbarie du siècle faisoient prendre pour tels. Néanmoins, il y a encore des ladres en Provence, en Languedoc et en Poitou.» (Gui Patin, Lettres, t. III, lettre CCCCXLI, édition Réveillé-Parise. Paris, 1846.)

[14] Ch. Anglada, Traité de la Contagion, t. I, p. 305.

[15] Bordeu, Œuvres complètes, 1818, t. II, p. 679.

[16] Remplacez le mot scorbut par celui de gastro-entérite; ne

dirait-on pas que Bordeu dépeint l’inauguration de la réforme de Broussais? Aujourd’hui c’est le tour de la fièvre typhoïde.

[17] Félibien, Histoire de Paris, t. II, p. 776.

[18] Sauval, Antiquités de Paris, t. II, p. 558.

[19] Bœrsch, Essai sur la mortalité à Strasbourg. Strasbourg,

1836, in-4o p. 101.

[20] Mézeray, Histoire de France, t. II, liv. V, p. 853.—1685.

[21] Voyez le beau rapport présenté au ministre par M. le

professeur Caizergues sur l’épidémie vulgairement connue sous le nom de grippe qui a régné à Montpellier en 1837.

[22] De Kergaradec, Rapport sur les épidémies qui ont régné en

France pendant l’année 1862. (Mémoires de l’Académie impériale de Médecine. Paris, 1863-64, t. XXVI, p. CCXXIV.)

[23] o Gazette des hôpitaux , n du 20 mars 1849.

[24] Hippocrate, Œuvres compl. Trad. Littré, t. V, p. 140. Voy. pour la description de l’ophthalmie consécutive, Annales

d’oculistique, t. XI, p. 76 et 119.

[25] Gazette médicale de Paris, 1846.

[26] Ozanam, Hist. méd. des malad. épid., t. IV, p. 259.

[27] Ozanam, ibid., t. IV, p. 268.

[28] Ozanam, Hist. méd. des malad. épid., t. IV. p. 293.

[29] Requin, Pathologie médicale, t. II, p. 490.—Voyez Desnos,

Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques. Paris, 1864, tome I, art. A .

[30] C’est en 1845, que M. Roussel publia son premier travail, sous

ce titre: De la Pellagre, de son origine, de ses progrès, etc. Pendant les vingt années qui ont suivi, il n’a cessé de s’occuper de ce sujet et en a présenté un exposé plus exact et plus complet: Traité de la Pellagre et des Pseudo-Pellagres. Paris, 1866, in-8.

[31] Billod, Traité de la Pellagre, etc. Paris, 1865, p. 5.

[32] Charles Bœrsch, Essai sur la mortalité à Strasbourg. 1836, p.

96.

[33] Littré, Des grandes épidémies (Revue des Deux Mondes,

1836, 4 e série, t. V.)

[34] Plutarque, Œuvres meslées, trad. d’Amyot. Question

neufiesme. Paris, MDCIII, t. II, p. 219.

[35] Plutarque, ouv. cit., t. II, p. 224.

[36] Joannis Philippi Ingrassiæ, de tumoribus præter naturam, cap.

I, p. 205, Neapoli, 1552.

[37] Makittrick, De febre Indiæ occident. maligna flava, Balding, t. I,

p. 91.

[38] Fouquet, Obs. sur la Constitution des six premiers mois de l’an

V, à Montpellier. Montpellier, 1798 (passim).

[39] Berthe, Précis hist. de la maladie qui a régné dans

l’Andalousie, p. 135. Paris, 1802.

[40] Sprengel, Hist. de la Méd., trad. Jourdan, t. II, chap. IX,

Maladies nouvelles. Paris, 1835.

[41] Gruner, Morborum antiquitates. Vratislaviæ, 1774.

[42] Ch. Bœrsch, Essai sur la mortalité à Strasbourg, première

partie, chap. III, p. 78.—Maladies épidémiques.—Maladies nouvelles.

[43] Fuster, Maladies de la France, appendice, première sect.

Paris, 1840, p. 256.

[44] Hippocrate, Œuvres complètes, trad. E. Littré. Paris, 1839-

1866, 10 vol. in-8.

[45] e Littré, Revue des Deux Mondes , 1836, 4 série, t. V.

[46] Galien, édit. Kuhn, t. XV, p. 429.

[47] Mariæ Lancisi, Opera, § 9, 1718. De adventitiis romani cœli

qualitatibus.

[48] Sydenham, Dissertatio epistol. ad Guillielmum Cole, opera

omnia, t. I, p. 242.

[49] M. Daremberg considère l’épidémie comme une maladie

sévissant sur un grand nombre d’individus à la fois, ordinairement grave, souvent nouvelle. (Hippocrate, Œuvres choisies, trad. Daremberg, p. 226. 1843.)

La seule différence qui me sépare ici de mon savant confrère, c’est

que, pour moi, la nouveauté est surtout le partage des grandes épidémies.

[50] Fuster, Des Maladies de la France, p. 261 et suiv.

[51] Noah Webster, A brief history of epidemic and pestilential

Diseases, with the principal phenomena of the physical world which precede and accompany them, and observations deduced from the facts Stated. Hartford, 1799.

[52] Calmeil, De la folie, considérée sous le point de vue

pathologique, philosophique, historique et judiciaire.... Description des grandes épidémies de délire qui ont atteint les populations d’autrefois et régné dans les monastères. Paris, 1845.

[53] Les documents recueillis plus tard par l’histoire ne sont que

des extraits presque textuels de Thucydide. Diodore de Sicile, qui écrivait du temps de César et d’Auguste, rappelle les chiffres approximatifs de la mortalité générale; mais il ne dit pas un mot des symptômes. (Voy. Biblioth. hist., lib. XII, p. 110. Hanoviæ, MDCIIII.)

[54] Θουκυδιδου περι του πελοπουνησιακος πολεμου βιβλια ῆ—

Thucydidis de bello peloponesiaco, libri VIII, p. 130-135. Excudebat Henricus Stephanus, MDLXXXVIII.

[55] Cette circonstance, si souvent vérifiée depuis pendant le cours

des maladies populaires, avait assez frappé Thucydide pour qu’il y revienne dans un autre passage.

[56] Φλυκταίναις μικραις καὶ ελχεσιν.

[57] On ne saurait trop admirer la sagacité de Thucydide lorsque

on le voit attribuer à l’ulcération (ελκωσεως) de l’intestin les évacuations colliquatives qui emportaient les malades. Il devançait ainsi de vingt-trois siècles la découverte d’un fait anatomo-pathologique qui devait être si abusivement généralisé par l’école de Broussais.

