Elon Musk - L'enquête inédite

Emmanuel Botta Béatrice Mathieu · Chapitre 9 sur 12

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Elon Musk - L'enquête inédite

8. Elon Musk, le faux libertarien

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Elon Musk, le faux libertarien

 

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Coupe au carré d’élégante, regard noir fiévreux et porte-cigarette en ivoire aux lèvres, sur ce cliché non daté, Ayn Rand semble tout droit sortie d’une œuvre de son contemporain, le photographe surréaliste Man Ray. Si la romancière et philosophe américaine n’est connue de ce côté-ci de l’Atlantique que d’une poignée d’happy few qui se piquent de la citer dans les dîners mondains, elle demeure, quarante ans après sa mort, une figure intellectuelle incontournable aux États-Unis. Selon une enquête menée par la vénérable Bibliothèque du Congrès, son best-seller La Grève, un roman-fleuve de 1 200 pages paru en 1957, serait le deuxième ouvrage ayant le plus influencé les Américains derrière… la Bible ! Si proche et si loin. Ayn Rand exècre en effet toutes les religions, qu’elle considère comme l’un des « grands poisons de l’humanité ». Dans l’évangile « randien », l’égoïsme est érigé au rang de vertu suprême, et la philosophe va jusqu’à considérer l’altruisme comme « une notion monstrueuse, la moralité des cannibales se dévorant les uns les autres ».

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Ayn Rand, de son vrai nom Alissa Zinovievna Rosenbaum, est née en Russie, dans une famille de la bourgeoisie juive en 1905, et a été profondément marquée par la révolution bolchevique de février 1917. Elle a vu ses parents humiliés, tétanisés devant les gardes rouges venus nationaliser l’appartement et la pharmacie familiaux. L’époque n’est pas encore à la résilience, mais celle qui a enthousiasmé les campus étudiants dans les années 1960 parvient à faire de ce traumatisme et de cette haine contre toute forme de collectivisme son principal ressort romanesque. Tous les héros de ses romans – vendus à trente millions d’exemplaires à travers le monde – symbolisent ainsi le génie du capitalisme que rien ne doit entraver, surtout pas l’intérêt général.

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L’œuvre d’Ayn Rand a ainsi largement contribué à façonner la philosophie politique du libertarisme, qui prône une intervention minimale de l’État dans la vie des citoyens et la disparition de tout système de solidarité collective, au profit de la seule et unique méritocratie. Ces idées chéries par la droite américaine la plus dure, à commencer par son chef de file, l’ancien président Donald Trump, ont également largement infusé les rangs des entrepreneurs de la Silicon Valley. De l’emblématique patron d’Apple, Steve Jobs, à Peter Thiel, cofondateur de PayPal et de Palantir, en passant par Jimmy Wales, créateur de Wikipédia, nombre des patrons les plus emblématiques de la tech américaine ont déjà publiquement déclaré vénérer Ayn Rand et s’être directement inspirés de ses idées pour édifier leur empire.

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Si Elon Musk n’a, pour sa part, jamais évoqué l’impact de l’œuvre de la philosophe sur son cheminement intellectuel – il l’a néanmoins lue dans son adolescence –, il apparaît aujourd’hui aux yeux du monde comme l’incarnation pure du libertarisme. Ses multiples coups de menton et coups d’éclat contre les pouvoirs publics en ont fait une figure des antisystèmes, et il aurait toute sa place parmi les héros des romans de la philosophe. Après avoir violemment dénoncé sur Twitter la décision « fasciste » des autorités américaines avec le confinement, alors même que les États-Unis étaient devenus l’épicentre mondial de la pandémie de Covid-19, le milliardaire n’avait pas hésité à rouvrir à la mi-mai 2020 son usine Tesla de Fremont, bravant l’interdiction du comté d’Alameda, en Californie.

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Après le rachat de Twitter en particulier, à l’automne 2022, Elon Musk a été érigé par les médias comme le porte-drapeau du libertarisme. À ce moment-là, il a en effet joué à fond la carte du freedom of speech (la liberté d’expression, un des grands piliers de ce courant de pensée) pour expliquer les raisons qui l’ont poussé à débourser 44 milliards de dollars dans l’acquisition du réseau social. Peu après avoir officiellement déclaré sa flamme à l’oiseau bleu, le milliardaire a d’ailleurs fait preuve d’une emphase qu’on lui connaît peu : « La liberté d’expression est le fondement d’une démocratie qui fonctionne et Twitter est la place publique numérique où sont débattues les questions vitales pour l’avenir de l’humanité. »

