Nos frères farouches

Jules Renard · Chapitre 6 sur 33

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Nos frères farouches

La Mort du Petit Joseph

II

 

LA MORT DU PETIT JOSEPH

 

L’infirmière dit à Gloriette:

 

—Votre petit jeune homme ne va pas.

 

—Perdu?

 

—Bien malade!

 

Et le médecin:

 

—C’est une méningite! Il peut vivre encore huit jours ou trois

semaines. Trois semaines, ça m’étonnerait. Prévenez la famille.

 

J’écris à Philippe et lui conseille de venir à Paris.

 

—Triste voyage! dit-il en arrivant.

 

Il va tout de suite à l’hôpital avec sa fille Lucienne et ne trouve pas

Joseph si mal.

 

—Il vous a reconnu, Philippe?

 

—Oh! et même de loin! Il faisait: bou! bou! avec ses lèvres. Je lui ai

dit: «Tu veux donc m’embrasser?» Il a répondu: «Oui.» Je me suis penché,

et, comme mon pied glissait, il m’a dit: «Tu vas tomber!» Il a voulu

boire, Lucienne soutenait le verre par le fond. Je disais à Joseph: «Tu

en as assez!» C’était pour rire, non pour lui refuser son lait. Il

répondait: «Ma foi, je bois tout!» Et il a tout bu; preuve qu’il va

mieux.

 

—Ne vous faites pas d’illusion!

 

—Oh! je ne m’en fais pas beaucoup; son mieux, c’est peut-être son pire.

 

—Dès qu’un grand médecin comme le sien a parlé!…

 

—Quelquefois, les médecins se trompent, dit Philippe.

 

—Pas quand ils affirment qu’il n’y a rien à faire.

 

—Ah!

 

—J’admire les grands médecins, dit Gloriette émue.

 

La barbe de Philippe et ses rides se brouillent et sa figure a bientôt

l’air d’une souche trempée.

 

—Vous avez pu, Philippe, vous assurer par vous-même que Joseph est bien

soigné à cet hôpital?

 

—Oui, mais il y a de l’eau qui lui coule du front et le mouille jusqu’à

l’estomac.

 

—C’est l’eau de la glace qu’on lui met sur la tête pour endormir le

mal. Vous ne trouveriez pas de glace à la campagne.

 

—Non; il serait mieux tout de même si quelqu’un restait près de lui.

 

—L’infirmière ne bouge pas, Philippe! Elle va d’un malade à l’autre.

Elle ne quitte la salle que pour déjeuner, et elle n’a que ce moment de

repos. C’est dur, le métier des infirmières; elles travaillent de sept

heures du matin à sept heures du soir.

 

—Joseph n’aurait pas d’infirmière chez nous, répond Philippe, mais moi,

la Ragotte ou le Paul, on ne le laisserait pas seul, on serait toujours

là pour le recouvrir s’il se découvrait et pour lui donner quelque

chose, quand il demanderait à boire, ou n’importe.

 

—Ce n’est pas de soif que Joseph mourra, Philippe. Que dites-vous de

l’hôpital? Vous n’en aviez pas encore vu?

 

—Non.

 

—Il vous a semblé bien tenu, hein? propre, tout luisant!

 

—C’est assez convenable.

 

—Depuis combien d’années Joseph est-il à notre service?

 

—Ce serait la septième.

 

—Sept ans, déjà! Espérons qu’il n’aura pas été bien malheureux chez

nous.

 

—Il ne se plaignait pas trop, dit Philippe.

 

L’infirmière est jolie, blonde, douce et grave; elle ne s’attarde pas

aux malades qui plaisantent. Elle donne avec le même sérieux le verre de

lait et la bouteille à pipi. Malgré son métier, elle reste si bien femme

que Gloriette, à sa vue, ne manque pas de dire:

 

—Comme je la comprends! Moi aussi, j’aimerais être garde-malade.