[58] Le jeu de mots qu’on prêtait à l’oracle n’existe qu’en langue

grecque. λοίμος signifie peste, et λίμος, qui n’en diffère que par une

lettre, veut dire famine. Il est probable que la prononciation en faisait le même mot.

[59] Thucydide, ouvr. cit., p. 232.

[60] «Quum igitur ignem per totam Athenarum urbem incendi

jussisset, non simplicem accensionis materiam, verum serta floresque suavissimos alimentum ipsius esse consuluit, unguentaque pinguissima et odorifera ipsis perfundi jussisset, ut aerem purum hoc modo redditum homines in mali subsidium respirarent.» (Galeni ad Pisonem de Theriaca liber. Ed. Kuhn, t. XIV, p. 281.)

[61] Actuarii Joannis meth. med., lib. v, p. 202. Venetiis, MDLIIII. La

formule de ce prétendu antidote, échantillon ridicule de la polypharmacie ancienne, porte ce titre: Antidotum Hippocratis ad morbum pestilentialem quo usus corona Athenis est donatus.

Galien ne dit pas un mot de ce remède. D’après lui, la prescription

d’Hippocrate se serait bornée à la désinfection de l’air. Pestem illam... non aliter curaverit quam aeris mutatione alterationeque. (Ibid.)

[62] Voy. la prétendue lettre d’Hippocrate. (Œuvres complètes,

trad. Littré, t. IX, p. 317.)

[63] Cette discussion est parfaitement exposée par M. Littré dans

sa traduction d’Hippocrate (t. I, p. 39). Il y revient encore à propos de nouveaux documents (t. VII, p. XXIV). Les pièces falsifiées dont il s’agit sont réunies sous ce titre: Lettres, décrets et harangues (t. IX, p. 312).

Il y a quelques années qu’un philologue éminent, M. Pétersen, a

repris la question. M. Littré, après avoir examiné de près ses interprétations, n’en persiste pas moins à traiter de fabuleux le récit contenu dans le Discours, «quand même il y aurait un fait réel, c’est-à-dire, une maladie épidémique autre que la grande peste et qui parcourut la Grèce.» (T. VII, p. XLI.) Voici comment il résume son opinion: «La peste dont il est question dans le Discours n’est pas la grande peste de Thucydide. Les dates indiquées empêchent de l’admettre, ainsi que les circonstances de l’invasion. Mais comme cette peste n’a pas d’autre garantie que le Discours, qui est lui-même un sujet de doute, on ne sait si elle est un fait réel ou due soit à l’imagination d’un rhéteur, soit à quelque confusion.» (Ibid., p. XLIII.)

[64] A. Krauss, Disquisitio historico-medica de naturâ morbi

Atheniensium à Thucydide descripti. Stuttgard, 1831, p. 38.

[65] Littré, Des grandes Épidémies. (Revue des Deux Mondes,

1836, 4 e série, t. V.)

[66] «Existente igitur anno austrino, humido et leni hyeme quidem

salubriter agebant.» (Hippocratis, opera omnia, Foësio authore. Francofurti, MDXCVI.—De morbis vulgaribus, lib. III, sect. III.—Status pestilens.)

[67] Lucretii de rerum naturâ, lib. VI, vers. 1117-1135.

[68] Diodori Siculi, op. cit., lib. XII.

[69] Pausanias, lib. X, cap. 37.

[70] On raconte que Charles-Quint partageait la croyance

populaire à l’empoisonnement des eaux. Il avait soin, quand il marchait en tête de l’armée, de porter une corne de licorne qui lui servait de gobelet pour puiser aux sources qu’il trouvait sur sa route. Cette corne passait alors pour posséder la vertu de neutraliser les agents vénéneux, qu’on supposait dissous dans le liquide de la boisson. (Guyon, Hist. chronol. des épid. du nord de l’Afrique, p. 99. Alger, 1848.)

[71] Hildenbrand, du typhus contagieux, trad. de l’allemand, par

Gasc. Paris, 1811.

[72] Hildenbrand a vu la gangrène du nez suivre le typhus. Il a

observé, en 1806, à Cracovie, pendant le règne d’une épidémie, des gangrènes presque sèches des mains et des pieds dont la peau se détachait sous forme de gants et de bas. (Ibid., p. 163.)

[73] Hildenbrand, ouvr. cit., p. 163-165.

[74] Plutarchi, Vitæ parallelæ.—Pericles, tom. I, p. 386. Londini,

1729.

[75] «Per id tempus videtur corripuisse pestis Periclem non perinde

ut cæteros, acris et acuta, sed quæ lento morbo diuturnoque, et sæpius alternante corpus ejus sensim conficeret et vim obtunderet mentis.» (Plutarchi, Vitæ parallelæ, t. I, p. 381.)

[76] Barthélemy, Voyage du jeune Anacharsis. MDCCLXVIII, t. I, p.

319.

[77] Æliani Varia Hist., lib. XIII, cap. XXVII, 1731.

[78] Augustus Schoencke, de Peste Periclis ætate Athenienses

affligente. Lipsiæ, MDCCCXXI, p. 36.

[79] Plutarchi, Parallela, t. III, Périclès.

[80] Biblioth. histor., t. II, lib. XII, p. 101. Hanoviæ, MDCIIII.

[81] Caroli Mertens, Observ. med. de febribus putridis, etc.

Vindobonæ, 1778, p. 179. Je note par anticipation que Mertens, qui s’y connaît, distingue la peste d’Athènes de celle qu’il avait sous les

yeux; ce qui ne veut pas dire que je partage sa conjecture sur son étiologie initiale.

[82] Dalmas, Dict. de méd. en 30 vol. Paris, 1844, art. Typhus.

[83] Thucydide, ouvr. cit., p. 86.

[84] Cadavera intacta à canibus et vulturibus tabes absumebat,

satisque constabat nec illo nec priore anno in tanta strage boum hominumque vulturium usquam visum. (Titi Livii Decades. Parisiis, MDXLIII, p. 314, Decadis quintæ lib. I.)

[85] Schnurrer, Chronic. d’Epid., II, p. 69.

[86] Giovanni Boccaccio, Il Decamerone. Londra, 1757, t. I, p. 5.

Giornata prima.

[87] «Is (pestis) tantopere illos adflixit, ut peditum ultra IV. M.

equites CCCC, tum et cætera multitudinem et liberorum capitum et servitutem servientium plus quam X.M. amitterent.» (Diodori Siculi, op. cit., lib. XII, p. 110.)

[88] Barthélemy, Voy. du jeune Anacharsis, etc. T. II, p. 119. Paris,

MDCCLXXXVIII.

[89] «Dans presque toute la Grèce, le nombre des esclaves

surpasse infiniment celui des citoyens..... On en compte environ quatre cent mille dans l’Attique.» (Barthélemy, ibid., p. 109-110.)

