affaire double
Chapitre III - Nouvelle surprise
Je m’élance dans le sillage du personnage que je crois être de plus en plus Jimmy Gillmore. Chaque pas que je fais m’ancre dans cette idée et transforme mes soupçons en certitude.
Vous pensez si je connais Gillmore, le Fédé.
Nous avons participé de concert à pas mal d’affaires criminelles.
Le kidnapping Hauseinmayer, par exemple, qu’il débrouilla si bien, à la confusion de ce rat public qu'était Fred le squelette, il avait dû pour ce faire, avoir recours à ma modeste collaboration.
Et j'étais à ses côtés, lorsqu’un matin de novembre, dans la banlieue de Miami, il donna à ses hommes l’ordre d’assaillir à la grenade la tanière où s'étaient réfugiées Ma Barker et sa nichée de vautours.
Et en quantité d’autres circonstances, nous avions été côte à côte, dans le péril et dans la gloire.
Oui, aucun doute, le type qui allonge le compas devant moi, c’est l'agent fédéral James Gillmore.
L'un suivant l’autre, nous atteignons une rue déserte. Alors, je risque le tout pour le tout. Si je fais erreur, j’en serai quitte pour m'excuser et passer pour un ivrogne.
Je réduis en vitesse la distance qui nous sépare, et hop! la main sur l’épaule, mon sourire le plus engageant aux lèvres et d’une voix douce :
— Salut, Jimmy.
Il se retourne et alors je suis sûr de mon fait. Il n’y a pas au monde un gars comme Gillmore pour garder sa maîtrise de soi à ce point. Il me toise, me reconnaît tout de suite, et la main qui était allée chercher sous l’aisselle gauche un spécimen de ces pistolets à amorces qui font si mal quand ils déchargent leur feu d’artifice, s’arrête, dans sa course, bifurque et elle se tend, le plus amicalement du monde.
— Salut, Johnny.
Sa voix est calme, mais ses yeux furètent. Il s'4 assure qu’il n ya personne dans la rue.
— Marchons, dit-il.
Au bout de quelques pas:
— Que faites-vous en France ?
— Je suis en vacances.
— Ah! Comment m’avez-vous découvert, dans cette grande ville ?
— Par hasard. J'étais au bistrot, quand vous y êtes entré avec la môme Pan.
— Ah oui! Eh bien, parfait, Johnny... J'aime mieux avoir rencontré un type de votre genre qu’un ballot quelconque... Quoique...
— Quoique ?
— Vous êtes en vacances. Vous ne cherchez peut-être pas précisément les coups durs.
— C’est surtout en vacances que je cherche les coups durs. Sans cela je m’ennuierais…
— 0. K. Johnny.… Je suis un petit verni de vous avoir trouvé sur ma route... J’aurai un petit boulot pour vous.
J’ approuve. Je ris:
— Évidemment, un petit boulot tranquille ?
— Tout ce qu’il y a de plus tranquille, répond-il, en riant à son tour.
— Comme un cimetière ?
— Exactement.
— Ça m'intéresse, Jim... Envoyez les détails.
— Pas ici... Figurez-vous que c’est un peu long. Et, cet après-midi, j'ai encore un rendez-vous.
— Alors, quand ?
— Demain matin. Chez moi.
— Quel hôtel?
— Je ne suis pas à l’hôtel. J’ai loué une chambre de bonne dans un quartier ouvrier. C’est tout ce qu’il y a de pratique. Voici l’adresse…
Il m’écrit tous les renseignements sur un bout de papier, je place ça soigneusement dans mon portefeuille et c’est à mon tour de lui fournir mon adresse. Après quoi, on se serre la main, sans même prendre le temps d’aller boire ensemble le verre de l’amitié et des retrouvailles réunies et Jim Gilmore, le Fédé, le meilleur élève d'Edgar Hoover, s’éclipse.
J'attends le lendemain avec l'impatience que vous devinez.
A l’heure convenue pour le rendez-vous, je frète un taxi et, vogue la galère, je me fais conduire vers l’ouest de Paris.
Le taxi s’arrête, je règle, car je suppose que Jim va m’entretenir un bon bout de temps et je me tape six étages pedibus cum gambis. Les ascenseurs, dans ce coin de la ville, c’est une bête absolument inconnue.