 

Le petit Joseph n’a presque pas de fièvre et il divague. Il divague

poliment, d’un air raisonnable. Il a reconnu son père et ne se rappelle

plus sa visite. Il semble qu’on lui ait asséné un coup de marteau sur le

crâne, non pour le tuer, mais pour l’étourdir. Il grimace et ne souffre

pas. Ses mains sont glacées, l’une blanche, l’autre violette. Elles se

cherchent, mais si la blanche fait, à elle seule, plus de la moitié du

chemin, la violette bouge à peine.

 

—Vous m’emmenez? me dit-il.

 

—Oui, bientôt.

 

—Oh! je peux marcher, allons! dépêchons-nous!

 

Il s’efforce de remuer ses jambes inertes.

 

—On m’a monté ici sur un brancard, dit-il, mais, pour redescendre, je

les aiderai et je tiendrai le bout du brancard.

 

Il voit au mur des ronds de soleil et s’écrie:

 

—Oh! des brioches!

 

—Hier, dit-il, un vieux était très malade. Il a demandé le bon Dieu. Il

est là, dans l’armoire, le bon Dieu.

 

L’interne l’a questionné.

 

—Buvez-vous quelquefois?

 

—Non.

 

—Jamais?

 

—Non, non.

 

—Qu’est-ce que vous faites?

 

—Moi?

 

—Oui, vous, dans la vie?

 

—Je suis domestique.

 

—Servez-vous aux repas?

 

—Oui.

 

—En débarrassant la table, vous prenez la goutte?

 

—Il n’y a pas de goutte chez nous! répond le petit Joseph avec force.

 

Les autres malades nous observent et se disent sans doute:

 

—C’est lui, ce n’est pas moi, qui va mourir.

 

—Bonsoir, petit!

 

—Vous partez?

 

—Oui, nous reviendrons.

 

—Et moi, je reste?

 

Va-t-il pleurer? Quand je me retourne, ses yeux s’amusent déjà aux

brioches qui s’arrondissent sur le plâtre blanc.

 

—Là-bas, on les habille, me dit Philippe; est-ce qu’on va l’habiller?

 

—Je ne crois pas. Nous lui donnerons un drap, avec un oreiller, et il

sera mieux dans un drap propre que dans ses effets qui ne l’étaient

plus.

 

—Là-bas, on les habille, répète Philippe.

 

—Ici, non. Chaque pays a ses habitudes. Paris a les siennes. Il faut

les respecter.

 

—Oui, mais je ne veux pas qu’on jaguille Joseph.

 

—Comment?

 

—Je ne veux pas qu’on le jaguille! Vous, qui connaissez les médecins,

défendez-leur de le jaguiller. Je sais qu’à l’hôpital ils jaguillent les

morts, si on ne dit rien. Ils ont jaguillé la fille de Rolin. Moi, je ne

veux pas: Défendez!

 

Il parle ainsi, têtu et sombre, parce qu’il se souvient d’en avoir

presque jaguillé un lui-même à la ferme des Corneille. Un domestique

était mort subitement. La Compagnie d’Assurances exigea l’autopsie, et

le médecin fit l’opération avec l’aide de Philippe, renommé pour son

adresse à égorger les porcs. Philippe, quoique habitué au sang, ne

trouva pas que c’était de l’ouvrage bien agréable.

 

—Défendez, monsieur, défendez!

 

—Je ferai votre commission.

 

—Je n’ai plus rien à faire ici, je m’en vas, dit-il à Lucienne.

 

Il s’assure qu’il a dans sa poche le livret de caisse d’épargne et le

porte-monnaie du petit.

 

—Vous savez que vos autres enfants ont droit à la moitié de cette

somme?

 

Philippe ne répond pas. Il boutonne étroitement sa veste et son

pardessus, se coiffe d’aplomb, et dit à sa fille, d’un ton autoritaire:

 

—Je pars, je l’ai vu, ça suffit; mais toi, tu restes. Tu iras à

l’hôpital tous les jours, et tous les jours tu écriras pour donner de

ses nouvelles. N’y manque pas; tu m’écoutes?

