Nuits macabres (French Edition)
Chapitre 2
– Espérons qu’ils trouvent rapidement parce que je me vois mal faire la
chasse aux loups, soupira Benjamin, ou avoir l’ASPAS[2] sur le dos. En même temps, comment une personne peut-elle maîtriser un loup ?
– Je ne peux hélas pas vous donner de réponse sur le sujet. En revanche, je peux confirmer que la victime n’a pas été traînée dans le tunnel. L’assassin l’y attendait ou l’accompagnait, cela ne fait aucun doute, assura le docteur Hubert avant d’adopter un air plus grave, et nous avons trouvé les mêmes fluides corporels que sur la première victime. Seulement sur le corps. Il n’y a rien autour, ni sur les murs, encore moins sur le sol. Comme je vous l’ai déjà dit tout à l’heure. Rien. Nada. A croire que l’assassin s’est envolé aussitôt son crime perpétré.
Il avait déblatéré son analyse sommaire d’une seule traite, anticipant ainsi les questions du jeune lieutenant et en suscitant d’autres également. La fatigue et la confusion se lisaient sur son visage, mais il semblait soucieux d’être le plus précis possible. Aussi décida-t-il d’ajouter.
– La scientifique a relevé des empreintes de chaussures de toutes sortes, hommes, femmes, enfants. Des sillages de roues de poussettes, de vélos. De la salive, des chewing-gums ou cigarettes écrasés, de l’urine et j’en passe. Ce tunnel est encore plus fréquenté que Saint Claude. Si le meurtrier avait tenté d’effacer les traces de son passage, on l’aurait vu.
Il marqua une courte pause puis reporta son attention sur la victime.
– Hier, grâce aux fluides, nous avons pu établir une possible trajectoire de l’animal avant et après le meurtre. Dans le cas présent, c’est comme s’il avait atterri sur le corps pour se volatiliser ensuite. Les seuls indices que nous possédons se trouvent uniquement sur la victime.
– C’est complètement insensé, rumina Benjamin comme à lui-même, contrarié par un tel manque de preuves.
– Les prélèvements d’hier ont été envoyés au laboratoire de Lyon. J’espère avoir une réponse dans la journée. Les biologistes se cassent les dents sur ces échantillons. Ils ne vont pas apprécier que je leur en envoie d’autres.
Le médecin fit un signe aux deux ambulanciers qui attendaient à l’entrée du tunnel. Après avoir installé le corps dans un sac mortuaire avec un maximum de précautions, les deux hommes le soulevèrent pour le mettre sur un brancard. Ne restait de lui sur le sol qu’une forme dessinée à la craie et une vaste tache de sang. Le docteur Hubert les suivit tout en retirant gants et masque.
– Espérons que vos patrouilles mettent la main sur cette bestiole ou sur le malade qui le pousse à de tels actes de cruauté avant que la situation ne dégénère, confia-t-il, visiblement inquiet, quant à moi, si vous le voulez bien, je vais tenter de faire parler notre victime. Je vous joins mon rapport d’autopsie dès que possible.
Il salua le jeune lieutenant et s’éloigna d’un pas assuré du côté de la Place du Marché. Benjamin jeta un bref regard à sa montre. Il était encore trop tôt pour se rendre à l’hôpital et interroger les seuls témoins. Il décida d’envoyer un message groupé à ses hommes, éparpillés dans la ville, pour les briefer sur les quelques informations fournies par le légiste. Désormais, ils recherchaient un animal à l’apparence dangereuse, le loup n’étant plus exclu, en compagnie d’une personne. Un homme ou une femme, peut-être les deux. Maigres indices qui ne changeaient pas des consignes de départ, mais qui accentueraient certainement leur acuité visuelle.
Tandis que les agents de la police scientifique continuaient de traquer chaque indice ou trace suspecte à l’extérieur du tunnel, dans la rue de la Petite Boucherie, Benjamin s’accroupit près de l’énorme tache de sang et tenta de visionner intérieurement une scène, aussi abominable fut-elle, envisageant mille et un scénarii aussi sanglants que sauvages, qui lui donnèrent presque la nausée.
