Will You Stay

Alicia Garnier · Chapitre 15 sur 17

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Will You Stay

Chapitre 13

 

Dawn

 

Alors, Petite Démone, Da-Re de lever les yeux ?

Je relis pour la troisième fois cette phrase, n’étant pas sûre de la comprendre. En une seule soirée, je suis passée par un tel ascenseur émotionnel que je me demande s’il y a encore une signification cachée derrière ces mots. Et cette lettre m’a fait chavirer le cœur à plus d’une reprise, j’ai eu du mal à la lire d’une seule traite. Si j’avais pu la jeter et me réfugier dans ses bras pour lui dire à quel point je l’aime aussi. Mais je lui ai promis d’aller jusqu’au bout, pour tenter d’appréhender à quoi rime ce rendez-vous. Je suis sur le point de lui parler quand, comme mus par leur propre volonté, mes yeux se lèvent du papier pour regarder en direction de Garrett.

Tout mon esprit semble suspendre son fonctionnement, ma respiration se coupe, mon corps se fige. Les feuilles que je maintenais d’une poigne incertaine m’échappent et tombent délicatement à mes pieds où se trouve déjà Garrett. Il se tient sur son genou droit, sa jambe gauche, plus fragile, est pliée de sorte à lui permettre de tenir en équilibre. Mes yeux remontent doucement jusqu’à l’écrin qu’il me tend, la magnifique bague qui y est nichée me fait hoqueter de stupeur. Je plaque une main sur ma bouche et recule d’un pas, les larmes s’accumulant derrière mes cils.

— Dawn, respire, m’encourage Garrett.

J’essaie de mettre en pratique son conseil, mais j’ai l’impression de ne plus savoir comment procéder. Mon regard navigue entre le sien et la bague, mille sensations parcourant mon corps à l’unisson. C’est trop, et en même temps c’est ce qu’il me faut pour sortir de ma torpeur. L’inquiétude que je lis sur ce visage que j’aime tant me blesse plus que je n’oserais lui avouer. Tandis que je vais pour m’avancer vers lui, il me devance en reprenant la parole :

— Je sais que ça doit faire beaucoup pour toi et que tu ne t’attendais certainement pas à ça. Mais je pensais chaque mot que j’ai écrit dans cette lettre. Je t’aime. Du plus profond de mon âme, et je veux vivre à tes côtés pour le restant de ma vie. Une vie sans toi n’en est pas une, c’est une mascarade fade et sans intérêt… Tu dois aussi te dire que c’est précipité, cela ne fait que six mois, mais j’attends de te faire mienne depuis tellement d’années. Que tu portes mon nom, ou que je porte le tien, ça m’est égal, mais je souhaite que l’on ne fasse plus qu’un aux yeux du reste du monde.

Il s’arrête pour me sourire tendrement, prend une grande inspiration avant de se lancer. Mais je ne lui en laisse pas le temps, je m’agenouille à mon tour, le froid du sol sur mes tibias me fait frissonner, mais c’est superflu. Je plante mes yeux ambrés dans les siens vert glauque, cette teinte si particulière que j’aime tant, et le fais taire d’un baiser. Je le sens sourire contre mes lèvres, pourtant je prolonge quand même le moment. Il s’écarte néanmoins, une lueur amusée dansant dans son regard.

— Seriez-vous en train de repousser l’échéance, miss Warren ?

D’un mouvement de tête, je lui fais comprendre que non, étant simplement incapable de parler. Ma gorge est bien trop serrée par l’émotion, et si j’ouvre les lèvres j’ai peur de ne plus savoir m’arrêter. Et il n’a toujours pas posé la question finale.

— Je crois que le moment est enfin arrivé de réaliser un vieux rêve : Dawn…

— Oui, je le coupe précipitamment.

On se regarde surpris quelques instants. Il se reprend avant moi et explose de rire. Je ne mets pas longtemps à le suivre, le stress ou la pression m’ayant fait parler trop vite. Mais je vois à son expression tout le soulagement que cette réponse anticipée lui apporte. Je pourrais presque sentir l’amour que l’on se porte circuler entre nous, nous rapprochant petit à petit. Il se penche jusqu’à ce que nos bouches ne soient plus qu’à quelques centimètres.

— Tu sais que normalement tu dois attendre que j’aie posé la question avant de répondre, me sermonne-t-il gentiment d’une voix rendue plus rauque par l’émotion. Je recommence donc : Dawn Warren, alias Petite Démone de ma vie, Da-Re de m’épouser et de m’aimer pour le restant de nos vies ?

Les larmes dévalent enfin sur mes joues, et je hoche la tête sans plus m’arrêter. Quel spectacle je dois donner, entre mon maquillage qui a certainement dû couler, le bout de mon nez rouge à cause du froid, mais il me dévisage comme si j’étais la femme la plus belle du monde. Et que j’étais sur le point d’être dévorée.