 

J’avais dit à Philippe:

 

—Vous êtes un homme, vous! un homme s’en tire, mais Ragotte n’est

qu’une pauvre vieille maman; soutenez-la!

 

Philippe nous télégraphie de là-bas:

 

«Ragotte pas malade, mais ennuyée.»

 

Après Philippe, c’est le Paul qui vient voir son frère Joseph une

dernière fois. Il a voulu partir à toute force. Il arrive à la gare de

Lyon, au milieu de la nuit, et il attend que l’heure soit convenable

pour sonner à la porte du concierge.

 

Il se présente avec une petite cravate-plastron de couleur printanière,

où brille une épingle dorée, et dès les premières paroles, il pleure,

comme une grosse pomme cuite fendue.

 

Le Paul ne veut pas s’y connaître moins qu’un autre.

 

—Oh! pour moi, il est perdu! dit-il.

 

Joseph aura été deux fois à l’hôpital. La première fois, Ragotte criait:

 

—Il n’en sortira plus!

 

Nous l’avons réprimandée ferme. Joseph est sorti.

 

—Je regrette mes paroles de défiance, a dit Ragotte. Oh! je n’aurai

plus peur de l’hôpital, et si mon petit y retourne, je me tiendrai

tranquille.

 

Le petit Joseph y est retourné, et, cette fois, il y reste.

 

Lucienne et le Paul ont du chagrin, mais surtout de la mauvaise humeur.

«Ça m’agace!» dit Lucienne. Ils gémissent en bougonnant.

 

—Ce n’était pourtant guère difficile à voir, que la fin approchait!

 

—A quoi ça sert d’envoyer une dépêche? Il est mort, il est mort!

 

Le Paul dit à Lucienne:

 

—Naturellement, je reste à Paris jusqu’à demain. Il faut bien que

j’achète une couronne!

 

Et Lucienne dit:

 

—Inutile de faire tant de frais! C’est déjà gentil de l’emmener. Et tu

sais qu’on ne les habille pas, ici; tâche de garder ça pour toi et de ne

pas raconter chez nous qu’on l’a mis dans le cercueil sans l’habiller.

 

—Je ne suis pas si bête que tu crois, répond le Paul.

 

—Non, dit Lucienne, mais tu n’as guère souvent la main à la poche,

quand il s’agit de payer! Si tu me remboursais! tu t’imagines que ça ne

coûte rien, le Métro?

 

Ils disent: «Je l’ai vu; il est tel qu’hier; la mort ne l’a pas changé!»

 

C’était bien la peine!

 

—Pour l’emmener, disentils, on paiera avec ses économies. C’est son

argent. Il faut que l’argent qu’il a gagné lui profite.

 

—Cet argent, dis-je, profitera surtout au patron de ce monsieur noir

qui vient de nous faire ses offres.

 

—Vous avez raison, mais si Joseph pouvait parler, il dirait comme nous.

 

C’est Philippe qui reçoit la dépêche au village. Il la lit et pleure

d’abord, seul, tout son saoul. Il garde la dépêche dans sa poche plus

d’une heure.

 

Ragotte est au coin du feu avec une voisine, la Chalude. Philippe, sans

donner la dépêche à Ragotte, puisqu’elle ne sait pas lire, sans même la

lui montrer, l’embrasse, ce qu’il ne faisait plus depuis des années.

 

Ragotte comprend et pleure dans son tablier.

 

La Chalude, ayant deviné, pleure aussi.

 

Il y avait beaucoup de monde à l’enterrement. Ragotte a dit:

 

—Nous avons beau être pauvres, nous ne sommes pas mal regardés!

 

Elle aura bien du plaisir à se rappeler toutes les personnes qui se sont

dérangées.