Les marques violacées aux poignets indiquaient nettement les pouces à l’intérieur et pointés vers le haut, ce qui signifiait sans l’ombre d’un doute que l’assassin s’était penché au-dessus de la victime pour le maintenir au sol, face à face. Cependant, la première morsure dans le cou avait été faite de façon à ce que l’animal soit également dans cette position. Dans le rapport d’autopsie faite sur Thomas Verrier, des traces distinctes sur le cou laissaient à penser que l’agresseur avait agi de la même manière, neutralisant la victime pendant que la bête, également de face, s’acharnait sur le pauvre homme.
Cela n’était peut-être qu’un détail, mais Benjamin voyait plutôt une personne tenir les mains de la victime, soit penchée sur elle, soit assise près de sa tête, offrant à la bête le malheureux en guise de repas.
– Je donnerai cher pour connaître quel genre de trame tu imagines, confia Jacob, ne connaissant que trop bien les méthodes du jeune lieutenant.
Sortant de ses pensées, Benjamin se retourna et leva les yeux sur le commissaire divisionnaire, accompagné d’un couple qu’il voyait pour la première fois. L’homme affichait une bonne quarantaine d’années, un petit rictus prétentieux au coin des lèvres, tandis que la femme, beaucoup plus jeune, ne pouvait détacher son regard de la mare de sang.
– Rien de bien glorieux, je le crains, dut-il admettre, certains éléments me paraissent contradictoires.
Grand et imposant, malgré l’approche de la soixantaine, Jacob affichait toujours des traits rudes. Un regard franc, son nez long et busqué ne faisaient qu’accentuer un air sévère et autoritaire.
– J’ai toute confiance en toi, Ben ! Je sais que tu garderas la tête froide, quelles que soient les circonstances, souligna-t-il avant de se tourner vers ses voisins, je suis passé à la gare de Nancy pour accueillir nos deux collègues. Je te présente le commandant Yves Duquesne et sa collègue, le lieutenant Maelys Valmont.
– SRPJ de Paris, précisa le type en brandissant sa carte d’officier de police judiciaire.
Avec les derniers événements, Benjamin en avait totalement oublié la venue de ses collègues de la capitale. Il avait appris à ne pas juger les gens au premier abord pourtant, Duquesne ne lui inspirait pas la moindre sympathie. Certainement à cause de cet air condescendant dont il le gratifia en agitant sous son nez sa plaque de commandant. Sa collègue semblait en retrait, mais néanmoins plus prompte à observer les lieux du crime, avec un peu d’écœurement certes, mais intéressée par l’affaire qui l’avait menée dans la ville.
Le jeune homme se releva doucement, dépassant son vis-à-vis d’une bonne vingtaine de centimètres. Il décida de passer outre ses préjugés et salua ses deux confrères.
– Lieutenant Delavaut.
– Le commissaire Meyer nous a permis de voir le corps, lui apprit Duquesne, une bien triste affaire.
Adoptant un air faussement désolé, il consentit enfin à regarder la trace de craie au sol.
– Nous avons déjà été confrontés à ce genre d’attaque, expliqua-t-il, non sans une grande fierté, tandis que Valmont contournait la mare de sang, le procureur a sûrement pensé que nous pourrions vous être utiles. Ce genre d’enquêtes nécessite beaucoup de sang-froid et de connaissances sur les possibles agresseurs. Nous couvrons plusieurs investigations sur tout le territoire, ce qui explique pourquoi toute mon équipe n’est pas présente. Sinon, vous pensez bien que…
Il s’abstint de poursuivre sa phrase, remarquant le regard glacial que lui lança le commissaire. Le sous-entendu était très clair et la réaction du plus âgé ne se fit pas attendre.
– Vous êtes ici en tant que consultant, lui rappela fermement Jacob, tâchez de ne pas l’oublier !
L’intéressé toussota légèrement comme pour masquer sa gêne.
