Dans la peau d'Audie
Chapitre 6
6
Deux jours plus tard, je fais visiter l’agence à des prospects et je n’en suis pas peu fière car il s’agit de la société Scoot&Co, le premier rendez-vous prospect que j’ai fait avec Isabelle. On dirait bien que j’ai été convaincante !
Je leur fais faire le tour de l’agence, leur présente quelques collègues, puis nous entrons en salle de réunion pour reparler de leurs besoins. J’ai préparé des drafts de communiqués de presse et des idées de campagnes à leur soumettre.
La réunion doit démarrer, mais Isabelle n’est toujours pas arrivée. C’est une habitude chez elle d’être en retard. Je regarde ma montre et, comme il est plus de dix heures, je décide de commencer sans elle.
Nous sommes en train de commenter mes propositions lorsqu’elle arrive dans la salle, flanquée d’un homme que je ne connais pas. De taille moyenne, la cinquantaine, les cheveux prématurément gris, il est élégamment vêtu et tient un attaché-case.
— Bonjour ! lance-t-elle. Désolée pour le retard. Comment allez-vous, Monsieur Sasamba ?
Elle tend la main au PDG de Scoot&Co puis fait de même avec les deux autres personnes.
— Permettez-moi de vous présenter Laurent Gaspard, le nouveau directeur stratégique de Sunshine Marquay.
Ma respiration s’arrête aussitôt. Euh… Je crois que j’ai raté un épisode, là. A-t-elle bien dit nouveau directeur stratégique ?
— Laurent n’a pas encore officiellement rejoint l’agence, poursuit-elle, mais ce sera le cas dès lundi. Cependant, je lui ai demandé de se joindre à nous pour cette réunion déterminante pour notre future collaboration. Ses conseils nous seront d’une précieuse aide !
Laurent se présente à son tour et je fais un effort surhumain pour garder mon calme. Alors comme ça, Isabelle a trouvé le remplaçant de Tidiane et je l’apprends pendant une réunion client ? Quel toupet !
Et quel manque de considération pour moi qui n’ai pas compté mes heures et ai travaillé d’arrache-pied pour obtenir des tonnes de rendez-vous prospects ! C’est donc comme ça qu’elle me remercie ?
— Sarah ? m’interpelle-t-elle. Vous poursuivez la présentation ?
Non ! Allez-vous faire foutre ! ai-je envie de hurler. Toutefois, mon bon sens m’en empêche car, même si je suis à la recherche d’un autre job, je n’ai aucune envie de me retrouver au chômage dans la minute. Je serre donc les dents avant de reprendre la parole.
Laurent machin-chose me regarde, les sourcils froncés. De temps en temps, il intervient pour commenter mes idées et parler des réalisations similaires qu’il a pu faire lors de ses précédentes expériences. Il n’a qu’à venir prendre ma place, tant qu’on y est !
À la fin de la réunion, je raccompagne nos nouveaux clients avant de retourner à mon bureau, où je dépose mon ordinateur et mon calepin, non sans brusquerie, car je ne décolère pas du coup bas d’Isabelle.
Vers midi, elle sort de son bureau en compagnie de Laurent.
— Julie, dit-elle, j’ai un déjeuner client, je ne serai pas rentrée avant quinze heures !
Et voilà qu’elle emmène ce type en déjeuner client ! Dois-je donc comprendre que ma mission en remplacement de Tidiane est terminée ? Cela lui coûterait un bras de me le dire clairement ? En toutes lettres ?
J’ai la cuisante sensation qu’elle s’est, encore une fois, servie de moi et que je n’ai été qu’un bouche-trou.
Ces deux dernières semaines, elle a fait semblant de m’accorder de l’importance, mais ce n’était qu’une façade. Un moyen d’atteindre ses objectifs. Quelle idiote ai-je été d’y avoir cru !
La vibration de mon téléphone me sort de mes réflexions. C’est Maman. Elle est en bas de l’agence. Zut ! Il est déjà midi trente. Je suis encore sous le choc, mais il va falloir me ressaisir pour notre déjeuner. Laissons de côté Isabelle et l’autre gugus pour le moment.
