Comment je vis avec l'endometriosr
Chapitre 1 - D'enfant à femme : grandir avec l'endométriose
Chapitre 1
D’ENFANT À FEMME :
GRANDIR AVEC
L’ENDOMÉTRIOSE
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Avant de vous raconter comment j’ai appris que j’étais atteinte
d’endométriose, à 20 ans et de manière un peu exceptionnelle, il est
important de comprendre que cette maladie touche les femmes et les
jeunes filles, mais parfois aussi les enfants – ce qui était mon cas.
PREMIÈRES DOULEURS : L’ENFANCE
Dès l’âge de 7 ans, donc bien avant d’être réglée, j’ai eu des douleurs très
intenses au niveau du ventre. Quand je vous parle de douleurs, c’étaient
de vraies douleurs invalidantes, de celles qui t’empêchent de te lever le
matin, de marcher, qui te font voir le monde différemment et vivre
autrement.
Mes parents venaient de divorcer, je vivais seule avec ma maman. J’avais
changé de maison, de quartier, d’école, et par conséquent, d’amis. L’idéal
aurait été que je m’en fasse de nouveaux dans ma nouvelle école ou dans
le cadre d’activités extrascolaires. Mais j’étais du genre solitaire, pas très
sociable, je n’étais pas attirée par les sports collectifs… J’avais donc très
peu de copains.
Même quand j’essayais de me sociabiliser un maximum et d’être comme
tous les enfants de mon âge, il y avait un problème. Lorsque l’un de mes
nouveaux amis venait frapper à la porte de chez moi après l’école, pour
me proposer de venir jouer au basket ou à autre chose, ma mère était
obligée de décliner l’invitation. Non pas parce que je ne voulais pas y
aller, mais parce que j’avais mal ! J’arrivais à peine à lui faire passer le
message, n’ayant pas la force d’élever la voix. J’étais effondrée, pliée en
deux sur mon lit, à essayer de comprendre ce qui me faisait si mal.
La douleur était si intense qu’elle me donnait parfois des nausées, et
surtout, elle m’empêchait de me lever, de manger, de vivre normalement.
Elle pouvait survenir à tout moment de la journée, et sa durée variait,
mais ce dont je me souviens, c’est qu’elle se déclarait souvent ; quand j’y pense aujourd’hui, je me dis que c’était sûrement en fonction de ce que je
mangeais.
Je vous le précise, car je sais maintenant que lorsqu’on est atteinte
d’endométriose, la douleur peut s’intensifier en fonction de notre
alimentation, et qu’il existe un régime anti-inflammatoire pour la réduire
ou l’éliminer. Mais à 7 ans, je n’avais aucune idée de tout cela.
ET VOUS, EST-CE QUE VOS DOULEURS SONT APPARUES
DÈS L’ENFANCE, ET CE, AVANT VOS PREMIÈRES
MENSTRUATIONS ?
Cécilia. Concernant mon endométriose, j’ai eu mes règles très tôt, à 10 ans, mais même
avant cela, j’avais de grosses douleurs, avec l’impossibilité de sortir de mon lit. Je me suis fait
violence jusqu’à mes 15 ans, croyant qu’elles étaient normales. Après de nombreux examens
réalisés par mon gynécologue, on a décidé de me mettre sous Optimizette, une pilule que l’on
prend en continu, et qui a arrêté mes règles. Je les ai seulement une ou deux fois par an. Cela
m’a libérée de toutes mes douleurs et a changé ma vie, même si j’ai encore un déferlement
d’émotions en fin de mois. Cependant, il n’est pas certain que je puisse avoir des enfants,
puisqu’on a décelé cinq ou six kystes dans mes ovaires. Il me faudra certainement subir
plusieurs opérations, mais j’y crois !