[90] Barthélemy, ibid., p. 113.

[91] Ibid., p. 117.

[92] Si j’ai exposé trop minutieusement peut-être, cette statistique,

c’est que j’ai découvert plusieurs inexactitudes typographiques dans le passage où M. Littré s’occupe de cette question. (Hippocrate, trad. Littré, t. I, p. 429.) La population d’Athènes y est élevée à 400,000 âmes, chiffre qui n’a été donné nulle part à ma connaissance. La mortalité y est portée à la somme inouïe de 80,000, etc. Je ne signale ces erreurs que pour éviter, à mon propre calcul, le reproche qu’il semblerait mériter par comparaison, et j’ai pris la précaution d’exprimer toujours mes nombres en toutes lettres.

Gibrat, auteur d’une Géographie ancienne qui mérite encore d’être

consultée, a donné le relevé de la population d’Athènes du temps de Démétrius de Phalère, un siècle environ après Périclès. «On y comptait, dit-il, 71,000 habitants dont 21,000 citoyens, 10,000 étrangers et 40,000 serviteurs ou esclaves.» (T. I, p. 132, Paris, MDCCXC.)

[93] Lucrèce, lib. VI, vers. 1205-6.

[94] Lucrèce, De la nature des choses, poëme traduit en prose.

Paris, 1845, p. 457.

[95] De Pongerville, ouvr. cit., note 39.

[96] Krauss. Disquisitio historico-medica, etc., p. 25.—«Est autem

verisimile medicos, abscindendo artus imprimis pudenda, prohibere quin prorepens ad intima vitam ipsam extingueret malum tentavisse. Ergo Lucretius ita interpretans non reprehendus est.»

[97] Cit. par Krauss, Disquisitio historico-medica, etc., p. 25.

[98] Je me dispenserai de discuter l’opinion de Réad, qui attribue

la peste d’Athènes à une intoxication par l’ergot de seigle. Cette hypothèse ne supporte pas l’examen; et quoique l’auteur avoue qu’il n’y tient nullement, il eût été plus sage de la passer sous silence. (Voy. Réad, e Traité du seigle ergoté , 2 édit. Metz, MDCCLXXIV, p. 52-53.)

[99] Il paraît que Jean-Pierre Frank, qui professait la thérapeutique

spéciale à Vienne, émit, en passant, le soupçon que Thucydide avait peut-être désigné la scarlatine. Jean Malfatti, un de ses auditeurs, s’empara de cette idée, et la publia plus tard comme fait incontestable. (Encyclop. des sc. médicales, pathologie, de J. Frank, t. II, p. 99.)

[100] Julius Rosenbaum, Extraits et discussion de l’Histoire de la

Syphilis dans l’antiquité, traduits par Jos. Santlus. Bruxelles, 1847, p. 263.

[101] Le travail où M. Krause expose et défend cette opinion porte

ce titre: Ueber das alter der Menschenpocken, etc., Recherches sur l’âge de la variole et de quelques autres exanthèmes, Hanovre, 1825. M. Littré en a donné un résumé dans l’argument du 2e livre des Épidémies, t. V, p. 62 et suiv.

On en trouvera aussi une brève analyse dans le Bulletin Férussac

des sciences méd., t. IV, p. 240.

[102] Consulter sur ce point l’écrit déjà cité, Disquisitio historico-

medica, etc.

L’auteur, M. Auguste Krauss, qu’il ne faut pas confondre avec M.

Théodore Krause, que je viens de nommer, n’adopte pas, sur la question de diagnostic différentiel que j’examine, l’opinion de son compatriote.

[103] Prus, Rapport à l’Acad. roy. de Méd. sur la Peste et les

Quarantaines. Pièces et documents, p. 238. Paris, 1846.

[104] Prus, Rapport, pièces, etc., p. 236.

[105] Prus, Rapport, pièces et documents, etc., p. 236.

[106] Titus Livius, op. cit., lib. V.

[107] Prus, Rapport, pièces et documents, cit., p. 237.

[108] Ozanam, Hist. méd., des malad. épid., 1835, t. IV, p. 5, chap.

de la Peste.

[109] «La maladie connue sous le nom de peste d’Athènes, nous

offre plutôt les symptômes d’un typhus compliqué d’une éruption difficile à caractériser et d’eschares gangréneuses, que ceux de la peste orientale. (Prus, Rapport sur la peste..., p. 12.) Ce n’est pas le moment de demander à Prus ce qu’il entend par un typhus compliqué d’une éruption difficile à caractériser. Il me suffit de noter qu’il distingue la maladie ancienne de la peste orientale qui est l’objet de son rapport.

[110] e Littré, Argument du 2 livre des Épid., trad. d’Hippocrate, t. V.

[111] Pièces et documents, cit. p. 237.—Je me prévaux ici de

l’opinion déjà exposée de M. Daremberg, dans ce qu’elle a de favorable à la mienne.

[112] Daremberg, Pièces et documents, p. 234.

[113] Moïse, Livre de l’Exode, chap. IX, vers. 9 et 10.

[114] Ovidii Nasonis Metamorphoseon, lib. VII, p. 514, vers. 528 et

seq. Amstelodami, MDCCXXVII.

[115] Dionysii Halicarnassensis, opera omnia, t. I, p. 594, MDCCIV.

[116] Papon, de la Peste, an VIII, t. I, p. 55.

[117] Fodéré, Traité de méd. légale, 1813, t. V, p. 392.

[118] Guyon, Hist. chronol. des épid. du Nord de l’Afrique depuis

les temps les plus reculés jusqu’à nos jours. Alger, 1848.

[119] Prus, Rapport sur la peste et les quarantaines, p. 12 à 14.

[120] Prus, Discussion, p. 903.

[121] Littré, Revue des Deux Mondes, 1836.

[122] Diodori Siculi bibliothecæ historicæ, lib. XIV, p. 291, t. II.

Hanoviæ, MDCIIII.

[123] Thom. Sydenham, opera medica: variolæ anomalæ hujus

constitut. Genevæ, MDCCLXIX, t. I, sectio quarta, p. 123, sectio quinta, p. 145.

[124] Pariset eut occasion, dit-il, de traiter dans le voisinage de

l’Ombos «quelque reste d’une singulière fièvre qui réunit en soi le double caractère de la fièvre intermittente pernicieuse et du typhus contagieux, et qui, partant du Sennaar, où elle se forme, marche sur les pas des caravanes, s’introduit avec elles dans l’intérieur de l’Égypte, et s’y répand depuis les cataractes jusqu’au Caire.» Cette

fièvre intermittente et contagieuse est le vhapchap du Sennaar, qui avait été observé par Bruce. Pariset rencontra des malades atteints de cette dangereuse fièvre dans la haute Égypte, à Daraoueh, près de Koum-Ombou. Quelques doses de sulfate de quinine suffirent pour les en délivrer. (Pariset, Mémoire sur les causes de la peste, 1837, p. 78 et 221.)