— J’ai besoin que tu me le dises à haute voix, me demande-t-il, ses lèvres effleurant les miennes.

— Oui, je chuchote avant de reprendre plus fort : Oui, Garrett Jamie Allen, je relève ce Da-Re. Je rêve de devenir ta femme, mais sache que ça veut dire que tu devras me supporter de longues années. Mais je te promets de te rendre aussi heureux que possible, et…

Il ne me permet pas de finir, sa bouche cueille la fin de ma phrase. Il m’embrasse comme si nous avions été séparés des mois, il ne nous laisse aucun répit, mais ce n’est pas grave. Si je dois mourir par manque d’oxygène, je partirai remplie de joie et d’amour. Nous nous éloignons à bout de souffle, et après un dernier regard dans ma direction, il sort la bague de son écrin. Je lui tends la main gauche et il l’y glisse doucement. Elle se positionne parfaitement. Après qu’il l’a embrassée sur mon annulaire, je l’avance vers moi pour la détailler. Elle est magnifique, fine, discrète en or blanc, un entrelacs avec, en son centre, ce que je suppose être un saphir en forme de goutte.

— Elle te plaît ?

— Elle est parfaite.

Alors qu’il se rapproche pour m’embrasser je l’en empêche en posant mes doigts sur sa bouche.

— Je t’aime, de toute mon âme. Tu viens de faire de moi une femme comblée, et même si j’adore ce que tu as fait de cet endroit, si l’on ne rentre pas dans les cinq prochaines minutes je vais me transformer en glaçon !

Il dépose un baiser sur mes doigts avant de se redresser et de m’aider à en faire de même. Il m’ouvre la porte, avant de s’arrêter pour débrancher les lumières. Tout d’un coup, nous sommes plongés dans le noir, juste entourés par la nuit et la neige qui continue de tomber. Je le serre dans mes bras, le froid oublié, et lorsqu’il m’enlace à son tour, je me sens complète, à ma place.

***

— Cinquante-quatre minutes de retard, nous accueille Derek en nous ouvrant. Si vous n’étiez pas si joyeux, je pourrais franchement vous engueuler. Qu’est-ce qu’il vous est arrivé ? nous questionne-t-il.

Alors que je suis sur le point de répondre, un bruit de vaisselle brisée nous fait sursauter.

— Maman est là ? rigole Garrett.

— Ouais, maman est là.

On se réfugie à l’intérieur où la chaleur nous enveloppe délicatement. Nous n’avons pas le temps de réellement nous débarrasser de nos manteaux que nous sommes entourés par nos proches. Des petits cris de surprise sont lancés quand ils voient le visage de mon futur époux. Ses parents tellement émus ont les larmes aux yeux, et se tiennent l’un l’autre en le dévisageant. Garrett me jette un regard m’avertissant de ne surtout pas dire le « je te l’avais bien dit » qui me titille le bout de la langue.

Une fois la stupéfaction passée, nous embrassons tout le monde, en premier ma mère qui nous étouffe presque, puis viennent Mike, Anna et Jessie, et on finit par Victor, mon presque beau-père comme je m’amuse à l’appeler. Cependant, deux personnes brillent par leur absence, et je me dirige vers Derek qui porte Brooke pour avoir des explications.

— Où se cachent Misha et Grace ?

Son visage se ferme complètement à ma question. Je fronce les sourcils, ne comprenant pas quelle erreur je viens de commettre. Deux paumes m’attrapent les épaules et m’attirent contre un torse que je connais sur le bout des doigts, par réflexe je pose ma main sur la sienne. Le regard de Derek se fixe sur ma bague, et la joie se lit clairement sur ses traits. Je réalise alors qu’il était au courant. Comment aurait-il pu en être autrement, Garrett dit tout à Derek. Je suppose que Jessie doit également déjà tout savoir, cette fratrie est tellement soudée. De plus, elle n’a pas semblé si surprise par le changement physique de son frère tout à l’heure. Derek m’attrape la main, et alors qu’il ouvre la bouche pour s’exprimer, il est interrompu par une entrée triomphante.

— Faites place, faites place ! Sa Majesté Misha Noël est arrivée !

Je me retourne pour admirer mon ami, et suis la première à exploser de rire, avant d’être rejointe par tout le monde. Le pull qu’il porte bat en effet des records. Il est rose fluo, et l’on y devine des bonshommes de neige jaunes dans des positions sexuelles dans lesquelles ils ne devraient jamais se retrouver. Victor me regarde, mi-amusé mi-désemparé. Il n’est pas encore habitué à ce genre de spectacle, ça viendra je n’ai aucun doute. Mais pour le moment, sa réaction nous fait repartir de plus belle dans notre fou rire. Quand tout le monde se calme légèrement, je sens Garrett m’attirer un peu en retrait. Il se met à mes côtés et me serre la hanche pour me coller contre lui.