Edwige. Je suis diagnostiquée depuis l’âge de 20 ans, mais j’ai su que j’étais malade bien
avant d’être réglée, car j’avais beaucoup de douleurs anormales. Aujourd’hui, j’ai 34 ans et
deux bébés miracles. Les douleurs sont encore présentes, mais elles sont moindres depuis que je
prends la pilule Minidril en continu. Elles sont incomparables à celles que j’avais auparavant,
hors traitement, et qui m’empêchaient de marcher. Même si j’ai encore de petits saignements de
temps en temps, surtout en période de stress, cette pilule stoppe mes règles et évite de trop fortes
crises. Depuis que je la prends, j’ai réussi à retrouver une vie normale et à me remettre au
sport.
LES PREMIÈRES RÈGLES
Les années ont passé, et j’ai appris à vivre avec cette souffrance, qui était
plus ou moins présente, selon les moments. Puis, à 17 ans, j’ai été
menstruée, et les douleurs n’ont fait que s’intensifier, surtout pendant la
semaine de mes règles. Là encore, les douleurs me paraissaient
anormales, mais c’était tout nouveau, et je n’avais aucune idée de celles
qu’il était ordinaire de ressentir. Il y a dix ans, les menstruations étaient
un sujet tabou, et malheureusement, il l’est encore un peu aujourd’hui.
Je composais donc avec mes douleurs, et lorsque j’en parlais à ma mère
et que j’entendais le mot « gynécologue », je fuyais et mentais sur
l’intensité de mes douleurs. Je n’aimais pas ce terme, et j’imaginais un
tas de choses qui pourraient se produire lors de la première consultation
chez ce médecin spécialiste. Si j’avais été rassurée sur ce sujet, à
l’époque, cela m’aurait certainement permis d’en savoir plus sur les
douleurs que j’éprouvais depuis des années.
Croyez-moi, les filles, maintenant que j’y suis passée, le
premier rendez-vous chez le gynécologue n’est pas si
terrible. C’est souvent l’occasion d’un simple contrôle, et
le praticien pose beaucoup de questions pour s’assurer
que tout va bien.
Quels symptômes doivent alerter ?
Réponse de la sage-femme et échographiste Marie-
Dominique Bressot (attention, il peut ne pas y avoir
de symptômes !) :
• Des règles douloureuses (douleurs dans le ventre – qui peuvent parfois
descendre jusque dans les jambes, comme des décharges électriques – ou dans le bas du dos, au niveau des lombaires), avec une évaluation de la douleur supérieure ou égale à 7/10. L’intensité de celle-ci n’est pas toujours constante d’un cycle à l’autre.
• Des règles très abondantes, voire hémorragiques, ou qui durent longtemps (plus
de cinq jours).
• Des troubles digestifs pendant les menstruations (diarrhée, constipation,
alternance diarrhée/constipation, ballonnements).
• Un absentéisme régulier à l’école ou au travail, du fait des douleurs.
• Des troubles urinaires pendant les règles (mictions plus fréquentes, brûlures
similaires à celles ressenties lors d’une infection urinaire, difficulté à évacuer les urines).
• Des douleurs au moment de la défécation.
• De la souffrance pendant les rapports sexuels, dans certaines positions ou dans
toutes (douleurs profondes, en arrière, ou d’intromission – au début du rapport). Certaines femmes ne peuvent plus du tout avoir de rapports avec pénétration.
• Un impact potentiellement très négatif sur la qualité de vie, avec, très
fréquemment, des symptômes de fatigue chronique, du fait de la douleur chronique.
AFFRONTER LES REGARDS :
L’ADOLESCENCE
Déjà si jeune, je devais faire face au regard des gens. Car c’est très
difficile de devoir affronter les personnes qui ne comprennent pas, qui
nous balancent des « C’est rien, c’est tes règles. T’es une fille, tu vas
devoir vivre avec ça toute ta vie », ou « Mais c’est que des maux de
ventre, tu vas pas mourir ! » À l’époque, j’aurais voulu avoir une petite
baguette magique pour leur transmettre exactement ce que je ressentais ;
pas pour leur faire du mal, simplement pour qu’ils éprouvent mes
douleurs quelques secondes, qu’ils expérimentent cette souffrance atroce
que je subissais au quotidien, et qu’ils se rendent compte que ce n’était
pas « rien ».