[125] Hildenbrand, du Typhus contagieux, p. 75.

[126] Hildenbrand, ibid., p. 81.

[127] Suétone, Duodecim Cæsares, Nero, cap. XXXIX.

[128] Cornelii Taciti, Annales, lib. XVI, p. 251, MDXLIIII.

[129] J’ai dit avec quel talent et quel esprit de suite ce médecin a

étudié ce groupe de maladies. Nous lui devons une dissertation remarquable sur la peste Antonine: De peste Antoniniana commentatio: Scripsit Car. Hecker D. M. Historiæ medicæ in Universitate berolinensi, professor publicus ordinarius. Berolini, 1835. —Ce travail, aussi bien écrit que sagement pensé, m’a été d’un grand secours pour la rédaction de ce chapitre.

[130] Cette épidémie a été ainsi désignée parce qu’elle apparut

sous le règne des Antonins.

[131] Ammian. Marcellin., rerum gestarum, lib. XXVIII, cap. VI, p.

402. Lugduni Batav., 1693.

[132] Eutrope ne précise pas plus que les autres historiens le

chiffre total des décès. Mais il nous apprend que toutes les classes de la population civile comptèrent un grand nombre de victimes, et que des corps entiers de troupes furent emportés. (Breviarium rerum Romanarum, lib. VIII, in Historiæ romanæ scriptores latini veteres, t. I, p. 657, MDCIX.)

[133] Vita Galeni conscripta ab Ackermanno, t. I, édit. de Kuhn.—

S’agit-il d’une recrudescence prévue de l’épidémie, qui n’aurait pas désemparé depuis son invasion? L’émotion de Galien et sa fuite précipitée donneraient plutôt à penser que la maladie, qui semblait éteinte, reprit à l’improviste son œuvre momentanément interrompue.

[134] «...In gravis hujus pestilentiæ initio, quæ utinam aliquando

cesset!» (Method. med., lib. V, cap. XII.)

En fouillant les textes de Galien qui pouvaient m’éclairer, j’y ai

acquis la preuve que la peste régnait aussi pendant qu’il écrivait son beau traité de præsagitione ex pulsibus. «In pestilentia, dit-il, qualis nostra memoria fuit, ET VIGET ETIAM NUNC.» (Lib. III, cap. IV.)

[135] «Est opus (Method. medendi) Galeni jam senis, in quo et

plurimos suos libros citat.» (Vita Galeni ab Ackerman. Kuhn, t. I, p.

CXXVI.)

[136] Historiæ romanæ scriptores latini veteres, etc., t. II, p. 304.

Aureliæ Allobrogum, MDCIX.

[137] C’est ainsi qu’il redresse puérilement quelques expressions

médicalement incorrectes: cor (καρδια) employé pour os ventriculi (το στομα της γαστρος) (t. V, p. 275, édit. Kuhn)—purgatio, expurgatio (καθαρσις, αποκαθαρσις), employés pour evacuatio (κενωσις) (t. XVII, 2e part., p. 168). Ce dernier reproche lui tient même à cœur, puisqu’il le reproduit, dans les mêmes termes, au t. XVI, p. 106.

[138] M. Littré fait, à ce propos, la remarque fort juste, que «si nous

n’avions pas le récit de Thucydide, il nous serait fort difficile de nous faire une idée de la maladie qu’a vue Galien et qui est la même (comme M. Hecker s’est attaché à le démontrer) que la peste d’Athènes.» (Hipp. Trad., t. I, p. 122.)

[139] Hecker, Commentatio, p. 19.

[140] Galien indique par le mot μυριους, le nombre des malades

qu’il assure avoir traités. Son traducteur latin a écrit sexcentos (t. IX, p. 357), ce qui ne représente pas ici un chiffre précis. C’est une forme de langage très-usitée, qui désigne seulement un nombre élevé. Un ancien a dit dans le même sens: «Uterus sexcentarum ærumnarum mulieribus causa.» Du reste, si Galien avait en réalité vu et soigné six cents malades, on serait mal venu à se montrer plus exigeant.

[141] Galien parle souvent de maladies épidémiques, sous le nom

générique de λοιμος, pestis. On est averti qu’il fait allusion à la peste Antonine par les épithètes qu’il lui accole: pestis longa, longissima, diuturna, magna, maxima, gravis, immanis. (Passim.)

[142] Commentar. I, in Hippocratis lib. VI, epidem., aph. 29.

[143] Εφελκις, ulcerum crustula. (Castelli, lexicon, art. Ephelcis.)

[144] Galien, Method. med., lib. V, cap. XII.

[145] Galien, Method. med., lib. V, cap. XII.

[146] Galien, De præsagitione ex pulsibus, lib. III, cap. IV.

[147] Galien, Quod animi mores corporis temperamenta sequuntur,

cap. V. (T. IV, p. 788.)—Galien ne précise pas la période où se montrait cette forme de délire tranquille. D’après un rapprochement qu’il fait, il est à croire qu’il l’a observé surtout pendant la convalescence des atteintes très-graves.

[148] Galien, t. X, p. 360.

[149] Galien, De præsagitione ex pulsibus, lib. III, cap. IV.

[150] De atra bile, cap. IV.

[151] Galien, De usu partium, lib. III, cap. V.—Quoique Galien ne

parle que de la mortification des orteils, il est probable que ces organes n’en ont pas été le siége exclusif. Quant aux gangrènes de la région sacrée, leur développement est favorisé, comme on sait, par le contact irritant des matières évacuées, et le décubitus dorsal prolongé.

[152] Galien, De præsagitione ex pulsibus, lib. III, cap. III.

[153] Galien, De præsagitione ex pulsibus, lib. III, cap. IV.

[154] Barthez, Nouv. élém. de la sc. de l’homme, t. II, CCXLV.—On

a donné bien des définitions des maladies malignes. Tissot les comparait A UN CHIEN QUI MORD SANS ABOYER. On les appelle, en ce sens, insidieuses.—Sennert les caractérise avec autant de justesse que d’esprit, dans le passage suivant: «Morbus malignus..... etsi periculosus sit, tamen accidentia pleraque sæpe non admodum violentia et sæva habet; unde simulatâ benignitate non rarò ægros et medicum fallit, et de quibus salutis spes concipitur, præter spem atque inopinatò moriuntur. Similes nimirum sunt tales morbi hominibus malis qui aliud vultu et verbis præ se ferunt, aliud corde occultant et factis præstant.» (De morbis malignis, t. I, cap. IX, p. 363.)

