Police : la loi de l'omerta

BILHERAN Fabien NAUDIN Agnès · Chapitre 6 sur 76

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Police : la loi de l'omerta

Engagement syndical

la brigade de Serge, ainsi que quelques-uns dans d’autres unités. La

conséquence directe est de se retrouver dans le viseur de son état-major.

Grâce à ce « ménage », le service de Serge devient performant. Les

policiers aiment leur boulot et ils le font bien. Mais au bout de quatre ans,

l’administration policière décide que ce poste est trop important pour un

capitaine et que seul un commandant a les compétences pour le gérer. Serge

leur propose le même deal qu’à la BAC 93 : le laisser faire office de

commandant au grade de capitaine. Il essuie un refus et un commandant est

nommé. Cette fois, Serge est bloqué. Il ne peut pas être muté car ils ne

veulent pas le laisser partir.

ENGAGEMENT SYNDICAL

1995 est une année importante pour la Police nationale française : celle

de la réforme des corps et carrières. Les 16 000 inspecteurs et les

2 000 officiers de paix deviennent tous des officiers de Police nationale, tels

que nous les connaissons aujourd’hui. Mais cette réforme ne va pas de soi

puisque leurs compétences sont radicalement différentes : dorénavant un

expert en procédure judiciaire peut commander une unité sur la voie

publique et vice-versa.

Serge, représentant local du Syndicat national des officiers de police 2

(Snop), est sollicité pour son franc-parler et devient détaché permanent, une

occasion en or de sortir du bourbier de Deuil-la-Barre sur laquelle il saute

sans hésiter. Il s’échappe encore une fois de la cage. Par la suite, le

commandant nommé à la tête de la CRS 7 fera une dépression liée à la

difficulté du poste.

Serge est donc élu au syndicat. Ils sont quatre détachés permanents,

forts de 4 000 adhérents pour la région Île-de-France. Serge se retrouve

derrière le miroir : il va place Beauvau discuter avec les directeurs centraux,

où il est pris pour un imbécile mais toujours poliment. C’est déjà pas mal.

Mais Serge n’est pas seul. Son binôme est un capitaine vosgien. Après leur

rencontre, au bout de quelques discussions, ils ont l’impression de se

connaître. À l’occasion de son pot de départ de la CRS, le commandant

évoque son parcours dans la Marine. Bingo ! Ils ont été marins sur le même

bateau vingt-cinq ans plus tôt. Heureux hasard. Et ils se retrouvent pour

s’opposer à l’administration. Deux parfaits compères avec la même volonté de défendre les policiers et l’intérêt général. Ils se rendent sans rendez-vous