– Cela va de soi, monsieur, reconnut-il, dissimulant difficilement son embarras.
– Mes hommes sont tout aussi capables que votre équipe. Tenez-le vous pour dit ! Maintenant, parlez-moi de cette affaire similaire ! Ordonna le commissaire dont les narines commençaient à se dilater sous l’effet d’une colère contrôlée, et pourquoi je n’en ai pas eu vent ?
– Il serait préférable d’en parler ailleurs, suggéra Benjamin, nous devrions laisser les techniciens travailler dans le calme.
– Bonne idée, approuva Jacob, qui fonça directement vers la Place du Marché, le vent est glacial par ici.
Une excuse comme une autre, mais le jeune homme ne pouvait pas laisser son patron s’emporter au beau milieu d’une scène de crime. D’autant que rester confiné dans le tunnel n’arrangeait en rien la situation. Ce n’était pas le vent qui risquait de faire des dégâts, mais une énorme tempête. Benjamin avait déjà vu Jacob sortir de ses gonds. Il ne souhaitait à personne d’en faire les frais, pas même à Duquesne.
Alors que le jeune lieutenant s’apprêtait à lui emboîter le pas, Maelys Valmont le retint par le bras.
– Ça ne vous ennuie pas si je jette un coup d’œil aux alentours, demanda-t-elle en désignant l’autre sortie.
Son collègue croisa les bras devant lui et la jaugea d’un air réprobateur. La jeune femme lui lança un regard noir, le dispensant d’émettre la moindre réflexion. Benjamin feignit d’ignorer la mésentente palpable qui régnait entre les deux collègues. Il se demandait d’ailleurs si les autres membres de son équipe s’entendaient avec un homme aussi désagréable.
– Pas du tout. Je peux demander à un policier de vous accompagner, finit-il par proposer.
– Ne vous inquiétez pas, j’ai un excellent sens de l’orientation et je ne compte pas m’éloigner non plus, le rassura gentiment Maelys, je voulais juste faire le chemin inverse de la victime. Le brigadier Lopez nous a appris qu’il vivait tout près. Rue Joly, je crois.
– C’est exact. Montez la rue en face de vous, et ensuite à droite. Vous y serez.
La jeune femme le remercia d’un simple signe de tête et prit le chemin opposé des trois hommes.
Les rues de Toul n’étaient guère différentes de celles qui sillonnaient le vieux Paris, à l’exception peut-être qu’elles semblaient plus étroites et moins éclairées. Maelys foula les pavés avec nonchalance, se félicitant d’avoir mis des baskets. Avec des talons, ses pas auraient certainement résonné dans la ruelle. Quelqu’un l’observait derrière une paire de rideaux jaunis. Une vieille dame, apparemment intriguée par la présence de tous ces hommes en combinaison. La jeune femme n’y prêta pas attention et continua sa montée dans une pénombre angoissante, mais cela ne sembla pas la gêner outre mesure.
Arrivée en haut, elle aperçut la plaque bleue, affichant le nom de la rue. Maelys tourna sur sa droite et longea le trottoir d’un pas plus vif, le visage fouetté par un vent frais. Dieu merci, elle s’était éclipsée avant d’écouter les explications pleines d’arrogance de son patron. Comment osait-il comparer des attaques de brebis avec le meurtre d’un homme ?
Perdu dans ses pensées, elle réalisa qu’elle ne longeait plus la rue Joly, mais la rue du Collège. Elle se trouvait d’ailleurs devant les grandes portes vertes du Collège Amiral de Rigny. Les lieux étaient désespérément sombres et déserts. Aussi décida-t-elle de faire demi-tour, essayant cette fois d’imaginer la victime prendre ce chemin chaque nuit.
