Comment je vis avec l'endometriosr
Chapitre 5 - Notre second miracle
Chapitre 5
NOTRE SECOND MIRACLE
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NOUVEAUX ESSAIS BÉBÉ
Mon endométriose était revenue cinq mois après mon accouchement,
avec les mêmes douleurs qu’auparavant, voire plus intenses.
Heureusement, j’avais maintenant Maxime pour s’occuper de Luna
lorsque les crises survenaient, le matin comme le soir. Ça, c’était un vrai
soulagement, un stress en moins.
Le fait d’avoir un soutien au quotidien, une épaule sur
laquelle s’appuyer et une oreille à qui se confier sur ses
douleurs aide beaucoup, non pas à la guérison, mais à
l’acceptation de cette maladie.
En vivant avec moi, Maxime a pu se rendre compte que je ne mentais
pas, que j’étais bien atteinte d’endométriose, contrairement à ce qu’il
avait pensé lorsque je lui avais annoncé ma grossesse.
Il l’a également constaté quand on s’est lancés dans la conception d’un
deuxième bébé. Selon lui, ça allait être facile, vu comment ça s’était
passé la première fois. Mais moi, j’étais persuadée du contraire. La
maladie était revenue puissance dix. Les dernières I.R.M. et échographie
pelvienne avaient fait ressortir que des kystes commençaient à se former.
Effectivement, après plus d’un an d’essais, toujours rien. On a donc
consulté, sur Paris, une gynécologue spécialisée en endométriose, qui
nous a soumis à une série de tests et fait répondre à plusieurs
questionnaires. Cette docteure était également spécialisée en FIV et
autres méthodes pour aider les femmes à avoir un enfant. On cherchait
pourquoi je n’arrivais pas à tomber enceinte, et pourquoi c’était venu
d’un coup la première fois. Il avait suffi d’un rapport sans protection, et
maintenant qu’on voulait agrandir la famille, plus rien ne se passait.
La gynécologue m’a expliqué que, depuis la première grossesse, des
années s’étaient écoulées, et que la maladie avait avancé, d’où nos
difficultés. Elle m’a demandé si j’avais une bonne hygiène de vie, si je
mangeais sainement, si je faisais du sport, si je fumais ou si je buvais beaucoup de café. Puis, elle s’est tournée vers Maxime en lui demandant
s’il était d’accord pour faire quelques tests, car le problème pouvait
également venir de lui. Franchement, à ça, on y croyait moyen, vu ce qui
nous était arrivé avec Luna. Pour nous, c’était, à coup sûr, la maladie qui
nous bloquait.
Après ce premier rendez-vous, on s’est documentés sur les méthodes
qu’elle nous avait présentées, et l’on s’est dit que l’on pourrait envisager
une FIV, si jamais ça ne fonctionnait pas naturellement.
Quelles stratégies peuvent être mises en place
pour avoir un bébé quand on souffre d’endométriose ?
Réponse du docteur Michel Mouly, gynécologue, chirurgien
et obstétricien :
Actuellement, on est dans un processus mercantile d’utilisation de PMA et donc de
FIV sans avoir respecté une écofertilité. On voit trop souvent des femmes faire
quatre FIV sans qu’on leur ait jamais prescrit de cœlioscopie !
L’écofertilité, ou écologie de la fertilité, consiste à restaurer un équilibre anatomique
et fonctionnel. L’objectif est de réduire ou d’éliminer tous les facteurs toxiques à la
fertilité spontanée : tabac, surpoids, sédentarité, cannabis, certains médicaments,
endométriose...
Avant de considérer que la femme est infertile (au bout de six mois d’essai, car les
femmes peuvent tomber enceintes tardivement), il est nécessaire de faire un bilan
adapté : interrogatoire du couple, examen gynécologique, échographie
endovaginale, essayer de voir la patiente au moment de l’ovulation,
hystérosalpingographie pour apprécier la perméabilité des trompes, si besoin une
I.R.M. pelvienne sans dramatiser, comme cela se passe actuellement. Du côté
masculin, un spermogramme et un interrogatoire.
En fonction des résultats, votre médecin devrait se concerter avec un chirurgien
spécialisé, un médecin spécialisé en PMA et un docteur en pharmacie spécialisé
dans la fertilité.
Soit on décide une PMA adaptée par FIV d’emblée, et en cas d’échec au bout de
deux tentatives, parfois une chirurgie de l’endométriose. Soit on décide une
cœliochirurgie dans des mains spécialisées avec, par la suite, en réglant les
problèmes d’écofertilité, une grossesse spontanée dans 50 % des cas dans les neuf
mois, ou une PMA.
PREMIER TRAUMATISME
Après ce rendez-vous, nous avons continué à essayer. On le voulait, ce
deuxième enfant, on y croyait ! Peu de temps après, comme j’avais
quelques symptômes, j’ai fait un énième test de grossesse, sans grande
conviction.
Et là, en retournant dans les toilettes pour regarder le résultat… j’ai vu
« Enceinte » affiché sur l’écran ! J’ai sauté de joie, j’avais les larmes aux
yeux. J’ai couru vers Maxime qui se trouvait alors dans la dépendance,
au fond du jardin de notre nouvelle maison – on avait acheté notre
première maison ensemble, bien plus spacieuse, pour agrandir la famille.
On s’est sauté dans les bras et on s’est dit « Tu vois, on y est arrivés ! »
Naïvement, on pensait que tout se passerait bien, puisque lors de ma
première grossesse, même si j’avais dû être alitée, tout s’était déroulé
normalement, je n’avais eu aucun problème.
Les premières semaines se sont bien passées, mais, au début de la
sixième, j’ai commencé à avoir des saignements. Là, j’ai compris que
quelque chose n’allait pas. Quand j’ai appelé mon médecin, il m’a dit de
ne pas trop m’inquiéter, que cela pouvait venir de la maladie, mais que ça
n’aurait pas forcément de conséquences sur la grossesse.