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De fait, peu après avoir pris les commandes de la plateforme, il intime l’ordre à ses équipes de rétablir plusieurs dizaines de milliers de comptes précédemment suspendus pour avoir enfreint les règles du réseau social. Le plus souvent, il s’agit de ceux de complotistes, d’extrémistes de tout poil ou encore d’antivax aux propos inquiétants, voire dangereux. Dans le lot de ces profils Twitter revenus du purgatoire, le plus notoire est celui de Donald Trump, qui avait été fermé après la tentative de coup d’État fomentée par ses partisans les plus extrêmes, chauffés à blanc par les tweets enragés de l’ancien pensionnaire de la Maison-Blanche, alors incapable d’accepter sa défaite face à Joe Biden. Il résulte de cette réouverture une explosion de propos haineux, racistes et homophobes, selon une étude menée en décembre 2022 par le Center for Countering Digital Hate et l’Anti-Defamation League, deux organismes indépendants qui veillent à la sûreté

des contenus sur les réseaux sociaux1, relayée par le New York Times. Cela suffit à faire fuir nombre de très grandes marques (General Motors, General Mills, Volkswagen…), qui préfèrent différer tout nouvel investissement publicitaire sur la plateforme, ce qui placee cette dernière en grande difficulté.

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Pour Musk, la liberté, la vraie, est à ce prix : tout le monde doit pouvoir s’exprimer dans cette agora numérique qu’est Twitter, afin que l’internaute citoyen puisse se forger sa propre opinion. Qu’on soit ou non d’accord avec le raisonnement du milliardaire, l’argument peut s’entendre. Le hic, c’est que, pour Musk, la liberté des autres s’arrête manifestement au seuil de sa maisonnée. Dans la soirée du 15 décembre 2022, le patron de Tesla et de SpaceX a ainsi décidé de suspendre au moins huit comptes de journalistes, dont ceux des très réputés Drew Harwell – The Washington Post –, Ryan Mac – The New York Times –, ou encore de Donie O’Sullivan – CNN. Leur tort, à ses yeux, a été d’avoir relayé des informations issues du compte Twitter @elonjet. Ce dernier, suivi par près d’un demi-million d’abonnés et créé par un étudiant américain de 20 ans, suivait en temps réel le déplacement du jet privé de Musk en croisant des données publiques, façon pour le jeune homme de pointer le bilan carbone catastrophique de celui qui se positionne en héraut du verdissement de la planète. Cette surveillance au cordeau aurait, selon le milliardaire, mis sa famille en danger.

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La veille de la suspension des comptes des journalistes sur le réseau social, @elonjet avait d’ailleurs été supprimé. C’est manifestement le compte rendu de cette censure qui leur a valu la colère muskienne. Face au tollé international suscité par l’événement, le propriétaire de Twitter a rapidement dû faire machine arrière. Mais déjà, certains commentateurs ont commencé à revoir leur analyse, se demandant si derrière la statue du libertarien, autoproclamé grand défenseur de l’indépendance de l’information, ne se cacherait pas un autocrate pur jus.

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En réalité, il suffit de retracer la trajectoire du natif de Pretoria pour conclure que la geste muskienne est assez peu en phase avec la bible libertarienne. À titre d’exemple, le soutien appuyé de l’homme d’affaires à

l’accord de Paris 2 puis à toutes les conférences internationales sur le climat qui ont suivi semble peu compatible avec une pensée libertarienne qui, par nature, ne supporte pas l’intervention des États, persuadée que c’est à l’individu de décider de son propre sort… aussi funeste soit-il. Plus anecdotique, mais toujours en totale contradiction avec ce que l’on pourrait attendre d’un libertarien absolu, l’entrepreneur fantasque s’est exprimé en faveur de la réforme du système de retraites… français. Encore une fois, dans la pensée libertarienne, tout système de solidarité collective est une forme d’aliénation de l’individu, puisqu’il entre en compétition avec la méritocratie, la sainte boussole de ses défenseurs. Ainsi, dans un tweet daté du 20 janvier 2023 (lendemain des manifestations qui ont vu un million de personnes défiler dans les petites et grandes villes de l’Hexagone), Musk écrit : « Macron fait une chose difficile, mais juste. L’âge de la retraite à 62 ans a été fixé alors que la durée de vie moyenne était beaucoup plus courte. Il est impossible pour un petit nombre de travailleurs de faire vivre un nombre massif de retraités. »

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Rien n’est moins sûr que le locataire de l’Élysée, déjà régulièrement accusé d’être le président des riches, ait été ravi de voir tomber ce post de félicitations de la part d’un des hommes les plus fortunés de l’histoire… Les figures de l’opposition se sont d’ailleurs emparées de ce tweet avec gourmandise. Le leader de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a ainsi très vite répondu : « Choisissez votre camp. Le capital ou le travail », et l’eurodéputée LFI Manon Aubry a de son côté déclaré : « Si vous doutiez encore que la retraite à 64 ans était une réforme de classe… » Le député LFI Antoine Léaument a enfoncé le clou d’un message lapidaire : « Une réforme soutenue par un milliardaire est TOUJOURS une réforme mauvaise et inutile. »

