Monsieur Jadis

Antoine Blondin · Chapitre 1 sur 8

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Monsieur Jadis

Antoine Blondin

 

MONSIEUR JADIS

 

OU

 

L’ÉCOLE DU SOIR

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Longtemps j’ai cru que je m’appelais Blondin, mon nom véritable est Jadis. C’est celui que je viens de donner au brigadier penché sur la main courante de ce commissariat dont je ne soupçonnais pas l’existence. Il occupe un long rez-de-chaussée aux vitres dépolies, pareilles à celles d’une succursale de banque, une banque de dépôt naturellement, encombrée de guichetiers patibulaires et de gardiens casqués sur les fesses, à tout hasard. On a dû l’inaugurer pour les besoins de la cause entre les Évènements d’Algérie et les Évènements de Mai. Que d’événements depuis la dernière fois où je me suis retrouvé dans la cage grillagée. Ici, où l’on enferme « jeune » dirait un dépliant publicitaire, le changement de propriétaire s’est fait sentir ; le crésyl historique a chassé les remugles traditionnels d’urine et de picrate. J’ai brusquement été sensible à cette évidence que de nombreux cars de police étaient désormais gris, comme nos cheveux. Il me revient que nous avons un peu vieilli ensemble.

Il pouvait être six heures du soir au carrefour de Buci. L’exubérance des ménagères reléguait encore dans les encoignures des silhouettes effarouchées à mines de santons, perdues dans des houppelandes émaillées de breloques. Entre deux falaises de primeurs étagées en munitions, les effluves toniques du ragoût de mouton luttaient désespérément contre ceux, plus sucrés, de la marijuana. Assis par petits paquets sur le bord du trottoir, des adolescents, égarés dans quelle dimension, offraient la gravité lointaine d’un casse-croûte de cantonniers au revers d’un talus : ceux-ci, les coudes sur les genoux, l’œil à l’horizon, semblent soudain s’absenter dans une mastication tragique et immobile, où seule la main rituelle improvise une géométrie fascinante sur le pain. Ainsi du geste absorbé des fumeurs : ils font chanvre à part jusqu’à ce qu’une guitare les accorde. Déjà le printemps agitait sur le quartier l’imminence bigarrée d’un crépuscule hippy.

Cependant, derrière moi, l’Institut s’endormait en chien de fusil dans la saignée de la rue Mazarine, sa coupole brodée d’or enfoncée jusqu’aux yeux comme un bonnet de nuit. J’allais doucement, du pas d’un humaniste qui arpente son jardin, flattant aux étalages des marchands d’occasions le pelage des livres, qui peuvent être féroces quand on ne les a pas lus. Une fois de plus, je jouais… ce jeudi-ci, à revenir de la séance académique du dictionnaire. Je me perdais dans le rêve exquis d’un goûter de mots. J’étais serein, j’avais cent ans, ce qui ne m’empêchait pas d’être ébloui par les longues cuisses sous les jupes courtes. Et j’étais persuadé, si le caprice m’en prenait, que je pouvais redevenir un bel étudiant pour me mêler à ces garçons et à ces filles qui tenaient le haut du pavé.

Souvent, je me surprends dans une glace ; ce que j’y vois m’intrigue. Voilà que je ne me ressemble plus du tout. À peine ai-je l’air d’un fragment de moi-même et, sur mon visage, on déchiffre mal le résumé des chapitres précédents. Il n’est pas possible que les autres ne voient que cette image en rupture avec ce qu’elle recouvre, qu’ils ne pressentent pas ce qu’il y a derrière. Ces cheveux clairsemés, cette bouche démeublée, ces yeux qui peinent à accommoder sont un déguisement. L’être qu’il cache n’est autre que le jeune homme que j’étais, que je demeure. Entendons-nous : pas question de devenir un de ces vieux messieurs qui ont gardé le cœur jeune, je suis ce jeune homme dont l’enveloppe s’est usée.

Il m’arrive, au détour d’un instant, d’éprouver l’impression aveuglante que je me trouve, au moment même, sur une route irisée des Charentes, ou sur les collines brumeuses et lumineuses qui dominent Rouen, cerné par un bombardement dans un baraquement le long du Danube, dînant à Poitiers sur la route d’Espagne, débarquant à Toulouse pour un match de rugby. Tout concourt à l’hallucination : les parfums, les couleurs, l’écho à peine éteint des paroles qui auraient pu être échangées, le temps qu’il fait et l’heure qu’il est. Il m’apparaît alors que là, et pas ailleurs, devrait s’enraciner ma place dans le monde. Ce sentiment qui frôle celui d’avoir gâché ma vie m’autorise au contraire l’espoir, ou l’illusion, d’être encore un homme de plus tard.