Juste après ce coup de fil, je l’ai vu en consultation. J’avais confiance en
lui, c’est le gynécologue de la famille. Il a fait naître mes neveux et
nièces, il suit mes sœurs, ma mère, et maintenant moi. J’étais rassurée
d’être accompagnée par lui. J’avais simplement envie qu’il me fasse une
échographie au plus vite.
À peine arrivée et installée, il m’a annoncé une mauvaise nouvelle. Il y
avait bien un fœtus, mais il n’avait pas la taille qu’il aurait dû avoir, et
surtout… il n’entendait pas de cœur. La grossesse avait dû s’interrompre
plusieurs jours auparavant sans que je m’en rende compte. Ce fut le coup
de massue. On l’attendait tellement, ce bébé. Je me suis mise à pleurer
dans le cabinet.
Mon médecin essayait de me consoler, il avait connaissance de mon
histoire, de ces années d’essais. Cette fois, j’étais tombée enceinte. Alors,
certes, ça n’avait pas tenu, c’était triste, mais il fallait aussi voir le positif
et se dire que c’était possible. La maladie ne m’empêchait pas d’avoir des
enfants, donc c’était plutôt bon signe. Mais on avait beau tout me dire,
j’étais dévastée. Je me voyais déjà tellement avec ce deuxième bébé…
Ce n’était malheureusement que le début d’un combat pour avoir un autre
enfant.
Quels sont les différents aspects de l’endométriose
qui peuvent empêcher la grossesse ?
Réponse du docteur Michel Mouly, gynécologue, chirurgien
et obstétricien :
Quel que soit le type d’endométriose, celle-ci peut être responsable d’une infertilité.
Une endométriose minime non détectable aux examens habituels (examen clinique,
échographie vaginale, I.R.M. pelvienne, hystérosalpingographie) peut être retrouvée
lors d’une cœlioscopie pour infertilité inexpliquée. Mais, dans le même temps, une
endométriose profonde (décrite comme sévère avant) n’est pas obligatoirement
responsable d’une infertilité !
Voici quelques causes fréquentes :
• Un kyste supérieur à 3 cm ou des kystes bilatéraux sont le plus souvent un
obstacle à une fertilité spontanée.
• Une atteinte bilatérale des trompes est une cause d’infertilité majeure. Une
trompe atteinte n’est pas un obstacle, mais ne favorise pas une grossesse spontanée rapidement.
• L’atteinte du cul-de-sac de Douglas qui représente « le puits de fertilité » où va
baigner l’ovule libéré lors de l’ovulation doit être indemne de lésions inflammatoires d’endométriose.
Tout cela est dû à l’inflammation, on pourrait parler de « burn-out des ovaires ». Pour
moi et de nombreux spécialistes de l’infertilité, on ne parlera « d’infertilité
inexpliquée » qu’après avoir fait une cœlioscopie qui élimine une endométriose non
détectable par les moyens habituels.
SÉRIE DE FAUSSES COUCHES
J’ai enchaîné les fausses couches, jusqu’à la quatrième. Cette fois, j’étais
enceinte de trois mois. Avec Maxime, on avait très peur. On n’avait parlé
de cette grossesse à personne, car on était traumatisés. Chaque fois que
j’allais aux toilettes, je priais pour ne pas avoir de perte de sang en
urinant. Chaque jour, je priais pour que cette grossesse tienne jusqu’à ce
que mon second miracle pointe le bout de son nez. Personne ne savait
rien des fausses couches ou de cette grossesse, ni les réseaux sociaux ni
nos familles. On voulait vraiment attendre, être sûrs.
Lors de la première échographie de contrôle, on était tétanisés. Cette fois-
là, Maxime était avec moi, mais j’avais peur de revivre la même chose,
de ne rien voir et de n’entendre aucun battement de cœur. Après quelques
secondes d’attente insoutenables, le gynéco, en continuant son
échographie, a augmenté le son de l’appareil, et là, ce fut le
soulagement ! On entendait le cœur du bébé. Il nous a dit que tout allait
bien, que cette grossesse irait sûrement à terme. En sortant de ce rendez-
vous, je suis tout de suite allée acheter un doppler pour écouter le cœur
de mon bébé moi-même, et me rassurer. Étant quelqu’un de très angoissé,
il était essentiel pour moi de me tranquilliser de cette façon, en attendant
le prochain rendez-vous.
Avec Maxime, on était confiants. Plus cette grossesse avançait, plus on y
croyait. Les trois premiers mois étant révolus, on a décidé d’annoncer la
nouvelle à Luna, elle qui voulait tant un petit frère ou une petite sœur et
nous le réclamait régulièrement. À chaque sortie d’école, elle nous
disait : « Maman, papa, pourquoi moi je suis toute seule ? Je veux un
frère ou une sœur, comme mes copines d’école ! » Quand on lui a dit, elle
nous a fait son petit sourire timide, puis elle a sauté dans nos bras. On
était plus heureux que jamais. On en a donc également parlé à nos
familles. Notre entourage était ravi et impatient, comme nous, de
rencontrer ce deuxième bébé.
Je prêtais extrêmement attention à ce que je faisais, à ce que je mangeais
– lors des précédentes grossesses, j’avais continué à faire du sport, à
porter les courses et Luna comme si de rien n’était. Mais le gynécologue
m’avait prévenue. Avec mon endométriose, tout était fragile ; pour que la
grossesse tienne, je devais être au repos le plus souvent possible, ne rien
porter de lourd, pas même Luna, ce qui était très dur pour nous deux.
Mais je respectais cela et mettais tout en œuvre pour garder ce bébé.
ET VOUS, QUELLES PRÉCAUTIONS
AVEZ-VOUS DÛ PRENDRE
PENDANT LA GROSSESSE ?
Marion. Pour ma part, j’ai eu un premier accouchement à 31 semaines plus six jours, un
accouchement prématuré sans aucune précaution particulière tout au long de la grossesse, et
plus tard une grossesse extra-utérine.