Je fais un tour rapide aux toilettes pour retoucher mon teint et mon rouge à lèvres. Je sais ce qui m’attend et j’ai déjà tout prévu. Mais, pour que mon plan fonctionne, il faut que j’aie une mine irréprochable.
— Ah, ma chérie ! s’exclame Maman en m’embrassant. Quel plaisir de te voir ! J’ai l’impression que tu m’évites ces derniers temps… Ça fait longtemps que tu n’es pas passée à la maison !
— Mais non, Maman ! Où vas-tu chercher ça ? Je suis juste très occupée. Alors, qu’as-tu envie de manger ce midi ?
— Ça fait des siècles que je n’ai pas mangé des Saint-Jacques !
— Ça tombe bien, il y a un très bon resto italien à quelques pas d’ici.
Maman est élégamment vêtue d’un manteau taupe sur un ensemble en crêpe saumon, qui met en valeur son teint ébène et est agrémenté d’un liseré de tissu kenté au niveau de l’encolure. Je devine dans sa tenue l’une des œuvres de Tata Lilly, sa grande sœur, styliste spécialisée dans les vêtements et accessoires de mode africaine.
Les longs cheveux crépus de Maman sont savamment enroulés dans un chignon sophistiqué et elle sent bon le parfum, une fragrance fruitée, à laquelle elle est fidèle depuis mon adolescence, et qui me ramène à l’époque où je vivais encore dans notre maison de Lamorlaye. Mine de rien, elle m’a manquée ces derniers mois. Il va falloir que j’aille plus souvent la voir.
Un quart d’heure plus tard, nous sommes attablées dans mon restaurant italien préféré et le serveur vient de prendre notre commande.
— Alors, raconte-moi tout, ma chérie ! Comment ça se passe, au travail ?
Je plaque un large sourire sur mes lèvres et je me lance dans l’opération vie-parfaite-et-heureuse-version-deux.
— Tout va pour le mieux ! Nous avons beaucoup de boulot en ce moment, mais ça va, je tiens le coup. Te souviens-tu de la soirée pour l’un de mes plus gros clients ? C’est déjà la semaine prochaine !
— Ah oui ? Tu dois avoir hâte d’y être, alors ! Tu prendras des photos pour moi, d’accord ?
— Promis, Maman.
Elle me fait un large sourire. Yes ! Pour l’instant, mon plan fonctionne à la perfection. Elle est de très bonne humeur et me raconte comment la chorale qu’elle entraîne a cartonné lors de la messe du dimanche dernier.
— Tu devrais venir plus souvent à la maison, me gronde-t-elle gentiment, au lieu de t’enfermer dans ton cagibi parisien. Nous pourrions aller à l’église et tu pourrais constater les progrès de la chorale.
Cette chorale, c’est un peu son deuxième bébé. Elle s’est lancée dans ce projet, trois ans plus tôt, lorsque la vieille dame qui dirigeait la chorale a pris sa retraite.
Je me rappelle l’enthousiasme qui l’animait alors et elle, qui menait une vie bien triste depuis le décès de Papa, avait retrouvé sa joie de vivre. Je la regarde tandis qu’elle continue son récit passionné. Je sais qu’elle a raison. Il faudrait que je retourne plus souvent à la maison.
Bientôt, nos entrées arrivent et nous commençons à manger.
— Hmm, cette soupe de tomates est absolument délicieuse, s’extasie-t-elle. Et ton jambon de parme ?
— Excellent ! Je prends toujours ça quand je viens ici.
— Ah, au fait, j’ai découvert une nouvelle recette de gâteau. J’envisage de la faire pour Noël. Mais, il faudrait que je te la fasse goûter, d’abord !
— Alors, je sens que je vais bientôt passer à la maison !
— Ah, je reconnais bien ma fille, là. Quand il s’agit de manger, tu accours, mais pour m’accompagner à l’église, il n’y a plus personne !