 

Mais Philippe n’y était pas. Au dernier moment, il a refusé de mettre

une chemise. Il a dit, d’une voix sourde:

 

«Non, je n’irai pas!» Et il est allé se coucher sur la paille, près de

Jaunette.

 

Le monde marchait, silencieux sauf la Chalude, courbé contre le vent qui

balayait la route. La Chalude, qui ne parle pas vite, mais qui finit

tout de même par dire ce qu’elle veut, déclarait à Lucienne:

 

—Il y a juste treize ans que, à la même époque, au mois de mars, votre

frère aîné est mort. J’ai bonne mémoire, je ne me trompe pas. Et quand

votre frère aîné est mort, il y avait juste treize ans que votre

grand-père était déjà mort. Vous verrez que, dans treize ans, il y aura

encore quelque chose pour vous.

 

A l’église, M. le curé en donna pour ses vingt-cinq francs, mais il

n’était pas rasé, ce que tous remarquèrent.

 

On a vraiment bien pleuré le petit Joseph. Je ne l’ai jamais vu pleurer

lui-même, et c’est la première fois qu’il faisait pleurer les autres.

 

Quelques jours encore, il continue de vivre pour ceux qui ne savent pas.

 

—Et votre petit jeune homme, on ne le voit plus; qu’est-ce qu’il

devient?

 

—Mort.

 

—Oh! pardon! si j’avais su, je ne vous aurais pas demandé de ses

nouvelles.

 

Il venait de faire une folie.

 

Souvent invité aux noces de son village, où il ne pouvait que regarder

les danseurs, il prenait, cet hiver, sans le dire à personne, des leçons

de danse. Il avait acheté d’un coup pour cinquante francs de cachets.

 

Il en laisse trois ou quatre.

 

Le chagrin de Ragotte.

 

Quand le petit Joseph venait la voir, il était câlin avec elle. Il ne

lui flanquait jamais rien dans les jambes. Il ne partait pas sans lui

glisser, au moment de l’adieu, sur ses gages à lui, une pièce d’argent

pour sa cachette, et comme Ragotte voulait la rendre, il lui tenait la

main fermée jusqu’à l’arrivée du train.

 

Le petit Joseph lui revient trop fort à la pensée; elle dit à Gloriette:

 

—Oh! si vous saviez, madame, comme on se sent puni!

 

—Puni de quoi, Ragotte?

 

—Oh! madame! Oh! madame!

 

Elle ne saurait pas le dire au juste… peut-être d’avoir oublié que le

malheur nous guette à chaque instant, et qu’il faut toujours vivre en

inquiétude.

 

Elle dit à propos des leçons que la vie nous donne:

 

—Il faut être pris pour être appris.

 

Et à propos du petit Joseph:

 

—Tant qu’on ne passe pas par là, on ne passe pas serré.

 

Tous les matins, elle pleure en tapotant le lit avec la petite fourche

usée et jaunie.

 

—Il aurait été si content de me voir un matelas!

 

Elle a gardé son réveil-matin, dont elle aime entendre le tic-tac, mais

s’il s’arrête, elle n’ose pas le remonter et elle appelle Philippe pour

qu’il le remette en vie.

 

Son ouvrage fini, elle pense à Joseph et ça lui fait mal. Elle y pense

trop et ça l’endort. Elle baisse la tête plus bas, un peu plus bas,

jusqu’à ce qu’elle la relève avec brusquerie, comme si elle venait de

heurter du front la pierre du petit.

 

L’après-midi, elle s’assied au pied de la croix qui est à l’ombre,

devant la porte.

 

Elle y raccommode, elle y rêve et elle y dort.

 

Comme le bas de la croix était vermoulu, on l’a scié, et la croix,

replantée, se trouve à la taille de Ragotte. Debout, elle pourrait

coller son oreille à la niche vide entre les deux bras et dire:

 

—J’ai cru qu’on me parlait!