Pour mon deuxième bébé, j’étais donc alitée avec des injections hebdomadaires pour arrêter les
contractions et aller le plus loin possible. Il s’agissait d’injection de progestérone que j’ai eu de
17 semaines à 34 semaines, et j’ai été déclenché à 38 semaines, car la poche des eaux était
fissurée. On a pris le maximum de précautions et heureusement je suis allée le plus loin
possible.
Ève. Après ma première grossesse, on a découvert un nodule d’endométriose au-dessus de ma
cicatrice de césarienne. Après arrêt de la pilule et une opération assez conséquente pour
enlever ce nodule, j’ai pu retomber enceinte. Ma gynécologue m’a quand même conseillé de
rester alitée tout le long de ma grossesse, car elle était considérée à risque au vu de mes
antécédents et de ma maladie. Finalement, tout s’est bien passé et j’ai pu aller jusqu’à mon
terme, même si neuf mois, c’était très long. J’ai aujourd’hui un bébé en bonne santé.
Vanessa. Je suis atteinte d’endométriose, et les femmes porteuses de cette maladie ont entre
10 et 20 % de risques de faire une fausse couche dans les trois premiers mois comme l’a indiqué
mon gynécologue. Il m’a donc conseillé d’éviter toute source de stress et d’éviter de porter du
poids pour ne pas tirer sur les abdos et ainsi éviter les contractions utérines, ou d’avoir les bras
trop longtemps en l’air. Il m’a conseillé également de ne pas avoir trop de rapports et surtout
pas avant trois mois pour éviter la fausse couche.
J’ai dû suivre toutes ces précautions, car, après mon premier accouchement où tout s’est bien
passé, j’ai eu plus de difficultés pour le deuxième bébé. J’ai dû faire face à une fausse couche à
trois mois et demi, cela a été très éprouvant pour moi et je ne voulais en aucun cas revivre ça.
J’ai donc suivi les conseils de mon médecin à la lettre et ma grossesse est allée à terme et tout
s’est bien passé.
Guislaine. Je suis atteinte d’endométriose depuis l’adolescence, mais on a mis le doigt
dessus à ma première fausse couche à 26 ans grâce à une batterie d’examens. Après plusieurs
fausses couches, j’ai été classée grossesse à risque, donc à ma première « vraie » grossesse
j’avais un suivi tous les douze jours jusqu’à six mois de grossesse environ, puis un par mois, et
sur le dernier mois de nouveau tous les douze jours et ensuite des rendez-vous de plus en plus
rapprochés. On me prédisait un accouchement précoce et je suis allée à terme plus six jours
pour ma première et huit jours de plus pour mon fils.
Lors de ces deux grossesses, on m’a prescrit un traitement pour éviter les fausses couches et
développer le bébé correctement : de l’acide folique, de l’Aspégic nourrisson. Après ces deux
grossesses, Dame nature a décidé que c’était suffisant pour moi, mais j’ai les deux bébés
miracles. J’ai 43 ans bientôt et je vais très certainement subir l’ablation de l’utérus pour
pouvoir, j’espère, vivre sans douleur.
J’avais toujours une peur en moi, mais je décidais de la mettre de côté et
d’avancer. J’avais même commencé à acheter des vêtements de
grossesse, car mon ventre prenait de plus en plus d’ampleur. Sur les
réseaux ou dans la rue, certaines personnes remarquaient ce changement
physique, donc l’annonce ne tarderait pas.
Je devais également révéler l’information dans l’émission Mamans &
célèbres, à laquelle je participais depuis plus d’un an – c’est un
programme qui suit la vie de famille de plusieurs mamans connues. Nous
avions prévu de filmer mon rendez-vous gynécologique, au cours duquel on devait découvrir le sexe du bébé, ainsi que de raconter cette grossesse
et les fausses couches vécues avant.
Mais la veille au soir, en me préparant à aller au lit, j’ai voulu écouter le
cœur du bébé avec le doppler, comme d’habitude. Silence. Je n’entendais
rien, aucun cœur ne battait… J’ai paniqué. J’ai appelé mon médecin, qui
m’a dit de venir le lendemain, à la première heure. Maxime est resté à la
maison avec Luna, mais il était tout aussi inquiet que moi. Je suis partie
en vitesse, direction l’hôpital. En conduisant, je touchais mon ventre, je
parlais à mon bébé, je le suppliais de ne pas me quitter, je lui assurais que
tout allait bien se passer et qu’on se battrait ensemble !
J’essayais de rester positive, de penser à ce cap des trois mois que nous
avions franchi, je me disais que ce n’était pas possible, que cette fois le
bébé grandissait bien, qu’il n’y avait aucune raison que cette grossesse
s’interrompe. Je n’arrivais pas à me calmer, je pleurais, je priais,
j’espérais…
En faisant son contrôle, le médecin est resté silencieux. Il était tellement
dépité et triste pour moi qu’il se taisait. Puis, il m’a prise dans ses bras et
m’a dit de m’asseoir, qu’il allait me parler. Il m’a expliqué qu’il ignorait
pourquoi, mais que ma grossesse s’était arrêtée. Qu’il fallait croire en la
nature, qu’elle faisait bien les choses, et que ce bébé avait peut-être un
problème. Il m’a encouragée à ne pas cesser d’y croire, à continuer
d’essayer, parce que je parvenais à tomber enceinte.
À ce moment-là, il avait beau me dire tout ce qu’il voulait, même si je
savais à quel point il était compatissant et bienveillant, j’avais
simplement retenu : « La grossesse s’est arrêtée. » C’était ma quatrième
fausse couche.
J’étais à bout. J’avais l’impression que ce que je vivais était inhumain,
que jamais je n’avais eu aussi mal au cœur de ma vie. J’avais encaissé
trois fausses couches sans rien dire à personne, mais là, je n’en pouvais
plus. Je suis restée à l’hôpital, car on devait me faire un curetage . Mais 1
j’étais forcée d’attendre seule. J’ai tout de suite eu Maxime au téléphone.