Jim m'a dit sous quel nom il est connu à Paris: Limaure. Presque un nom. Justement, j’avise une porte qui s’orne de cette mention, tracée à la craie: J. Limaure.
Je frappe, assez discrètement, car il est inutile d’alerter t toute la maison. Personne ne répond.
Je récidive, un petit peu plus fort, pour un résultat identique. Je fais entrer les souliers dans la danse. Et c’est toujours le silence.
Cette vieille branche de Gillmore m’aurait-il posé un lapin ?
Et soudain je pense qu’il m’a balancé cette adresse, tout à fait au hasard, pour se débarrasser de moi... Il ne tenait pas du tout à me raconter pourquoi il était à Paris à tenir de mystérieux conciliabules avec des femmes qu’il n’aurait pas osé présenter à la sienne.
Mais pourtant… je ne rêve pas. C’est bien J. Limaure — le nom d'emprunt, qu’il m’a dit être le sien — qu’on lit sur la porte...
Alors, je fais ce que j'aurais dû faire depuis longtemps, et je me demande vraiment pourquoi je ne l’ai pas encore fait. Décidément, on dirait que l’air de la vieille Europe annihile mes facultés. J’essaye d'ouvrir la porte. Elle n’est pas fermée à clé. Simplement au pêne. Je la pousse… et je pense aussitôt que mon ancien collègue, Harold Harchisson, est un fameux imbécile avec ses idées préconçues sur Paris et sa tranquillité.
Car devant moi, étendu sur la carpette, qui vois-je ? James Gillmore, en personne.
Et pas en train de dormir, je vous l’assure.
Ou plutôt si, en train de dormir, mais d’un de ces sommeils dont on ne se réveille pas.
D'un de ces sommeils dits de plomb, peut-être parce qu’ils sont occasionnés justement par des projectiles de même métal.
Je referme la porte sur moi, je m’approche et commence à examiner les lieux et le cadavre.
La pièce est petite et mansardée. Elle prend jour par une fenêtre à tabatière, au vasistas présentement fermé et sur la vitre duquel est tiré un rideau opaque.
Ce rideau est manœuvré par une ficelle coulissante et Gillmore tien l'extrémité de cette ficelle dans sa main crispée.
Sans trop bouger le corps, je procède à un examen sommaire.
James Gillmore a fichtrement dégusté.
Je relève un peu partout sur sa personne des traces de balles. Il en a pris de face, sur les côtés, mais surtout de dos.
Je ne crois pas que la tuerie ait eu lieu ici. Il est plus probable qu’on l’a attaqué ailleurs, puis qu’on est venu déposer le corps au beau milieu de sa chambre.
Je pourrais me demander à quoi rime vraiment un comportement pareil, mais je ne le fais pas. Je sais par expérience que c’est là un genre de devinette difficile à résoudre sur-le-champ. C’est petit à petit que l’on comprend les choses, que les mystères s’éclairent.
Ce que je me dis, c’est que l’agent fédéral ne doit plus avoir grand-chose dans ses poches. Cela ne m’empêche pas de fouiller ses vêtements.
Jugez de ma surprise ?
Il ne lui manque rien !
Du moins je suppose qu'il ne lui manque rien.
J’extrais de ses poches le bric-à-brac habituel : un carnet, un paquet de cigarettes, une boîte d’allumettes, un portefeuille contenant une dizaine de mille francs en monnaie française.
Il est vraiment curieux que cette somme n’ait pas tenté les criminels. Au point où ils en étaient.
Je rabâche ça deux ou trois fois, en faisant crisser sous l’ongle de mon pouce les poils de mon menton.
.… Et il me vient une idée, à tout prendre moins bête qu’elle n’en a l'air à première vue...
Je continue l'inspection des vêtements de Gillmore.
Non, il n’a pas été fouillé par son ou ses meurtriers. Je suis le premier à me livrer à cette opération. La preuve en est que je découvre, piqué dans la bretelle, l'insigne fédéral du pauvre bougre. Des assassins n’auraient pas négligé de s’emparer de cet objet, toujours utilisable, le cas échéant.
Mais l’agent secret de Washington ne s’est pas suicidé.
Alors quoi?