Aux approches de la cinquantaine, je ne porte pas de cravate. Je suis resté mince, mon œuvre aussi. J’envisage la rive droite de loin. Je ne traverse jamais le boulevard Saint-Germain, sauf pour me rendre à Tokyo. Mon univers se borne à deux cents mètres carrés de bitume, une plantation de cafés-tabacs. Je continue d’habiter les ruines d’un palais sur le quai Voltaire où j’ai connu autrefois un bonheur baroque entre mes parents et mes amis. L’âge, à sa façon, a eu raison d’eux qui sont morts dans leurs lits, de vieillesse ou de jeunesse, certains dans des draps de ferraille atrocement froissés – si tôt, si vite, comblés de telles promesses au regard du souvenir, qu’il me semble aujourd’hui survivre à des enfants. Des tracas d’huissiers ont condamné les pièces ouvertes sur la Seine, me reléguant en passager clandestin dans une arrière-chambre encombrée de papiers où la poussière s’est accumulée sans que je fasse rien pour la secouer. Dix fortes années se sont dilapidées dans une inertie qui me rapprochait des morts. J’ai entretenu mon deuil frénétique dans les bars environnants, retardant l’instant de regagner une maison qui, en perdant le fleuve, le Louvre, les jardins, a littéralement perdu la vue. Le jour où je tirerai la porte sur mes talons, celui qui quittera le dernier ce navire n’en aura jamais été le capitaine.

Mais tout à l’heure, en pénétrant dans cette cage où je réapprends la liberté à travers ses contraintes, j’ai senti bizarrement qu’une occasion s’offrait de renouer avec une trajectoire si longtemps suspendue. Sans lacets, sans bretelles, je vais peut-être rentrer dans l’existence, dépouillé de tout ce qui attache ou retient.

 

Donc, je remontais la rue Mazarine, un pied dans le ruisseau, la tête à l’aventure, par une disposition à voir moins chez les gens ou dans les paysages ce qu’ils sont réellement que ce qu’ils me suggèrent. Mes références me précèdent. Devant ce qui se présente, je ne suis jamais neuf. C’est sans doute pourquoi j’entreprends peu de choses. Mon personnage s’épuise à suivre un pointillé rêveur et capricieux. D’autres trouvent leur ressource dans cette lutte intérieure qui dresse les années les unes contre les autres ; Roger Nimier se demandait comment nous pourrions vivre sans elle.

Comme toujours, il y avait un fourgon d’agents embossé au carrefour et une voiture-pie toute vibrante d’antennes, poisson pilote de cette baleine échouée. Des inspecteurs, camouflés en limiers de carnaval, sirotaient des apéritifs stratégiques dans les bistrots du coin. Les badauds du globe, sous leurs coiffures de saules pleureurs, observaient ce manège d’un air fataliste, en tripotant des amulettes qui ne conjureraient pas une rafle de routine. Le martyre était sur eux, et leurs chants liturgiques s’élevaient au ciel laiteux, sous forme de lamentos métalliques amplifiés par les juke-boxes. Quelques-uns avaient déjà été appréhendés, puis relâchés. Je n’espérais pas la faveur d’être arrêté, tant il est flagrant que la contestation n’est plus dans mon emploi. Et pourtant, si quelqu’un avait bien besoin d’une vérification d’identité, c’était moi. On devrait se faire vérifier plus souvent, ainsi que tous les engins du siècle.

Je me croyais déjà de l’autre côté de la rue, quand un civil en manteau de cuir s’est dressé devant moi. Dénué d’expression, il me fixait sans me voir, entre les épaules, d’un œil en jet de couteau et a dit d’un ton neutre : « Papiers, jeune homme… » Doutant que cette interpellation s’adressât à moi, je me suis retourné dans le même temps qu’une bousculade se produisait à ma hauteur : un inconnu, dans mon dos, venait de s’enfuir en sens inverse et provoquait parmi les passants un remous furieux.

Vers le milieu de ma promenade, j’avais perçu la présence dans ma foulée d’une silhouette imprécise, qui s’arrêtait lorsque je m’arrêtais, peut-être en raison de l’exiguïté du trottoir et des embarras de la circulation. Mais nos reflets se confondaient alors dans la vitrine des libraires et je découvrais, surgi de ma personne, un garçon ardent, débordant de non-violence contenue, vrai profil de barricades, consumé par des amours sauvages et des philosophies hindoues. Sa fuite soudaine dans la stridence des coups de gueules, m’a causé une sensation brutale d’arrachement comme s’il se détachait de moi.