Dans la salle d’attente, je me suis assise à l’écart. Il m’était impossible de
me calmer, d’arrêter de pleurer. J’ai alors décidé de prendre mon
téléphone et de me confier sur les réseaux.
J’ai tout dit à ma communauté ; je ressentais ce besoin de me confier,
d’expliquer ce qui m’était arrivé et d’apporter mon soutien aux femmes qui avaient vécu ou vivaient la même chose. J’ai ajouté une photo qui
datait de la veille, où l’on voyait mon ventre bien rond, et j’ai annoncé
ma fausse couche. J’étais triste, mais d’un coup, voyant le nombre de
messages de soutien bienveillants que je recevais, je me suis sentie moins
isolée. Je n’étais pas seule pour endurer cette épreuve, toute ma
communauté était derrière moi ! Il m’a fallu dix jours de silence pour me
retrouver avant de pouvoir à nouveau affronter le monde.
ET VOUS, AVEZ-VOUS DÛ AFFRONTER LA DOULEUR D’UNE
FAUSSE COUCHE ?
Laura. Pour ma part, je n’ai pas d’endométriose, mais le SOPK (syndrome des ovaires
polykystiques) qui handicape une femme sur sept pour enfanter. J’ai aussi de grosses
adhérences, mais pas d’endométriose connue à ce jour. J’ai 35 ans, deux enfants qui ont dix ans
d’écart et pour cause, au début, on me disait que tout allait bien et surtout que mon système
reproductif n’avait aucun problème. J’ai pourtant mis quatre ans à avoir mon premier fils
naturellement, je n’ai pas de cycles normaux et je peux être six mois sans menstruations puis les
avoir ensuite deux fois dans le mois. De plus, je n’ovule pas tout le temps et pas de bonne
qualité.
Après les deux ans de mon premier enfant, on a voulu essayer de mettre bébé deux en route et
là, on m’a tout de suite dit que ce sera difficile sans me préciser pourquoi. Quatre ans plus tard,
je tombe enceinte naturellement et là, à notre grande stupéfaction c’est un œuf clair , la 2
descente aux enfers pour moi. Après ma sortie de l’hôpital où j’ai subi un curetage, je change
de gynécologue qui me donne rendez-vous six mois plus tard : il me décèle alors le SOPK sévère
avec des adhérences. La seule solution pour nous est la PMA, on se lance alors dans cette folle
aventure qui bouleverse mon quotidien : piqûre, prise de poids, rendez-vous, espoir, déception,
mais finalement pas pour rien, puisque je tombe enceinte. Tout se passe bien.
J’arrive à 15 semaines et je sens que quelque chose ne va pas. J’ai des maux de ventre
extrêmes, je vais donc aux urgences, et on me dit que bébé va bien, que c’est un garçon, on est
alors heureux et rassurés. Deux semaines plus tard, je ne dors pas de la nuit, car les maux de
ventre reviennent, je descends sur mon canapé et là, je perds les eaux. J’ai le temps d’aller à
l’hôpital avec mon mari pour ensuite accoucher sur la table d’auscultation de ce minuscule
petit garçon de 20 cm et 400 g. S’ensuit une période sombre de ma vie, parce que je n’ai aucune
réponse du pourquoi du comment. Il allait bien sans aucune maladie (trisomie ou autre), mon
col était parfait. Encore aujourd’hui, quatre ans après, je n’ai pas de réponse et je n’en aurai
jamais.
Après cette triste histoire, je me remets à la PMA. À la suite de plusieurs tentatives et plusieurs
échecs, nous décidons de faire une pause. Puis, le miracle de la vie arrive, puisque je tombe
enceinte naturellement, j’ai des rendez-vous toutes les deux semaines pour voir mon bébé et
s’assurer que cette fois-ci tout ira bien. J’arrête de travailler à six mois, je marche très
lentement, je suis très prudente. Le 23 décembre 2020, j’accouche de mon deuxième miracle,
Gabriel, comme un énorme cadeau de la vie à deux jours de Noël.
Le SOPK m’a empêché d’avoir une vie normale, c’est une maladie aujourd’hui qui me fait
poser mille questions, qui me culpabilise, qui me fait sentir moins que rien, car personne ne me
prend au sérieux. Donc, mettre ces maladies en lumière nous fait sentir moins seule.
Pauline. Mon cas est assez compliqué, car on ne m’avait jamais exactement dit queje
souffrais d’endométriose, mais j’en ai toujours eu les symptômes. Pour mon gynécologue, ce
n’était pas possible, car j’avais réussi à avoir deux enfants facilement selon ses mots. J’ai
ensuite fait une fausse couche suivie d’une dernière grossesse deux ans après ma fausse couche.
Mais après mon dernier accouchement sous césarienne, il y a deux ans, les douleurs se sont
intensifiées et après des examens, on m’a déclaré une endométriose pariétale. On ne m’avait
jamais prise au sérieux, on relie toujours l’endométriose à des douleurs de règles alors que, au
quotidien, c’est extrêmement difficile, entre les douleurs à ne rien pouvoir faire sauf à être
couchée, les ballonnements, les problèmes de transit, la fatigue chronique qui nous complique la
vie, surtout avec des enfants. C’est dur de pouvoir tout gérer avec cette maladie, que ce soit
dans le quotidien ou dans les relations de couple puisque les douleurs pelviennes sont très
présentes pendant les rapports.
(RE)PRISE EN MAIN
Après le curetage, mon gynécologue m’a prévenue qu’il me faudrait un
peu de temps avant de retomber enceinte. C’était quand même une
opération, il était nécessaire de laisser à mon corps le temps de s’en
remettre. Pour tout vous dire, avec Maxime, on n’y croyait plus. On était
lucides. Ma maladie n’allait pas nous permettre d’avoir un deuxième
enfant de si tôt. On a dû annoncer la nouvelle à Luna, qui était
bouleversée, et qui, malgré son âge – 3 ans – comprenait très bien les
choses.