— Si je pouvais avoir votre attention quelques secondes, Dawn et moi aimerions vous dire quelque chose…

— Vous déménagez en banlieue ? demande Anna.

— Mais non, ils vont enfin prendre un chien, rétorque ma mère.

— Garrett n’aime pas les chiens, contredit Victor. Un chat à la limite…

Devant nos yeux ébahis, nos familles se lancent dans des spéculations sur nos vies et désirs, et ils ont tout faux. Garrett se racle la gorge une fois, puis deux, avant de perdre patience.

— Si vous étiez capables de la boucler plus de deux secondes on vous expliquerait.

Mon futur beau-père fronce les sourcils.

— En voilà des façons de parler à ta mère, fils.

— Tiens, je suis surprise, renchérit Jessie. D’habitude, « saint Garrett » peut dire ce qu’il veut sans qu’on n’y trouve rien à redire, alors que moi un simple « merde » et c’est la fin du monde…

— Surveille ton langage, jeune fille ! gronde Anna.

— Vous voyez !

Derek nous regarde, se mordant les lèvres pour ne pas rire, tandis que Brooke lui bave allègrement sur l’avant-bras. Garrett se passe la main dans les cheveux, perdant patience. Je décide de prendre les devants et de m’approcher du demi-cercle formé par nos familles. Je tends simplement la main gauche au milieu. Ma mère est la première à remarquer la bague, et elle lâche un hurlement que les voisins doivent entendre. Durant les minutes qui suivent, je suis assailli par les félicitations, et les questions fusent dans tous les sens. Je me sens totalement dépassée, et Garrett doit le sentir, car il vient à ma rescousse et toute la troupe se dirige vers lui.

Essoufflée, je me rapproche de Misha et Derek qui se tiennent à l’écart. Ils m’étreignent à tour de rôle pour me féliciter. J’attrape Brooke dans les bras de ce dernier pour la serrer contre moi.

— Tu sais que j’ai aidé à choisir cette bague, si elle est aussi canon c’est en partie grâce à moi, se vante Misha.

— Je n’en doute pas.

Après une rapide bise à l’intéressé, je focalise mon attention sur mon beau-frère.

— Maintenant que je sais où est Misha, où se trouve Grace ?

Derek contracte les mâchoires plusieurs fois avant de me répondre :

— Elle a été appelée en urgence à la clinique plus tôt dans la journée. Son patient avec lequel elle rencontre des difficultés est rentré en pleine crise, d’après ce que j’ai compris. Et vu qu’elle avait laissé pour consigne de la contacter si c’était le cas… Bref, j’ai envie de croire qu’elle ne va pas trop tarder, ça serait dommage qu’elle rate le premier Noël de sa fille.

Une telle amertume transpire de ses mots, que j’en ai mal au ventre pour lui et Grace. J’espère qu’elle va réussir à reprendre tout ça en main, sinon elle pourrait bien le perdre. Je suis sortie de mes pensées moroses quand on entend Victor nous dire que l’apéritif est servi et n’attend plus que nous. Cependant, alors qu’on se dirige vers la salle à manger, le téléphone de Derek se met à sonner, il y jette un coup d’œil avant de nous dire de continuer.

Je remonte Brooke sur ma hanche, et je nous rapproche de Garrett qui est en train d’ouvrir une bouteille de vin blanc. Lorsqu’il me voit avec Brooke, ses yeux s’illuminent et je sais à quoi il pense, il me l’a déjà décrit : « Je veux que nos Petits Lardons te ressemblent. » Et même si c’est bien trop tôt pour parler bébé, je suis persuadé qu’il fera un excellent père, et je n’ai pas peur de découvrir la maternité à ses côtés.

Pendant que tout le monde est en train de célébrer le réveillon en buvant et grignotant, je me rends compte que Derek ne nous a toujours pas rejoints. J’espère pour lui qu’il ne travaille pas sinon ça va chauffer pour son derrière. Je dépose Brooke sur les genoux de sa mamie, embrasse Garrett en lui disant que je reviens, et je pars à la recherche de notre hôte. Je finis par le trouver assis, au sol devant son lit, le regard dans le vide.

— Tu te caches de nous, ou bien ?

Aucune réaction. Je rentre dans la pièce et referme derrière moi. Je l’appelle à trois reprises, sans résultat. Mon inquiétude passe de nulle à alerte maximale. Mon pouls s’accélère, et j’ai du mal à m’avancer vers lui tant mes jambes me paraissent peser lourd. Pour la deuxième fois de la soirée, je m’agenouille et je pose ma main sur la sienne, qui serre toujours son portable. Le sursaut qu’il a est si soudain que je bondis à mon tour. Son regard perdu et désemparé se fixe sur moi, mais il semble ne pas me reconnaître tout de suite. Il secoue la tête comme pour s’éclaircir les idées.