En grandissant, le jugement des autres est devenu plus dur, et les
critiques se sont amplifiées, surtout au collège et au lycée. J’avais droit à
des réflexions vraiment dures, que ce soit de la part des profs ou des
élèves, quand je loupais des cours et que j’essayais de leur expliquer que
mes douleurs n’étaient pas normales, que je ne pouvais pas me lever. Je
voyais ce regard qui disait : « Celle-ci, elle n’ira pas loin. » En seconde,
l’un de mes enseignants m’avait même lancé : « Si tu n’aimes pas les
cours et que tu cherches des excuses, tu n’as pas fini. J’espère que tu as
ce qu’il faut en stock, mais avec moi ça ne marche pas ! » Des excuses !
S’il avait su ce que je vivais… si seulement !
Au lycée, quand il fallait former des équipes pour le sport, j’étais
toujours la dernière choisie, puisque, à cause des douleurs, je loupais
régulièrement les séances, malgré mon fort mental et ma passion dans
toutes les disciplines sportives. Mes douleurs m’empêchaient de tenir
l’effort plus de quelques minutes. On avait souvent des cours
d’athlétisme. On s’entraînait, et l’on devait parfois courir très longtemps,
faire des courses de relais.
Ce fut le cas un matin, en terminale. J’étais dans la cour du lycée, avec
les autres élèves de ma classe. J’étais plutôt en forme, mais je savais que
mes règles n’allaient pas tarder à arriver – c’était une question de jours.
Dans ces cas-là, j’avais toujours une espèce d’angoisse, car qui disait
règles disait douleurs atroces. Mais ce jour-là, rien, donc j’étais plutôt sereine et prête à en découdre, à montrer que, oui, j’étais souvent absente
à cause de mes douleurs, mais que j’étais sportive, que j’avais la niaque,
dans le sport et dans la vie en général. Baskets de footing aux pieds,
vêtue d’un legging noir, d’une brassière et d’un débardeur de sport, j’ai
commencé ma course. Au départ, tout allait bien, j’arrivais à tenir le
rythme. Même si je suis rapidement devenue rouge comme une tomate et
étais essoufflée, je restais maîtresse de mon corps.
Après vingt minutes d’échauffement, on est passés aux courses de relais.
Je me suis mise en équipe avec ma copine de classe Émilie en faisant
mine de rien, mais les douleurs arrivaient tout doucement. J’avais envie
de continuer, mais elle a vu dans mes yeux que quelque chose n’allait
pas. Je suis retournée à l’intérieur du bâtiment pour me diriger vers les
toilettes, car les douleurs foudroyantes dans le bas-ventre
s’accompagnaient de vomissements. Alors que tout se passait bien, que je
pensais que, cette fois-ci, je pourrais participer à mon cours de sport
normalement, comme tout le monde, ma maladie a subitement repris le
dessus.
Dans ces moments-là, ton monde s’écroule… déjà parce que tu dois
continuer ta journée en souffrant – après un petit passage à l’infirmerie,
où l’on te donne du Spasfon en pensant que ça ira miraculeusement
mieux après –, mais aussi parce que tu dois en plus affronter le regard de
tes camarades de classe, qui t’ont vue partir en courant pour aller vomir.
Tu dois faire face aux critiques, aux commérages. Le regard des autres
est difficile à vivre au collège, au lycée, d’autant plus qu’à cet âge, on a
la critique facile et on ne cherche pas forcément à comprendre ou à
réfléchir avant de parler. On est plutôt sans filtre. Alors, tu réduis ton
cercle d’amis et tu restes uniquement avec ceux qui te comprennent.
LES DOULEURS PENDANT LES RAPPORTS
Jusque-là, je vous ai parlé des douleurs qui m’empêchaient de faire du
sport ou d’aller en cours, mais, en réalité, cette maladie te prive de vivre
normalement. Au lycée, t’as aussi ton premier amour, que t’as envie de
garder, d’impressionner, avec qui tu désires tout vivre, tout découvrir, sur
tous les plans, y compris celui de la sexualité. Sur ce terrain-là, j’ai été longue au démarrage. Pour moi, le sexe était un sujet tabou, et
franchement, ça ne m’attirait pas plus que ça – limite, ça me dégoûtait.