[155] Auguste Krauss, Disquisitio historico-medica de natura morbi

Atheniensium, op. cit., cap. XI; febris æthiopica Galeni ætate Romam vexans.—Charles Hecker, Commentatio cit. de peste Antoniniana.

[156] Voy. Fodéré, Leçons sur les épidémies: du typhus oriental ou

de la peste, t. IV, p. 167, 1824.—Méd. légale, t. V, p. 390 et 392.— 1813.—Ozanam, Hist. des malad. épid., t. IV, p. 9-1835.

[157] Galeni Op., t. XII, p. 191.

[158] Galien, Meth. med., lib. V, cap. XII, passim.

[159] Galien, Method. med., lib. V, cap. XII (t. X, p. 367).

[160] Galien, De simplicium medicamentorum temperamentis et

facultatibus, lib. IX, cap. I.

[161] Le bol d’Arménie (Bolus Armena) n’était qu’une terre

argileuse tirée de Perse et d’Arménie, qui devait sa couleur rouge à de l’oxyde de fer (Dict. de mat. méd. de Mérat et de Lens, art. B . Paris, 1829, t. I, p. 630). Galien, avant de le préconiser comme un puissant antipestilentiel, en faisait grand usage à titre d’astringent et de dessiccatif, dans le traitement des plaies et ulcères.

[162] Ch. Anglada, Étude sur les spécifiques d’affection et les

spécifiques d’organes. 1843.

[163] Morgagni se livrait dans un hôpital à l’étude de la variole,

lorsque deux malades succombèrent sous ses yeux. «Averti par cet

exemple, dit-il, je ne voulus jamais visiter ensuite de ces malades, pas même lorsque je fus appelé chez des princes.» (Lettre 49, § 33.)

Voilà un aveu dont la naïveté dépasse les limites du genre; ce qui

n’empêche pas Morgagni d’occuper un rang élevé parmi les écrivains médicaux.

[164] Le sort du bol d’Arménie fait penser à une autre grandeur

pharmaceutique bien déchue, je veux dire la Thériaque d’Andromaque, dont Galien avait religieusement gardé la formule et qu’il préparait avec tant de mystère. On sait que sa confection était encore au e XVII siècle l’objet d’une solennité dont la mise en scène provoque aujourd’hui le sourire. Ce monstrueux électuaire, si renommé pour ses vertus antidotiques et antipestilentielles, se composait primitivement de 64 substances dont l’association semble mettre en cause la raison de l’inventeur. (Charas, Pharmacopée, p. 206. Paris, MDCCLXXXI.) Bordeu a dépensé bien de la verve en écrivant l’apologie de «ce chef-d’œuvre de l’empirisme qui est suivant le cœur, suivant l’instinct ou suivant le goût de tous les hommes.» (Œuv. compl., t. II, p. 564.) En dépit de sa prédiction qui lui promettait une éternelle vogue, la thériaque, revue et considérablement diminuée, est bien discréditée dans la pratique actuelle. Elle doit la petite place que lui a gardée la matière médicale à quelques substances actives qu’elle renferme, notamment à l’opium. Mais personne ne la croit indispensable, et on lui préfère bien des succédanés.

[165] e Voy. Hippocrate, trad. de Littré, Argum. du 2 livre des épid.,

t. V.

Dans le travail déjà cité où M. Krause cherche à établir l’existence

de la variole dans l’antiquité, le document fourni par Cassius figure parmi les arguments invoqués à divers titres.

[166] Dion Cassius, Excerptæ historiæ ab Joanne Xiphilino.

Commodus. XVIII, p. 290. Excudebat Henricus Stephanus MDXCII.

[167] Dion Cassius, ibid. Domitianus, XII, p. 235.

[168] Les ennemis de Gallus l’accusèrent de s’être défait de son

collègue par un crime. La version que je rapporte est généralement adoptée par les historiens (Eutropii Romana historia, lib. X, p. 127. Basileæ, MDXXXII, et Aurelius Victor, Historiæ romanæ script. latini veteres, t. I, p. 619 E, de Cæsaribus).

[169] Eusebii Pamphilii Eccles. hist., lib. VII, cap. XXII.

[170] Pomponius Lætus, Roman. hist. compend. in script. latini

veteres, t. II, p. 559.

[171] Trabelli Pollionis, Gallieni duo in hist. rom. script. cit., t. II, p.

373.

[172] Georgii Cedreni compendium historiarum ex versione

Xylandri, p. 258 B.—Joannis Zonaras monachi.... Annales, t. I, lib. XII, p. 628. Parisiis, MDCLXXXVI.—Ea labes, dit Pomponius Lætus, vix intra decem annos finem invenit.

[173] Eusebii Pamphilii Ecclesiast. hist., lib. VIII, cap. XXII, De

morbo qui tum grassatus est.

[174] Sancti Cypriani Episcopi Carthaginiensis Opera, lib. de

Mortalitate, p. 229. MDCCXXVI.

Pour qu’on puisse juger du ton général de cette œuvre, bien digne

de celui qui passe pour le premier des Pères vraiment éloquents, j’en ai extrait quelques lignes, avec le regret de ne pas la reproduire en entier.

«Potius, fratres dilectissimi mente integra, fide firma, virtute

robusta, parati ad omnem voluntatem Dei simus, pavore mortis excluso, immortalitatem quæ sequitur cogitemus. Hoc nos ostendamus esse quod credimus, ut neque carorum lugeamus excessum, ut cum accersitionis propriæ dies venerit, incunctanter et libenter ad Dominum, ipso vocante, veniamus.»

[175] Sancti Cypriani Op. cit., p. 232, lib. de Mortalitate.

[176] Je fais remarquer dès à présent que Cyprien note

expressément comme Thucydide la chute spontanée des parties gangrénées. «Membrorum partes contagio morbidæ putredinis amputantur.» Il ne saurait y avoir d’équivoque. L’art est resté étranger à cette opération naturelle.

[177] Ozanam, Mal. épid., 1835, t. IV, p. 9.

[178] A. Krauss, Disquisitio cit., p. 54.

[179] Schnurrer serait ici en défaut, puisque M. Hecker assure (Op.

cit., p. 10) que tous les historiens s’accordent pour désigner la Mésopotamie.

[180] Le mot lœmos (λοιμος) emprunté aux anciens, indique

l’antiquité de la maladie. Quant à la qualification de pustuleux que j’y adjoins, elle rappelle qu’il s’agit d’une fièvre à éruption tranchée. Ce caractère est pathognomonique. S’il était bien avéré qu’il a manqué à la maladie du IIIe siècle, elle serait ipso facto séparée des deux autres.

[181] Eusebii Pamphili Ecclesiastica historia, lib. IX, cap. VIII, p.