A quel moment le meurtrier l’avait-il croisé ? Sur ce trottoir, entre les voitures stationnées et les murs gris dont portes et volets demeuraient toujours fermés ? Maelys était persuadée qu’il aurait très bien pu se faire attaquer dans cette même rue ou dans l’impasse qu’elle aperçut sur sa gauche sans que personne ne s’en rende réellement compte. Elle s’y engouffra, juste pour voir où cela menait, malgré l’absence totale de lumière. Ce n’était qu’une simple allée qui donnait sur les entrées des appartements.
Quand elle revint dans la rue Joly, elle crut percevoir une ombre se faufiler dans le deuxième porche qui se trouvait de l’autre côté de la rue. Sa peau se hérissa en même temps que son sang se glaça dans les veines. Avait-elle rêvé ? Il faisait trop sombre ou peut-être était-ce le fruit de son imagination. Cependant, s’il y avait eu une autre personne, elle ne l’aurait pas manqué, que celle-ci soit devant ou derrière elle.
Lentement, la jeune femme descendit la fermeture de son blouson pour attraper son arme et traversa la rue d’un pas feutré. Plus elle s’approchait du porche, plus son cœur s’accélérait dans sa poitrine. Après une courte hésitation, elle se précipita à l’intérieur et brandit son arme sur un homme, accroupi près du mur, une main posée sur la paroi.
– Ne bougez plus !
Pris au dépourvu, Jeratiah ferma les yeux pour contenir une colère naissante. A ce moment précis, il méprisa autant Michel de l’avoir privé de ses pouvoirs que ces stupides humains. Mais il était également furieux contre lui-même de ne pas avoir perçu une présence pendant sa concentration.
– Levez-vous et retournez-vous doucement ! Ordonna Maelys, sur le qui-vive.
Il obtempéra sans résistance, le visage camouflé sous la capuche, bien décidé à disparaître dès que l’occasion se présenterait, mais cette femme ne le quittait pas des yeux et le détaillait étrangement.
– Que faites-vous là… et pourquoi portez-vous ce déguisement ? S’enquit-elle en faisant un pas en avant, surprise par le détail soigné des vêtements.
L’unique source de lumière venait d’une applique en forme de coupole accrochée à la paroi, ce qui empêchait Maelys de distinguer correctement l’inconnu. Que faisait cet homme, vêtu comme un Robin des bois, planté au beau milieu d’un porche, à quelques mètres où avait eu lieu un meurtre ? Elle avait repéré un couteau long et brillant, maintenu à sa ceinture, mais ne discernait pas une autre arme et encore moins son visage. Elle se félicita de ne pas trembler, autant dans sa voix que dans ses gestes.
– Jetez votre couteau au sol, somma-t-elle, et mettez vos mains sur la tête !
A bout de patience, Jeratiah écarta les bras du corps, comme pour montrer qu’il ne comptait pas s’en servir.
– Vous êtes bien exigeante, pesta-t-il, que ferez-vous si je refuse ?
– Je me verrais contrainte de tirer.
Il y eut un court silence durant lequel Maelys sentit s’évaporer le peu de courage qu’elle possédait. L’homme était grand, massif et certainement dangereux. L’arme pointée sur lui ne semblait pas l’impressionner. Au contraire, il avait répondu avec une pointe d’agacement dans la voix qui ne rassura pas la jeune femme.
– Cela n’aura aucun effet sur moi, avança-t-il d’un calme effrayant.
– Mais qui êtes-vous ?
– Si je vous le dis, vous ne me croiriez pas.
– Et bien, essayez quand même et je veux voir votre visage ! S’impatienta Maelys, en agitant le révolver pour lui montrer qu’elle ne plaisantait pas.
Après une courte hésitation, Jeratiah s’exécuta sans broncher et repoussa sa capuche, puis la toisa d’un regard de marbre, marquant ainsi toute la colère qu’il éprouvait envers les hommes. Devant ce regard bleu empli d’un mépris palpable, Maelys eut un mouvement de recul. Maintenant qu’elle pouvait voir son visage, elle commençait à se demander si elle n’avait pas commis une erreur.
– Retournez-vous et mettez les mains contre le mur ! Lança-t-elle sans se démonter.