J’étouffe un petit rire amusé.
— Quand tu viendras, poursuit-elle, je te ferai un bon plat de frites d’igname et de bananes plantains.
— Oh oui, dis-je, l’eau à la bouche. Ça fait des lustres que je n’en ai pas mangé !
— Ne me dis pas que tu n’en cuisines jamais ?
— Bah, chez moi, c’est tellement petit que dès que je cuisine, les odeurs restent pendant des siècles… Alors, j’évite les fritures !
— Tu sais ce qu’il te reste à faire, quand tu veux manger les bons plats de chez nous.
— Écoute, je viendrai bientôt passer un week-end à la maison, d’accord ? Ainsi, tu me feras goûter ton gâteau le samedi, nous irons à la messe le dimanche puis je t’aiderai à cuisiner des plats togolais pour le déjeuner. Ça te va ?
— Hmm.
Maman cache sa joie, mais je devine qu’elle est ravie à l’idée de m’avoir à la maison pour un week-end entier. Depuis que j’ai quitté la maison, elle s’y sent bien seule et aimerait que je vienne passer tous mes week-ends avec elle. Peu de temps après, nos plats sont servis et à mon grand soulagement, la discussion se déroule très bien.
Maman prend un petit bout de pain pour happer un fond de sauce dans son assiette, vestige de ses pâtes aux noix de Saint-Jacques. Je dois être convaincante dans le rôle de la fille heureuse, car elle ne m’a pas interrogé une seule fois au sujet de ma vie amoureuse. Aurait-elle enfin décidé de me laisser tranquille ?
Après le déjeuner, elle chemine avec moi jusqu’à l’agence où elle me prend dans ses bras. L’odeur agréable de son parfum me chatouille les narines et j’ai envie que notre étreinte s’éternise.
— Tu viens bientôt à la maison ? demande-t-elle en me couvant d’un regard tendre.
— Oui, très bientôt.
— Ah, j’allais oublier. Tata Lilly a demandé que tu l’appelles. Quatre mois sans prendre de ses nouvelles ! Tu exagères, Sarah !
— Oups… Déjà quatre mois ? Je lui passerai un coup de fil ce week-end !
— Elle m’a chargée de te remettre ceci.
Maman me tend un petit paquet, que j’ouvre aussitôt, découvrant un magnifique serre-tête en tissu kenté bariolé.
— Je l’adore, il est très réussi ! dis-je. J’appellerai Tata Lilly dès ce soir.
Elle me tapote affectueusement la joue puis serre mes mains dans les siennes, avant de s’éloigner en souriant. Je la suis du regard jusqu’à ce qu’elle arrive au coin de la rue, et nous nous envoyons un petit signe de la main.
Le lendemain, je déjeune à l’agence, en compagnie de Gwladys et d’autres collègues, lorsqu’un coursier sonne à l’interphone.
— Bonjour ! dit-il avec entrain. J’ai un colis pour Alice Druelle.
Comme Julie est absente, je me charge de réceptionner le colis, à peine plus gros qu’une boîte à chaussures et, en lisant le nom de l’expéditeur, Chanel, je devine qu’il s’agit probablement d’un cadeau offert par la prestigieuse enseigne.
Je viens à peine de signer le bon de livraison lorsque Gwladys me rejoint.
— C’est pour qui ? demande-t-elle.
— Pour Alice.
Elle se baisse pour lire le nom de l’expéditeur.
— Oh, Chanel ! Je parie que ce sont des parfums, elle en raffole…
Elle jette un coup d’œil autour de nous pour s’assurer que nous sommes seules.
— Tu ne penses pas sérieusement à le lui donner ? Allez, tu devrais l’ouvrir ! Pour ma part, je ne serais pas contre une fragrance hors de prix, à trois ou quatre cents euros…
— Gwladys !
Elle éclate de rire devant mon air outré.
— OK, OK ! Oublie ce que j’ai dit.