355. Parisiis, MDCLIX.

[182] Nous avons vu que dans d’autres épidémies, les animaux

fuyaient les corps morts ou tombaient frappés en les touchant. Peut-on conclure que la maladie décrite par Eusèbe n’était pas généralement contagieuse? que son virus était moins actif? ou que les animaux étaient réfractaires à ses effets? Je remarque que l’historien ne dit pas, cette fois, un seul mot de la contagion.

[183] Eusèbe Pamphile, loco cit.

[184] Galien, t. II, p. 224 et 803.—T. VII, p. 293.—T. X, p. 979.—

Paul d’Égine, IV, 25.

[185] Hippocrate, trad. Littré, t. V, p. 53.

[186] L. Leuret, Note sur la fréquence des affections

charbonneuses à Chartres. (Annales d’hygiène publique, t. XVIII, p. 489. 1837.)—Voyez Raimbert, Nouveau dict. de médecine et de chirurgie pratiques, art. C , Paris, 1867, t. VII, p. 143.

[187] L’éraillement de la paupière inférieure est souvent la suite

d’une pustule maligne qui a siégé sur cette partie sans intéresser le globe de l’œil, ni compromettre la vue. Il est, en France, des localités où la fréquence de l’ectropion atteste l’endémicité des fièvres charbonneuses, dont le virus s’est mis en contact avec l’homme par cette voie spéciale.

[188] Plinii secundi Historiæ... lib. XXVI, p. 469. Parisiis, 1543.—

Corn. Celsi, de medicina lib. quintus, cap. XXVIII, p. 236, De Carbunculo.

[189] Plinii op. cit., ibid.

[190] Le charbon siégeant sous la langue rappelle le glossanthrax

des herbivores, souvent épizootique en France, en Suisse, en Allemagne. En 1731, Sauvages le vit régner dans le Languedoc, sur cette classe d’animaux, à l’exception du mouton.

[191] Fournier, Observations et expériences sur le charbon malin

avec une méthode assurée de sa guérison. Dijon, MDCCLXIX.

[192] Celsi lib. quintus, cap. XXVIII, De Carbunculo.

[193] Celsi lib. sextus, cap. VI, De Carbunculis oculorum.

[194] Pariset, Mémoire sur les causes de la peste et les moyens de

la détruire. Paris, 1837.

[195] e Rufus vivait sous le règne de Trajan au II siècle de notre

ère.

[196] Classicorum autorum è vaticanis codicibus editorum, t. IV, p.

11, Curante A. Maio, in-8o. Rome, 1831.

[197] A la rigueur même, d’après le texte ancien, les bubons

observés en Égypte, auraient pu appartenir aux manifestations de certaines pyrexies malignes ou même de maladies sans fièvre qui ne peuvent, en conséquence, être identifiées à la peste. C’est même l’interprétation à laquelle je me serais arrêté, si Rufus n’avait pas conjointement emprunté à Dioscoride le souvenir de l’épidémie pestilentielle de la Lybie.

[198] Prus, Rapport sur la peste. Discussion..., p. 900-902. Paris,

1846.

[199] Pariset, ouv. cit., p. 92.

[200] Thomæ Sydenham, Opera, t. I, p. 64. Genevæ, 1769.

[201] Voy. sur les événements de Saint-Nazaire, le remarquable

livre de M. le professeur Bertulus: Marseille et son intendance sanitaire e , 3 part., p. 307. Paris, 1864.—Et Mélier, Relation de la fièvre jaune survenue à Saint-Nazaire en 1861. Paris, 1863, in-4, avec 3 cartes.

[202] Agathiæ, De Imperio et rebus gestis Justiniani imperatoris,

lib. V, p. 148. Lugduni Batavorum, MDXCIIII.

[203] Justinien monta sur le trône en 527, et la peste parut pour la

première fois en 542.

[204] Maxima bibliotheca veterum patrum, t. XI, p. 1002.—Evagrii,

Hist. Ecclesiasticæ, lib. IV, cap. XXVIII: De pestilente morbo. Lugduni, MDCLXXVII.

[205] Procopii Cæsariensis, Historiarum sui temporis libri VIII,

interprete Claudio Maltreto, t. I, cap. XXII et XXIII, p. 141 et seq.: Pestilentia gravissima, 1662.

[206] Pariset, Mémoire sur les causes de la peste, p. 82.

[207] Agathiæ historici, loc. cit., lib. V, p. 148.

[208] Clot-Bey, De la peste observée en Égypte, p. 16.

[209] Lancisi, De subitaneis mortibus illarumque causis.

[210] Bruhier, Dissertation sur l’incertitude des signes de la mort,

MDCCXLV, 2e part., p. 416, § V. Fausses apparences de mort dans la peste.

[211] Diemerbroeck, op. cit., historia LXXXV.

[212] Diemerbroeck, op. cit., lib. I, cap. VI.

[213] Desgenettes, Hist. méd. de l’armée d’Orient, 1802, p. 58.

[214] Evagrii, Histor. eccles. Maxima biblioth. veterum Patrum, t.

XI, p. 1002.

[215] Ni Procope ni Evagre, n’ont indiqué, en moyenne, le nombre

des charbons qui apparaissaient sur la peau. On sait que ce nombre est très-variable; on en a compté de 10 à 12 dans l’épidémie du Caire en 1834-35. Un seul malade en a eu 30 à la cuisse et à la jambe droite, avec cette particularité inattendue qu’ils ont tous été bénins. (Clot-Bey, De la peste, p. 34.)

[216] Diemerbroeck, op. cit., lib. I, cap. XV.

[217] Thomæ Sydenham, Opera medica, t. I, sect. II, cap. I, p. 65.

Genevæ, MDCCLXIX.

[218] Hodges, Pestis nuperæ apud populum Londinensem

grassantis narratio historica. Lond., 1672, p. 57.

[219] Diemerbroeck, Op. cit., lib. I, cap. IV.

[220] Samoïlowitz, Mémoire sur la peste qui, en 1771, ravagea

l’empire de Russie, surtout Moscou, etc., p. 135. Paris, MDCCLXXXIII.

[221] Clot-Bey, ouv. cit., p. 72.

[222] Evagrii, loc. cit.

[223] Fréd. Bérard, Disc. sur le génie de la méd., p. 24.

[224] «Evenit etiam interdum ut qui semel atque iterum hoc morbo

correpti evasissent, rursus eodem oppressi interirent.» (Evagrii, op., loco cit.).

[225] Samoïlowitz, Mémoire sur l’inoculation de la peste,

Strasbourg, 1782, p. 12.—Samoïlowitz proposait l’inoculation de la peste, sur ce motif qu’on ne l’avait pas deux fois pendant le cours de la même épidémie. Le hasard, qui joue souvent le rôle de mystificateur, le choisit pour donner un démenti personnel à sa théorie.