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En définitive, Musk est-il libertarien ? Un peu, beaucoup, passionnément… ou pas du tout ? « Je ne vous conseille pas d’aller dire à des libertariens pur jus que Musk est un des leurs, ça les fait tout simplement hurler », répond Arnaud Saint-Martin, sociologue au CNRS et spécialiste du domaine spatial. De fait, non content de soutenir une conférence transnationale ou de se féliciter de la réforme d’un système de solidarité collective, le big boss doit une grande partie de sa réussite aux largesses de l’oncle Sam. L’ancien président américain Donald Trump, avec qui Musk s’est brouillé après avoir été durant quelques mois l’un de ses nombreux conseillers économiques, le lui a vertement rappelé via son propre réseau Truth Social, à l’été 2022. Sous une photo prise alors qu’il était encore à la Maison-Blanche, aux côtés du milliardaire un brin engoncé dans son costume-cravate, on lit une légende rédigée au lance-flammes : « Quand Elon Musk venait me voir à la Maison-Blanche pour me demander de l’aide pour ses nombreux projets subventionnés, que cela concerne ses voitures électriques qui ne vont pas assez loin, ses véhicules autonomes qui ont des accidents, ou encore ses fusées vers nulle part. Des subventions sans lesquelles il ne vaudrait rien, et alors qu’il me disait qu’il était un grand fan de Trump et républicain, j’aurais pu lui répondre : “Mets-toi à genoux et supplie”, il l’aurait fait. Dès le berceau, Tesla et SpaceX ont ainsi été littéralement biberonnés à l’argent public. » Nul n’est tenu de croire sur parole un homme qui, depuis des années, dit tout et son contraire. Mais sur ce sujet, Trump a raison.

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Elon Musk est en effet le fils légitime de la puissance publique. En 2010, alors qu’il n’a même pas encore sorti le moindre essieu de la Model S – la berline qui le rendra crédible aux yeux de la planète automobile –, il décroche auprès du département de l’Énergie américain un prêt de 465 millions de dollars, de quoi lui éviter une faillite annoncée et lui permettre de construire sa gigantesque usine de Fremont, d’où sortent aujourd’hui plus de 8 500 voitures chaque semaine. Certes, comme aiment à le répéter ses communicants, ce crédit a été remboursé rubis sur l’ongle dès 2013, avec neuf ans d’avance. Mais, sans ce généreux coup de pouce, Tesla n’aurait peut-être jamais dépassé le cercle des ultra-geeks fortunés de la Silicon Valley.

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Par-dessus tout, c’est dans le secteur spatial que Musk doit une reconnaissance éternelle à l’oncle Sam. Dès le début des années 2000, la Nasa chouchoute ainsi la start-up. « La première version du moteur Merlin qui équipe le Falcon 1 a été largement inspirée du moteur Fastrac développé par la Nasa et que cette dernière a mis à sa disposition », rappelle Maxime Puteaux, spécialiste de l’industrie spatiale pour le cabinet Euroconsult. Quelques années plus tard, l’US Space Force, de son côté, « lui permet d’utiliser pendant trente ans le pas de tir 39A du centre spatial Kennedy pour… 1 dollar symbolique, à charge pour SpaceX de l’entretenir », raconte le spationaute français Jean-Jacques Favier. Outre l’accès aux technologies et à l’infrastructure, le gouvernement américain abonde en financements les fusées de Musk durant des années. « Entre les aides directes et les commandes pour des lancements de satellites institutionnels, SpaceX a encaissé des milliards de dollars d’argent public américain depuis le début de son aventure », souligne le président du Cnes, Philippe Baptiste.

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Selon les documents auxquels nous avons eu accès, après un premier chèque de 50 millions de dollars signé en 2003 par le département de la Défense pour subventionner le Falcon 1, l’oncle Sam n’a cessé de remettre la main au portefeuille et a injecté au total pas moins de 20 milliards dans l’entreprise spatiale ! Des aides massives ont permis à l’entreprise de casser les prix hautement concurrentiels sur les lancements commerciaux. « L’État américain accepte de surpayer ses lancements institutionnels – on parle de 100 à 120 millions de dollars par mission – pour amortir les frais fixes de l’entreprise et lui permettre ensuite de casser les prix sur les tirs commerciaux, avec des lancements à 50 millions de dollars, quand nous pouvons difficilement descendre en dessous de 70, si nous ne voulons pas perdre d’argent », dénonce un ponte d’ArianeSpace.