Après cela, elle me touchait régulièrement le ventre en me demandant :
« Maman, pourquoi il n’y a plus de bébé à l’intérieur ? » C’était
insoutenable pour moi, et tellement dur de gérer tout ça. Mais je devais
faire au mieux pour Luna, je devais arrêter de m’apitoyer sur mon sort, et
me rendre compte de la chance que j’avais d’avoir cette petite fille dans
ma vie malgré la maladie. Cette chance-là, malheureusement, beaucoup
d’autres femmes ne l’avaient pas. Donc, oui, j’avais le droit d’être triste,
mais pas de me plaindre.
Maxime, qui de par son métier s’y connaît bien en termes de nutrition,
m’avait conseillé de prendre des compléments alimentaires, vitamines, et
notamment de l’acide folique, parce que cela pourrait m’aider à tomber
enceinte. J’ai donc commencé une cure de vitamine B9 avec l’accord de
mon médecin. Autant vous dire que chaque matin, je ne manquais pas de
prendre cette petite « pilule magique », comme je l’appelais, et que je
consommais un maximum les aliments riches en acide folique . 3 Après cette épreuve, un matin, je me suis levée avec beaucoup de
nausées, de migraines et de douleurs dans le ventre. Cela a duré plusieurs
jours, mais je ne voulais plus entendre parler de l’hypothèse d’une
grossesse. Voyant mon état, Maxime me suggérait de faire un test, mais
j’étais contre l’idée. Je ne pouvais plus en voir un seul, même en
peinture ! Impossible. Il insistait beaucoup.
Puis, un jour, alors qu’on était en tournage pour notre émission, il m’a
mise au pied du mur et m’a tendu un test. Puisqu’il le voulait tant, j’allais
le faire. Je n’étais plus à une déception près. Je l’ai fait sans aucune
pression, puisque je n’attendais plus rien à ce moment-là. Je suis revenue
dans le salon sans attendre le résultat, et j’ai vaqué à mes occupations
devant la caméra.
Maxime est reparu quelques minutes plus tard avec le test, en rigolant. Il
me l’a montré et m’a dit « T’es enceinte ! » On s’est mis à rire. Je crois
que c’était la pression qui redescendait. On était heureux, mais lui
comme moi, on prenait les choses moins à cœur. On n’y croyait plus,
donc oui, j’étais enceinte, mais on n’en parlait pas, on attendait de voir
comment les choses se passeraient cette fois.
PRUDENCE
Sans attendre, je me suis rendue chez mon gynécologue le jour même. Il
a tout contrôlé et il est resté prudent. Il a déclaré : « Tu es enceinte d’un
mois environ. Je vois une grossesse qui évolue bien, mais reviens toutes
les semaines pour qu’on contrôle et qu’on n’ait pas de mauvaise
surprise. » On était tous dans le même état d’esprit : contents, mais
prudents. On ne savait pas si cette grossesse arriverait à terme, donc il
fallait faire le plus de vérifications possible.
Au cours de cette grossesse, je me sentais bien. Je ressentais mon bébé, je
savais qu’il était en bonne santé, même si, au fond de moi, je me
demandais si mon endométriose le gênait. Est-ce qu’elle allait interférer
avec ma maternité ? Ma maladie me suivait depuis tellement d’années
que je ne pouvais que me la rappeler.
Le soir de Noël, j’ai d’ailleurs eu la peur de ma vie, puisqu’on m’a
appelée pour me prévenir que les résultats de la trisomie 21 n’étaient pas bons et qu’il faudrait faire un autre test, plus poussé, après le Jour de l’an.
Nous sommes restés dans l’angoisse pour qu’on nous annonce finalement
que c’était une fausse alerte et que le bébé allait bien. Plus de peur que de
mal !
Je pouvais rester confiante, mais je faisais malgré tout très attention à ce
que je mangeais, à ce que je faisais. Je craignais de trop marcher et de le
perdre, comme la fois précédente. Bref, je ne vivais que pour mon bébé,
pour qu’il arrive à terme et en bonne santé.
Au fur et à mesure, on a donc été rassurés. Cette fois, c’était la bonne !
Enfin, on pouvait réellement y croire. Notre bébé tenait le coup. On était
de plus en plus confiants. Je suis sûre que la prise de vitamines et le
changement d’alimentation avaient beaucoup joué dans cette bonne
nouvelle.
Tout allait bien dans ma vie. J’étais heureuse, j’attendais mon bébé avec
impatience. Je pouvais enfin relâcher la pression et vivre cette grossesse
au grand jour. J’étais fière d’afficher mon ventre bien rond sur les
réseaux sociaux, de montrer ce bonheur aux personnes qui avaient suivi
toutes mes mésaventures. Je pouvais désormais prévoir des choses,
comme la gender reveal – découverte du sexe avec les amis et la famille
–, la baby shower… Tout ce dont j’avais rêvé quand j’étais seule, pour
ma première grossesse.
Je rêvais de faire comme tous ces couples heureux que je voyais en
vidéo, qui découvraient ensemble le sexe de leur enfant. Enfin, c’était
mon tour de vivre tout ça, j’étais la plus comblée ! J’avais tout ce dont
j’avais besoin.
FILLE OU GARÇON ?
À cinq mois de grossesse, on a appris le sexe du bébé. Pendant l’examen,
j’ai fermé les yeux, et le gynécologue a noté le sexe sur un papier, qu’il a
confié à Maxime. On avait choisi de faire ainsi, pour qu’il soit impliqué
autant que moi dans cette grossesse. J’estime que nous, les mamans, on
vit déjà beaucoup de moments privilégiés que les papas ne peuvent pas
vivre. Bon, OK, on a aussi les nausées, les douleurs, la fatigue, mais on
profite de plein de beaux instants aussi, comme les premières sensations, les petits coups de pied… Je commençais d’ailleurs à ressentir tout ça, et
c’était simplement magique. J’ai voulu que Maxime ait ce privilège de
connaître le sexe de notre bébé avant moi, puisqu’il ne pouvait pas
profiter de tous les autres moments.