[226] Pariset, Discuss. cit. sur la peste, p. 960.

[227] Desgenettes, Hist. méd., p. 88.

[228] Sénac, Traité des causes, des accidents et de la cure de la

peste. Paris, 1744.

[229] Diemerbroeck, Opera omnia, lib. I, cap. IV, annotat. VI.

[230] Si on se décide pour une incubation prolongée, ce qui me

paraît assez probable, ce fait viendrait grossir la liste de ceux qu’on peut opposer à la prétention de réduire systématiquement à une huitaine de jours, la durée de cette première période de la peste.

[231] Loco cit., lib. I, cap. VII.—La peste décrite par Diemerbroeck

dura de 1635 à 1637. Elle dévasta la Belgique, une partie de l’Allemagne, et principalement la province de Gueldre. A Nimègue, elle fut terrible, n’épargnant pas une famille, dépeuplant des maisons, déjouant tous les efforts de la médecine. C’est dans cette station que Diemerbroeck recueillit les matériaux de ce traité magistral qu’on ne saurait trop consulter. Il l’a enrichi de 120 observations qui forment un répertoire clinique dont il serait difficile de trouver le pendant, parmi les travaux consacrés à la peste épidémique.

[232] Chicoyneau, Traité des causes, des accidents de la peste,

etc., imprimé par ordre du Roy. Paris, MDCCXLIV, p. 244. (Sans nom d’auteur.)

[233] Gregorii Turonensis Opera omnia, lib. IV, cap. V. 1699.

[234] Gregorii, ibid., lib. VI, cap. XIV.

[235] Gregorii, ibid., lib. IV, cap. XXXI.

[236] Gregorii, ibid., lib. X, cap. XXIII.

[237] Gregorii, ibid., lib. X, cap. I.

[238] Je ne puis m’empêcher ici d’opposer à la prudence de

l’évêque du e VI siècle, l’héroïsme de Belzunce, qui donna, pendant la

peste de 1720, un des plus beaux exemples d’abnégation chrétienne dont les annales des calamités publiques aient gardé le souvenir. Courant de maison en maison à travers les cadavres qui jonchaient les rues, c’est surtout aux pauvres qu’il prodiguait ses secours, et ses consolations. (Voir le Journal abrégé de ce qui s’est passé en la ville de Marseille, depuis qu’elle est affligée de la contagion, par le sieur Pichatty de Croissainte, procureur du roi de la police.)

[239] Gregorii Turonensis, lib. IX, cap. XXII.

[240] Ch. Bœrsch, Essai sur la mortalité à Strasbourg, p. 79.

[241] Nous verrons plus tard que bien des sujets frappés par la

suette anglaise étaient également tourmentés par des bâillements et des éternuments répétés.

[242] La peste de Marseille fut importée à Toulon, et d’après les

relevés du Dr Bertrand, témoin aussi véridique que compétent, le nombre total des décès, dans les deux villes, s’éleva au chiffre véritablement effrayant de 87,659.

[243] D’après la statistique officielle, présentée au sénat et au

conseil de santé, cette épidémie enleva à Moscou 80,000 hommes. (Mertens, De febribus putridis, p. 124.)

[244] r M. le D Bertulus a donné le relevé exact de ces importations

dont la dernière date de 1837. C’est par erreur que d’autres documents en ont compté onze. (Marseille et son intendance sanitaire, p. 67. 1864.)

[245] «On n’a jamais bien sçu, dit Astruc, si M. Chicoyneau croyoit

ce qu’il disoit sur la non-contagion de la peste, ou s’il paroissoit soutenir cette opinion pour plaire à son beau-père, qui en étoit fortement persuadé.» (Mémoires pour servir à l’histoire de la Faculté de méd. de Montp. Paris, MDCCLXVII, p. 290.) Il va sans dire que je laisse à Astruc la responsabilité de son insinuation.

[246] Traduction du discours latin prononcé pour l’ouverture

solennelle des écoles de méd..., par M. François Chicoyneau, chancelier, le 26 octobre de l’année 1722. (La traduction est de Chicoyneau lui-même.—Montp., 1723.)

[247] Dissertation où on a établi un sentiment particulier sur la

contagion de la peste (le latin à côté) pour l’ouverture solennelle de l’École de méd. de Montpellier, faite le 22 octobre 1725 par M. Deidier.

[248] r Deidier a exposé sa manière de voir dans une lettre au D

Montresse que j’ai textuellement insérée dans mon Traité de la Contagion, t. II, p. 78. Paris, 1853.

[249] «Ce professeur, dit Astruc, avoit de l’esprit et du sçavoir;

mais, pour ne rien dissimuler, il paroît qu’il couroit après la nouveauté, beaucoup plus qu’après la vérité.» (Mémoires cit., p. 286.)

[250] J’ai rapporté et commenté les expériences de Deidier dans

mon Traité de la Contagion, t. II, p. 70-72.

[251] Clot-Bey, de la Peste, p. 47.

[252] Evagrii Op cit., ibid.

[253] F. Ranchin, Opuscules et traités divers et curieux en

médecine e . 3 part. Lyon, MDCXL.—Ranchin était alors maire lorsqu’on lui dénonça le premier cas de peste, le 6 juillet 1629. Le professeur Delort l’avait vu dans le couvent des capucins. Bientôt vingt malades pareils furent signalés en ville; mais il y eut quelques jours de répit, ce qui fit croire qu’on s’était mépris. Tout à coup la maladie reparut dans les premiers jours d’août, avec plus de fureur qu’auparavant. L’épidémie pendant laquelle Ranchin se montra constamment magistrat courageux et administrateur plein de ressources, dura huit mois, et emporta cinq mille personnes; chiffre énorme, si l’on considère que l’émigration avait diminué la population de plus des trois quarts. (François Ranchin, par le prof. Victor Broussonnet, p. 14. 1844.)

[254] Fodéré, Dictionnaire des sciences méd. en 60 vol., art.

Peste.

[255] Fodéré, Leçons sur les épidémies, etc., t. IV, p. 169.

[256] Hippocrate, Trad., t. III, p. 8.—J’ai déjà dit que dans un autre

endroit de ses œuvres, M. Littré établit que la maladie de l’antiquité est éteinte, ce qui signifie implicitement qu’elle n’est pas la maladie inguinale, puisque celle-ci n’a jamais abandonné la pathologie.

[257] Pariset, Mémoire cit., p. 79.

[258] Pariset, Ibid., p. 76.

[259] Dans l’épidémie du Caire en 1834-35, on observa chez les

individus qui avaient subi les plus graves atteintes, un mutisme qui se prolongea cinq ou six mois après la convalescence. (Clot-Bey, ouv. cit., p. 36.)