L’hallali a pris aussitôt une tournure odieuse. Les flics entamaient la poursuite avec allégresse, une main crispée sur la pèlerine, l’autre tendue à l’aveuglette pour écarter la foule confite en panique et en curiosité. Leurs appels se répercutaient dans les voies latérales, ouvrant des fenêtres, fermant des portes. Un autobus s’était mis en travers, à la jubilation des passagers. Plus loin, les riverains de la rue, qui accueillaient le spectacle en marche, hurlaient par contagion au débouché du fugitif.

Cloué sur place, au milieu des hippies consternés par cet excès d’agitation, j’ai connu, l’espace d’un éclair, la honte de cette chasse à l’homme, une admiration mêlée de gratitude envers la détermination d’un gibier sans espoir, le désir fou de partager cette ivresse altière de cerf. Un élan intérieur me projetait au côté du réprouvé, mêlant nos souffles, dérapait dans la rue Jacques-Callot, enfilait la rue de Seine, passait l’eau. Et la radio, sous la capote de la voiture-pie, répétait stupidement : « Jacques-Callot… rue de Seine… Passerelle des Arts… »

— Qui c’est ? Qu’est-ce qu’il a fait ? demandait-on, maintenant que l’incident gagnait le large.

— On ne sait pas, on ne sait rien, répondait-on avec humeur.

Je devais avoir le visage de celui qui sait, car l’individu en manteau de cuir m’a crocheté, cette fois, sans équivoque.

— Qu’est-ce que vous foutez là, encore ?

J’ai compris qu’il avait fait choix de m’extirper du lot douteux qui m’entourait, comme dans un fagot une branche du dessous, sans qu’on sache pourquoi, s’offre à la main plus facilement que les autres.

— Il était avec cézigue, a laissé tomber du haut de son marchepied le conducteur du fourgon, sorte de flic laïc.

— Ça se pourrait bien, a dit l’inspecteur en feignant de me remettre, vous connaissez ce gars-là ?

Il a eu un mouvement écœuré du menton en direction de la rue Dauphine où refluait la houle des képis, sur laquelle on s’attendait à voir se débattre le corps brandi d’un naufragé. Mais sous les visières les physionomies féroces ou narquoises, au bout des bras les poignes vacantes, annonçaient l’échec. Au malaise initial a succédé chez moi une exaltation formidable. Sans trop savoir ce qui me passait par la tête, j’ai eu la révélation qu’il fallait prendre la relève du désordre, affronter l’homme de cuir auquel était venu s’adjoindre un officier de police, noir et voûté comme un point d’interrogation, et je me suis entendu répondre :

— Comme si je l’avais fait.

L’inspecteur m’a considéré avec davantage d’attention :

— Ça veut dire quoi, au juste ?… c’est pas votre fils, quand même ?

— Va savoir !

— Il se moque du monde, a dit l’officier. Vous avez une pièce d’identité ?

— Elle n’est plus à jour.

— Depuis quand ?

— Depuis tout à l’heure.

Toutes mes fibres tendaient spontanément à composer une allégorie de l’insurrection insolente, bien que j’eusse plutôt l’extérieur d’un quadragénaire vétilleux. Enfin, l’intention était là ; ils ne s’y sont pas trompés et ont jumelé leurs regards en direction du panier à salade :

— Allez, monte là-dedans. Ton copain n’ira pas loin. Tu seras aussi bien au poste pour l’attendre. Tu vas jouer remplaçant.

Pour la forme, je me suis laissé bousculer par des beloteurs à boutons d’argent, dont j’interrompais la partie sur la banquette arrière.

Aux portières, le voisinage dressé sur la pointe des pieds collait des figures avides, que j’avais vues pleurer naguère, quand une petite aube lacrymogène se levait sur les étalages chavirés du mois de mai. On se demandait ce qu’à mon tour, j’avais pu faire. J’opposais un masque impassible, qu’on destine d’ordinaire à l’anthropométrie, sous lequel je songeais qu’un fil me reliait désormais au réfractaire ailé de la rue Mazarine. Et que, pour m’être en quelque sorte substitué à lui, je pouvais me sentir un droit à le considérer comme une délégation de moi-même, que sa course héroïque venait de délivrer. Bref, toutes sortes de bêtises qui surprendront chez un homme à jeun.

— Premier service ! a lancé le conducteur, en emballant son moteur.

 

J’étais servi. Singulièrement dans mon propos de revenir un jour flâner au Quartier Latin, si proche, si loin, qu’au fond je déteste. Mais on peut éprouver de la délectation à retourner à petits pas vers la ligne de départ quand la course est jouée. Et j’aimais l’ancien collège de Clermont où j’ai peut-être occupé en mon temps le pupitre de Molière et d’Édouard Herriot, celui de Voltaire et du cardinal Baudrillart. Autrefois, à Paris, on était d’un lycée comme on est d’une paroisse ; on avait l’esprit de préau ; j’étais fier du mien qui avait également abrité Baudelaire.