Ayant déjà une petite fille, on espérait avoir le choix du roi… un petit
garçon ! Mais ce qu’on souhaitait en priorité, c’était que notre bébé soit
en bonne santé et qu’il puisse venir au monde. C’était donc seulement
une légère préférence, car Maxime, étant bodybuilder, rêvait d’avoir un
petit garçon tout musclé, avec les mêmes passions que lui.
Lors de la gender reveal, que nous avons organisée en France, dans notre
maison, mes amis étaient présents, ainsi qu’une partie de ma famille. Le
tout était filmé pour l’émission Mamans & célèbres. L’organisatrice avait
tout mis au point avec Maxime ; dans une boîte, ils avaient placé des
ballons de la couleur correspondant au sexe du bébé – bleus pour un
garçon, roses pour une fille. Mon salon était redécoré sur le thème de la
naissance, avec des nounours, des biberons et de jolies couleurs.
Le stress était à son comble. J’avais tellement hâte de savoir, de pouvoir
parler à mon bébé en lui donnant son petit surnom, comme je l’avais fait
pour Luna. J’allais pouvoir sentir que je passais à une étape supérieure,
que la naissance se rapprochait et que ce bébé viendrait effectivement au
monde. J’étais enceinte de cinq mois, mais j’avais parfois du mal à
prendre conscience de tout ce qui m’arrivait. Je suis ce genre de
personnes qui croient au bonheur, mais seulement chez les autres. Quand
quelque chose de positif survient et que cela dure, je me dis : « OK, c’est
pas normal, il va m’arriver un truc pas cool dans pas longtemps. Je vais
forcément m’en prendre plein la tête ! » Ce bonheur, je le savourais
d’autant plus que je n’y étais pas habituée.
Tout le monde était en face de nous. J’étais au milieu, entourée de mon
mari et de ma fille, derrière la table principale où se trouvaient les
gâteaux et la fameuse boîte. Je me souviens que Luna était tout aussi
stressée et impatiente que nous. Jusque-là, Maxime avait eu un air un peu
déçu, en particulier lorsqu’il avait appris le sexe. Donc, pour moi, à coup
sûr, c’était une fille ! Ou alors, il avait un très bon jeu d’acteur !
Il a ouvert la boîte, j’étais persuadée de voir du rose sortir, et là… C’était
du bleu, des ballons bleus ! On attendait un petit garçon, on avait le choix
du roi ! Les étoiles qu’on avait dans les yeux à ce moment-là, le regard que Maxime posait sur moi… Je ne l’avais jamais vu comme ça
auparavant, à part le jour de notre rencontre. Notre joie, celle de Luna qui
criait « Un petit frère, un petit frère ! », et celle de nos proches resteront
gravées en moi, avec ce sentiment de bonheur immense. Je me suis dit :
« Ça y est, j’ai enfin le droit de vivre tout ça ! »
Maxime rêvait d’être le papa d’un demi-dieu, d’où le prénom qu’il
voulait lui donner : Hercule ! C’était super original, et je n’avais pas
envie d’un prénom commun. Mais imaginons que notre bébé, enfant, puis
ado, manque de confiance en lui, qu’il n’ait pas le physique de son père,
et que tous ses camarades de classe aient la référence d’Hercule, ce dieu
grec fort et athlétique. Je craignais qu’il soit alors la risée de tous. On a
donc trouvé un compromis en cherchant dans les origines siciliennes de
Maxime, et l’on s’est mis d’accord sur Vittorio.
MILLE ET UN CHANGEMENTS
Il s’est passé beaucoup de choses pendant cette grossesse. On a
notamment déménagé à Dubaï et on s’est mariés. Eh oui, j’avais enfin
épousé l’homme de ma vie ! Moi qui pensais qu’il ne reviendrait
jamais… On attendait maintenant notre deuxième enfant et on était mari
et femme. Comme quoi, tout peut arriver. Il faut toujours garder espoir.
Notre mariage a eu lieu deux jours après la gender reveal – en comité
restreint, Covid-19 et restrictions obligent –, puis nous sommes partis
poursuivre notre installation pour notre nouvelle vie, notre nouveau
départ. Compte tenu de notre passé, on avait ce besoin de partir à
l’étranger, d’avoir de nouveaux repères, de reprendre tout de zéro, surtout
avec nos deux enfants. D’investir un lieu neutre, qui n’avait jamais été
témoin de nos déchirures, de nos séparations et de nos désaccords.
Des amis étaient déjà à Dubaï, et ne nous en avaient dit que du bien. On
pouvait travailler depuis chez nous, donc n’importe où dans le monde si
on le souhaitait. Alors, on s’est dit : « Pourquoi ne pas partir vivre au
soleil, découvrir de nouvelles choses, une nouvelle culture, une nouvelle
langue, et faire vivre tout ça à nos enfants ? » Pour moi, les voyages
forgent le caractère, l’éducation, l’ouverture d’esprit. Cette opportunité
nous a plu. On a décidé que l’on irait et que l’on aviserait. Si l’on s’y plaisait, on resterait. Sinon, d’ici une année, on irait découvrir un autre
pays.
Une fois que nous étions installés, j’ai trouvé une gynécologue française,
qui m’a suivie pour ma grossesse et a tenu le même discours que mon
médecin habituel. L’endométriose était là, mais en stand-by. Au vu de
l’évolution de ma grossesse, elle irait bien jusqu’au terme : mon bébé
était plus fort que ma maladie. Elle a tout de même rappelé qu’avec mes
antécédents, il fallait que j’évite de porter, de trop marcher, etc. Le sexe
était autorisé pendant la grossesse, mais moi, j’étais parano ! J’avais
toujours peur que le bébé ressente quelque chose, donc ce n’était
vraiment pas comme d’habitude. Après, avec les hormones en ébullition,
parfois, on ne dit pas non…
J’étais donc plutôt rassurée et continuais à faire attention. Ce qui
m’embêtait le plus, dans tout ça, c’était de ne pas pouvoir porter Luna.