[260] Osann, De loco Rufi Ephesii medici apud Oribasium servato

sive de peste Lybica disputatio. Gissæ, MDCCCXXXIII. L’auteur qui est professeur de philologie, a dédié son œuvre à son oncle Guillaume Hufeland, qui occupa un rang si élevé dans la médecine contemporaine.

[261] La version de Lucrèce est celle de tous les traducteurs:

«... Tamen in nervos huic morbus et artus »Ibat et in partes genitales corporis ipsas.»

(Lib. VI, vers 1204-5.)

M. le D r Phillippe, après avoir transcrit la tirade du poëme latin qui

se termine ainsi, ajoute que «le dernier vers ne nous permet guère de douter qu’il ne soit question de bubons.» (Histoire de la Peste noire, p. 175. Paris, 1853.)

Comment l’auteur, qui est familier avec toutes ces questions, a-t-il

pu fausser le sens d’un passage aussi clair? La prévention serait-elle à l’esprit ce qu’est, à la vision, la maladie désignée par Sauvages sous le nom de suffusio colorans, berlue colorante?

[262] Osann, Op. cit., p. 15-19.

[263] Cit. par Joseph Adams, Observations on morbid poisons

chronic and acute, p. 11. London, 1807.

[264] Adams, ouv. cit. Ibid.

[265] Hippocrate, Trad. E. Littré, t. V, p. 60.

[266] Gruner, Morborum antiquitates, p. 16-18. Vratislaviæ, 1774.

[267] Lazari Riverii Oper. med., sect. 3, cap. III, p. 461. Genevæ,

MDCCXXXVII.

[268] Il va sans dire que l’universalité du tribut imposé par la

variole compte des exceptions. Des familles entières en ont fourni des exemples. Diemerbroeck nous apprend que sa grand’mère, son grand oncle, son père, ses deux cousins germains, tous plus qu’octogénaires, n’avaient jamais eu la variole, et lui-même en était encore exempt à 70 ans, malgré ses longs et nombreux rapports avec les varioleux qu’il avait soignés. Mais on sait que l’âge avancé n’est jamais une garantie d’immunité définitive. Lacépède se croyait épargné lorsqu’il fut mortellement frappé à 70 ans.—Werlhof avait vu un paysan qui avait toujours joui d’une bonne santé et qui se tira parfaitement de la petite vérole dans sa quatre-vingtième année (Disquisitio cit. de variolis et anthracibus, p. 21). Dezoteux et Valentin parlent d’un homme qui eut, à 94 ans, une variole dont il guérit (Traité de l’inoculation, p. 111, an VIII).—Pendant une épidémie qui régnait à Cette, en 1838, le Dr Lassalvy, a observé en même temps la variole sur un enfant le surlendemain de sa naissance, et sur un vieillard de 80 ans. (Bousquet, Nouv. traité de la Vaccine, p. 277.)

[269] Cette dissertation devenue rare porte le titre suivant:

«Variolarum antiquitates nunc primum e Græcis erutæ a Joanne

Gothofredo Hahn, phil. et med., doctore et natur. curios. socio.—Brigæ imprimebat Gothofredus Trampius. 1733, in-4o.»

Gruner, qui ne partageait pas l’opinion de son compatriote, le

dépeint toutefois comme un médecin très-considéré et très-répandu à Breslau, très-versé dans l’étude de l’antiquité et cherchant de bonne foi la vérité.

[270] Disquisitio medica et philologica de variolis et anthracibus,

ubi de utriusque affectus antiquitatibus, signis, differentiis, medelis disserit Paul. Gottlieb Werlhof, D. medicus in aula Hannoverana regius. Hannoveræ, MDCCXXXV.

[271] Hahn (Jo. Gothofr.), Carbo pestilens a carbunculis sive

variolis veterum distinctus. Vratislav, MDCCXXXVI.

[272] Hérodote était un médecin du premier au deuxième siècle de

notre ère.

[273] Aetii Amideni lib. V, cap. cxxx, Basileæ, MDXXXV: Curatio

pustularum in febribus quas exanthemata vocant ex Herodoto.

[274] Hippocrate, Trad. Littré, t. V, p. 62.

[275] Si je me sers au besoin des mots, putridité, malignité, c’est

qu’ils expriment, à mon sens, un état bien défini de l’organisme, quelle que soit la théorie qu’on en donne. Ces expressions sonnent mal aujourd’hui à quelques oreilles délicates; mais les faits qu’elles traduisent n’ont pas vieilli, et la clinique actuelle ne peut répudier cet héritage de la pathologie ancienne. Ce n’est pas ma faute si ce langage qui a, dit-on, fait son temps, me paraît encore préférable à celui qui aspire à le remplacer.

[276] Paulet, Hist. de la petite vérole, t. I, p. 57. MDCCLXVIII.

[277] Oribase, Synopsis, V, 6, p. 176, Collect. Steph.

[278] Cornel. Celsi De Medicina, lib. V, cap. XXVIII. De pustularum

generibus.

[279] Celsi lib. V, cap. XXVIII, 15.

[280] «On trouve, dit Alibert, dans les livres de l’art, des

descriptions inexactes d’épinyctides, dont il ne faut ici tenir aucun compte.» (Monographie des dermatoses, t. I, p. 132, 1832.) Mais à moins de supposer que Celse a décrit une éruption imaginaire, il faut bien accepter les caractères qu’il lui assigne. Alibert la place parmi les eczémas. Il a eu, sans doute, ses motifs. Mais comme l’eczéma qu’il décrit sous ce nom n’est pas le même que celui de l’auteur latin, la nature de l’épinyctide ancienne reste toujours indécise. Peut-être a-t-elle disparu de la pathologie. Ce qui est certain, c’est que Lorry, grande autorité en matière de maladies cutanées, assure ne l’avoir

jamais vue. «Mihi vero epinyctidem qualem veteres medici describunt, serò periodicè dolores concitantem atroces, de die quiescentem, videre nunquam contigit.» (Tractatus de morbis cutaneis, p. 264. Parisiis, MDCCLXXVII.)

[281] Celse, lib. V, cap. XXVIII.—De pustularum generibus.

[282] La forme que Celse assigne à cette éruption, la distingue de

celle que Villan et Bateman mentionnent sous le même nom et qui est constituée par des pustules larges, d’un rouge très-vif, et remplacées, en se desséchant, par une croûte épaisse dure et foncée. La phlyzacie est le caractère des pustules de la dermatose que les auteurs appellent ecthyma.

[283] Celse, ibid., De phymate.

[284] Le mot phyma dérive en effet de φυω, naître, et désigne tout

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