Quand j’en entendais vaguement parler, je pensais : « J’ai le temps. Pas
maintenant ! » En fait, je pense que j’imaginais d’avance les douleurs, et
que c’est pour cela que je voulais reculer l’échéance le plus longtemps
possible !
Quand je vous dis que j’en entendais parler, c’est que j’ai deux grandes
sœurs ; l’une a quatorze ans de plus que moi, l’autre sept. Autant vous
dire que je m’amusais beaucoup à les espionner et que j’entendais parfois
des bribes de conversation avec leurs copains respectifs… sans
comprendre grand-chose.
À l’adolescence, mes sœurs adoraient me lancer des piques, car elles
savaient que j’étais plus concentrée sur les cours que sur les garçons.
Pour elles, j’allais finir vieille fille, puisque, quand elles évoquaient le
sujet, je leur répondais avec dégoût.
Voici d’ailleurs une anecdote qui vous amusera peut-être – et qui fera
certainement rire ma sœur Stéphanie. J’avais 14 ou 15 ans, nous étions en
week-end sur les plages du Nord, elles m’ont demandé si j’avais un petit
copain et si j’avais déjà fait une turlutte ! Mais qu’est-ce que c’était que
ça ? Une sorte de gâteau ? Une boisson ? Je ne savais absolument pas de
quoi elles parlaient ! Elles m’ont ensuite expliqué qu’il s’agissait d’une
fellation… J’étais encore plus dégoûtée ! Elles ont piqué un fou rire.
Depuis ce jour, je suis devenue Sœur Juny ! « Juny », parce que c’était un
de mes surnoms depuis des années, et « Sœur », parce que, à leurs yeux,
je ne voulais absolument pas entendre parler de sexe et j’allais finir dans
un couvent !
Puis, j’ai eu 18 ans. La majorité a aussi été la majorité sexuelle pour moi,
car c’est à cet âge-là que je suis passée à l’acte, avec mon premier amour.
Vous savez, le grand amour qu’on connaît au collège, avec qui l’on se
sent de passer le cap, avec qui l’on se voit passer toute notre vie, et à qui
l’on pense pouvoir tout dire – l’innocence de l’adolescence, bien sûr…
N’y connaissant rien, j’ai commencé par la position la plus banale, dite
du missionnaire. Ce n’est pas un livre sur le Kamasutra, donc je ne ferai
pas le détail du reste des positions, mais, dans toutes, la douleur pendant
les rapports était atroce. Impossible de mettre des mots sur ce que je
ressentais. Je n’étais pas du genre à me confier sur ma vie privée à mes amies, et encore moins à ma mère ou à ma famille. Donc, là encore, j’en
concluais que la douleur était « normale ». C’est bien ce qu’on raconte,
non ? La première fois, ça fait toujours un peu mal, d’accord. Mais les
suivantes, ça compte ? Car je souffrais à chaque rapport, et dans toutes
les positions.
L’endométriose peut-elle provoquer des douleurs
pendant les rapports sexuels ?
Réponse du docteur Michel Mouly, gynécologue, chirurgien
et obstétricien :
La douleur lors des rapports sexuels (dyspareunie) est un des symptômes les plus
fréquents. Les femmes atteintes d’endométriose ont 7,4 fois plus de risque d’avoir
une dyspareunie . Souvent, la patiente présente un utérus rétroversé et certaines 1
positions entraînent la douleur (positions par-derrière).
Les douleurs peuvent entraîner une baisse du désir et de la lubrification. Les
médicaments traitant l’endométriose peuvent également assécher le vagin, ce qui
entraînera d’autres douleurs. Certaines hormonothérapies déclenchent une baisse
de la libido.