Eh bien, voilà mon idée: Il a été canardé à distance, et pas loin d’ici. Il a réussi à s’enfuir, blessé à mort, et en passant par les toits. Il est rentré chez lui par la fenêtre à tabatière — le corps semble bien avoir chu — et il a vivement tiré le rideau contre la vitre pour que ses poursuivants — je suppose qu’il était poursuivi — ne l’aperçoivent pas, s’ils arrivaient jusqu'ici.
Voilà pourquoi il est là, intact — du moins, le contenu de ses poches —, parce que lui, il a pris une sérieuse dose de produits ferreux dans le corps. Fallait-il qu’il soit bâti à chaux et à sable pour pouvoir, ainsi lesté, entreprendre une course sur les toits.
Tout en réfléchissant ainsi, je ne perds pas mon temps et je prends connaissance des papiers qu’il a sur lui. Je retrouve le mot que je lui ai donné, comportant mon adresse de Montparnasse. Je m’en empare, car il est inutile que d’autres la trouvent et émettent je ne sais quelles suppositions. Et tout ce que je compulse ensuite ne m’instruit pas davantage.
Toutefois, le carnet d’adresses comporte, entre celles de quantité d’individus demeurant à New York, Chicago, Philadelphie ou Detroit et une adresse parisienne qui peut être intéressante.
Il s’agit d’un certain Samuel Neill, 14, rue Jean-Rougeul, Paris: Je me dis que je pourrais peut-être aller visiter ce personnage. Cette décision prise, je remets tout dans les poches de Jim Gilmore, sauf son insigne fédéral et son revolver, deux sortes de bibelots qui peuvent toujours servir, surtout le deuxième, dans une affaire qui ressemble plutôt à un jeu de massacre qu’à une partie de dominos.
Là-dessus, je sors de la chambre tragique. Personne dans le couloir, Parfait. Je quitte l’immeuble sans rencontrer quiconque.
OceanofPDF.com CHAPITRE IV - Le «racket » des automobiles
Le numéro 14 de la rue Jean-Rougeul est constitué par un hôtel de second ordre, intitulé Select, comme la plupart des hôtels.
Je demande à l’employé de la réception si M. Samuel Neill est chez lui. L’employé me répond oui, que c’est au troisième étage et mi communique le numéro de la chambre.
Je monte à pied, car, ici, il y a bien un ascenseur, mais il est en dérangement, comme toujours lorsqu’on a besoin de ces guimbardes.
Arrivé à l'étage en question, je cherche la porte sur laquelle doit figurer le numéro que l'employé m’a indiqué, je la trouve et je frappe.
Un homme jaune vient m’ouvrir sans trop de chichis.
Il a tout à fait une tête à s’appeler Samuel Neill. D’ailleurs, je lui demande si c’est là son nom, et il confirme, un peu étonné, toutefois semble-t-il, de s’entendre aborder en américain.
De stature athlétique, en bras de chemise, le chapeau vissé sur le crâne un cigare au coin de la bouche, le monsieur donne nettement l'impression de ne pas avoir précisément froid aux yeux.
J'aime autant cela, mais je n’en caresse pas moins la crosse du revolver « «emprunté » à ce pauvre Jimmy Gillmore.
Je m’enquiers :
— Puis-je entrer ?
… Bien disposé à ce faire, même s’il me dit non. Mais il ne dit pas non. Il cesse de me considérer comme une bête curieuse et me dit:
— Je vous en prie.
J’entre.
Je remarque immédiatement un tas de papiers sur une table. Elle en est encombrée. Il y a là, en vrac, quantité de journaux américains et français, et d’autres documents. Certains me sont plus ou moins familiers. J’en ai vu de semblables, si ma mémoire ne me trompe pas, dans des maisons d’assurances.
M. Samuel Neïll m’offre un siège. Je le refuse poliment — toujours par prudence instinctive — et j’attaque sans préambule :
— Ne connaîtriez-vous pas, par hasard, un certain... hum... Jean Limaure ?
Il hésite une fraction de seconde :
— Non, fait-il.
— Ah! Eh bien ! lui vous connaissait ! Votre nom et votre adresse parisienne figurent sur son agenda et c’est comme ça que je les ai appris. Je dois vous dire que moi aussi je connaissais Jean Limaure, mais sous un autre nom... Sous celui de James Gilimore…
J'ajoute:
— … Maintenant qu’il est mort, il n’y a certainement aucun inconvénient à dévoiler la profession qu’il exerçait : c’était un agent spécial du Bureau fédéral des recherches de Washington.
