Police : la loi de l'omerta
Pas d’enquête
Pas de nouvelles de l’enquête. Christophe demande à la capitaine, qui
lui répond : « Jérémy H., j’en ai rien à foutre, j’ai un crédit maison et un
enfant à nourrir », puis, plus tard : « On le croit, on ne fait rien, au pire vous
le surveillez. » Sa chef de groupe lui demande à plusieurs reprises d’arrêter
de « gratter ».
Entre-temps, à la suite de l’audition du mineur, d’autres éléments
apparaissent qui renforcent la conviction de Christophe. Il avertit à nouveau
sa hiérarchie et Mélissa B. finit par lui dire que l’enquête contre Jérémy H.
est en cours.
PAS D’ENQUÊTE
En novembre 2020, il ne se passe toujours rien. Le directeur du foyer
n’a pas été entendu, ni le jeune. Christophe comprend qu’aucune enquête
n’est en cours. Jérémy H. semble bénéficier du totem d’immunité et
Christophe a en prime l’intuition que ce dernier consulte la procédure
concernant les violences sexuelles sur le jeune pour en connaître les
avancées. Cette affaire étant constituée de trois faits différents, par sécurité,
Christophe partitionne en trois procédures afin d’obtenir d’autres numéros
et être sûr que Jérémy H. n’aura pas accès à la globalité. Il pourrait mettre la
procédure au coffre (c’est-à-dire la sécuriser par un mot de passe), mais
Jérémy H. s’en rendrait compte.
Fin janvier 2021, n’ayant toujours pas eu les captures d’écran de la part
du commandant Luc P., Christophe fait venir l’éducatrice spécialisée pour
une audition au cours de laquelle il apprend qu’elle a vu les messages. Elle
ne peut cependant pas les lui fournir, car elle les a transmis à son directeur,
alors en arrêt maladie. Christophe prend soin de mentionner le nom de
Jérémy H. sur l’audition de l’éducatrice. Il acte également un « avis
hiérarchie » nommant le commandant sur le PV. Ce faisant, il rend compte
officiellement à sa hiérarchie des avancées dans l’enquête. Ils ne peuvent
plus faire comme s’ils ne savaient pas. Maintenant que les éléments
pouvant être constitutifs de corruption de mineur sont écrits en procédure,
le commandant Luc P. n’aura plus le choix, il devra faire un signalement
pour qu’une enquête soit enfin ouverte ! Christophe présente donc une
copie du PV en main propre à sa hiérarchie directe, en l’occurrence
Marine L. Elle lui demande d’enlever le mot « louche » de l’audition, car
« ça fait pédophile ». S’agissant des mots utilisés par l’éducatrice, Christophe refuse et la capitaine Charlotte A., qui se trouve dans le même