Police : la loi de l'omerta

BILHERAN Fabien NAUDIN Agnès · Chapitre 50 sur 76

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Police : la loi de l'omerta

Fabien Bilheran

« Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le

mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. »

Albert Einstein

À la fin des années 1990 et à l’aube du nouveau millénaire, toute ma

bande de copains de collège, de lycée ou du quartier a déjà expérimenté le

cannabis. La drogue est à tous les coins de rue et n’épargne aucune classe

sociale. Bien que grandissant dans un environnement paisible, j’observe

impuissant l’emprise grandissante de la consommation de stupéfiants :

cannabis, cocaïne, crack, speed, ecstasy, médicaments… Je pourrais citer

une longue liste de connaissances qui consomment ou qui sont impliquées

dans le trafic de stupéfiants, du plus petit niveau jusqu’au trafic

international.

Alors que je suis étudiant en sciences et techniques des activités

physiques et sportives (Staps), lassé de livrer des meubles pour financer

mes études, je m’interroge sur mon avenir. Élevé auprès de nombreux

gendarmes et fort de mes connaissances acquises à observer des vies brisées

par la drogue, je décide de prendre mon destin en main. Âgé de 22 ans, mon

choix est arrêté : intégrer la « brigade des stups du 36 », vitrine de la Police

nationale, pour lutter au mieux contre le trafic de drogues.

Je réussis le concours de gardien de la paix en 2007 et j’intègre l’école

de police de Nîmes au sein de la 218e promotion des gardiens de la paix. Au

moment de décider de l’affectation, je suis indécis. Le choix des postes est

restreint : Paris ? ou Paris ? Je ne connais rien de la région parisienne. Pour

l’instant, je veux seulement apprendre le métier de policier sur le terrain. Je

sollicite donc les conseils de mon formateur, qui me demande :

« Tu veux faire quoi dans la police ?

— Je veux aller à la brigade des stups.

— Prends Colombes. »

Voilà comment je suis devenu « colombien ». En quelques secondes.

LE COMMISSARIAT DE COLOMBES

Je suis donc affecté au commissariat de police de Colombes en 2009.

C’est un vieux bâtiment inadapté et mal entretenu. Un lieu atypique. Il a

d’abord été utilisé comme maison close, puis comme maternité, avant de

devenir un commissariat.