M. Samuel Neill verdit et bondit :
— Que... quoi?... Que me racontez-vous là ?
— La vérité... Jimmy était un Fédé.
Il a un geste d’impatience :
— Ce n’est pas de son métier que je vous parle. Un agent fédéral ! Je le sais fichtre bien que c’est un agent fédéral. C’est de sa mort. Qu'est-ce que cette histoire ?
— La vérité, encore... Toujours la vérité.
Je ricane :
— .… Figurez-vous que mon métier, à moi, consiste, paraît-il, à proclamer la vérité en toute occasion. Ce n’est pas toujours vrai, mais, aujourd’hui, je puis vous assurer que c’est le cas. Je viens de quitter Gillmore, avec qui j’avais rendez-vous. Le pauvre vieux doit peser deux kilos de plus, tellement il est farci de projectiles...
— Eh bien... eh bien.., bégaye M. Samuel Neil, plutôt surpris par la nouvelle.
Il me regarde. Son regard est perçant.
— Vous aviez rendez-vous avec Gillmore ?
— Oui... Alors, vous le connaissez ?
— Vous aussi, sans doute ?
— Apparemment.
Dans l’émotion, son cigare s’est éteint… il le rallume :
— Vous êtes de New York, n'est-ce pas ? demande-t-il, d'un ton plus affirmatif qu’interrogateur.
— Oui.
— Depuis peu à Paris, hein ?
— Dites donc, monsieur Neill, dis-je, notre entrevue prend un tour qui ne me convient pas. J'étais venu dans l'intention de poser des questions. Non pour y répondre.
Il rit et lève la main pour apaiser ma colère :
— Ne vous emballez pas, monsieur John Metal.
Nous sommes maintenant tout ce qu'il y a de bien ensemble, M. Samuel Neill et moi.
Quelques minutes d’explication ont suffi pour faire de nous deux les meilleurs amis du monde.
M. Samuel Neill n’est pas ce que l’on pourrait appeler un ami de feu l'agent fédéral, mais s’il est ici à Paris, en même temps que le policier; c’est qu’ils sont tous deux sur une même affaire.
M. Samuel Neill est le détective d’une grosse compagnie d'assurances américaine sur les automobiles. Il a vu Gillmore hier, après que le policier et moi nous nous fûmes rencontrés, et Gillmore a fait part de cette rencontre à son compagnon. Quand je suis entré, tout à l’heure, M. Samuel Neill m’a regardé attentivement, parce que ma tête ne lui était pas inconnue. Le New York World a, en effet, publié mon portrait maintes et maintes fois. M. Neill se demandait si c'était moi, ma présence à Paris lui ayant été signalée par notre ami commun. Toutefois, comme il n’était pas très sûr de ses souvenirs, il avait laissé aller. Maintenant, c'était tout différent. Eu égard à ce que je venais de lui apprendre et à ma réputation, une atmosphère de confiance régnait.
Et M. Samuel Neïill m’expliqua quelle ténébreuse affaire sollicitait l'attention des policiers d’outre-atlantique.
— Vous n’êtes pas sans avoir eu connaissance, monsieur Johnny Metal, dit-il, de cette série de vol d’automobiles qui, depuis déjà un certain temps, désoriente la police des États-Unis ?
— Certes, dis-je. Et c’est bien la plus extraordinaire histoire policière... Des voleurs d’autos, c’est tout de même plus facile à appréhender qu’un gangster spécialisé dans le pillage de banques, par exemple... Je veux dire que la pègre qui se livre à ces exploits, disons... hum... mineurs, est moins dangereuse qu’un loup à deux pattes comme Dillinger... Je ne comprends vraiment pas comment il a été impossible de mettre fin à cette épidémie de vols d'autos.