C’était un changement énorme pour elle, et je la sentais déjà différente.
Elle était moins joyeuse, des peurs qu’elle n’avait pas avant étaient
apparues, comme celle du noir ou d’être seule. Le soir, il fallait que je
reste sur une chaise, à côté de son lit, et que je lui tienne la main, parfois
pendant une heure, pour qu’elle soit rassurée et puisse s’endormir. Le
bébé n’était pas encore là, mais elle sentait déjà qu’elle n’était plus seule
et qu’elle devrait partager sa maman avec son frère. J’essayais de la
rassurer au mieux et d’être la meilleure mère possible. Elle aurait
toujours cette place importante et je lui rappellerai tout le temps.
J’avais pris du poids, même Luna l’avait remarqué et ne manquait pas de
me le faire remarquer, avec de petites phrases du type : « T’as grossi du
ventre et des seins, maman ! » Oui, ça, je le savais ! Durant cette
grossesse, j’avais pris plus vingt kilos. Je profitais bien, j’étais en accord
avec mon corps. Enceinte, tu peux tout faire, tout manger. Le sucré et le
gras ne provoquaient aucune douleur, donc j’en profitais (apparemment,
un peu trop !).
Avec Maxime, on a décidé que j’accoucherai en France. Non pas pour
des raisons financières, comme j’ai pu le lire sur les réseaux – il n’y a pas
que des gens bienveillants, et parfois, ça procure pas mal de stress,
surtout quand on est enceinte –, puisque je n’avais plus les couvertures
sociales françaises. Partir à Dubaï était notre choix, mais pas celui de nos
proches. Ma famille, tout comme la sienne, se retrouvait loin de nous et de nos enfants, donc on leur avait promis d’être là pour les moments
importants. On estimait que la naissance de notre fils en était un ! Et puis,
il ne faut pas oublier que j’étais seule pour ma première grossesse. Seule
ma mère avait vu le bébé à sa naissance. Je n’avais pas envie de revivre
cela, donc il était important pour moi d’accoucher près de ma famille,
dans la ville et l’hôpital où je suis née. J’avais peur de ne pas tenir
jusqu’au terme, mais je l’ai finalement dépassé !
DÉCLENCHEMENT
Cinq jours après la date prévue d’accouchement – quarante-deux
semaines –, bébé ne voulait toujours pas sortir. On était bien tous les
deux, puis on avait tellement attendu de se trouver qu’on avait du mal à
se quitter ! Je faisais des allers-retours à l’hôpital, parce que j’avais peur
que, au dernier moment, il se passe quelque chose qui m’empêche de
serrer mon bébé dans mes bras. Ma grossesse m’avait soumise à un stress
perpétuel. Je craignais de perdre mon enfant, qu’il lui arrive quelque
chose.
Cette nervosité a eu des répercussions sur mon couple, puisque, à la fin
de ma grossesse, Maxime a préféré prendre ses distances. On vivait
toujours ensemble, mais mon caractère était trop dur à supporter pour lui.
On se croisait, mais on dormait séparément. J’avais parfois l’impression
de revivre la solitude de ma première grossesse, mais je relativisais. Il
était là, et il serait présent pour Vittorio. J’associais souvent mes
réactions aux hormones ; en même temps, sans savoir pourquoi, j’avais
cette capacité à passer du rire aux larmes, de la joie à la colère, et tout le
monde subissait ça. Mon couple était important, mais tant que je n’aurais
pas accouché, je n’aurais pas les idées claires. Je devais me concentrer
sur mon fils et sur ma grossesse.
À la fin, j’étais encore plus angoissée. S’il se passait trop de temps sans
que je sente des coups, si j’avais une douleur anormale, je n’attendais pas
et consultais directement, alors que, en vérité, à l’approche de
l’accouchement, le bébé a moins de place pour bouger. Il ne faut donc
pas s’inquiéter pour rien.
Cinq jours après le terme, alors que je me rendais à l’hôpital, je ne sentais
plus trop Vittorio s’activer dans mon ventre. Les médecins ont noté que
le liquide amniotique baissait, puisque, à partir d’un certain temps, on
n’en produit plus, ou moins. On m’a préconisé de marcher autour de
l’établissement, afin d’aider le bébé à descendre et d’accélérer les choses,
mais j’avais si mal ! J’éprouvais des douleurs dans le bas du ventre, puis,
ayant dépassé le terme, mon ventre était assez imposant et mes
mouvements réduits. Quand je suis retournée dans la chambre, on m’a
refait passer des examens, et le col ne s’ouvrait pas plus que ça. En
réalisant une échographie, on a remarqué que mon bébé avait du mal à
respirer. La sage-femme a décidé de déclencher l’accouchement.
Il y a différentes manières de procéder à cela. Pour ma part, la sage-
femme a disposé dans mon vagin un petit tampon contenant des
prostaglandines, c’est-à-dire des substances ayant la faculté de faire
mûrir le col, afin de provoquer des contractions utérines. Elle m’a
prévenue que ce geste entraînait des contractions plus douloureuses que
celles qui venaient naturellement. Peu importait, ce que je voulais, c’était
accoucher rapidement et sauver mon bébé !
Entre-temps, Maxime m’avait rejointe. Il avait rapporté mes affaires de
maternité, mon sac et celui du bébé. On a alors disposé sa gigoteuse, son
petit doudou dans son berceau, et ses petits vêtements un peu partout. On
était de vrais enfants ! On avait tellement rêvé et attendu ce moment que
c’était magique pour nous de réaliser tout ça.
Depuis des jours, les bagages étaient devant la porte d’entrée de la
maison. Chaque soir, on les regardait en se disant que ce serait peut-être
le bon jour, et puis non. Il avait fallu patienter cinq jours après le terme.
On n’y croyait plus. Mais enfin, c’était maintenant ! J’étais admise à
l’hôpital, et la prochaine fois que j’en sortirai, ce serait avec mon bébé.