En fin d’après-midi, lorsque je jette un coup d’œil à ma montre, il est presque dix-sept heures. Nous avons une réunion avec Isabelle qui souhaite mettre les choses au point avant l’arrivée, lundi, du nouveau directeur stratégique.
Je m’apprête à quitter mon bureau lorsqu’Alice fonce sur moi.
— Peux-tu m’expliquer pourquoi c’est toi qui as mon colis ? vocifère-t-elle.
Quelle mégère, celle-là ! Je lui rends service et c’est comme ça qu’elle me remercie ? Je récupère le colis sous mon bureau et le lui tends.
— Julie était absente lorsque le coursier est passé. Mais, dis-moi, qu’y a-t-il de si important dans ce colis pour que tu te mettes dans un état pareil ?
— Ce ne sont pas tes affaires !
Elle tourne les talons avant de se retourner quelques pas plus loin.
— Au fait, dit-elle, haussant un sourcil, ta mission a finalement été de courte durée. Isabelle a dû se rendre compte que tu n’avais pas le profil du job !
Ne te laisse pas faire ! s’époumone ma conscience. Tu sais bien qu’elle ne t’arrive pas à la cheville !
— Je ne dirais pas ça, je réponds avec assurance. J’ai réussi à faire rentrer un nouveau client et il va être intégré à mon portefeuille. Avec la charge supplémentaire que j’aurai, il n’aurait pas été judicieux que je cumule les deux jobs.
— Je ne suis pas de cet avis, insiste-t-elle. Pourquoi Isabelle a-t-elle continué à chercher un nouveau DS, alors ?
— J’ai une idée ! Tu n’as qu’à aller le lui demander ! Tiens, pourquoi pas maintenant ? Elle est dans son bureau !
Alice semble estomaquée par mon aplomb et reste plantée sans rien dire. Alors, je lui fais un large sourire avant de passer devant elle pour me rendre en salle de réunion.
Elle peut bien penser ce qu’elle veut, c’est le cadet de mes soucis ! Par contre, l’arrivée du nouveau directeur stratégique ne m’enchante pas du tout. D’autant plus qu’Isabelle n’a même pas pris la peine de m’en parler en amont.
Depuis hier et l’irruption qu’ils ont faite pendant la réunion avec Scoot&Co, je n’ai pas eu l’occasion de lui parler. Ou plutôt, je n’ai pas cherché à lui parler.
Quelques instants plus tard, comme ça fait un moment que mes collègues et moi l’attendons et qu’elle a encore du retard, je jette un coup d’œil à ma montre. Zut, il est presque dix-sept heures trente ! Mais, que fait-elle donc ?
N’en pouvant plus d’attendre, je décide d’aller voir où elle est. Peut-être que la réunion est tout bonnement annulée ? Et si ce Laurent Gaspard avait finalement décidé de ne plus rejoindre l’agence ? Ah, ce serait bien fait pour Isabelle. Je serais si contente !
Et qu’elle ne vienne pas me demander de continuer ma mission de prospection clients ! Je pense qu’alors les ailes de la grande Audie pousseraient dans mon dos, pour de vrai, et je m’en servirais volontiers pour lui foutre quatre paires de gifles. Non… Tout bien réfléchi, une bonne douzaine de paires de gifles !
J’arrive devant son bureau, dont la porte est entrouverte, et la trouve en pleine discussion avec Julie.
— Assurez-vous que le matériel informatique soit livré pour lundi matin, d’accord ? Et n’oubliez pas de réserver une table chez Gino pour le déjeuner. Nous serons quatre.
Je frappe à la porte et elles lèvent les yeux vers moi.
— Oui ? demande Isabelle, avec impatience.
Quelle peste ! Elle est en retard et c’est moi qui dérange ?
— La réunion tient toujours ?
— Bien sûr ! répond-elle sèchement. Je règle quelques détails avec Julie et j’arrive.
