Sous haute surveillance

Norah McClintock · Chapitre 27 sur 46

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Sous haute surveillance

Rafe se réveilla péniblement, avec le sentiment…

Rafe se réveilla péniblement, avec le sentiment qu’une colonie de termites s’était attaquée à son cerveau. Dans l’obscurité, il ne savait plus bien où il était. La seule chose qu’il savait, c’était qu’il avait une migraine atroce. Jamais encore il n’avait eu pareille gueule de bois.

Puis Cathy, dans son sommeil, lui caressa l’épaule, et la mémoire lui revint. Il était au Mexique. Où sa tête était mise à prix. Il avait séduit la femme qu’il aimait… en se faisant passer pour ce qu’il n’était pas — une fois de plus.

Si ce n’était pas déjà le cas avant, cette fois, elle allait le mépriser. Cathy était pelotonnée contre lui, si délicate, si tiède, si douce. S’il n’avait pas éprouvé un tel sentiment de culpabilité, cette présence chérie à son côté

aurait suffi à son bonheur. Mais l’énormité de sa faute et le remords qui l’accompagnait l’empêchèrent de rien savourer.

Le champagne altérait sa mémoire mais il se souvenait de suffisamment de choses pour se maudire.

Ainsi donc, il était bel et bien le père de la petite blonde de la photo. Sans l’ombre d’un doute. Et, lorsque Cathy avait reconnu qu’elle ne s’était jamais donnée à personne d’autre que lui… oh, il n’y avait pas de mots assez forts pour exprimer le soulagement et la joie qu’il avait ressentis. Peut-être bien qu’ensuite les choses se seraient passées différemment… s’il n’y avait pas eu tout ce champagne ! Elle s’était enfuie, avait essayé de s’enfermer dans la salle de bains. Mais il l’avait rattrapée, embrassée de force, pour ainsi dire violée. Ensuite, au lieu d’avouer la vérité lorsqu’elle avait crié son nom, il lui avait fait l’amour de nouveau — comme pour la marquer au fer et prouver qu’elle lui appartenait, à lui et à nul autre.

En repensant à tout cela, il se prit en dégoût et en haine. Un dégoût profond, une haine virulente.

Mais quand même pas au point de regretter les voluptés partagées. Ni la douceur des moments qui avaient suivi, elle alanguie contre son épaule, lui découvrant qu’il l’aimait plus que jamais et qu’il n’y avait que dans ses bras qu’il oubliait son atroce solitude.

Cathy poussa un profond soupir et reprit la main qu’elle avait abandonnée sur la poitrine de Rafe.

Il devina le moment exact où elle ouvrit les yeux, réveillée en sursaut par la découverte qu’il y avait un homme dans son lit.

Elle se redressa.

— Maurice, dit-elle d’un ton embarrassé en ramenant pudiquement le drap au-dessus de ses seins. Je pense que vous devriez regagner votre chambre avant que Sadie…

— Nous avons à parler.

— Pas maintenant. Sadie a l’habitude de se lever très tôt…

Rafe tendit le bras au-dessus de Cathy jusqu’à la table de chevet et alluma la lampe.

— Si, maintenant !

Les yeux de Cathy s’arrondirent de stupeur en découvrant le visage de Rafe penché au-dessus d’elle. Il la saisit fermement par les épaules et l’immobilisa sous lui.

— Je ne peux pas partir comme ça, ma belle. Tu conviendras avec moi que la situation est un peu compliquée.

Cathy commença par pâlir. Puis elle le foudroya d’un regard si implacable qu’il trembla. Mais bientôt elle parut se détendre et il crut qu’elle s’était apaisée. Un peu de vanité l’incita même à croire qu’au fond elle était heureuse de se réveiller avec lui plutôt qu’avec Maurice. En souriant, il commit l’erreur de relâcher son étreinte. Alors, elle en profita pour se jeter sur lui, toutes griffes dehors, comme un chat furieux.

Mais il fut le plus vif. Il esquiva l’assaut, lui saisissant au vol les poignets. Bien lui en prit car elle était sans doute partie pour lui arracher les yeux. Comme elle se débattait avec fougue, il s’assit sur elle.

— Calme-toi, murmura-t-il, alors qu’elle continuait de se démener comme un beau diable pour se dégager. Je ne te veux aucun mal.

— Tu ne me veux aucun mal ? Quel aplomb ! Comment as-tu pu te conduire d’une manière aussi… abjecte ? s’exclama-t-elle d’un ton rageur. Tu m’as laissée croire… que tu étais… l’homme que j’aime…

— C’est peut-être précisément ce que je suis, répondit Rafe. Elle lui lança un regard mauvais.

— Non ! Jamais de la vie ! Ce n’est pas possible, c’est… un cauchemar. J’aime…

Elle s’interrompit, prenant un air buté.

— Ne le dis pas, tu mentirais, s’emporta Rafe. C’est avec moi que tu veux être ! C’est avec moi que tu voulais faire l’amour hier soir. Avoue-le, Cathy.

— N-non, articula-t-elle péniblement.

Son beau visage était livide.

— Tu te trompes du tout au tout, ajouta-t-elle d’une voix blanche en détournant les yeux.

— C’est pourtant mon nom que tu as crié en arrivant au septième ciel, pas celui de ton Maurice.

— Au septième ciel ! répéta Cathy sur un ton dégoûté. Quelle expression vulgaire ! Mon Maurice, comme tu l’appelles, ne l’aurait jamais employée…

— Il ne t’y aurait jamais envoyée non plus ! répliqua Rafe avec un petit ricanement sardonique. Ecoute, je suis le père de Sadie, le seul amant que tu aies jamais eu. C’est pourquoi je suis prêt à tout pardonner, tout oublier…

— Tu n’es pas le père de Sadie ! lança-t-elle en l’interrompant. Ou alors, seulement son père biologique !

— Elémentaire !

— Tu ne la connais même pas !

Rafe tiqua.

— A qui la faute ? s’insurgea-t-il, piqué au vif. La même personne ne pouvait pas lui cacher qu’il était père et l’accuser d’avoir négligé son enfant ! C’était absurde.

— Tu t’es enfuie, reprit-il. Je t’ai écrit, tu n’as jamais répondu.

— Parce que je savais que tu continuerais de me mentir… et j’avais peur d’être tentée de te croire. Penses-tu vraiment que j’avais envie d’avoir un bébé

toute seule ? Je te l’aurais dit, mais…

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