Noa Noa

Paul Gauguin · Chapitre 27 sur 32

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Noa Noa

Chapitre I

 

_Sommet d'horreur de l'Ile Heureuse, là réside

Le Temple, lieu vivant, ouvert, sauvage, avide.

Là sont les pieds des Dieux qui supportent le poids

Des cieux, là vient mourir la richesse des bois,

Tout en haut de l'Aroraï, cimier des cimes,

Là s'égouttait le sang, autrefois, des victimes

Où les vivants communiaient pieusement,

Et ce rite était cher aux Atuas cléments

Qui, gouvernant selon leur sagesse profonde,

Autrefois! l'effroyable expansion des mondes,

Pardonnaient à la vie en faveur de la mort.

Alors l'Ile était riche, et le peuple était fort,

Et connaissait l'amour, et connaissait la joie.

Qui buvait, au sommet d'où le soleil flamboie

Et rayonne sur l'univers, le flux vital

De la douleur. Splendeur d'autrefois féodal!

Alors Otahiti riait dans la lumière.

Fille franche des eaux, délicieuse et fière.

Qu'illustraient de son sang les sacrificateurs,

Quand, de toute l'ardeur du ciel, sur les hauteurs

Sublimes, Taora, que sa gloire contemple,

Entretenait la flamme homicide du Temple

Où venaient les héros allumer leur vertu.

 

II