On aurait dit de vrais gamins attendant Noël. On était aux anges,
impatients ! Je savais, tout de même, que ça n’allait pas être une partie de
plaisir que de le faire sortir de mon ventre.
LE SECOND MIRACLE
J’avais été déclenchée à 10 heures. Les contractions sont arrivées
quelques heures après, puis se sont intensifiées et rapprochées. À minuit,
c’était devenu insoutenable ! Je hurlais dans la chambre d’hôpital, avec
Maxime à mes côtés, qui se sentait impuissant, mais qui voulait m’aider
malgré tout et faisait des allers-retours pour alerter les sages-femmes.
Comme pour Luna, mon col ne s’ouvrait pas. Alors qu’il était dilaté à
1 cm, l’équipe a décidé de me transférer en salle d’accouchement, tant la
douleur était insupportable.
Je rêvais de la péridurale, et de pouvoir dormir, comme la première fois.
Aller jusqu’à la salle d’accouchement était déjà une épreuve ! La douleur
retentissait dans tout mon corps, elle était si forte que je luttais pour
marcher, je me tenais aux rambardes, puis à Maxime. Chaque pas était un
vrai supplice. Une fois la péridurale posée, mes douleurs se sont calmées,
mais l’anesthésie a également provoqué nausées et vomissements. J’étais
au plus mal, je vomissais toutes les minutes.
Maxime était assis par terre, à côté de moi, et me tendait le petit haricot
médical. Très glamour et romantique ! Mais c’est aussi important de
pouvoir compter sur sa moitié dans les moments un peu moins faciles. En
tout cas, lui qui n’était pas présent lors de ma première grossesse, il en
prenait pour son grade. Il avait presque expérimenté deux grossesses en
une, avec toutes les péripéties possibles. Une chose était sûre, en plus de
l’arrivée de notre fils, on se souviendrait de ces moments. Finalement, ça
nous rapprochait de vivre tout ça ensemble. Je pouvais compter sur lui, et
heureusement qu’il était avec moi, car cet accouchement a été long et
éprouvant !
Non seulement je vomissais régulièrement, mais mon col ne s’ouvrait
toujours pas. La sage-femme venait toutes les heures, puis toutes les
trente minutes pour me demander de pousser. Rien n’y faisait. Je savais
comment m’y prendre et je faisais exactement ce qu’elle me disait ; je ne
relâchais pas mes efforts, malgré la fatigue et la douleur. Mais ça n’avait
pas d’effet. Après plusieurs heures, lorsque mon col a finalement été
ouvert à 10 cm, c’est-à-dire complètement dilaté, le bébé ne descendait
pas, sa tête était bloquée dans mon bassin. Tout ce temps à tenter de
pousser avait été éprouvant pour moi, mais surtout pour mon petit bout.
À la réaction des sages-femmes, j’ai compris qu’il y avait un problème. Après deux heures d’attente avec un col ouvert à 10 cm, à pousser sans
succès, la sage-femme a décidé d’appeler le gynécologue. Ils m’ont
expliqué qu’ils allaient tout mettre en œuvre pour faire sortir mon bébé
naturellement, par voie basse, mais que s’ils n’y parvenaient pas, ils
seraient obligés de procéder à une césarienne, car le temps qui s’écoulait
était dangereux pour le bébé. Une césarienne ? Impossible ! Je ne voulais
pas d’une nouvelle opération, encore moins pour accoucher. Je voulais le
faire, ne rien lâcher. J’étais sûre qu’on en était capables, mon bébé et
moi.
Le gynécologue a pratiqué une échographie en même temps que je
poussais, pour voir la position exacte du bébé. Il s’est rendu compte que
son épaule était bloquée et qu’il ne pouvait pas descendre, d’où sa tête
coincée dans mon bassin. Il a essayé de changer sa position, et de
débloquer son épaule avec ses mains. Autant vous dire que la sensation
n’était pas très agréable, mais la péridurale faisait bien effet, et de toute
manière, tout ce à quoi je pensais à ce moment-là, c’était à sauver mon
bébé, à le mettre au monde rapidement. Une fois l’épaule débloquée, le
médecin est parti dans une autre pièce pour aller chercher des instruments
qui m’aideraient à expulser mon fils.
Je me souviens de ces deux super sages-femmes qui m’ont dit : « Allez,
quand il reviendra, il n’aura besoin de rien faire, bébé sera déjà là ! On
pousse et on lâche rien ! » Elles m’ont donné une force incroyable. Elles
étaient pleines d’entrain et avaient confiance en mon pouvoir de faire
sortir mon enfant seule. Grâce à leur aide précieuse, j’ai réussi à expulser
mon fils : quel soulagement ! Après neuf heures et quarante minutes en
salle d’accouchement, il était là.
On n’y croyait plus, mais on avait notre petit Hercule ! Finalement,
c’était son deuxième prénom, et il lui allait parfaitement bien, puisqu’il
pesait déjà 3,680 kg pour 52 cm. Je l’ai tout de suite pris sur moi.
Maxime a coupé le cordon pour la première fois de sa vie, et on s’est fait
notre premier câlin tous les trois.
On regardait notre petite merveille en pleurant, on l’admirait, on n’y
croyait pas. Il était là ! Ce petit bout que l’on avait tant attendu, tant
espéré, qu’on allait aimer et chérir jusqu’à la fin de notre existence. Vivre
ce moment hors du temps avec Maxime était une première, et ça ajoutait
quelque chose d’intense à notre couple, d’incassable ! Si l’on se disputait,
on aurait juste à penser à cet instant pour apaiser les esprits. C’était magique, le deuxième plus beau jour de ma vie, après la naissance de
Luna !
DÉCOUVREZ CI-DESSOUS DES PHOTOS QUI ME
TOUCHENT CHAQUE FOIS QUE JE LES REVOIS.
ELLES RETRACENT MON PARCOURS
DE COMBATTANTE POUR RÉALISER MON RÊVE DE
MATERNITÉ.
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