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Si les gouvernements successifs se montrent si généreux avec le milliardaire, c’est qu’ils savent que ses entreprises sont éminemment stratégiques pour l’hégémonie du pays. Par exemple, non seulement les fusées de SpaceX ont permis aux États-Unis de s’extraire de leur humiliante dépendance aux lanceurs russes pour les vols habités, mais elles pourraient aussi se transformer en arme de guerre redoutable. « L’US Air Force espère

pouvoir se servir du Starship3 pour faire du point to point à grande vitesse – cela permettrait, à titre d’exemple, d’acheminer 100 tonnes de matériel et des hommes en Afghanistan en seulement une heure », explique Darot Dy, spécialiste de l’aérospatial et de la défense chez Roland Berger. Cela concerne l’Afghanistan, mais aussi la Russie, ou encore la Chine… si jamais, par malheur, les tensions internationales devaient s’aggraver. La technologie est aussi fascinante qu’angoissante. Pragmatique, le département de la Défense américain a mis sur pied le Rocket Cargo Program, qu’il a abondé à hauteur de plusieurs dizaines de millions de dollars, et auquel a répondu, outre SpaceX, Blue Origin, l’entreprise spatiale de Jeff Bezos. « Si le point to point fait rêver les militaires, le chemin est encore long avant que SpaceX ou un autre soit capable de faire des lancements à la demande, au jour J et à l’heure H, comme avec un avion », nuance Maxime Puteaux.

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Il reste difficile de savoir qui, aujourd’hui, a le plus besoin de l’autre, tant les intérêts du pays sont intimement mêlés à ceux de SpaceX. C’est d’ailleurs l’un des plus grands tours de force d’Elon Musk : s’être rendu indispensable à l’oncle Sam. Cette forme de toute- puissance peut laisser à penser que personne à Washington n’ose se mettre en travers de sa route. Aveuglé par son ego, l’homme s’est autorisé de violentes saillies contre le gouvernement, n’hésitant pas à mordre la main qui le nourrit depuis tant d’années. Au printemps 2021, il tweete ainsi : « Le vrai président est celui qui contrôle le téléprompteur », sous-entendant que Joe Biden est en réalité quasi sénile et cornaqué par ses proches collaborateurs. Pas de réponse officielle…, mais, quelques mois plus tard, le président n’a pas convié Musk à la présentation de son ambitieux plan en faveur du développement du véhicule électrique, contrairement aux patrons de General Motors, de Ford et de Stellantis, alors même que son entreprise génère près de 70 % des ventes de véhicules électriques dans le pays.

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Contrairement à ses concurrents, Tesla ne compte aucun représentant d’United Auto Workers (UAW), le puissant syndicat automobile, dans ses usines. Or, cet organisme qui a soutenu Joe Biden lors de la campagne présidentielle a déjà eu plusieurs fois maille à partir avec Musk. L’UAW a d’ailleurs fait condamner Tesla par le passé, pour avoir fait pression sur des salariés souhaitant se syndiquer. À la même époque, le milliardaire a également vu plus de 800 millions de subventions publiques lui échapper, bien que la manne ait semblé lui tendre les bras. En mai 2020, Starlink avait en effet présenté sa candidature pour prendre sa part dans un projet des plus attrayants : une enveloppe de 9 milliards de dollars d’aides publiques octroyée par l’État fédéral à 180 entreprises pour déployer l’Internet haut débit dans les zones rurales. Aux États-Unis, la couverture web ressemble en effet à un gigantesque morceau de gruyère où nombre de bourgades bénéficient d’un débit lent et aléatoire, quand elles ne sont pas tout simplement situées au milieu d’une zone blanche, sans la moindre trace de réseau. Avec Starlink, Musk jouait sur du velours, et la Federal Communications Commission (FCC), le gendarme américain des télécoms, avait d’ailleurs rapidement décidé d’attribuer un prêt de 882 millions de dollars sur dix ans à la constellation de minisatellites.

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Mais, à l’été 2022, coup de tonnerre : la FCC décidait de récupérer l’intégralité de sa subvention. La raison officielle ? Des vitesses de débit bien inférieures à la promesse de Starlink, ainsi que l’obligation pour le client d’acheter une parabole au prix de 600 dollars. L’argument s’entend, mais on ne peut s’empêcher de penser qu’Elon Musk paie son insolence et son soutien de plus en plus affiché au camp républicain. Le fils de l’oncle Sam pourrait-il finir par se voir déshériter ?

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1. « Hate Speech’s Rise on Twitter is unprecedented, Researchers find », New York Times, 2

décembre 2022.

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2. Traité international signé en 2015, grâce auquel les principaux pays de la planète se sont

engagés à diminuer leurs émissions de CO² pour enrayer le réchauffement climatique.

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3. La prochaine fusée géante de SpaceX pourrait être opérationnelle en 2024.

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