— Dawn ? croasse-t-il.

— Oui, c’est moi. Derek, qu’est-ce qu’il se passe ? Pourquoi tu es ici au lieu d’être avec nous ? Tu sais que ma mère va dépouiller ta réserve d’alcool si tu n’es pas là pour l’arrêter ?

Je tente de le détendre avec une note d’humour, mais ça ne prend pas. Je dirais même qu’il semble réaliser quelque chose qui l’angoisse au plus haut point. Il m’attrape par le poignet et me tire vers lui.

— Qu’est-ce que tu as fait de Brooke ? Où est-elle, elle va bien ?

Je retiens une grimace de douleur, tant sa poigne me fait mal mais j’essaie de ne rien laisser paraître.

— Elle est avec ta mère dans la salle à manger.

— Bien… C’est bien, avec ma mère. Oui, c’est bien.

Il semble complètement en état de choc et je ne sais pas quoi faire, la musique qui résonne dans toute la maison couvrirait ma voix si je tentais d’appeler quelqu’un. Et surtout, il ne me lâche pas, comme si cette seule prise le maintenait avec moi.

— Derek, tu me fais peur. Qui t’a appelé ? je chuchote.

Mais il a l’air de nouveau reparti je ne sais où, prisonnier de ses pensées. J’arrive par je ne sais quel miracle à lui extirper son portable du poing pour appeler Garrett. Mais lorsque je vois que le dernier numéro entrant n’est pas répertorié dans ses contacts, un mauvais pressentiment m’empêche d’aller au bout de mon idée. À la place, j’appuie sur rappeler. Il ne faut que deux sonneries pour qu’une voix d’homme décroche.

— Wilson à l’appareil, m’accueille-t-il sèchement.

— Bonsoir, veuillez m’excuser de vous déranger, je suis la belle-sœur de Derek Allen. Il me semble que vous venez de le contacter, et depuis il est… prostré à défaut d’autres mots. J’ai besoin de savoir qui vous êtes et ce que vous lui avez dit, je termine avec hargne.

L’inquiétude prend petit à petit possession de moi, et ma main tenant le portable se met à trembler. Je dois m’y reprendre à deux fois pour bien le caler contre mon épaule.

— … directeur de la clinique Saint-James. Il y a eu un tragique accident, et miss Scott a été impliquée.

Il continue à parler, mais mon cerveau met quelques instants à absorber ce qu’il est en train de me dire.

— Grace a été blessée ? je lance à haute voix, complètement abasourdie.

— Oui. Comme je l’ai expliqué à monsieur Allen, son patient était calmé, mais quelque chose l’a fait basculer quand elle allait le quitter, il s’est jeté sur elle, la faisant tomber contre un meuble… tout s’est passé si vite, les aides-soignants n’ont pas réagi assez rapidement.

— Est-ce qu’elle va bien ? À quel hôpital a-t-elle été amenée ?

La gorge me brûle, je me rends compte que je viens de hurler cette dernière phrase. Car au vu de l’état de Derek ça doit être sérieux, et je me trouve complètement désemparée, inutile et je déteste ça. Le silence éloquent de mon interlocuteur me fait descendre dans un trou noir où je suis presque sûre d’y rencontrer mon beau-frère, tout au fond.

— Je suis désolé, la mauvaise chute qu’a faite Grace lui a été fatale. Le médecin de garde ici a tout fait pour…

Le téléphone touche le sol quand un sanglot franchit mes lèvres. La prise de Derek se resserre, et ses yeux plongent dans les miens, réveillés et meurtris. Ce soir devait être une magnifique fête, nous devions célébrer nos fiançailles, Noël ! Pourquoi quelque chose d’aussi tragique est-il arrivé ? Derek ne mérite pas de vivre un tel supplice. Et tout d’un coup, la réalité me frappe de plein fouet quand l’adorable visage de Brooke me traverse l’esprit. J’attrape brusquement Derek, le plaque contre ma poitrine et le serre de toutes mes forces. À l’instant où je lui dis que je le tiens, il laisse sortir un son déchirant que je ne pourrai jamais oublier.

C’est à ce moment que la porte de la chambre se rouvre, laissant apparaître Garrett, comme s’il avait senti la détresse de son jumeau. Son beau visage perd son grand sourire, et en quelques pas il est à côté de moi, me posant les mêmes questions auxquelles j’exigeais les réponses il y a seulement cinq minutes. Tandis que j’ouvre la bouche pour lui annoncer la terrible nouvelle, je réalise qu’on ne sait jamais lorsque notre vie est sur le point de basculer.

En bien ou en mal.

 

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