Les femmes atteintes d’endométriose relèvent une baisse de la qualité de la
communication sur la sexualité avec le partenaire : 34 % de femmes déclarent
souffrir de difficultés avec leur partenaire en raison de la maladie, ce qui peut
conduire au divorce dans 10 % des cas . 2
J’ai préféré garder ma douleur pour moi, cette première fois et les
suivantes, ne voulant pas effrayer mon premier vrai petit ami. Mais, au
bout d’un moment, je ne pouvais plus me taire. La douleur étant trop
vive, on devait arrêter ce qu’on était en train de faire. Je me souviens de
la solitude et de la culpabilité que je ressentais quand, après un rapport, je
devais rester allongée des heures en attendant que la douleur passe. Au
début, mon amoureux ne me disait rien, il comprenait. Mais par la suite,
il m’a fait des réflexions du genre : « Tu cherches des excuses parce que
t’aimes pas, c’est ça ? » Et pendant nos disputes, c’était encore pire.
J’avais le droit à : « Arrête de me faire croire que tu as mal, c’est pas
censé faire mal. T’as juste envie d’aller voir ailleurs ! » Voilà ce à quoi
j’étais confrontée. Je n’y connaissais rien, et mes premières expériences
sexuelles étaient catastrophiques à cause de ma maladie.
Mais, vous savez quoi, on ne devrait pas le garder pour
nous ! Certes, on veut faire plaisir à notre partenaire, ne
pas le vexer, mais on souffre, c’est comme ça, on n’y
peut rien. Le mieux pour nous est donc de trouver
quelqu’un de compréhensif, qui saura nous soutenir. Et
surtout, il est essentiel de communiquer. On y reviendra,
mais parmi les remèdes pour améliorer notre quotidien
avec cette maladie, le soutien a une très grande place !
Après ma première séparation – eh oui, finalement, ce n’était pas lui, le
grand amour ! –, je me suis dit qu’avec le prochain, les rapports feraient
peut-être moins mal. Et ce fut le cas, mais en fait, je m’étais juste, encore
une fois, habituée à cette douleur. Car elle était toujours plus ou moins
présente, et ça, ce n’était pas normal.
ET VOUS, AVEZ-VOUS DES DOULEURS PENDANT
LES RAPPORTS ?
Sarah. Pour ma part, cela est très compliqué lors des rapports, car, en fonction de mon cycle,
cela peut être plus ou moins douloureux. Avec mon partenaire, on est obligés d’en parler
constamment. Certaines positions ne sont pas possibles, car elles entraînent des douleurs
atroces, qui peuvent durer pendant des heures après les rapports. Pour le diagnostic, c’est un
médecin en radiologie qui me l’a annoncé. Bizarrement, je n’ai pas pleuré, j’étais plutôt
soulagée. Je me suis dit : « Tu n’as pas le droit de te laisser abattre. Bats-toi et fonce ! » Je suis
d’une nature plutôt positive. Pour l’opération, je ne souhaite pas franchir le pas pour l’instant.
Julie. Ça a commencé par quelques douleurs, puis avec le temps et l’aggravation de la
maladie, les rapports devenaient vraiment impossibles ! Même l’introduction d’un doigt était
insupportable, tellement c’était douloureux. L’excitation, avant et pendant le rapport, était
atroce, à cause de la contraction des muscles. Les orgasmes, quant à eux, déclenchent
instantanément des douleurs, qui peuvent durer quelque temps après. Pas la peine de préciser
que ça n’a intéressé aucun gynécologue. J’en ai vu une dizaine en un an ; concernant les
rapports, l’un d’eux m’a dit « Débrouillez-vous », un autre « N’en ayez pas » et, encore un
autre, « Vous n’avez qu’à serrer les dents ! » Je ne pouvais plus vivre normalement, alors je me
suis battue jusqu’à trouver une praticienne qui m’a entendue. Je viens d’être opérée, car rien
n’avait fonctionné avant. Je ne sais pas où j’en suis au niveau de la douleur pendant les
rapports, car pour l’instant, j’appréhende de reprendre une activité sexuelle. J’ai peur d’avoir
encore trop mal.
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