Si elle laissait paraître le moindre signe de crainte, il en profiterait pour la désarmer. Et contre un homme d’un tel gabarit, Maelys n’avait aucune chance.
– Faites ce que je vous dis !
Pour une femme seule et aussi fluette, elle ne manquait pas de persévérance, pensa Jeratiah en affichant un rictus au coin des lèvres. Laissant échapper un soupir agacé, il capitula dans l’espoir qu’elle utiliserait cette ruse pour fuir. Dans le cas contraire, il se verrait obliger d’agir en conséquence.
Maelys demeurait sur ses gardes. Peut-être n’était-il qu’un simple citoyen, sorti tout droit d’une fête déguisée… ou un déséquilibré mental… Sa petite voix intérieure lui recommandait la prudence. Elle préféra garder son arme dans une main, le temps de sortir les menottes de l’autre. Le tout était de faire très vite pour le neutraliser.
La respiration saccadée par la peur, elle tenta vainement d’atteindre son poignet quand Jeratiah se retourna vivement. Avec une agilité déconcertante, il la plaqua sans ménagement contre le mur, posant une main sur sa bouche. Les menottes et le revolver tombèrent sur le sol dans un léger bruit métallique.
Paniquée, Maelys n’était plus en mesure de se défendre et pour couronner sa déveine, elle n’arrivait plus à respirer correctement, écrasée par le poids de son agresseur. Elle crut défaillir quand il desserra doucement sa prise autour d’elle.
– Je ne vous ferai aucun mal.
La jeune femme ne demandait qu’à le croire, mais son comportement violent ne témoignait pas en sa faveur. Comme s’il lisait dans ses pensées, il l’obligea à se retourner tout en gardant une main ferme sur sa bouche. Après s’être débattue sans grand succès, Maelys faisait désormais face au mur, plus que jamais envahie par une peur indescriptible. A tout moment, elle s’attendait à sentir la lame du couteau pénétrer dans sa chaire ce qui lui arracha une larme de désespoir.
– Regardez !
Sur la paroi, la jeune femme aperçut une enfonçure aux contours dorés, ressemblant fortement à celle trouvée sur les lieux du crime de Thomas Verrier. Du moins, à celle qu’elle avait vue en photo après avoir lu le rapport d’enquête.
– Nous chassons le même monstre, précisa-t-il avant de reprendre d’une voix presque menaçante, et croyez-moi, vous n’avez aucune idée de ce à quoi vous avez à faire.
Comme si elle consentait à le croire, malgré une attitude qui s’approchait plus du pervers, la jeune femme abandonna toute résistance. Ce qui décida Jeratiah à la libérer. Encore tremblante, Maelys frotta machinalement ses bras endoloris puis décida de faire face à l’inconnu, lui adressant un regard glacial et craintif à la fois. Pendant son combat illégal contre cette brute, elle avait perdu sa plaque de policier.
– Que voulez-vous dire par monstre ? Et allez-vous me dire enfin qui vous êtes ?
D’un calme qui agaça la jeune femme, il ramassa la pochette en cuir sans prendre la peine de l’ouvrir.
– Vous posez beaucoup trop de questions.
Maelys lui arracha le porte-carte des mains et pointa un doigt accusateur sur lui.
– Vous ne manquez pas de culot, s’emporta-t-elle d’emblée, d’abord, c’est mon boulot de poser des questions. Ensuite, vu que vous avez failli me briser les os et m’étouffer par la même occasion, vous pourriez au moins faire l’effort de me répondre.
Il ne prêta même pas attention à ses paroles et tourna la tête vers la rue, les sourcils froncés. Quelqu’un venait dans leur direction. Aussi préféra-t-il s’éclipser avant que la situation ne s’envenime.
– Une autre fois, marmonna-t-il avant de disparaître dans un nuage de poussière étincelante.
Maelys recula soudainement contre le mur, complètement abasourdie par ce qu’elle venait de voir. Elle agita machinalement le bras dans le nuage pailleté qui disparaissait petit à petit sous ses yeux ahuris.
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