Saint-Germain, Saint-Michel, Saint-Jacques… la litanie de ces rues rompues à toutes les modulations que peuvent tirer d’une sirène les pompiers, ou les flics, ou les ambulanciers, me ramenait dans l’inattention générale devant la façade de Louis-le-Grand, comme si les forces de l’ordre n’avaient eu d’autre objet que de me remettre en pension pour y solder un arriéré de retenues.

Après la Sorbonne, pauvre Folle du Boul’Mich’ maquillée aux accents de « Plus près de toi, Mao ! », mon vieux lycée, pour être dans le coup, s’était laissé tatouer au minium par des Chinois ivres. Où j’aurais espéré lire : « À Molière pour la vie… », « C’est la faute à Voltaire… », « Mon cœur à Herriot, mon âme à Baudrillart », je ne voyais dégouliner sur les murs que des lettres sans suite et des signes débiles, prélude aux simples bâtons où allaient s’abîmer cinq siècles d’héritage. Cette fois, je ne m’en tirerais pas en faisant sonner une mention en thème grec ou un deuxième accessit de philosophie au concours général ; et, tandis que l’excursion poursuivait son cours, je me suis pris furtivement à regretter ces médailles et distinctions de l’âge adulte qui vous accordent des ménagements dans l’existence, surtout celle qui a le privilège d’arracher le commissaire de police à son arrière-boutique pour venir dialoguer avec vous, sur le mode navré. Mais c’est au brigadier que j’ai eu affaire.

Il s’appuie sur son gros registre, il a l’air ennuyé d’un chef de réception devant un client qui a fait des histoires pour remplir sa fiche. À travers le remue-ménage, son regard réprobateur vient parfois me chercher au fond de la cage : je tombe hors de saison ; la soirée n’a pas encore trouvé son régime de croisière. Autour du brigadier, des motards enfouis dans de vastes cirés, avec une gueule de marins-pêcheurs à s’en aller, la nuit tombée, relever des casiers judiciaires, attendent que le jeu en vaille la chandelle. Avec moi, ils ne seront pas au bout de leurs peines.

Heureusement, j’ai oublié mes papiers. Le brigadier a ricané sans surprise, puis m’a tout de suite demandé ce que je faisais dans la vie ; aujourd’hui, sait-on jamais, il y a des tas de Prix Nobel en blue-jeans qui se livrent à des galipettes sur la voie publique. Il a pris du poil de la bête en apprenant que j’écrivais :

— Les écrivaillons de Saint-Germain-des-Prés, j’en fais un chaque matin.

— Ça, lui ai-je dit, c’est un jugement littéraire.

— À propos de jugement, vous feriez mieux de la boucler parce qu’il y a aussi des flagrants délits qui sont drôlement bien torchés.

L’imbécile, s’il m’avait seulement demandé ce que j’écrivais, je n’aurais pas résisté : il savait tout. Mais il a préféré m’interroger sur ma résidence, pour le cas improbable où je serais un de ces salauds de métèques. Quand on a habité le quai Voltaire, c’est pour toujours ; je l’ai proclamé avec ferveur, même si je dois me contenter d’y rentrer à la sauvette flairer le temps révolu derrière des portes scellées. C’est alors qu’en reprenant les choses au début, il m’a suggéré avec une politesse pesante de lui dire mon nom et qu’un démon pertinent m’a soufflé que je m’appelais Jadis. Sa plume est restée en suspens :

— Jadis, comme : autrefois ?

— Exactement.

Il a fait signe à un agent, qui m’a palpé brièvement des clavicules jusqu’aux genoux, puis dépouillé de tout ce qui pourrait me permettre de me distraire ou d’attenter à ma santé, ce qui revient au même.

Maintenant, j’ai le loisir d’attendre dans l’anxiété le retour du jeune homme qui porte ce soir une lumière secrète où j’ai voulu me reconnaître. Déjà, je redoute et j’espère sa capture. Si notre jonction ne doit pas s’accomplir, je chanterai plus tard un hymne d’adieu à l’audace, à la légèreté, à ce qui ne se rattrape jamais.

Je m’étends sur le banc, une ampoule dans l’œil comme d’habitude, et le souffle aigu du vasistas le long du cou. Au matin, j’aurai la mine fripée des lendemains de cage. Mais il n’y a plus personne pour s’en inquiéter et il est trop tôt pour dormir. Si je veux accueillir ce garçon, il me faut faire de ma mémoire un usage sans mélancolie…

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« Il avait une bizarre manie autobiographique qui l’amenait, de temps à autre, à composer mentalement sur lui-même quelques phrases renfermant un sujet à la troisième personne et un verbe toujours d’un temps passé. »

 

James Joyce (Gens de Dublin).

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