Elle me jette un regard qui signifie « vous pouvez disposer » et je tourne les talons, bouillonnant de rage. Mince, j’ai joué et j’ai perdu. Par excès de zèle. J’aurais mieux fait de rester dans la salle de réunion puis me casser à dix-huit heures ! Tant pis si elle n’était pas venue avant. Arghhh.
Quelques instants plus tard, elle daigne enfin nous rejoindre et démarre la réunion, comme si de rien n’était et sans s’excuser pour son retard.
Elle explique qu’elle connaît Laurent depuis une quinzaine d’années et qu’ils ont travaillé ensemble à plusieurs reprises. Il a une expérience significative dans notre métier et son expertise devrait être très utile à l’agence. Ben, voyons...
Puis, elle enchaîne sur la revue des campagnes en cours. Chaque responsable de pôle doit lui faire un débrief. Nous sommes quatre attachés de presse à avoir un rôle transverse, sur le pôle mutualisé, et il n’y a pas de responsable. Aussi, chacun de nous présente rapidement l’état d’avancement des dossiers.
Quand vient mon tour, je m’efforce de rester professionnelle, mais ultra-synthétique.
— La présence de Blue Hands à la FIAC a été très relayée dans les médias. Une revue de presse intégrale a été adressée lundi dernier à M. Laval.
— Bien. Et où en êtes-vous pour la soirée d’inauguration de leur nouvelle galerie ? s’enquiert-elle.
— Nous serons prêts, dis-je d’un ton sec. J’ai rencontré M. Laval mardi pour finaliser les derniers détails.
— Bien, fait-elle à nouveau. J’ai proposé à Laurent de venir avec nous à la soirée. Il pourra y rencontrer M. Ankrah et nous aider ensuite à décrocher d’autres projets.
Je hoche la tête, les lèvres pincées. Isabelle semble attendre que je poursuive, mais j’ai décidé de me taire. Si elle veut d’autres informations, elle n’a qu’à me les demander !
Un lourd silence s’installe avant qu’elle ne détourne finalement le regard.
— À vous, Cheng ! dit-elle à l’égard d’un collègue.
Lorsque la réunion prend fin, je ramasse mes affaires et m’apprête à sortir lorsqu’elle m’interpelle.
— Sarah ? Je souhaite que nous fassions un point sur les rendez-vous prospects que vous avez déjà planifiés. Je crois qu’il y en a un certain nombre la semaine prochaine et celle d’après.
— Tout à fait, dis-je en rouvrant mon PC.
Je lui fais l’inventaire des rendez-vous et elle m’informe qu’elle ne sera pas en mesure de les honorer.
— Laurent sera très occupé la semaine prochaine. Entre son intégration à l’agence et la rencontre des clients actuels, il n’aura pas le temps de rencontrer les prospects. Il faudrait que vous continuiez à les gérer.
Comme je fronce les sourcils, elle poursuit.
— Si je ne m’abuse, votre lettre de mission se termine dans deux semaines. Je ne souhaite pas y mettre fin de façon anticipée. Cela vous ennuierait-il de la poursuivre jusqu’à son terme ?
Je tourne la question dans ma tête. Cela m’ennuierait-il ? Certainement ! Mais, ai-je vraiment intérêt à lui tenir tête ?
— Non, fais-je après un court silence.
— Très bien. Alors, honorez les rendez-vous déjà fixés. À son arrivée, Laurent fera un point avec vous sur les actions à reprendre et le suivi des dossiers.
— Bien.
— Souhaitez-vous me faire part d’autre chose ?
Je la regarde et j’ai envie de lui exploser à la figure.
Bien sûr, j’ai deux ou trois choses à vous dire. À commencer par le fait
que vous êtes une profiteuse sans nom et que je ne vous supporte plus !
Mais, une fois de plus, la raison parvient à prendre le dessus sur ma colère et je réponds d’une voix posée.
— Non. Avons-nous fini ?
— Oui.
Emplie d’une colère contenue, je ramasse mes affaires et regagne mon bureau, où je prends le temps d’écouter ma messagerie vocale, avant d’attraper mon sac et de quitter l’agence.
OceanofPDF.com