— Parce que cette affaire est plus compliquée que vous ne pourrez jamais vous l’imaginer.… Ce ne sont pas des chenapans isolés qui volent par-ci, par-là, mais une bande organisée et organisée industriellement. Il existe dans cette bande quantité de ramifications, de secteurs étanches. Il y a quelque temps, on a arrêté, dans l’État de Vermont, un personnage honorable qui se faisait un surcroît de bénéfice en vendant des voitures volées. Et il ignorait que ces voitures étaient volées. Il croyait, ingénument, travailler pour une honnête firme de revendeurs. Le Bureau fédéral des recherches a établi formellement que cette bande, dirigée par un « cerveau » encore inconnu, mais qu’il s’efforce de démasquer, fonctionne à peu près comme ceci : des hommes se mettent en quête des voitures à voler, les choisissant de préférence luxueuses et presque neuves. D’autres hommes — ce que nous pourrons appeler : la deuxième escouade — surveillent alors les propriétaires des voitures visées, afin de déterminer les meilleures circonstances dans lesquelles le vol peut être accompli. Une troisième s’occupe de la vente. Une quatrième escouade prépare le maquillage du véhicule, etc. L’organisation est conçue d’une telle manière que les filous subalternes ignorent complètement quels sont leurs chefs réels.
— Tout cela est très bien, dis-je, mais ne m'explique pas votre présence en France, ainsi que celle de cet infortuné Jimmy Gillmore.
— Vous allez comprendre, monsieur Metal. Savez-vous ce que ces voleurs ont réussi à faire? Je vous le donne en mille... Une chose véritablement extraordinaire et qui prouve que le monsieur qui dirige tout ça n’est pas un imbécile.
Il marque un temps, ménageant un effet :
— Il a fondé une société d’exportation fictive de voitures d’occasion. Il a passé — ou plutôt a fait passer, par l’intermédiaire d’un homme de paille, qui prétend ignorer quel rôle on lui a fait jouer, et le plus extraordinaire, c’est que c’est peut-être vrai —, il a passé, donc, un marché avec une entreprise de camionnage, absolument irréprochable, qui transportait les voitures volées chez un emballeur également en dehors de toute la combine, et ce second complice involontaire mettait les voitures en caisse avant leur embarquement.. Cette bande de voleurs d’autos a inondé de voitures volées le marché automobile européen.
— Et Jim Gillmore était ici pour…
— Pour tâcher de déterminer l’origine de ces voitures exportées, et je crois qu’il avait fait pas mal de bon travail et que très loin de New York, il avait trouvé des preuves, impossibles à réunir là-bas, contre quelqu’un... Par exemple, je ne sais pas qui.
— Nous ne sommes pas près de le savoir, dans ces conditions. Jimmy ne parlera plus.
— C’est certainement pour cela qu’on l’a tué.
— Certainement, monsieur Neill.
Un silence règne. Je le romps :
— Évidemment, monsieur Neill, en votre qualité de détective des compagnies d’assurances, vous aidiez Jimmy Gillmore ?
— Oui. Les compagnies que je représente ont intérêt à ce que ces filous soient mis hors d’état de nuire le plus rapidement possible. Je parle surtout des voleurs d’autos.
— A quelles conclusions êtes-vous parvenu ?
— Personnellement, à aucune, dit-il, sans fausse honte. L’inspecteur avait fait meilleure route que moi, mais il ne me tenait pas au courant de toutes ses démarches.
— Oui... Jimmy était un chic type, mais un peu secret... En l'occurrence, c’est bien regrettable. Qu’allons-nous faire ?
— Je vais avertir la police parisienne de son assassinat. Et J'aviserai également ses supérieurs de Washington.
_— Je vous y engage. Vous êtes mieux placé que moi pour le faire. J'ajoute que c’est très ennuyeux que tout ce micmac se soit passé en France.
— Pourquoi ?
— À cause de cette police qu'il va falloir informer... . Ils risquent de mettre les pieds dans le plat… et vous faire perdre ainsi le bénéfice des résultats auxquels était parvenu ce vieux Jim.
— Certes, monsieur Metal. Mais nous ne pouvons tout de même pas le leur cacher. Espérons qu’ils câbleront au B.F.R. à Washington et que ce dernier leur demandera, en toute confraternité, d’être discrets.
— Espérons-le.
Là-dessus, on se serre la main.
_— Allez-vous vous occuper de ce drame, monsieur Johnny Metal ?
— Euh... vous savez... je suis en vacances. .
— Allons… allons….
Je me borne à rire et nous nous séparons.
OceanofPDF.com