Police : la loi de l'omerta

BILHERAN Fabien NAUDIN Agnès · Chapitre 34 sur 76

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Police : la loi de l'omerta

Pas d’enquête

Pas de nouvelles de l’enquête. Christophe demande à la capitaine, qui

lui répond : « Jérémy H., j’en ai rien à foutre, j’ai un crédit maison et un

enfant à nourrir », puis, plus tard : « On le croit, on ne fait rien, au pire vous

le surveillez. » Sa chef de groupe lui demande à plusieurs reprises d’arrêter

de « gratter ».

Entre-temps, à la suite de l’audition du mineur, d’autres éléments

apparaissent qui renforcent la conviction de Christophe. Il avertit à nouveau

sa hiérarchie et Mélissa B. finit par lui dire que l’enquête contre Jérémy H.

est en cours.

PAS D’ENQUÊTE

En novembre 2020, il ne se passe toujours rien. Le directeur du foyer

n’a pas été entendu, ni le jeune. Christophe comprend qu’aucune enquête

n’est en cours. Jérémy H. semble bénéficier du totem d’immunité et

Christophe a en prime l’intuition que ce dernier consulte la procédure

concernant les violences sexuelles sur le jeune pour en connaître les

avancées. Cette affaire étant constituée de trois faits différents, par sécurité,

Christophe partitionne en trois procédures afin d’obtenir d’autres numéros

et être sûr que Jérémy H. n’aura pas accès à la globalité. Il pourrait mettre la

procédure au coffre (c’est-à-dire la sécuriser par un mot de passe), mais

Jérémy H. s’en rendrait compte.

Fin janvier 2021, n’ayant toujours pas eu les captures d’écran de la part

du commandant Luc P., Christophe fait venir l’éducatrice spécialisée pour

une audition au cours de laquelle il apprend qu’elle a vu les messages. Elle

ne peut cependant pas les lui fournir, car elle les a transmis à son directeur,

alors en arrêt maladie. Christophe prend soin de mentionner le nom de

Jérémy H. sur l’audition de l’éducatrice. Il acte également un « avis

hiérarchie » nommant le commandant sur le PV. Ce faisant, il rend compte

officiellement à sa hiérarchie des avancées dans l’enquête. Ils ne peuvent

plus faire comme s’ils ne savaient pas. Maintenant que les éléments

pouvant être constitutifs de corruption de mineur sont écrits en procédure,

le commandant Luc P. n’aura plus le choix, il devra faire un signalement

pour qu’une enquête soit enfin ouverte ! Christophe présente donc une

copie du PV en main propre à sa hiérarchie directe, en l’occurrence

Marine L. Elle lui demande d’enlever le mot « louche » de l’audition, car

« ça fait pédophile ». S’agissant des mots utilisés par l’éducatrice, Christophe refuse et la capitaine Charlotte A., qui se trouve dans le même