 

Mais, assise, elle semble porter la croix sur son dos et se reposer là,

n’en pouvant plus de fatigue et de misère.

 

Depuis longtemps, elle ne croyait plus à l’enfer, et, depuis la mort du

petit Joseph, elle cesse même de croire au paradis.

 

A quoi bon?

 

Elle sait que Joseph est là-bas, au cimetière. Elle profite du dimanche

pour aller le voir. Elle ne prie pas. Elle aime mieux pleurer. Elle lui

parle à voix haute et elle lui dit, pour qu’il entende:

 

—Oh! pauvre petit Joseph, tu étais si bon pour moi!

 

Elle viendra prochainement à côté de lui, mais elle n’espère pas le

retrouver plus tard au ciel.

 

Y a-t-il seulement un ciel?

 

Est-ce que Mme Gloriette, si savante, croit au ciel?

 

Puisque madame n’y croit pas, comment Ragotte y croirait-elle?

 

Il n’y a point de ciel; il y a, dans le cimetière, le corps du petit

Joseph, et il y a, dans l’armoire de Ragotte, le linge qu’il a laissé,

et qu’elle déplie et replie (oh! que c’est dur!), en criant de chagrin.

 

Elle résume ainsi sa vie, hochant la tête:

 

—J’ai enduré bien du mal!

 

Elle dit encore qu’elle a versé des larmes pour faire marcher un moulin.

 

Elle n’oserait point aller voir sa fille à Paris.

 

—Votre voyage, dit Gloriette, lui ferait plaisir.

 

—Je ne pourrais pas rester où la chose s’est passée.

 

—Mais votre fille n’habite pas ce quartier-là, et vous ne sauriez à

quel endroit votre petit Joseph a pu mourir. Paris est grand!

 

—C’est égal, dit Ragotte, ce serait toujours le même pays.

 

Elle n’a plus de goût à la cuisine.

 

Elle fait un œuf au vin, donne l’œuf à Philippe et ne garde que le reste

du vin. Elle y sauce son pain et tâche que ça dure longtemps, pour que

Philippe voie bien qu’elle mange et qu’il ne la gronde pas.

 

—La mort de Joseph l’a bien changée, dit Philippe à Gloriette, mais où

elle a été le plus abattue, c’est quand vos petits poulets n’ont pas

réussi.

 

Elle n’irait plus à la ville pour son plaisir, elle n’irait que pour un

enterrement.

 

Elle a de moins en moins d’agrément à aller à la rivière et à porter sur

son bras les lourds draps mouillés.

 

—Est-ce qu’on fera la lessive demain, madame Gloriette?

 

—Comme tous les lundis, Ragotte, depuis neuf ans.

 

—Faut-il acheter du savon?

 

—Naturellement.

 

—Et des cristaux?

 

—S’il n’y en a plus.

 

—J’apporterai les cristaux avec le savon?

 

—Mais oui, Ragotte, par la même occasion! Qu’est-ce que vous avez?

 

Elle se lève, ce matin, pour aller faire le lit du Paul qui n’est pas

marié et qui couche dans une petite maison bâtie par lui.

 

Comme elle ne revient pas, Philippe va voir.

 

Elle était chez la Chalude, assise et causant.

 

Philippe la laisse bavarder et dit, le visage dur:

 

—Sacrées femmes!

 

Un autre jour, à midi, à une heure, elle n’est pas là.

 

Philippe mange ce qu’il trouve, et va de porte en porte demander si

quelqu’un a vu Ragotte? Personne! Philippe n’ose pas interroger trop de

monde; l’inquiétude le gagne. Il retourne à la maison, et s’assied près

de l’arche, la tête dans les mains.

 

Le soir, Ragotte rentre comme si elle venait de sortir.

 

Philippe la regarde et d’abord il ne peut pas parler.

 

—Qu’est-ce que tu as? dit Ragotte.